Le cosmonaute Alexeï Leonov nous a quitté le 11 octobre 2019 à l'âge de 85 ans.
Alexeï Leonov est né le 30 mai 1934 à Litsvianka en ex-URSS (Russie).
Il est pilote de chasse (obtient ses ailes en 1957) lorsqu'il est sélectionné le 7 mars 1960 comme cosmonaute dans le 1er groupe des cosmonautes, en même temps que Youri Gagarine.
Il devient le premier homme à marcger dans l'espace le 18 mars 1965 lors de la mission Voskhod 2.
- Article sur les 50 ans de cette sortie en cliquant ICI
- Article sur la mission racontée par l'équipage en cliquant ICI
Il est également le commandant du vaisseau Soyouz lors de la mythique mission Apollo-Soyouz.
- Article sur la mission Apollo-Soyouz en cliquant ICI
Peintre de talent sur la thématique spatiale, Alexeï Leonov a également dessiné et créé plusieurs timbres spatiaux pour la poste soviétique et écrit plusieurs ouvrages dont ses Mémoires eb 2015 (pour les 50 ans de Voskhod 2).
Au cours de ses deux missions spatiales, Alexeï Leonov a passé en tout 7 jours et 32 minutes dans l'espace.
Il a été doublure sur les missions Vostok 5 / Soyouz 10 et Soyouz 11.
Il quitte le corps des cosmonautes en 1982 et devient le chef des cosmonautes pendant quelques années.
A titre personnel, j'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs fois Alexeï Leonov, et c'était une joie à chaque fois de rencontrer et parler avec cette légende. Je me souviens particulièrement d'un dîner avec lui et Tom Stafford en toute intimité.
Il avait également signé un de mes casques stratosphériques, qui est une des "pièces maîtresses" de ma collection.
Le premier cosmonaute allemand (à l'époque de la RDA) Sigmund Jähn nous a quitté le 21 septembre 2019 à l'âge de 82 ans.
Sigmund ''Sig'' Jähn est né le 13 février 1937 à Morgenröthe-Rautenkranz dans la Saxe en Allemagne qui se trouvait du côté de l'Allemagne de l'Est / Ex-RDA lorsque celle-ci fût créée en 1949. La RDA correspondait à la partie de l'Allemagne occupée par les forces russes (soviétiques à l'époque) après la seconde guerre mondiale.
En 1955, il s'engage dans l'Armée de l'Air de l'Allemagne de l'Est et il devient pilote de chasse. Il sera aussi diplômé de la prestigieuse Gagarin Air Force Academy de Monino de Moscou.
Le 25 novembre 1976, il est sélectionné avec Eberhard Köllner pour le programme Interkosmos afin d'effectuer une mission spatiale.
Il vole avec Valery Bykovsky sur la mission Soyouz 31 du 26 août au 3 septembre 1978, devenant le premier est-allemand à voler dans l'espace. Depuis la chute du Mur en 1989, il est considéré comme le premier allemand dans l'espace (Ulf Merbold devenant le premier ouest-allemand dans l'espace en 1983).
Il aura passé 7 jours 20 heures 49 minutes dans l'espace.
(Enveloppe ayant voyagé à bord de Saliout et de Soyouz 31 / signée par l'équipage)
(Timbre issu d'une série commémorative de 1978 signé par Jähn)
A la chute du Mur, il sera consultant pour le Centre aérospatial allemand (German Aerospace Center) et il travaillera pour l'Agence Spatiale Européenne (ESA), notamment sur le programme Euromir, jusqu'à sa retraite en 2002.
Il est un des fondateurs de l'Association of Space Explorers (ASE).
Véritable ''star'' en Allemagne, une ''Journée de l'Espace'' est organisée chaque année dans sa ville natale avec plusieurs astronautes et cosmonautes comme invités.
Sigmund Jähn nous a quitté le 21 septembez 2019 à l'âge de 82 ans.
Sigmund Jähn a écrit un livre relatant sa mission :
ERLEBNIS WELTRAUM
Edité en 1983 par Militarverlag Der Deutschen
Livre avec jaquette
N° ISBN : 978-3327007105 / 298 pages
(La couverture du livre sans jaquette révèle une signature imprimée en relief)
Le pilote d'essais américain Charles C. Bock nous a quitté le 21 août 2019 à l'âge de 93 ans.
Né le 24 novembre 1925 dans l'Iowa, Charles Cornelius Bock, Jr est sélectionné en 1962 comme astronaute de l' US Air Force.
En tant que pilote d'essais, il a participé au programme de vol du YF-12/SR-71 Blacbird et en tant que pilote, il a effectué 103 missions au cours de la guerre du Vietnam.
Il a été le chef-pilote d'essais de ockwell et a effectué le premier vol du B-1 en décembre 1974.
Il a été le consultant de Northrop sur le programme du bombardier B-2 Stealth.
Il avait plus de 10 000 heures de vol sur 70 types d'appareils différents.
Gennady Manakov nous a quitté le 26 septembre 2019 à l'âge de 69 ans.
Né le 1er juin 1950 à Yefimovka (ex-URSS), Gennady Manakov est pilote et pilote d'essais lorsqu'il est sélectionné comme cosmonaute le 2 septembre 1985.
Né le 1er juin 1950 à Yefimovka (ex-URSS), Gennady Manakov est pilote et pilote d'essais lorsqu'il est sélectionné comme cosmonaute le 2 septembre 1985. Il a effectué deux missions de longue durée sur la station spatiale MIR ;
- Expedition MIR 7 / Soyouz TM-10 en tant que Commandant du 1er août au 10 décembre 1990
130 jours 20 heures 35 minutes
(enveloppe retour Cité des Etoiles signée par Gennady Manakov)
- Expedion MIR 13 / Soyouz TM-16 en tant que Commandant du 24 janvier au 22 juillet 1993
179 jours 00 heure 43 minutes
soit en tout : 309 jours 21 heures 18 minutes
En août 1996, il est le commandant de la mission Soyouz TM-24 qui doit emmener Claudie André-Deshays pour devenir la première française dans l'espace. Mais 5 jours avant le décollage, on découvre un problème cardiaque à Manakov. Celui-ci reste cloué au sol avec son collègue Pavel Vinogradov, tandis que Claudie André-Deshays décollera avec l'équipage doublure.
Gennady Manakov a également été commandant-doublure pour les missions Soyouz TM-9 / TM-15 et TM-22.
Ce 8 février 2010 s'envolait la navette spatiale Endeavour pour son 24ème vol : la mission STS-130. A son bord, un équipage de 6 astronautes :
- George Zamka, Commandant (2ème vol)
- Terry Virts, Pilote (1er vol)
- Stephen Robinson, Spécialiste de Mission (4èùe vol)
- Kay Hire, Spécialiste de Mission (2ème vol)
- Nicholas Patrick, Spécialiste de Mission (2ème vol)
- Robert Behnken, Spécialiste de Mission '2ème vol)
Cette mission a deux objectifs principaux ; installation du module Tranquility (Node-3 construit par Thales Alenia Space en Italie) et surtout de la Cupola, cette fabuleuse coupole d'observation à bord de l'ISS (construite là-aussi par Thales Alenia Space).
Le 4 septembre dernier, j'ai été victime d'un très grave Accident Vasculaire érébral (AVC) massif.
Après 157 jours d'hospitalisation, je suis rentré chez moi hier avec de très lourdes séquelles et handicaps : hémiplégie totale du côté gauche avec perte de l'usage du bras et de la jambe, perte partielle de la parole, et deux infacrtus du myocarde.
Je suis dans l'obligation de ralentir mes activités, ce qui explique pourquoi il y a du retard dans les dernières publications dont les interviews. Je vais essayer de rattraper ce retard au plus vite.
Charlie Duke était au Salon du Bourget 2019 avec Al Worden (Apollo 15) et Walt Cunningham (Apollo 7) pour célébrer les 50 ans de la mission Apollo 11 et j'ai pu m'entretenir quelques minutes avec lui.
Retour sur ce Salon en images avec mon blog dédié en cliquant ICI.
Sélectionné en 1966 comme astronaute par la NASA, Charlie Duke est pilote de chasse et pilote d'essais de l'US Air Force. Il est le plus jeune des douze astronautes ayant marché sur la Lune (il avait 36 ans). C'était lors de la mission Apollo 16 en avril 1972.
Il est un des quatre Moonwalker encore en vie aujourd'hui (Aldrin, Scott, Duke et Schmitt).
Avez-vous toujours voulu devenir astronaute ? C'est un objectif que vous vous étiez fixé ?
Non, non, pas vraiment... J'adorais voler. Et rentrer à l'US Naval Academy a été une grande satisfaction. Mais je savais qui si je voulait évoluer dans ma carrière de pilote, il me fallait reprendre des études. J'ai dpnc été volontaure pour suivre une formation d'ingénieur au MIT puis à l'Ecole des Pilotes d'Essais de l'US Air Force à Edwards. Puis, nous avons vu, à Edwards, l'annonce de recrutement de la NASA, alors avec les copains, on s'est dit <<Pourquoi pas ? >>...
... US Navy et US Air Force ?
Oui, à l'époque, il n'y avait pas de US Air Force Academy. Et pour faire simple, j'avais un peu le mal de mer (rires...). J'ai donc intégré l'US Air Force plutôt que la Navy.
Et votre intêret pour les avions est venu comment ?
En voyant une trainée dans le ciel laisée par un avion à réaction. Je me suis dit que ça devait être super de faire des trainées dans le ciel. Je ne pensais plus qu'à ça (rires...). J'ai donc postuler à la Naval Academy. Jai fais mon premier vol sur un hydravion. C'était fantastque !
Vous avez été CapCom sur Apollo 10, puis Apollo 11 (chose inhabituelle dans le jeu des rotation=ndlr). Comment vous êtes-vous retrouvé CapCom sur Apollo 11, et quel souvenir avez-vous de l'alunissage ? On se souvient tous de vos propos quand Neil Armstrong a prononcé << L'Aigle s'est posé >>
Oui, c'était inhabituel. C'est Neil qui m'a demandé d'être là car j'avais beaucoup travaillé sur les systèmes du LEM que je connaissais très bien.
Le Mission Control était très très tendu durant cette dernière mission. C'était incroyable cette tension qu'il y avait. Je la sentais tout autour de moi. Je me souviens surtout d'être très heureux d'être là, avec des gens extraordinaires, dans un endroit extraordinaire, pour un événement extraordinaire.
Tout le monde retenait son souffle, et quand j'ai dit : << (...) Nous avons un tas de gens qui étaient prêts à virer au blu. Nous respirons de nouveau ici (...) >>, et bien c'était vrai, tout le monde avait retenu son souffle !
Lors du Salon du Bourget 2019, j'ai eu l'occasion de poser la première question de la conférence de presse organisée par la NASA. Et Charlie Duke, Walter Cunningham, Al Worden y ont répondu tous les trois. Comme c'était la même question posée à Charlie Duke pour ce petit entretien, je vous mets la vidéo avec les trois réponses des trois astronautes.
Quel était votre état d'esprit avant le décollage ?
Vous étiez stressé au moment de l'alunissage ?
Pas par l'alunissage en lui-même, non, mais parce qu'il y a eu un souci juste après notre séparation d'avec Ken (le 3ème astronaute resté dans le module de service autour de la Lune=ndlr). Après la séparation, Ken devait remonter et pivoter un peu le CMS (module de commande) pour attteindre un angle de 60° au cas où nous abandonnerions notre alunissage et devions remonter d'urgence. Il y a eu un problème de moteur pour stabiliser en orbite circulaire. On a pensé qu'on allait devoir annuler l'alunissage. Mais finalement, le Mission Control a trouvé la solution et on a eu le feu vert.
Nous étions très confiants sur nos capacités à se poser. Nous nous étions entraînés pour... Et puis, nous étions le 5ème équipage à le faire, donc on avait aussi toute l'expérience des autres.
Nous avions des photos très détaillées de notre site d'atterrissage qui avaient été prises par Stu (Stu Roosa lors d'Apollo 14=ndlr), on connaissait donc par coeur notre site d'atterrissage.
Après votre alunissage, pas trop pressé d'aller sur la Lune ? de tester la Jepp ? Comment c'est de conduire une jeep sur la Lune ?
Ah si, nous avions hâte, mais on a respecté notre planning qui prévoyait d'abord du repos avant de sortir plusieurs heures plus tard.
La Jeep est une machine merveilleuse. Elle a révolutionné l'exploration lunaire. Je servais de navigateur, c'est moi qui avait les cartes pour nous guider. Je guidais et décrivais aussi tout haut pour Mission Control car il n'y avait pas possibilité de filmer en direct. En fait, le plus compliqué, ça a été de se reperer d'après les photos, pourtant très détaillées des sites à visiter. Vu du sol, la perspective n'est absolument pas la même. Je me servais principalement du gyroscope directionnel, avec le Soleil, pour guider John. Lui a trouvé très amusant de conduire sur la Lune.
Qu'est-ce qui vous a le plus impressioné émerveillé, une fois sur la Lune ?
Au début, ça été de penser que dormir sur la Lune, c'était plutôt cool comme camping après une bonne randonnée (rires...).
Puis, lors de mes sorties, c'était de voir la Terre, là, suspendue au-dessus de nous. Lors du trajet vers la Lune, je l'avais déjà trouvé belle, mais là, avec moi et mes pieds sur la Lune, elle m'apparaissait vraiment comme une pierre précieuse bleue devant nous.
Pas de soucis avec la Jeep ?
Non, elle a très bien fonctionné. Par contre, on a perdu un garde-boue, et là, on avait l'impression qu'il pleuvait de la poussière lunaire. Nos combinaisons étaient très sales.
Vous avez chuté sur la Lune...
... Oui... Avec John, on voulait faire les Jeux Olympiques, mais on n'a pas eu le temps. J'ai donc commencer quand même à sauter, puis lors du dernier bond, je suis parti à la renverse. Je n'étais pas bien ''fier'' - non seulement parce que je me suis fait un peu peur quand même, mais aussi parce que j'ai vu après que la caméra était braquée sur moi (rires...).
Vous avez laissé des petits souvenirs sur la Lune ?
Ah oui (sourire...). J'ai laissé une photo de famile, avec nos enfants qui avaient 5 et 7 ans. C'était une façon de les impliquer dans ce vol. Au dos, nous avons écrit ''Voici la famille de l'astronaute Duke de la planète Terre. Atterri sur la Lune, avril 1972''. Tout le monde a signé derriere la photo. Je l'avais emballée dans un film plastique, puis je l'ai posé sur le sol de la Lune et j'ai fait une photo de la photo.
J'ai également laissé une médaille spéciale des 25 ans de l'US Air Force.
J'ai lu quelque part que vous regrettiez un peu d'avoir quitté la NASA et que vous auriez aimé voler en navette ?
Oui, avec le recul, j'aurai aimé voler en navette et prendre part à ce programme.
Que vous inspire le fait que 47 ans après le dernier vol Apollo, on ne soit toujours pas retourné sur la Lune ? Comment voyez-vous l'avenir ?
C'est une déception, je ne vous le cache pas. Mais nous sommes actuellement sur le bon chemin pour y retourner. La volonté scientifique, politique sont là. Et ça, c'est bien !