dimanche 28 juillet 2019

50 ans Apollo 11 - Goodwill Moon Rocks d'Apollo 11 en France - Palais de la Découverte


Pour en savoir plus sur les ''Goodwill Moon Rocks d'Apollo 11'' :
http://spacerelics.blogspot.com/2014/05/les-goodwill-moon-rocks-dapollo-11.html

Mon article sur celles offertes à la Belgique en cliquant ICI.

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On n'avait pas vu la présentation des roches lunaires Apollo 11 qui avait été offerte à la France depuis des années.
Elles ont été retrouvées (rangées, un peu ''oubliées'', mais pas perdues 😉😉😉) au Palais de la Découverte à Paris cette année. Et elles ont été exceptionnellement exposées au public lors de la célébration des 50 ans du Premier pas de l'homme sur la Lune ce week-end du 20 et 21 juillet 2019.

Le 8 octobre 1969, l'équipage d'Apollo 11, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins, est à Paris pour une visite expresse dans le cadre du ''Goodwill Flight Tour'' qui les verra visiter 23 pays, 27 villes, en 45 jours, du 29 septembre au 5 novembre. Voir mon article en cliquant ICI. Cela a été une journée extrêmement chargée.

Arrivant en ce mercredi matin à Orly, les trois hommes se rendent à l'Hôtel Crillon avant de rejoindre l'Hôtel de Ville de Paris à midi où ils sont accueillis par le Président du Conseil de Paris Etienne Royer de Vericourt qui leur reet la médaille de vermeil de la ville de Paris.

Ils remontent ensuite l'Avenue de Rivoli vers l'Hôtel Matignon où ils arrivent vers 13h00 et ils sont accueillis par Jacques Chaban-Delma,s le Premier Ministre. Des dizaines de milliers de personnes s'étaient massés le long du parcours pour saluer les héros d'Apollo 11. Les trois hommes reçoivent la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur et ils déjeunent sur place en présence de nombreuses personnalités (notamment Jacqueline Auriol, André Turcat...).

Après un petit détour à l'Hôtel de Crillon pour se changer, ils arrivent à l'Elysée à 15h15 où ils sont accueillis par le Président de la république Georges Pompidou à qui ils promettent un petit bout de Lune.

La journée se poursuit ensuite avec conférence à l'UNESCO, à l'Aéro-Club de France, et le soir au Palais de Chaillot avec également une émission de télévision...

Et c'est donc en novembre 1969, que Nixon lance le projet ''Goodwill's Apollo 11 Moon Rocks'' (voir tout en haut de cet article).
Et c'est en 1970, que la présentation destinée à la France arrive. Elle est d'abord exposée au Museum d'Histoire Naturelle de Nantes. Mais l'histoire un peu ''floue'', vous allez comprendre.

Cette présentation aurait donc été présentée en juin 1970 au Museum de Nantes.
Le journal Ouest-France titrait d'ailleurs à l'époque ''La pierre lunaire dans la cité de Jules Verne''...

En cherchant des informations sur le parcours de cette présentation depuis 1970, je me suis aperçu qu'elle avait ''disparu''.
Dans les archives du Museum de Nantes, les seules photos et articles sur les roches lunaires d'Apollo 11 ne concernent en fait qu'une seule roche lunaire qui a été vue par plus 7 000 personnes au Museum en juin - un record pour le Museum (ouvert en 1810) à l'époque...

ais c'est d'une seule roche dont on parle et non de la présentation, même si les journaux de l'époque parlent d'une présentation offerte par le Président Nixon.

D'ailleurs, impossible d'en savoir plus sur cette roche présentée mais manifestement ce n'est pas la présentation.

C'est là que cette histoire devient floue puisqu'on n'arrive pas réellement reconstituer le parcours de cette présentation particulière depuis 1970. A titre personnelle, je me souviens l'avoir déjà vue il y a des années au Museum d'Histoire Naturelle à Paris.

Hélas, plusieurs de ces présentations Apollo 11 (et Apollo 17) ont disparu (perdues, détruites, vendues) au cours des années. Certaines ont été retrouvées, d'autres non.

Quoiqu'il en soit, elle était présentée au public ce week-end du 20-21 juillet. Voici donc quelques photos en attendant son retour prochain pour une exposition permanente. Si elle reste au Palais de la Découverte, ce qui aurait du sens vu qu'il y a la roche lunaire d'Apollo 17 (voir article complet en cliquant ICI), elle le sera je pense après les travaux de rénovation qui vont conduire à la fermeture du Palais de fin 2020 à début 2024 (si mes informations sont exactes).

La présentation des roches lunaires Apollo 11 était présentée au 1er étage juste à proximité de la magnifique Lune de 6 mètres de diamètre.


Bien sûr, ce n'est pas parce que la présentation Apollo 11 n'est plus là qu'il ne faut pas aller au Palais de la Découverte, au contraire ! Il faut aller dans ce lieu maginque, véritable monument de partage de la culture scientifique et de savoir.
Et en plus, vous avez aussi la présentation de la roche lunaire Apollo 17.

(Quand le Projet Touch the Moon rencontre les roches lunaires d'Apollo 11)

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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Remerciements : Sébastien Fontaine - Palais de la Découverte / Universcience

mardi 23 juillet 2019

Disparition de Chris C. Kraft, Jr (1924-2019), le premier Flight Director de la NASA


(en cours de publication)


Nous avons appris aujourd'hui la disparition de Christopher C. ''Chris'' Kraft, Jr, le mythique premier flight Director de la NASA, à l'âge de 95 ans.





Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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dimanche 21 juillet 2019

50 ans Apollo 11 / Soirées de Commémoration à Paris, au Bourget et à Toulouse


(en cours de publication)

MOOON au Grand Palais














Palais de la Découverte

Cité de l'espace à Toulouse

Crédit ; Stéphane Sebile / Spacemen1969
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             Maddy Sebile / Charlyne Mallet

Remerciements : Grand Palais zet We Love Art Agency
Palais de la Découverte, Musée de l'Air et de l'Espace
Cité de l'Espace
Invaders
et les amis Pif, Arnaud, Dominique, Jean-Pierre....

lundi 15 juillet 2019

Le LM Simulator / Simulateur LEM du Space Center à Houston


(cliquez sur les photos pour les agrandir)

Le LM Simulator du Space Center à Houston


Au Space Center de Houston se trouve un des deux LM Simulator (simulateur LEM) qui a servi à l'entraînement des astronautes lors du programme Apollo, et plus particulièrement les deux astronautes qui devaient se poser et marcher sur la Lune (Commandant et le LMP / Lunar Module Pilot).

C'est la société Grumman Aerospace Corporation, la même qui a construit le LEM (ou LM pour Lunar Module), qui a fourni ces deux simulateurs en 1968 à la NASA. Il y en avait un qui se trouvait au Kennedy Space Center et le deuxième, celui que je vous présente aujourd'hui, au Manned Spacececraft Center à Houston (aujourd'hui le Lyndon B. Johnson Space Center).

La NASA s'est penchée très tôt sur les simulateurs d'atterrisseurs lunaires. Dès juillet 1961 (il n'y a pas encore d'américains en orbite), le Langley Research Center, sous l'impulsion de Manuel J. Queijo et de Donald R. Riley, commence ses premières simulations d'alunissage pour obtenir des données précises sur les vitesses, altitudes, etc...

En 1963, Grumman Aerospace Corporation propose le 1er cockpit s'un simulateur, le Lunar Hover and Landing Simulation IIIA.

Mais c'est vraiment à partir de la décision de conception finale du LEM que Grumman a pu commencer à travailler sur un simulateur qui serait identique aux commandes de vol d'un ''vrai LEM''.
En effet, la conception du LEM et son design final n'a pas été simple. Grumman a fourni pas moins de cinq modèles grandeur nature à la NASA entre 1963 et 1964. Et ceci pour faire valider le concept et toutes les spécificités du LEM. Au final, Grumman va construire 15 LEM (sont 10 qui voleront dans l'espace) à partir de 1967. Et il y aura six modèles pour des tests au sol.

En plus de ces LEM, Grumman a reçu début 1966 commande de trois simulateurs complets, mais la commande du troisième sera annulée en décembre de la même année, ce qui explique pourquoi il n'y en a eu que deux.

Bien sûr, pour l'entraînement des astronautes, il ne fallait pas que des simulateurs de LEM. Il y avait aussi trois simulateurs de la capsule Apollo et du module de commande et de service (CMS) qui ont été fournis par North American qui avait en charge la conception et la fabrication de capsule et du module.
Un simulateur se trouvait au KSC et un autre à Houston. Ils étaient destinés à la formation et l'entraînement des astronautes pour les missions Apollo. Le troisième se trouvait également à Houston, mais il avait pour rôle spécifique l'entraînement au Rendez-Vous en orbite, terrestre et lunaire, entre la capsule et le LEM, pour aller et partir de la Lune.
Je reviendrai dans un autre article plus tard sur ces simulateurs de capsules et CMS.

Revenons aux deux LM Simulator - il y en avait un à Houston et le deuxième se trouvait au KSC.

Celui de Houston était destiné à la prise en mains, la familiarisation, à l'entraînement général du LEM. Celui du KSC était spécifiquement destiné à une mission définie.
Chaque équipage s'entraînait spécifiquement pour sa missio, c'est à dire aux phases d'alunissage et de départ de la Lune au Kennedy Space Center.
Mais malheureusement, le LM Simulator du KSC n'est pour le moment pas visible aux yeux du public. Il se trouve stocké dans le VAB. Il est complet, c'est à dire en deux parties qui se refermaient.

Celui de Houston est lui visible du public. Comme celui du KSC, il a été donné au Smithsonian Institute en 1975. Il se trouve dans la Starship Gallery (entrée sous le LEM) au niveau de la capsule America d'Apollo 17.

Il n'est pas complet, il lui manque la partie arrière qui ''enfermait'' les astronautes dans leur EM, mais ce qui nous intéresse, c'est bien le poste de pilotage du LEM et non la porte arrière du simulateur 😊😊😊
Il mesure 2,13 m de long pour 1,98 m de haut. Il pèse 272 kg.

Le voici donc pour le plaisir des yeux.

Et pour se repérer, rien de tel qu'un petit diagramme.


Les astronautes ont passé beaucoup beaucoup de temps dans ces simulateurs. J'en ai parlé avec certains d'entre eux lors de mes rencontres, et c'est ce qui revient le plus : le temps passé à l'intérieur de ceux-ci, et les multiples pannes qu'ils devaient gérer.


Alan Bean dira (voir son interview pour Space Quotes - Souvenirs d'espace en cliquant ICI) que c'est grâce aux nombreuses heurs passées à simuler l'alunissage d'Apollo 12 que la mission a été un succès et qu'ils avaient pu se poser aussi près de Surveyor 3.

(Pete Conrad et Alan Bean dans le LM Simulator)
Charlie Duke me disait : << Je ne sais pas combien de fois je suis mort, je me suis écrasé, je n'ai pas pu décollé de la Lune... mais c'était bien plus souvent que de réussir une mission/simulation complète... (rires...) >>

Il se souvient aussi de tout le temps qu'ils ont passé, lui et John Young, dans le simulateur de Houston pour la mission Apollo 13 (pendant que Mattingly s'occupait du simulateur du CMS).

(Rusty Schweikart et Jim McDivitt pour Apollo 9)
(Gene Cernan et Tom Stafford pour Apollo 10)
(Neil Armstrong pour Apollo 11)
(Fred Haise pour Apollo 13)
Par ailleurs, c'est le LM Simulator de Houston qui a servi pour la série ''De la Terre à la Lune'' de Tom Hanks. Il avait été déplacé sur une ancienne base désaffectée près d'Orlando où se trouvait une partie du studio pour les besoins du tournage.

Le LM Simulator a été un élément essentiel du programme Apollo.

Bonne visite 😉


Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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mardi 9 juillet 2019

L'incroyable aventure sur Terre d'un (petit)bout de Mars


Le 17 juin 2019, lors du premier jour du Salon de l'Aéronautique et de l'Espace au Bourget, une petite cérémonie spéciale a été organisée afin de donner à l'astronaute Thomas Pesquet une petit bout de la planète Mars qu'il emmènera avec lui lors de sa prochaine mission spatiale (prévue fin 2020-début 2021).

C'est dans le Pavillon du CNES que s'est déroulée cette cérémonie.

Ce morceau de Mars est en fait une météorite martienne 
qui a déjà une histoire extraordinaire

Extraordinaire d'abord, parce qu'après avoir été éjectée du sol martien par un impact de météorite important, après avoir été propulsée dans l'espace et après un long périple de plusieurs millions d'années dans l'espace, elle a atterrit sur Terre !

Extraordinaire ensuite, parce qu'après ce long voyage dans l'espace, après avoir atterrit sur Terre, elle est découverte en janvier 2015 dans le désert du Sahara (l'endroit reste secret). Le morceau trouvé pesait 307g. 
Elle a été acquise par le spécialiste ''et chasseur de météorite'' Luc Labenne, et après avoir été examinée et analysée par le Museum d'Histoire Naturelle de Paris, il a été confirmé que c'était bien une météorite martienne (nomenclature NWA 10170) de type Shergottite (SNC) qui a été éjectée de Mars il y a environ 180 millions d'années (âge de cristallisation). Plusieurs petits morceaux ont été extraient de la météorite d'origine, dont celui qui nous intéresse aujourd'hui et qui a été donné à la Cité de l'Espace à Toulouse.

Ce petit morceau, de 5,65g était donc à la Cité de l'Espace lorsque le 18 décembre 2015, il a été confié à Thomas Pesquet, au siède l'ESA, pour qu'il l'emmène avec lui lors de sa mission Proxima à bord de l'ISS (novembre 2016 à juin 2017).
Météorite remise par Jean-Baptiste Desbois, le directeur général de la Cité de l'Espace et par Claudie Haigneré, la marraine de la Cité de l'Espace.


L'histoire extraordinaire de cette météorite continue donc puisque qu'elle s'envole dans l'espace avec Thomas Pesquet pour la mission Proxima et elle reste dans l'espace de novembre 2016 à juin 2017 lorsque Thomas rentre sur Terre.

Thomas montre d'ailleurs la météorite en vol dans l'ISS et déclare : << Le plus beau des symboles serait qu'elle continue son voyage à l'occasion d'un futur vol habité vers la Lune ou à bord d'un rover martien >> (symbole qui va se réaliser = voir un peu plus bas).


Le 16 octobre 2017, lors du Congrès Mondial des Astronautes qui se tient à la Cité der l'Espace à Toulouse (voir article complet sur ce congrès en cliquant ICI), Thomas remet la météorite à Jean-Baptiste Desbois, le directeur de la Cité et à l'astrophysicien Maurice Sylvestre qui est le responsable scientifique de la SuperCam du rover martien Mars2020 (prononcez Mars Vingt Vingt) qui doit s'envoler pour la planète rouge en juillet 2020.


Et c'est là que le plus extraordinaire de l'aventure de ce morceau de Mars va commencer. Il a été découpé en trois fragments :

- Un fragment est exposé à la Cité de l'Espace depuis 2017
- Un fragment remis à l'IRAP qui l'a intégré parmi les 25 roches de calibration de l'instrument SuperCam de la mission du rovers Mars2020 qui s'envolera vers Mars en juillet 2020.
- Un fragment remis à Thomas Pesquet lors de cette journée au Salon afin qu'il l'amène avec lui lors de sa prochaine mission.

Cette météorite va donc, en partie, retourner sur Mars ! Elle a déjà traversé trois fois l'atmosphère terrestre (deux fois en arrivant et une fois en décollant avec Thomas en 2016), puis retournera sur Mars ! C'est vraiment une histoire extraordinaire et ce sera un merveilleux symbole des prochaines missions d'explorations spatiales.

Mais aussi, un autre morceau de cette météorite, retournera dans l'espace, d'abord dans l'ISS, puis après, pourquoi pas, avec cette fois la Lune comme point d'arrivée. On annonce le retour de l'homme autour de la Lune et sur la Lune pour 2024. Et Thomas est partant. Donc qui sait... ? ce troisième fragment pourra dire '' je viens de Mars, j'ai atterrit deux fois sur Terre, j'ai fait deux missions spatiales sur l'ISS et je vais vers la Lune ! ''.

La cérémonie de remise de ce lundi 17 juin s'est faite en présence de :

- Lionel Suchet, Directeur général délégué du CNES
- Sylvestre Maurice, astrophysicien et responsable de l'instrument SuperCam de Mars2020
- Jean-Claude Dardelet, vice-président de Toulouse-Métropole et de la Cité de l'Espace
- Jean-Baptiste Desbois, Directeur général de la Cité de l'Espace
- Thomas Pesquet, astronaute


Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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Remerciements : GIFAS, SIAE et la Cité de l'Espace de Toulouse