dimanche 12 avril 2026

Artemis II - Nous avons suivi, nous avons vibré avec cette extraordinaire mission !

 (en cours de publication)

J'ai lancé sur mes RS ce 12 avril 2026 un appel à témoignages pour garder un souvenir de cette mission à travers ceux qui l'ont suivi en tant que passionné ou pas.

10 avril 2026 - Retour sur Terre de la mission Artemis II

(en cours de publication)

10 avril 2026
Splashdown d'Artemis II
C'est donc ce vendredi 10 avril 2026 à 20h07 (11 avril à 02h07 à Paris) que la capsule Integrity et ses 4 membres d'équipage ont amerrit dans le Pacifique au large de cSan Diego.
Après 9 jours 01 heures 32 minutes dans l'espace, après avoir volé au-delà de la Lune, la mission Artemis II est terminée !

L'USS John P. Murtha, un navire de transport amphibie de l'US Navy, accompagné d'autres navires de la flotte de récupération, attendait exactement à l'endroit convenu. C'est aussi l'USS John P. Murtha qui a récupéré la capsule Integrity.
Les équipes de plongeurs ont sécurisé la capsule, notamment avec un collier de flottaison, avant d'ouvrir la trappe, ce qui a permis à l'équipage de sortir pour monter sur une sorte de grand ''Zodiac'' et d'être hélitreuillé à bord de 2 hélicoptères, des MH-60S Seahawk du HSC-23 de San Diego détachés spécialement sur l'USS John P. Murta. 4 hélicoptères étaient détachés spécialement sur le navire pour cette récupération, dont 2 pour l'hélitreuillage (un avec Reid Wiseman et Jeremy Hansen, l'autre avec Victor Glover et Christina Koch).
Ils sont accueillis par Jared Isaacman, l'Administrateur de la NASA.

Une fois à bord, et après une visite médicale, ils ont regagné le port de San Diego puis ils sont partis samedi après-midi (11 avril) pour Houston. Une cérémonie a eu lieu sur la Ellington Field Reserve Base où ils ont atterrit (c'est un peu l'aéroport de la NASA à Houston).

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Captures d'écran / NASA ? US Navy


vendredi 10 avril 2026

Rencontre avec Virginie Blanc, autrice et illustratrice de ''Le voyage d'Astro'' - 2025

 (en cours de publication)

Le voyage d'Astro
Virginie Blanc

Voici un formidable livre illustré paru il y a quelques mois en 2025 : Le voyage d'Astro de Virginie Blanc, et vous savez à quel point j'aime les livres illustrés !

Virginie Blanc qui en est l'autrice et l'illustratrice a écrit cette très belle histoire d'un ours en peluche, Astro, orné d'un écusson spatial, trouvé par Météore le chien d'Arthur qui est passionné d'espace, et... je vous laisse découvrir la suite au cors de ces 44 pages d'aventure richement et superbement illustrées.

Le livre est préfacé par Claudie Haigneré, première française dans l'espace.

Amaury, mon fils de 7 ans, a adoré. Il commence à lire couramment et très bien, et lors de sa semaine de vacances ici, il le lisait à voix haute plusieurs fois par jour parce que cela lui plaisait. Il lui a tellement plu qu'il l'a remporté avec lui chez lui 😁😁😁

Le livre est disponible ici ;

ISBN : 91041574261

Merci beaucoup à Virginie d'avoir répondu à mes questions pour cette longue et passionnante interview (et d'avoir dessiné et peint Amaury voyageant avec Astro !).

Qui est-tu Virginie ? Peux-tu te présenter ? Quel est ton métier et pourquoi l’as-tu choisi ?
Se présenter est toujours une tâche assez complexe mais je relève le défi.
Jeune fille de la Cité du Chemin vert à Bobigny (93), j’ai toujours aimé dessiner. Au moins un domaine dans lequel je n’étais pas trop mauvaise, parce qu’à l’école, aie ! aie ! aie !
J’ai grandi en Seine saint Denis et y suis restée jusqu’à mes 48 ans. J’allais à l’école à reculons et pourtant... allez comprendre... je suis devenue enseignante.
Et pour couronner le tout, je suis devenue formatrice d’enseignants après avoir obtenu une licence d’arts et un master MEEF.

Carnettiste, artiste peintre et dessinatrice, je voyage, je croque, je photographie.
Avec une amie, nous avons créé « la P’tite rédac » au festival international du journalisme, organisé par le journal Le Monde.
Nous proposions des activités journalistiques aux enfants des festivaliers, des journalistes et des stars. Et le « P’tit Monde » sortait chaque soir.
C’est là que j’ai appris à communiquer et à convaincre les « expert.e.s » de venir « raconter » leurs sujets de prédilections aux enfants. Cela fonctionnait tellement bien que j’en ai fait ma pédagogie. Chaque année depuis six ans, des expert.e.s viennent dans ma classe pour apporter ce que moi, je serai en incapacité de leur apprendre. Et oui, la polyvalence à ses limites.
 
J’ai cru comprendre que tu t’adressais à l’aéronautique et au spatial depuis longtemps – depuis quand et pourquoi ?
Mon premier grand projet avec des expert.e.s, était sur le sujet des objectifs de développement durable (ODD).
Les posters de Yann Arthus Bertrand sont dans toutes les écoles mais les enseignants ont des difficultés à s’en emparer.
Alors j’ai décidé de faire produire des posters par les élèves de CM1 mais de leur quartier. Et pour chacun des 17 posters, un invité accompagnait les élèves.
En fin d’année, j’ai suivi la même classe au CM2. Ils m’ont demandé de travailler sur le thème de l’espace. Panique à bord... je n’y connaissais pas grand-chose.
J’ai alors lancé un pari. S’ils parvenaient à relier les ODD au spatial, alors je les suivrai dans ce projet. Les bougres ont réussi !
Me voici dons embarquer à élaborer durant tout le mois de juin, juillet et aout un projet avec 17 posters et la réalisation d’un webdocumentaire sur les ODD et l’espace.
J’ai écrit absolument PARTOUT pour trouver des expert.e.s pour chaque problématique ODD/Espace. Pour exemple : les débris dans l’espace (cause et conséquence pour la Terre et pour l’Espace ? Avantage et inconvénients ? ODD12) ou encore la mixité dans l’aérospatial (ODD5)...
La première à m’avoir répondu était Claudie Haigneré. Elle me demandait tout simplement de quelle manière elle pouvait m’aider ? Ensuite, Jacques Arnould (expert éthique au CNES ODD16), Christophe Bonnal pour les débris spatiaux, Michel Viso pour la question des plantes dans l’ISS, Julie Deshayes pour la question des océans... Un véritable équipage !
Les élèves interviewaient, réalisaient des tournages, dessinaient dans leur carnet de voyage. Une véritable aventure.
Je poursuis depuis sur ce même thème parce qu’il me semble que les sciences du spatial servent la Terre. Je le comprends mieux maintenant en écoutant les expert.e.s l’expliquer aux élèves.
 
Pourquoi avoir choisi d’écrire un (merveilleux) livre pour enfants sur ce thème ?
Comment t’es venu l’idée de cette histoire ?
J’ai toujours eu le profond désir d’écrire des histoires pour les enfants.
Cela fait maintenant cinq années que je travaille sur l’aéronautique et le spatial. En croisant les deux, et étant donné l’engouement des enfants face à ce sujet, j’ai naturellement eu envie de croiser les deux. 
Mais il me fallait une entrée. Il faut bien comprendre que mes projets pédagogiques d’écriture de carnets de voyage sont fondés sur des connaissances réelles apportées par des expert.e.s. Il y a toujours une part de rêve et d’imaginaire mais ils doivent réinvestir ce qu’ils ont appris.
Le « Voyage d’Astro » est fondé sur le même principe. Une part d’imaginaire mais une grande part de réalité.
Le déclic du Voyage d’Astro est arrivé en 2024. J’étais enseignante en SEGPA, dans un collège sur Angers. J’ai proposé le même type de projet aux 5ème Segpa. Et je les ai inscrits à un concours « Je filme le métier qui me plait ».
Ils ont voulu, non étrangement, filmer un témoignage de Claudie Haigneré, qui a accepté la mission aussi. Nous avons été sélectionnés, sommes partis au Grand Rex et avons gagné le Clap d’argent. Je vous laisse imaginer la joie et l’émotion des jeunes collégiens de SEGPA sur l’estrade face à des centaines de personnes. Et pour ajouter un peu de splendeur à cette aventure, Claudie Haigneré était avec nous du début à la fin, sans même savoir si les élèves avaient gagné ou pas. Jacques Arnould aussi était des nôtres.

C’est dans les couloirs du Grand Rex que Claudie Haigneré a raconté aux élèves l’histoire du petit ourson de sa fille qui a voyagé dans l’ISS. Lorsque les élèves ont entendu qu’il avait été perdu à son retour sur Terre, ils étaient tellement désespérés, que je me suis dit : « Virginie, il faut retrouver cet ourson et lui faire vivre des aventures ! ». Et voilà... Astro est né ...
Dans le premier album, je voulais vraiment que les jeunes lecteurs et lectrices comprennent qui était ce nounours qui avait voyagé dans l’espace, mais également que tous connaissent l’histoire de la première astronaute française à être allée dans l’espace. Les valeurs de courage, de persévérance et d’audace y sont véhiculées, en même temps que quelques références littéraires et culturelles.
 
Comment as-tu travailler sur ce livre (recherches, etc….) ? Combien de temps cela pris ?
Pour travailler « Le voyage d’Astro », il a fallu que je me documente énormément. Je voulais faire la surprise à Claudie, alors je ne pouvais pas trop lui poser de questions. J’ai donc utilisé les sites en lignes sur le domaine scientifique et historique. J’ai passé des heures à regarder des vidéos sur les missions spatiales et notamment la mission Andromède.
J’ai aussi interrogé mes élèves de Segpa. Je leur ai lu, ils m’ont par exemple conseillé de dessiner la machine à laver. Pour le second tome, je me sers de l’actualité spatiale, je demande des conseils et des vérifications auprès de mon équipage d’expert.e.s et notamment Christophe Bonnal, Jacques Arnould, Claudie Haigneré, Cécile Lestienne.  
 
C’est Claudie Haigneré qui a préfacé ton livre (ça ne pouvait être mieux) – quelle a été sa première réaction si ce n’est pas indiscret ?
Lorsque j’ai enfin eu bien avancé sur l’album. Je l’ai soumis à Claudie Haigneré. Bien évidemment, je n’aurais rien publié sans son accord. Mais le fait d’avoir permis à ce petit nounours d’être retrouvé et de lui permettre de poursuivre des aventures l’ont énormément touchée. Claudie était très reconnaissante et moi aussi de m’offrir toute sa confiance.
 
Le voyage d’Astro Tome 2 arrive bientôt je crois ? tu peux nous en dire plus ou il faut encore garder la surprise ?
Mais n’oublions pas le rêve d’Arthur à la fin du premier album : construire sa cabane sur la Lune.
À la demande des enfants, des adolescents et des adultes de mon entourage, j’ai dû rapidement me remettre à mes stylos et à mes aquarelles. Claudie Haigneré avait parlé il y a quelques années, du Lunar Gateway. Même si le projet a été mis sur le côté pour le moment, le voyage d’Artemis 2 permettait de propulser mes deux héros dans une nouvelle aventure.
Arthur a grandi et est prêt à s’embarquer dans la fusée Artemis. Je n’ai pas daté l’aventure car j’espère que le Lunar Gateway sera un jour d’actualité. Là encore, je me suis énormément documentée et j’ai demandé à mes amis expert.e.s de vérifier chaque donnée scientifique.
Ce second album est plus dynamique. Il est question de plusieurs péripéties, de dangers potentiels que pourraient rencontrer de vrais astronautes. Il y est question aussi d’environnement.
Ce second album permet aux enfants comme aux adultes d’en savoir plus s’ils le souhaitent grâce à des logos de bas de pages qui renvoient à des notes en fin d’album. L’histoire est courte, mais les images complètent ce qui n’est pas dit.
Mes élèves de CE2/CM1 de cette année voient l’album se construire et me pressent de le terminer. Ah... et une petite fille « Charlie » apprend à lire sur « Le voyage d’Astro ». Quelle meilleure reconnaissance que de savoir qu’Astro trouve sa place dans la chambre des enfants ?
 
Aimerais-tu aller dans l’espace ?
La Terre est extraordinaire et j’y suis bien, même si j’ai souvent la tête en orbite. Mais si je devais aller dans l’espace, cela serait pour vivre la sensation d’impesanteur (je crois que oui, j’adorerai).
Et surtout, cela me donnerait l’occasion de parler à tous les enfants du monde et de leur proposer de réaliser un carnet de voyage avec moi. J’ai évidemment une pensée particulière pour Christa McAuliffe, enseignante décédée dans la navette Challenger. Imaginez un carnet de voyage spatial dans toutes les langues. Ce serait génial non ?
 
Si tu pouvais peindre, dessiner dans l’espace, ce serait quoi ?
Je pense que si je pouvais peindre dans l’espace, j’aimerais bien tenter de représenter une supernova ou une nébuleuse. Autant renverser ma palette d’aquarelle avec ses mille couleurs !


Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
Un ENORME merci à Virginie pour sa gentillesse

jeudi 2 avril 2026

1er avril 2026 - Décollage de la mission Artemis II vers la Lune - We are FGoing !


         DECOLLAGE DE LA MISSION ARTEMIS II
1er avril 2026
C'est donc ce mercredi 1er avril 2026 à 18h35 heure local (soit 00h35 Paris) que l'équipage d'Artemis II, à bord de la capsule Orion baptisée Integrity au sommet du SLS, a décollé pour un voyage autour de la Lune. C'est la première mission habitée vers la Lune depuis la fin du programme Apollo en décembre 1972 avec Apollo 17 qui a vu les derniers hommes marcher sur la Lune (pour l'instant).

L'équipage est composé de :

- Reid Wiseman, 50 ans, Commandant, 2ème vol
- Victor Glover, 49 ans, Pilote, 2ème vol
- Christina Koch, 47 ans, 2ème vol
- Jeremy Hansen, 50 ans, 1er vol, Canada
La fenêtre de tir s'est ouverte à 18h24 locale et était de 2 heures. Beaucoup de médias ont compris que le décollage devait avoir lieu à 18h24 (00h24 à Paris) et en ont conclu qu'il y avait du retard ! Ce qui n'était bien sûr pas le cas - l'équipage avait entre 18h24 et 20h24 pour décoller ce jour-là.
Une fenêtre permet de gérer justement, si possible dans le délai imparti, les problèmes, quels qu'ils soient, qui pourraient se présenter...

Après l'habillement, la traditionnelle partie de cartes avec le Directeur des Astronautes Scott Tingle, l'équipage a quitté le quartier des équipages pour se rendre sur le Pad 39-B où les attendait le SLS et leur capsule Orion.

L'équipage est arrivé très détendu au pied du SLS pour s'installer à bord de la capsule Integrity.
La fenêtre de 2 heures est là pour permettre de gérer les incidents. Et ça a été le cas : à T-10 min, le compte à rebours a été interrompu pour vérifier un des deux capteurs de chaleur de la tour de sauvetage afin de déterminer si c'était juste le capteur qui faisait des siennes ou si c'était un problème dû à la batterie de celui-ci. Après un examen approfondi, tout était opérationnel, et comme nous étions dans la période impartie de la fenêtre, cela n'a eu aucun impact ! Le lancement s'est déroulé normalement.
Le compte à rebours est reparti, et le décollage a eu lieu à 18 h 35 min 12 sec local (soit 00h35 chez nous).
Le décollage s'est déroulé normalement et tout a été parfait semble t-il. Artemis II est parti pour la Lune !
La mission doit durer 10 jours - avec la séquence TLI (Trans Lunar Injection) prévue pour le 2 avril au soir, pour une trajectoire libre et non motorisée afin d'effectuer le tour de la Lune et de revenir.
Le programme prévu (en heure locale) :
- Normalement, c'est dimanche 5 avril que le vaisseau Integrity sera sous l'attraction lunaire c'est à dire que l'attraction de la Lune sera plus forte que celle de la Terre.

- Lundi 6 avril : survol de la Lune jusqu'à 10 000 km de sa surface (ils seront le plus éloigné lors de leur survol de la face cachée) - une interruption des communications d'une quarantaine de minutes est prévue au moment de survoler la face cachée.
A ce moment du vol, ils deviendront les humains les plus loin de la Terre depuis les débuts de l'homme dans l'espace en 1961.

- Mardi 7 au jeudi 9 avril, c'est le voyage retour en trajectoire libre. Le moteur ne s'allumera que 3 fois brièvement pour affiner la trajectoire d'amerrissage prévu dans le Pacifique.

- vendredi 10 avril : séparation de la capsule Orion et du module de service qui ira brûler dans l'atmosphère, avant l'amerrissage au large de San Diego où l(équipage sera récupéré par un des navires spécialement dépêché sur place.

Sur mes RS, j'ai fait un ''petit live'' à partir de H-9 / je ne peux pas faire de live vidéo-audio) (exceptionnellement, j'en aurais fait un) mais tout d'abord mon expérience technique est limitée, et surtout avec mes séquelles de l'AVC, c'est compliqué de m'exprimer oralement (je refuse la plupart des sollicitations que je reçois pour des visios et autres justement à cause de cela), et avec une hémiplégie totale du corps, de l'oreille au pied, c'est un défi technique et logistique difficilement gérable. C'est comme ça, on n'y changera rien...

Quoiqu'il en soit, ça a été une vraie joie de pouvoir suivre (et partager) ce lancement historique !

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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             NASA

lundi 30 mars 2026

Rencontre avec Flore Avram, illustratrice de ''Petites histoires et grands déboires de l'exploration de la Lune'' - 2026


PETITES HISTOIRES
et GRANDS DEBOIRES
de l'EXPLORATION
de la LUNE

Rencontre avec l'illustratrice Flore Avram
A l'occasion de la sortie de Petites histoires et grands déboires de l'exploration de la Lune de Nicolas Beck et illustré par Flore Avram, je vous invite à rencontrer l'auteur qui a gentiment accepté de se prêter au jeu de l'interview.

L'auteur Nicolas Beck nous a répondu aussi, c'est ici :
 
Qui êtes-vous Flore et quel a été votre parcours, artistique notamment ? Pourquoi avoir décidé d’en faire votre métier ?
Je suis illustratrice scientifique et je travaille sur la vulgarisation de sujets scientifiques auprès d'Instituts scientifiques, de maisons d'éditions, de journaux etc...
Je fais aussi un peu de graphisme et d'illustration plus généraliste à côté.
Mon parcours artistique est assez simple puisque j'ai fait la totalité à l'école Estienne : Une MANAA et un BTS en design graphique, puis un DSAA (diplôme supérieur d'art appliqué) en Design d'illustration scientifique.
Avant ça, j'avais fait un bac S et une prépa littéraire.
Dans l'illustration scientifique, j'aime beaucoup le fait que le côté artistique (le design, l'illustration) a une utilité très concrète. Je trouve ça assez intéressant de donner au grand public des clés pour mieux comprendre des sujets scientifiques qui peuvent paraître assez complexes mais qui, bien expliqués, sont finalement assez simples à saisir. C'est une façon pour moi de contribuer à la démocratisation de la Science avec un grand S ! En plus, j'apprends plein de nouvelles choses tous les jours donc j'en profite aussi beaucoup.
 
Vous intéressiez-vous à l’exploration spatiale avant de collaborer avec Nicolas ?
J'ai eu un premier projet d'astronomie juste avant que Jeanne de la maison d'édition Delachaux et Niestlé m'appelle pour travailler sur ce livre avec Nicolas. Ça tombait finalement très bien parce que j'étais déjà un peu plongée dans la thématique.
Je m'intéressais déjà de loin à l'actualité de l'exploration spatiale, je lis et regarde pas mal de science-fiction mais je ne m'étais jamais précisément penchée sur l'exploration lunaire. Même si bien sûr, l'idée que des êtres humains aient posé le pied sur la Lune m'a toujours fascinée !
Quand j'ai reçu le manuscrit de Nicolas, je l'ai trouvé génial ! J'ai appris plein de choses en faisant les illustrations et je m'intéresse de plus près aux futures missions grâce à ce travail.
Comment avez-vous travaillé sur les illustrations, qui sont très réussies ?
Merci beaucoup !
J'ai d'abord proposé des tests sur quelques chapitres pour déterminer le style graphique, avec des idées de couleurs et on s'est mis d'accord tous ensembles sur les bases. Puis Grégory, le graphiste a réalisé une super maquette, qui m'a donnée une idée du format des illustrations attendues. Ensuite, j'ai lu et étudié chaque chapitre et proposé des croquis qui une fois validés, sont mis en couleur.
 
Si vous aviez quelques photos de votre travail préparatoire et des illustrations originales pour l’article, ce serait super
Les illustrations sont réalisées à la tablette, je n'ai donc pas de photo à partager. Mais mon logiciel de dessin permet d'exporter un timelapse de chaque dessin réalisé, je peux vous en mettre un comme exemple, avec son lot d'erreurs et de réflexion sur la composition !

Petites histoires et grands déboires de l'exploration de la Lune
Editions Delachaux et Niestlé
ISNB : 9782603032336
128 pages
Livre broché et illustré
Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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             Nicolas Beck

dimanche 29 mars 2026

Rencontre avec Nicolas Beck, auteur de ''Petites histoires et grands déboires de l'exploration de la Lune'' - 2026


PETITES HISTOIRES
et GRANDS DEBOIRES
de l'EXPLORATION
de la LUNE

Rencontre avec l'auteur Nicolas Beck
A l'occasion de la sortie de Petites histoires et grands déboires de l'exploration de la Lune de Nicolas Beck (et illustrations de Flore Avram), je vous invite à rencontrer l'auteur qui a gentiment accepté de se prêter au jeu de l'interview.

L'illustratrice Flore Avram nous a répondu aussi, c'est ici :
 
Peux-tu te présenter en quelques mots ? Dire qui tu es, ce que tu fais et à quand remonte ta passion pour l’espace ?
Enfant, je suis tombé amoureux des cailloux et j’ai très rapidement voulu m’orienter vers la géologie.
Durant mes études en Sciences de la Terre et de l’Univers à Nancy, j’ai vite compris que l’histoire de notre planète et celle du Système solaire formaient un tout : en regardant le ciel, on comprend aussi d’où l’on vient, d’une certaine manière. Et c’est ce que j’aime dans la géologie et l’astronomie, ce rapport au temps absolument vertigineux !

Le géologue parle en millions voire milliards d’années, mais paradoxalement, certaines roches sont toutes récentes : j’ai d’ailleurs eu la chance de collecter des basaltes encore chauds, à peine formés, à la Réunion.
Dans le ciel se rajoutent des distances colossales, que l’on peine à cerner. Jouer avec l’espace et le temps, c’est vraiment ce qui me plaît dans ces sujets passionnants. Et aujourd’hui, j’ai l’opportunité de côtoyer des scientifiques brillants, dont des planétologues.

Dans mon activité professionnelle, je travaille à l’accompagnement des structures de recherche dans un service du Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace.
C’est aussi pour moi l’opportunité de garder toujours un pied dans les sciences en train de se faire, ce qui nourrit d’une certaine façon mon travail d’écriture que j’effectue en parallèle.
 
Pourquoi as-tu choisi de vulgariser – même si ceux qui ont lus ton 1er livre le savent déjà    (en finir avec les idées reçues sur la vulgarisation scientifique, 2017) ?
Vulgariser, transmettre, partager… cette démarche me semble essentielle dans une logique de dialogue entre la recherche et ceux qui gravitent autour, plus ou moins loin.
Dans mes activités de médiation scientifique, j’aide les chercheurs qui veulent discuter avec le public pour non seulement partager leur passion, mais aussi être à l’écoute. Car sans qu’on s’en rende forcément compte, un chercheur gagne à transmettre sa recherche au public !
A commencer par une prise de hauteur souvent indispensable à une meilleure recherche.

Personnellement, même si je ne suis pas chercheur, j’ai toujours adoré ce contact avec le public. Quoi de plus stimulant que des yeux qui brillent lorsqu’on évoque un sujet enthousiasmant… et le domaine spatial s’y prête particulièrement bien !
Même si j’écris beaucoup, ma démarche de médiation ne s’arrête pas à la publication d’un livre : je prolonge le geste en rencontrant le public lors d’ateliers, de conférences, d’animations, qui donnent vie au contenu proposé. C’est l’occasion de raconter, de débattre mais aussi d’apprendre du public qui souvent me faire découvrir des anecdotes ou me conseille des lectures.
 
Toi qui est un ‘’martien’’, pourquoi avoir choisi la Lune cette fois-ci ? (les 3 précédents ouvrages de Nicolas concernent Mars, dont le superbe Nix Olympica) – Combien de temps as-tu travaillé sur ton dernier livre Petites histoires et grands déboires de l’exploration de la Lune ? 
Je ne dirai pas que j’ai fait le tour de Mars, car il reste tellement à découvrir et à raconter… Disons plutôt que j’essaie d’être en phase avec la temporalité des missions spatiales en cours.

En 2021, je venais de publier Nix Olympica et je finissais En Avant Mars, alors que Perseverance faisait ses premiers tours de roues.

Aujourd’hui, je sors un ouvrage sur la Lune alors qu’Artemis 2 s’apprête à décoller et que les années à venir seront très lunaires. Ce n’est pas qu’un effet de mode, c’est aussi pour répondre à l’actualité en lien avec la démarche de médiation que j’évoquais juste avant.

Le temps d’écriture d’un livre est complexe à mesurer : cela s’étale sur plusieurs mois mais c’est entrecoupé de tout un tas d’autres activités. J’aimerais tellement pouvoir écrire d’une seule traite, et disposer de temps consacré uniquement à l’écriture…
A noter que je finalise 3 autres livres sur la Lune : un album jeunesse (rendez-vous en août 2026 pour la sortie) mais également deux autres plus conséquents à paraître en 2027.
A suivre !
Comment as-tu travaillé sur les illustrations avec ton illustratrice Flore Avram (bravo, elles sont très chouettes).
C’est l’éditrice, Jeanne Cochin, qui travaille pour Delachaux&Niestlé, qui m’a proposé de travailler avec Flore. Elle avait déjà illustré des ouvrages édités par Jeanne, et Jeanne a tout de suite perçu que son style pourrait correspondre à mes textes.
Nous nous sommes dans un premier temps mis d’accord sur le ton, le grain, et les gammes de couleurs à utiliser. Flore nous a fait plusieurs propositions et nous avons choisi un style percutant, vif, qui ferait écho aux anecdotes racontées dans le texte.

Le travail s’est étalé sur plusieurs mois avec de régulières discussions pour valider les dessins, à partir d’exemples que je suggérais. Est ensuite venu le temps de la maquette, qui a été réalisée par Grégory Bricout : l’idée était là-aussi de garder le dynamisme des textes pour donner un ensemble vraiment percutant et cohérent avec le style d’écriture et les contenus parfois un peu décalés. J’en profite pour les remercier tous les trois car le livre est réellement sublimé par le travail graphique qui a été effectué.
 
Maintenant qu’Artemis est en route et que l’annonce de l’Administrateur de la NASA Jared Isaacman concernant les nouvelles orientations de la NASA concernant le programme lunaire vient d’être faite, comment vois-tu le futur de l’exploration de la Lune ?
(avec un peu de chance, au moment où sera publiée l’interview, un équipage sera peut-être retourné autour de la Lune)
Comme beaucoup de passionnés du domaine, j’ai hâte que les vols habités vers la Lune puis sur la Lune reprennent. C’est vraiment une aventure incroyable à suivre et nous avons la chance de pouvoir la vivre « en direct ».
Scientifiquement, la Lune a encore énormément à nous apprendre et j’espère que ces expéditions apporteront des informations inédites, des découvertes qui aideront à comprendre l’histoire de la formation de la Lune ou expliqueront la présence d’eau.

Malgré tout, je suis un peu inquiet du modèle spatial qui s’est transformé ces 20 dernières années, dans la logique du NewSpace. Les divers pays et les grosses entreprises qui ont mis les pieds dans l’exploration de la Lune n’y vont pas majoritairement pour des raisons scientifiques, on le sait bien. Quelle peut être la tournure que prend l’exploration lunaire si une base habitée américaine, puis une chinoise, puis d’autres encore, s’installent ? Quelles dérives pourrait-on craindre si la Lune devient un terrain de jeu ou d’exploitation de ressources plutôt qu’un terrain d’exploration et de science ? J’espère que l’Homme arrivera à préserver ce patrimoine, dans une logique de transmission pour les générations futures.
Petites histoires et grands déboires de l'exploration de la Lune
Editions Delachaux et Niestlé
ISNB : 9782603032336
128 pages
Livre broché et illustré
Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace
             Nicolas Beck