mercredi 31 janvier 2018

Rencontre avec le cosmonaute Leonid Kadeniouk



Le cosmonaute ukrainien, premier cosmonaute de l'Ukraine indépendante dans l'espace, nous a quitté aujoud'hui 31 janvier à l'âge de 67 ans.

Article hommage et biographie ici :
http://spacemen1969.blogspot.com/2018/01/disparition-du-cosmonaute-leonid.html

Voici l'interview que Leonid avait accordé à Space Quotes - Souvenirs d'espace en octobre dernier lors du 30ème Congrès des astronautes de l'ASE (Association of Space Explorers) à Toulouse. On y parle de sa seule mission spatiale: STS-87.


J'avais prévu de la publier fin février mais les circonstances font que je la publie ce jour en hommage à Leonid Kadeniuk.

Interview de Leonid Kadeniouk

Depuis quand voulez-vous être cosmonaute ?
Je rêve d’aller dans l’espace depuis que je suis tout petit, depuis que Youri Gagarine s’est envolé.
J’ai suivi toutes les étapes : bien et beaucoup travailler à l’école, faire du sport, devenir pilote de chasse, et… avoir de la chance…

Dans quel état d’esprit étiez-vous avant le décollage ?
J’étais très préparé, très concentré sur ce que j'avais à faire, mais aussi j’étais pressé de connaître en vrai toutes les sensations que je me suis imaginées : décollage, accélération, et surtout l’apesanteur. Je n’étais absolument pas nerveux. Je me suis même endormi un peu (Rires…)

Et comment s’est passé le décollage ? Quelle(s) sensation(s) avez-vous ressenti ?
Super… et en plus, il n’y a pas eu de report, de retard… Donc je l’ai vraiment apprécié. Quelle puissance !

A quoi avez-vous pensé une fois en orbite et que vous avez-vu la Terre ?
J’ai été vraiment très impressionné lorsque j’ai vu la Terre pour la première fois depuis l’espace. 
Malgré les entraînements, on n’est pas préparé par ce qu’on voit en réalité.
En la regardant, si belle – oui, la Terre est vraiment belle – je me suis mis d’abord à penser à l’absurdité de la guerre, à toutes les imperfections de notre société, à toutes les mauvaises et tristes choses, les injustices que l’on peut voir tous les jours sur notre planète. 
La voir de là-haut vous fait prendre conscience de sa place particulière dans l’univers, et donc de notre place toute modeste sur cette planète, et dans l’univers.

Une fois que j’ai fini de pensé à cela, j’ai pu encore mieux profiter du spectacle quand j’en avais un peu le temps, car nous avions un programme de travail chargé.
(Un des livres écrits par Leonid Kadeniouk)
Vous aviez emmené des petits bouts d’Ukraine avec vous ?
J’avais emmené des chansons et de la musique ukrainienne et d’ailleurs celle-ci a été passée par Houston pour notre réveil une ou deux fois.
Et j’avais amené une photo de Taras Chevtchenko et lu un extrait de son ‘’Kobzar’’… (…)
(…) vous êtes un romantique alors ? (Chevtchenko est considéré comme le plus grand poète romantique ukrainien = ndlr)
(Rires…) Oui… si je ne l’étais pas, je n’aurai pas eu envie d’aller dans l’espace ! Je n’aurai pas eu la patience d’attendre si longtemps pour y aller ! (Rires…)



Si on vous proposait de retourner dans l’espace, vous seriez partant ?
J’aimerai bien y retourner un jour. 
J’ai encore une bonne forme physique, je fais du sport et je cours régulièrement 10 kilomètres plusieurs fois par semaine. (il est décédé lors d’un de ses jogging).
J'aurai adoré faire une sortie extra-véhiculaire !



Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace
Remerciements : ASE / Cité de l'Espace
                            Tatiana, la traductrice

Disparition du cosmonaute Leonid Kadeniouk (1951 - 2018)


Nous apprenons la disparition du cosmonaute Leonid Kadeniouk considéré comme le premier cosmonaute de l'Ukraine indépendante (c'est à dire depuis la chute de l'URSS) à l'âge de 67 ans, alors q'u'il effectuait ce matin, 31 janvier, un jogging à Kiev, la capitale ukrainienne (source ICI).


Leonid Kadenyuk est né le 28 janvier 1951 à Klishkovtsy, en Ukraine mais encore à l'époque en URSS.

Il entre à l'école Tchernighov de formation des pilotes de chasse de l'Armée de l'Air soviétique et obtient ses ailes en 1971. 

Excellent pilote et instructeur, il est sélectionné comme cosmonaute en 1976 - il a alors 25 ans ! Affecté dans un premier temps au programme Bourane, il passe sa qualification pilote d'essais entre 1976 et 1977 puis sa formation cosmonaute jusqu'en 1978.

Il est écarté du corps des cosmonautes en 1983 suite à son divorce (il n'y a pas que les américains qui étaient gênés par ce genre de choses apparemment). Il continue son activité de pilote d'essais tout en reprenant des cours pour devenir ingénieur en mécanique - c'est chose faire en 1989.

Fin 1988, il est de nouveau réintégré comme cosmonaute où il suit de nouveau un entrainement pour Bourane, puis en 1990, il est formé comme cosmonaute sauveteur sur Soyouz pour aller secourir un équipage à bord de MIR au cas où. Mais il n'est affecté à aucune mission spatiale, que se soit en équipage principal ou doublure.

Les choses ont beaucoup changé à l'est, et, depuis 1992, l'URSS n'existe plus, et l'Ukraine est devenu indépendante. Et justement, en 1996, Leonid Kadeniouk choisit la nationalité ukrainienne et est donc obligé de quitter le corps des cosmonautes russes, sans avoir volé.

En Ukraine existe une Agence Spatiale Ukrainienne (NKAU) qui lance un recrutement de deux cosmonautes pour un vol avec la NASA. Fort de son expérience, Leonid Kadeniouk est naturellement sélectionné comme cosmonaute titulaire - Yaroslav Pustovoy sera doublure.

Il part donc à Houston suivre un entrainement de PS (Payload Specialist = spécialiste de charge utile) pour sa future mission STS-87.

Du 19 novembre au 2 décembre 1997, il vole à bord de la navette spatiale Columbia et passe 15 jours 16 heures 34 minutes dans l'espace, devenant ainsi le premier cosmonaute de l'Ukraine indépendante.
(article complet sur Space Relics ICI)


Leonid Kadeniouk est fêté en héros en Ukraine. Il sera même décoré de l'Ordre des héros de l'Ukraine.

En 1998, il est nommé conseiller spéciale du président Koutchma concernant les questions spatiales.

De 2002 à 2006, il est député du parlement ukrainien puis sera membre du Comité de la Défense et Sécurité Nationale.

En 2007, la poste ukrainienne émet un timbre à son image.


Leonid Kadeniouk avait écrit plusieurs ouvrages également.


Déclaration de Volodimir Groysman, premier ministre ukrainien :

<< Leonid Kadeniouk, véritable légende de notre pays, nous a quittés. Je voudrais adresser mes sincères condoléances à sa famille et à ses proches. >>

Je l'avais rencontré lors du 30ème Congrès des astronautes de l'ASE (Association of Space Explorers)  en cotobre dernier et il m'avait accordé une interview que je voulais mettre en ligne en février. Elle sera mise en ligne en fin de semaine.
Elle est visible ici :
Interview de Leonid Kadeniouk (cliquez sur le lien en bleu)



Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace
             Kosmonavtika.com (avec mes remerciements)

mardi 23 janvier 2018

Rencontre avec le cosmonaute Salizham Charipov




Salizham Charipov est un cosmonaute, originaire du Kirghizistan.

Pilote de chasse dans l’Armée de l’Air soviétique, il est sélectionné comme cosmonaute en 1990 (Groupe TsPK-11) et est déclaré cosmonaute à l’issue de son entraînement de base en 1992.

Salizham Charipov a effectué deux missions spatiales et a passé en tout 201 jours14 heures 49 minutes dans l’espace :

STS-89 : 23 au 31 janvier 1998
Expedition 10 : 14 octobre 2004 au 24 avril 2005

Il a été doublure sur Soyouz TM-29 / Soyouz TM-30 / STS-113 / Expedition 9 / Expedition 16


Entretien réalisé le 16 octobre 2017 lors du 30ème Congrès des astronautes de l’ASE (Association of Space Explorers) à la Cité de l’Espace à Toulouse.

Pourquoi avoir choisi d’être cosmonaute ? A quand remonte cette envie de devenir cosmonaute ?
Parce que c’est cool (Rires…) !

J’étais encore petit, 4 ou 5 ans, lorsqu'en me promenant avec ma mère, j’ai vu un avion voler très bas. Je me suis dis que moi aussi j’aimerai bien me balader dans les airs pour voir les gens se promener. J’ai donc travaillé dur, et je suis devenu pilote militaire. Et en étant pilote, je voulais aller de plus en plus haut, de plus en plus vite...
Et quand l’opportunité de postuler pour être cosmonaute s’est présentée, j’ai aussitôt fait une demande. Enfin pas moi, mais mon unité. C’est comme cela que l’on choisissait les candidats. L’armée choisit des candidats, et …

Sur quel(s) critère(s) ?
Le premier critère est d’avoir une grosse expérience de vol en tant que pilote de chasse. 
Je pilotais des Mig-21 et j’avais la chance d’avoir cette expérience de vol. 
Puis, une fois les noms transmis, il y a la commission médicale, une commission éducation, etc… plein de commissions et pleins de tests et entretiens. Je crois que cela m’a pris plusieurs mois pour arriver à la dernière manche de cette sélection.
J’ai travaillé dur pour être sélectionné et je devais travailler aussi dur pour finir ma formation (ndlr : sélectionné en 1990 et fin d’entraînement en 1992).

Pour être cosmonaute, il faut travailler dur, et avoir aussi de la chance, être là au bon moment, avoir la forme au bon moment, avoir des étoiles chanceuses au bon moment !

Vous avez effectué votre premier vol spatial, il y a presque 20 ans, c’était STS-89, en direction de la station MIR. Dans quel état d’esprit étiez-vous avant le décollage ? Comment s’est passé celui-ci ?
J’étais très concentré mais j’attendais le décollage avec impatience !
J’étais très content de décoller même si on a eu un peu peur que le décollage soit reporté à cause du temps. Je m’étais préparé pour ce décollage, mais le vivre en vrai était vraiment une expérience extraordinaire !

(Arrivée de Salizham Charipov au KSC pour le décollage de STS-89)


Quelles ont été vos premières pensées une fois dans l’espace ? L’apesanteur, c’est comment ?
J’attendais cela avec impatience ! 
Dès le décollage, je guettais ce moment dans un coin de ma tête, j’étais concentré. 
J’étais dans le mid-deck et il n’y a pas de fenêtres… je me concentrais donc sur les bruits qui me rapprochaient de la mise en orbite : bruits de séparation de boosters, bruit de séparation du réservoir externe… et plus rien… nous étions en gravité zéro !

J’ai trouvé cela formidable mais je n’ai pas eu réellement le temps d’y penser sur le moment. J’avais réalisé mon rêve, et j’étais très heureux !
Puis, il y avait beaucoup de travail qui nous attendait, ce qui laisse peu de place aux sentiments personnels.

(STS-89 est l'avant-dernière mission d'arrimage d'une navette avec la station MIR)

Pouvez-vous justement nous parler un peu de votre travail dans la navette lors de votre premier vol spatial ?
Ce premier vol était une courte mission (ndlr = presque 9 jours) et a donc été très intense. 
Nous devions nous arrimer à MIR pour transférer du matériel et surtout faire une rotation d’équipage, entre Dave Wolf et Andy Thomas.


Mon rôle a été de filmer et de photographier la phase d’approche d’Endeavour et l’arrimage avec MIR. J’étais juste derrière le commandant de bord Terry Wilcutt. C’était très impressionnant de s’approcher comme cela de MIR.
J’ai fait beaucoup  photos – j’ai reçu aussi une formation de cartographie et cela m’a été bien utile lors du vol.


Comment s’est passé le retour sur Terre ? Etiez-vous triste de rentrer ?
Tout en douceur ! Avec la navette, c’est vraiment très agréable ! le retour en Soyouz est bien plus ‘’sportif’’ (Rires…).

J’étais triste de rentrer car je voulais que mon rêve se prolonge un peu plus, mais aussi content à la fois, car je savais que j’allais revoir ma femme, ma famille, mes amis, dont certains que je n’avais pas vu depuis longtemps à cause de la préparation de cette mission.


Une petite dernière question : Quelle(s) différence(s) avez-vous ressenti entre ce vol courte durée en navette et votre vol longue durée vers l’ISS par un Soyouz ? Vous avez effectué deux EVA - quel(s) souvenir(s) en gardez-vous ?
C’est d’abord une sacrée aventure. Presque deux mondes différents !

MIR était notre station, à nous les russes, et la Station Spatiale Internationale est la station, non plus d’une nation, mais de plusieurs. En peu de temps, cela à complètement changé notre perspective.

La navette nous envoyait en orbite de façon bien plus ‘’douce’’ que le Soyouz, et nous ramenait sur Terre aussi de façon plus douce, mais c’était un véritable bonheur de décoller et d’atterrir avec un Soyouz !

(Soyouz TMA-5 qui emmène Expedition 10 vers l'ISS)

Pour un vol court, les journées de travail sont très intenses. Sur un vol long, on a plus de travail évidemment, mais celui-ci est réparti dans le temps, donc c’est beaucoup plus facile à gérer, même si nos journées étaient longues. 
Puis nous n’étions que deux (ndlr = accident de Columbia et reprise des vols vers l’ISS par la navette qu’à partir de juillet 2005), donc un peu plus de travail pour nous.

Mes deux EVA sont des moments extraordinaires, intenses, dont je me rappellerai toujours. Malgré le travail à effectuer, j’ai adoré regarder la Terre vue de haut !


Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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Remerciements à l'Association of Space Explorers (ASE) et à la Cité de l'Espace à Toulouse



mercredi 17 janvier 2018

Conférence de début d'année à l'ESA / 17 janvier 2018

(en cours de publication)

Ce matin, au siège de l'Agence Spatiale Européenne à Paris, se tenait la traditionnelle conférence de presse de début d'année du Directeur Général Jan Woerner. Il était accompagné, une nouveauté, de quasiment tous les directeurs des différents départements de l'ESA.



Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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mardi 16 janvier 2018

Conférence de début d'année au CNES : 16 janvier 2018

(en cours de publication)

L'ESPACE
EN TÊTE

Le président du CNES Jean-Yves Le Gall présentait ses voeux à la presse ce matin lors de la traditionnelle conférence de presse de début d'année au siège de l'agence spatiale française à Paris.


Jean-Yves Le Gall a d'abord remercié les journalistes et médias présents et qui, selon  lui, << renforcent l'image du spatial dans le paysage médiatique français et international, rendant ainsi l'espace plis visible, concret et accessible auprès du public français et dans le monde entier. >>

Un bilan de 2017 a été fait - l'année 2017 a été très riche en événements spatiaux, comme bien sûr la mission Proxima de Thomas Pesquet, la mise en orbite des 4 autres satellites 4 autres satellites Galileo, les premiers résultats de la mission Microscope, la lutte contre le changement climatique avec le One Planet Summit à Paris en décembre dernier et l'adoption de la Déclaration de Paris par les chefs d'agences spatiales du monde entier, et la mise en place d'un Observatoire Spatial du Climat (mais si vous lisez régulièrement ce site, vous le saviez déjà 😉😉😉).
Il y a eu également 11 lancements depuis le Centre Spatial Guyanais en 2017, qui ont été tous des succès (82ème succès d'affilée pour Ariane).

2018 promet également d'être une année chargée et riche avec notamment les trois lancements de trois missions majeures pour le spatial français et européens, à savoir :

- Insight Mars qui sera lancé le 5 mai par une Atlas V depuis les Etats-Unis.
  Mission conjointe avec la NASA et la France fourni l'appareil SEIS, un sismomètre. L'objectif de cette mission est ''écouter battre le coeur de Mars''. (Article complet à suivre dans quelques semaines).
- CFOSat (China French Oceanic Satellite) le 25 septembre qui a pour mission l'étude des vagues et des vents. Cette mission franco-chinoise sera lancée par une fusée Longue Marche 2C depuis la Chine
- BepiColombo qui va aller étudier de très près la planète Mercure. Cette mission en collaboration avec l'agence spatiale japonaise JAXA sera lancée en octobre prochain par une Ariane 5ECA depuis Kourou.




Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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samedi 6 janvier 2018

Disparition de l'astronaute John W. Young (1930 - 2018)

(en cours de publication)

C'est avec une profonde tristesse que j'ai appris aujourd'hui la disparition de ''mon idole spatiale'' - John Watts Young nous a quitté à l'âge de 87 ans ce 5 janvier 2018...

Pour ceux qui me connaissent un peu plus ''intimement'', vous savez pourquoi j'appelle John Young ''mon idole spatiale''. Pour ceux qui connaissent un peu moins, John Young est le premier astronaute auquel j'ai écris. J'avais 5-6 ans, et c'est de lui que j'ai reçu mes premières photos signées par un astronaute. Imaginez la tête d'un petit garçon recevant la fameuse enveloppe jaune de la NASA, enveloppe qui était énorme pour un petit bonhomme comme moi.

Nous étions restés en contact tout au long des années suivantes, en ayant la chance de le rencontrer à quatre reprises également. Il a été aussi le premier astronaute avec lequel j'ai discuté (c'était à Paris lors du Salon du Bourget), et que j'ai interviewé. J'avais gardé l'interview pendant des années avant de la publier sur Space Quotes - Souvenirs d'espace, faisant ainsi de John Young l'un de mes premiers invités.
Rencontre avec John Young (cliquez sur ce lien en bleu)

Je le savais malade depuis un certain temps. L'inévitable est arrivé...

John Young est né le 24 septembre 1930 à San Francisco mais a grandi en Floride, à Orlando.

Après avoir obtenu un diplôme d'ingénieur aéronautique de la Georgia Institute of Technology en 1952, John Young intègre l'US Navy. Il est affecté dans un premier temps sur le destroyer USS Laws durant la guerre de Corée avant d'entrer à l'école de pilotage. Une fois ses ailes de pilote en poche en 1955, il servira dans l'escadron de chasse 103 sur Crusaders et Cougars.

En 1959, il commence sa formation de pilote d'essais à l'US Navy Test Pilot School à Patuxent River dans le Maryland puis sera trois années, toujours à Patuxent River, au Naval Air Test center où il sera pilote d'essais du F-4 Phantom, entre autres appareils.

C'est avec ce même Phantom qu'il battra le record du monde de montée de 3 000 à 25 000 mètres d'altitude.

Le 17 septembre 1962, il est sélectionné par la NASA comme astronaute dans le Groupe 2.

(Photo Associated Presse / Présentation du nouveau groupe le 17 septembre 1962 à Houston)

John Young est une véritable légende de l'exploration spatiale habitée - Il est le premier astronaute à avoir volé 6 fois dans l'espace, le premier à avoir fait le tour de la Lune seul, il a volé deux fois sur Gemini, deux fois sur Apollo, deux fois autour de la Lune, il a marché sur la Lune, a commandé la première mission d'une navette spatiale, et volé deux fois dessus...

- Gemini 3 en 1965
- Gemini 10 en 1966
- Apollo 10 en 1969
- Apollo 16 en 1972 (10ème homme à marcher sur la Lune)
- STS-1 en 1981
- STS-9 en 1983

Il a été doublure également sur cinq missions (Gemini 6, Apollo, Apollo 7, Apollo 13 et Apollo 17). Il a en tout passé plus de 15 000 heures à l'entrainement et en simulation lors de sa carrière.

Il aurait dû voler une septième fois, lors de la mission STS-61J programmé pour 1986 et qui aurait dû mettre en orbite le télescope spatial Hubble, mais l'accident de Challenger en janvier 1986 annula cette mission (et Hubble ne fût lancé qu'en avril 1990).

John Young était venu plusieurs fois en France, notamment lors du Salon du Bourget 1981, quelques semaines après le premier vol d'une navette spatiale, STS-1, et la toute dernière fois à Toulouse, en décembre 1998, à la Cité de l'Espace pour l'inauguration du prêt d'une roche lunaire ramenée par Apollo 15 (article complet en cliquant ICI).

En tant que pilote, il avait plus de 15 275 heures de vols mais aussi il avait, en plus, plus de 9 200 heures de vol rien que sur T-38.

Durant sa carrière à la NASA, il a eu plusieurs casquettes - bien sûr astronaute, mais aussi dès 1973 responsable des astronautes pour le programme Navette Spatiale, chef des astronautes de janvier 1974 à mai 1987. De mai 1987 à février 1996, Puis Assistant spécial du directeur du JSC en charge de la sécurité des vols. Puis jusqu'à sa retraite le 31 décembre 2004, il était toujours au JSC comme Directeur-Adjoint technique.

Il quitte la NASA en 2004 après 42 ans de bons et loyaux services


En 2013, paraissent ses mémoires écrites avec l'historien James R. Hansen (ISBN : 9780813049335), à ce jour non traduites en français : Forever Young.


Pour aussi en savoir un peu plus sur le ''caractère'' de John Young, caractère bien trempé il est vrai, et sur sa personnalité, je vous conseille le livre ''Histoire(s) d'espace'' de Jean-François Clervoy qui a eu la chance d'être accueilli à la NASA par John Young, de voler sur T-38 avec lui, et autres anecdotes très intéressantes.



GEMINI 3 (23 mars 1965)


John Young est le pilote tandis que Gus Grissom est le commandant de cette première mission habitée du programme Gemini.
- Article complet sur la mission en cliquant ICI

Les deux hommes reviennent sur Terre après un vol de 4 heures 52 minutes.


Une peinture célèbre de Norman Rockwell, ''The Longuest Step'', illustre un moment clé de cette mission.
- Article complet sur cet oeuvre en cliquant ICI


Gemini 10 (18 au 21 juillet 1966)

John Young est le commandant de cette mission et il est accompagné de Michael Collins.

Les deux hommes restent dans l'espace 2 jours 22 heures et 46 minutes.


Apollo 10 (18 au 26 mai 1969)

Cette mission est la ''répétition générale'' pour la mission Apollo 11.
Thom Stafford, qui commande cette mission, et Gene Cernan, pilote du LEM, descendent à une quinzaine de kilomètres de la surface lunaire le 22 mai avec le LEM Snoopy, tandis que John Young devient le premier homme à faire le tour de la Lune seul dans le module de commande baptisé Charlie Brown. Il restera seul 08 heures (environ 14 orbites lunaires).
Les trois hommes reviennent sur Terre le 26 mai après avoir passé 8 jours 00 heures et 03 minutes dans l'espace.
- Pour en savoir plus sur cette mission, cliquez ICI.



Apollo 16 (16 au 27 avril 1972)




Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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