Virginie Blanc qui en est l'autrice et l'illustratrice a écrit cette très belle histoire d'un ours en peluche, Astro, orné d'un écusson spatial, trouvé par Météore le chien d'Arthur qui est passionné d'espace, et... je vous laisse découvrir la suite au cors de ces 44 pages d'aventure richement et superbement illustrées.
Amaury, mon fils de 7 ans, a adoré. Il commence à lire couramment et très bien, et lors de sa semaine de vacances ici, il le lisait à voix haute plusieurs fois par jour parce que cela lui plaisait. Il lui a tellement plu qu'il l'a remporté avec lui chez lui 😁😁😁
Merci beaucoup à Virginie d'avoir répondu à mes questions pour cette longue et passionnante interview (et d'avoir dessiné et peint Amaury voyageant avec Astro !).
Qui est-tu Virginie ?
Peux-tu te présenter ? Quel est ton métier et pourquoi l’as-tu choisi ?
Se présenter est toujours une tâche assez complexe mais
je relève le défi.
Jeune fille de la Cité du Chemin vert à Bobigny (93), j’ai
toujours aimé dessiner. Au moins un domaine dans lequel je n’étais pas trop
mauvaise, parce qu’à l’école, aie ! aie ! aie !
J’ai grandi en
Seine saint Denis et y suis restée jusqu’à mes 48 ans. J’allais à l’école à
reculons et pourtant... allez comprendre... je suis devenue enseignante.
Et
pour couronner le tout, je suis devenue formatrice d’enseignants après avoir
obtenu une licence d’arts et un master MEEF.
Carnettiste, artiste peintre et dessinatrice, je voyage,
je croque, je photographie.
Avec une amie, nous avons créé « la P’tite
rédac » au festival international du journalisme, organisé par le journal
Le Monde.
Nous proposions des activités journalistiques aux enfants des
festivaliers, des journalistes et des stars. Et le « P’tit Monde »
sortait chaque soir.
C’est là que j’ai appris à communiquer et à convaincre les
« expert.e.s » de venir « raconter » leurs sujets de
prédilections aux enfants. Cela fonctionnait tellement bien que j’en ai fait ma
pédagogie. Chaque année depuis six ans, des expert.e.s viennent dans ma classe
pour apporter ce que moi, je serai en incapacité de leur apprendre. Et oui, la
polyvalence à ses limites.
J’ai cru comprendre que tu
t’adressais à l’aéronautique et au spatial depuis longtemps – depuis quand et
pourquoi ?
Mon premier grand projet avec des expert.e.s, était sur
le sujet des objectifs de développement durable (ODD).
Les posters de Yann Arthus
Bertrand sont dans toutes les écoles mais les enseignants ont des difficultés à
s’en emparer.
Alors j’ai décidé de faire produire des posters par les élèves de
CM1 mais de leur quartier. Et pour chacun des 17 posters, un invité
accompagnait les élèves.
En fin d’année, j’ai suivi la même classe au CM2. Ils
m’ont demandé de travailler sur le thème de l’espace. Panique à bord... je n’y
connaissais pas grand-chose.
J’ai alors lancé un pari. S’ils parvenaient à
relier les ODD au spatial, alors je les suivrai dans ce projet. Les bougres ont
réussi !
Me voici dons embarquer à élaborer durant tout le mois de juin,
juillet et aout un projet avec 17 posters et la réalisation d’un
webdocumentaire sur les ODD et l’espace.
J’ai écrit absolument PARTOUT pour
trouver des expert.e.s pour chaque problématique ODD/Espace. Pour
exemple : les débris dans l’espace (cause et conséquence pour la Terre et
pour l’Espace ? Avantage et inconvénients ? ODD12) ou encore la
mixité dans l’aérospatial (ODD5)...
La première à m’avoir répondu était Claudie
Haigneré. Elle me demandait tout simplement de quelle manière elle pouvait
m’aider ? Ensuite, Jacques Arnould (expert éthique au CNES ODD16),
Christophe Bonnal pour les débris spatiaux, Michel Viso pour la question des
plantes dans l’ISS, Julie Deshayes pour la question des océans... Un véritable
équipage !
Les élèves interviewaient, réalisaient des tournages, dessinaient
dans leur carnet de voyage. Une véritable aventure.
Je poursuis depuis sur ce même thème parce qu’il me
semble que les sciences du spatial servent la Terre. Je le comprends mieux
maintenant en écoutant les expert.e.s l’expliquer aux élèves.
Pourquoi avoir choisi
d’écrire un (merveilleux) livre pour enfants sur ce thème ?
Comment t’es venu l’idée
de cette histoire ?
J’ai toujours eu le profond désir d’écrire des histoires
pour les enfants.
Cela fait maintenant cinq années que je travaille sur
l’aéronautique et le spatial. En croisant les deux, et étant donné l’engouement
des enfants face à ce sujet, j’ai naturellement eu envie de croiser les deux.
Mais il me fallait une entrée. Il faut bien comprendre que mes projets
pédagogiques d’écriture de carnets de voyage sont fondés sur des connaissances
réelles apportées par des expert.e.s. Il y a toujours une part de rêve et d’imaginaire
mais ils doivent réinvestir ce qu’ils ont appris.
Le « Voyage
d’Astro » est fondé sur le même principe. Une part d’imaginaire mais une
grande part de réalité.
Le déclic du Voyage d’Astro est arrivé en 2024. J’étais
enseignante en SEGPA, dans un collège sur Angers. J’ai proposé le même type de
projet aux 5ème Segpa. Et je les ai inscrits à un concours « Je filme le
métier qui me plait ».
Ils ont voulu, non étrangement, filmer un
témoignage de Claudie Haigneré, qui a accepté la mission aussi. Nous avons été
sélectionnés, sommes partis au Grand Rex et avons gagné le Clap d’argent. Je
vous laisse imaginer la joie et l’émotion des jeunes collégiens de SEGPA sur
l’estrade face à des centaines de personnes. Et pour ajouter un peu de
splendeur à cette aventure, Claudie Haigneré était avec nous du début à la fin,
sans même savoir si les élèves avaient gagné ou pas. Jacques Arnould aussi
était des nôtres.
C’est dans les couloirs du Grand Rex que Claudie Haigneré
a raconté aux élèves l’histoire du petit ourson de sa fille qui a voyagé dans
l’ISS. Lorsque les élèves ont entendu qu’il avait été perdu à son retour sur
Terre, ils étaient tellement désespérés, que je me suis dit :
« Virginie, il faut retrouver cet ourson et lui faire vivre des
aventures ! ». Et voilà... Astro est né ...
Dans le premier album, je voulais vraiment que les jeunes
lecteurs et lectrices comprennent qui était ce nounours qui avait voyagé dans
l’espace, mais également que tous connaissent l’histoire de la première
astronaute française à être allée dans l’espace. Les valeurs de courage, de
persévérance et d’audace y sont véhiculées, en même temps que quelques
références littéraires et culturelles.
Comment as-tu travailler
sur ce livre (recherches, etc….) ? Combien de temps cela pris ?
Pour travailler « Le voyage d’Astro », il a
fallu que je me documente énormément. Je voulais faire la surprise à Claudie,
alors je ne pouvais pas trop lui poser de questions. J’ai donc utilisé les
sites en lignes sur le domaine scientifique et historique. J’ai passé des
heures à regarder des vidéos sur les missions spatiales et notamment la mission
Andromède.
J’ai aussi interrogé mes élèves de Segpa. Je leur ai lu, ils m’ont
par exemple conseillé de dessiner la machine à laver. Pour le second tome, je
me sers de l’actualité spatiale, je demande des conseils et des vérifications
auprès de mon équipage d’expert.e.s et notamment Christophe Bonnal, Jacques
Arnould, Claudie Haigneré, Cécile Lestienne.
C’est Claudie Haigneré qui
a préfacé ton livre (ça ne pouvait être mieux) – quelle a été sa première
réaction si ce n’est pas indiscret ?
Lorsque j’ai enfin eu bien avancé sur l’album. Je l’ai
soumis à Claudie Haigneré. Bien évidemment, je n’aurais rien publié sans son
accord. Mais le fait d’avoir permis à ce petit nounours d’être retrouvé et de
lui permettre de poursuivre des aventures l’ont énormément touchée. Claudie
était très reconnaissante et moi aussi de m’offrir toute sa confiance.
Le voyage d’Astro Tome 2
arrive bientôt je crois ? tu peux nous en dire plus ou il faut encore garder la
surprise ?
Mais n’oublions pas le rêve d’Arthur à la fin du premier
album : construire sa cabane sur la Lune.
À la demande des enfants, des
adolescents et des adultes de mon entourage, j’ai dû rapidement me remettre à
mes stylos et à mes aquarelles. Claudie Haigneré avait parlé il y a quelques
années, du Lunar Gateway. Même si le projet a été mis sur le côté pour le
moment, le voyage d’Artemis 2 permettait de propulser mes deux héros dans une
nouvelle aventure.
Arthur a grandi et est prêt à s’embarquer dans la fusée Artemis.
Je n’ai pas daté l’aventure car j’espère que le Lunar Gateway sera un jour
d’actualité. Là encore, je me suis énormément documentée et j’ai demandé à mes
amis expert.e.s de vérifier chaque donnée scientifique.
Ce second album est
plus dynamique. Il est question de plusieurs péripéties, de dangers potentiels
que pourraient rencontrer de vrais astronautes. Il y est question aussi
d’environnement.
Ce second album permet aux enfants comme aux adultes d’en
savoir plus s’ils le souhaitent grâce à des logos de bas de pages qui renvoient
à des notes en fin d’album. L’histoire est courte, mais les images complètent
ce qui n’est pas dit.
Mes élèves de CE2/CM1 de cette année voient l’album se
construire et me pressent de le terminer. Ah... et une petite fille
« Charlie » apprend à lire sur « Le voyage d’Astro ».
Quelle meilleure reconnaissance que de savoir qu’Astro trouve sa place dans la
chambre des enfants ?
Aimerais-tu aller dans
l’espace ?
La Terre est extraordinaire et j’y suis bien, même si
j’ai souvent la tête en orbite. Mais si je devais aller dans l’espace, cela
serait pour vivre la sensation d’impesanteur (je crois que oui, j’adorerai).
Et
surtout, cela me donnerait l’occasion de parler à tous les enfants du monde et
de leur proposer de réaliser un carnet de voyage avec moi. J’ai évidemment une
pensée particulière pour Christa McAuliffe, enseignante décédée dans la navette
Challenger. Imaginez un carnet de voyage spatial dans toutes les langues. Ce
serait génial non ?
Si tu pouvais peindre,
dessiner dans l’espace, ce serait quoi ?
Je pense que si je pouvais peindre dans l’espace,
j’aimerais bien tenter de représenter une supernova ou une nébuleuse. Autant
renverser ma palette d’aquarelle avec ses mille couleurs !