dimanche 16 août 2026

30ème anniversaire de la mission Cassiopée avec Claudie Haigneré - 1996-2026


30ème anniversaire de la mission Cassiopée
avec Claudie Haigneré
1996-2026
 

(reprise corrigée de mon article de 2021 pour les 25 ans)

Ce 17 août 1996, la capsule Soyouz TM-24 (code radio Fregat) décolle en fin d’après midi depuis Baïkonour. Direction la station MIR. En France, c’est la mission Cassiopée - il est de tradition d’appeler les missions françaises chez les russes (entre 1992 et 2001) du nom d’une constellation.
A bord, trois cosmonautes dont celle qui devient la première française dans l’espace : 

Claudie André-Deshays est médecin rhumatologue, spécialiste de médecine aéronautique, lors de sa sélection comme astronaute en septembre 1985 dans le groupe 2 du CNES.
 Lien article Sélection 1985 :
Après diverses fonctions au CNES, dont responsable des programmes de physiologie et de médecine spatiale (notamment la coordination scientifique de la mission Antares avec Michel Tognini), Claudie André-Deshays est nommée doublure de Jean-Pierre Haigneré pour la mission Altaïr de celui-ci qui doit avoir lieu en 1993.
Les deux astronautes partent à la Cité des Etoiles près de Moscou en 1992 pour commencer l’entraînement.
En janvier 1995, elle est nommée pour la mission Cassiopée qui doit se dérouler originellement en mai 1996. Elle retourne donc à Moscou pour son entraînement, avec cette fois Léopold Eyharts comme doublure.
L’équipage titulaire désigné se compose de Gennady Manakov, Commandant, de Pavel Vinogradov et de Claudie André-Deshays qui seront respectivement Ingénieur de vol et Cosmonaute-Chercheur. L’équipage doublure est quand lui composé de Valery Korzun, d’Alexandre Kaleri et de Leopold Eyharts.
Les deux équipages se forment pendant dix-huit mois – et la mission glisse petit à petit jusqu’en août.

Cassiopée est donc le nom donnée à cette mission. Cette constellation est bien connue avec sa fameuse forme en W que dessinent ses étoiles principales. Cassiopée, dans la mythologie grecque, est la mère d’Andromède (le nom de la seconde mission de Claudie).
C’est l’artiste Frederica Matta qui a dessiné le logo/patch de cette mission : la spirale de la connaissance dans laquelle on y voit également des pleurodèles (de la famille des salamandres) qu’empote avec elle l’astronaute.
Tout est prêt pour un décollage imminent, quand, à 5 jours de celui-ci, le Commandant Gennady Manakov est déclaré inapte à ce vol pour un problème cardiaque détecté dans une des dernières visites avant vol. La règle est simple normalement : l’équipage titulaire est remplacé par l’équipage doublure.
Mais une exception aura lieu cette fois-ci : seuls le commandant et l’ingénieur de vol sont remplacés, laissant Claudie André-Deshays titulaire et donc décoller le 17 août 1996… c’était il y a déjà 30 ans. Elle devient la 1ère française dans l’espace, et était encore jusqu'au vol de Sophie Adenot (à bord de l'ISS depuis février 2026) la seule française à y avoir été à ce jour !
Après un vol de deux jours, la capsule s’arrime à MIR le 19 août et le travail va pouvoir commencer. De nombreuses expériences, notamment en physiologie et en neurologie, sont prévues, ainsi que de nombreux contacts avec les jeunes – d’ailleurs Claudie André-Deshays emporte avec elle beaucoup d’expériences développées par des jeunes.
Le retentissement de ce vol en France est très important. Le vol de Claudie André-Deshays suscite un réel engouement, notamment auprès des jeunes filles. Elle deviendra un modèle et suscitera beaucoup de vocations dans les carrières scientifiques.
Lors de son vol sur MIR, elle croise la route de l’astronaute américaine Shannon Lucid qui se trouve à bord depuis mars 1996 – elle est la première femme américaine a effectuer un séjour de (très) longue durée dans l’espace. Elle redescendra sur Terre à la fin septembre après avoir passé quelque 188 jours dans l’espace.
Le vol de Claudie prend fin le 2 septembre 1996 après avoir passé en tout 15 jours 18 heures et 23 minutes dans l’espace.
Retrouvez la très longue interview de Claudie Haigneré concernant son premier vol spatial et accordée à Space Quotes – Souvenirs d’espace :
https://spacemen1969.blogspot.com/2010/12/interview-de-claudie-haignere-premiere.html
 
Fin 1996, elle co-écrit Une française dans l’espace, un livre où elle nous raconte son parcours, son entraînement, sa mission – plusieurs éditions seront publiées.
Voir l’article publié sur son livre :
En mai 1998, elle est de nouveau nommée comme doublure de Jean-Pierre Haigneré pour la mission Perseus qui doit avoir lieu en 1999 et qui, cette fois, doit durer six mois. Elle repart donc à l’entraînement à La Cité des Etoiles.
En novembre 1999, l’ESA (Agence Spatiale Européenne) créée son propre corps d’astronautes et fusionne les corps nationaux respectifs qui existaient déjà. Elle devient donc la première, et seule femme, astronaute de l’ESA à ce moment-là.
Fin 2000, elle est affectée comme titulaire sur la mission Andromède prévue pour octobre 2001. En janvier de la même année, elle repart donc à l’entraînement à La Cité des Etoiles. Elle y passera plusieurs qualifications, dont celle de pilote de Soyouz, c’est-à-dire qu’elle est à même de piloter et de ramener la capsule spatiale s’il devait y avoir un problème.
 
Elle décolle le 21 octobre 2001 avec Soyouz TM-33 mission Andromède, et sous le nom de Claudie Haigneré. Après un arrimage réussi avec la Station Spatiale Internationale (ISS)  le 23, elle devient la première européenne à voler à bord de la nouvelle station.
L’ingénieur de vol est Konstantin Kozeïev, et son Commandant n’est autre que Viktor Afanassiev, qui était le Commandant de la mission Perseus de son mari Jean-Pierre en 1999 et dont elle était la doublure.
 
Elle revient sur Terre le 31 octobre après près de 10 jours dans l’espace.
Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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samedi 15 août 2026

Tourisme Spatial : L monument à Nicolas Copernic à Varsovie (Pologne)

 (en cours de publication)

Le monument à Nicolas Copernic
Varsovie, Pologne

Crédit texte et photos : Maddy Sebile

mercredi 12 août 2026

vendredi 7 août 2026

Tourisme Spatial - Visite de l'Horloge astronomique de Prague


L'Horloge astronomique de Prague
A Prague, capitale de la Tchéquie, sur la façade de l'Hôtel de ville, place de la Vieille-Ville, se trouve la plus vieille horloge astronomique encore en marche : la célèbre Pražský orloj, l'horloge astronomique de Prague. C'est certainement l'horloge médiévale la plus célèbre au monde.

C'est l'horloger Mikuláš z Kadaně / Nicolas de Kadaň (1350-1419) qui la construit d'abord en 1410 avec l'aide probable du prêtre et astronome Jan Šindel (1375-1456). On retrouve une première trace écrite de cet horloge sur un document parlant de son inauguration le 9 octobre 1410.

Depuis sa création, elle a ''subi'' de nombreuses modifications et améliorations, la plus célèbre étant la réfection quasi totale de l'horloge en 1490 - celle-ci étant tombée en panne, et ne pu être réparée pendant des années.
C'est le célèbre maître-horloger Hanuš (Jan Růže) qui la répara, l'améliora et l'embellit, au point, où d'après une légende, l'horloge étant tellement belle et que les conseillers municipaux de la ville avaient tellement peur que le maître-horloger offre ses services à une autre ville qui aurait une plus belle horloge, que ceux-ci préférèrent lui crever les yeux pour être certain qu'Hanuš n'offrirait pas son travail ailleurs.
Au 16ème siècle, elle est perfectionnée par Jan Taborsky.

La dernière grosse restauration date de 2019, et au fil des siècles certaines pièces d'origine ont été remplacées (elle a été brûlée par les allemands en 1945).
Je ne vais pas entrer dans les détails, c'est surtout pour vous inciter à aller la voir si vous en avez l'occasion. Il existe pleins de sites et de revues et/ou livres qui vous la décriront bien mieux que ce que je pourrais faire.
Mais pour résumer, l'horloge est divisée en plusieurs parties avec ses 2 cadrans, possède des mécanismes et moteurs très ingénieux, et grâce à cette horloge, on peut :

- avoir l'heure locale (main sorée sur les chiffres romains)
- avoir l'heure en 12ème de jour (grâce à la position du Soleil)
- avoir l'heure en anciennes heures tchèques (main dorée sur les chiffres gothiques)
- position du Soleil dans le ciel
- position fde la Lune dans le ciel
- les phases de la Lune
- le signe du zodiaque de la période où on est, ainsi que les décans
- le temps sidéral (petite étoile dorée)

Les mois de l'année sont bien sûr représentés aussi grâce aux peintures du peintre Josef Mánes (1820-1871) et le cadran fait un tour complet chaque année

Les tropiques du Capricorne et du Cancer ainsi que l'Equateur y sont également représentés par 3 cercles, et grâce à position du Soleil sur l'horloge on peut connaître si c'est le solstice d'hiver ou d'été.

Plusieurs animations ont également lieu, notamment toutes heures de 09h00 à 21h00, où plusieurs fenêtres s'ouvrent successivement, laissant apparaître un squelette et un sablier, un défilé avec une Procession 12 Apôtres (avec certaines des 9 statues de bois), des automates (au nombre de 4) représentant la Mort (squelette), un Turc (convoitise et l'invasion), la Vanité (miroir), l'Avarice (usurier). Ces 4 automates représentaient les principales peurs au 16ème siècle.
Le campanile sonne également.
C'est un coq qui chante qui met fin à la Procession des Apôtres.

Ces animations attirent chaque heure énormément de touristes.
Il existe depuis 2007 une réplique très fidèle (au 1/2) à Séoul en Corée du Sud.

L'accès à la Tour de l'Horloge Astronomique de Prague se fait tous les jours de l'année, et on peut même accéder au sommet de celle-ci - je ne pourrais pas vous en dire plus, n'ayant pas eu le temps d'y monter.
Texte et crédit photos : Maddy Sebile

lundi 27 juillet 2026

27-28 juillet 1976 / Il y a 50 ans - 3 Lockheed SR-71 Blackbird battent 3 records différents en 2 jours


27-28 juillet 1976
 
Il y a 50 ans
 
3 Lockheed SR-71 Blackbird battent
3 records différents en 2 jours
 
27 juillet 1976
 

Un Lockheed SR-71 Blackbird de l'US Air Force, un avion opérationnel, tente de battre le record d'altitude jusque là détenu par un YF-12A en juin 1965.

Le pilote est Adolphus Bledsoe et son officier de reconnaissance (RSO) est John Fuller.
Ils atteignent 86 000 pieds (26 212 mètres) mais ce record n'est pas homologué par la FAI car ils n'ont pu maintenir cette altiude pendant un certain temps donné.
Mais battirent quand même le record de vitesse en circuit fermé de 1 000 km avec 3 366 km/h de moyenne.

28 juillet 1976
 
Le lendemain, l'US Air Force engage deux autres appareils pour battre le record de vitesse et le record d'altitude.
 
En 2 jours, ce sont donc 3 appareils et 3 équipages, tous du 9th Strategic Reconnaissance Wing qui prennent part à la tombée des records.
 
- Record du vol horizontal en altitude avec 85 135 pieds soit 25 949 mètres avec Robert Helt comme pilote et Larry Elliott comme RSO.

- Record de vitesse pour un avion décollant du sol avec Eldon Joersz comme pilote et George Morgan comme RSO. Ils atteignent en palier la vitesse de 3 529,56 km/h.
Ils volaient à près de 25 km d'altitude et évoluaient dans un box de 25 km.

En 2 jours, ce sont donc 3 appareils et 3 équipages, tous du 9th Strategic Reconnaissance Wing qui prennent part à la tombée des records.
 
Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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jeudi 23 juillet 2026

Archives : Armstrong Whitworth A.W. 660 Argosy et Argosy C Mk-1

 (en cours de publication)

Ayant récupéré de la destruction des archives aéronautiques composées de plusieurs dizaines de kilos de coupures de presse des années 50 et 60 classées (plus ou moins) par type d'appareils, je me suis mis au tri, classement, archivage et scannage. Je publierai de temps à autre de courtes monographies mais qui seront surtout illustrées par ces documents - de cette façon, je ''sauve'' ces archives en les publiant.

ARMSTRONG WHITWORTH
A.W. 660 ARGOSY (version civile)
ARGOSY C Mk-1 (version militaire)

Photos de décembre 1960 et début 1961


Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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dimanche 12 juillet 2026

Disparition du cosmonaute Alexandr Aleksandrov (1951-2026)

 (en cours de publication)
Le cosmonaute bulgare Alexandr Aleksandrov vient de nous quitter le 10 juillet 2026 à l'âge de 74 ans.

Né le 1er décembre 1951 à Omurtag en Bulgarie, Alexandr Aleksandrov est pilote de chasse (chasseur-bombardier) dans l'Armée de l'Air bulgare orsqu'il est sélectionné en 1977 comme cosmonaute avec Georgi Ivanov dans le programme Intercosmos (2ème groupe / Bulgarie).
Il commence sa formation le 1er mars 1978 avec les 9 autres sélectionnés pour des vols Intercosmos (Bulgarie / Cuba / Hongrie / Mongolie et Roumanie).

A l'issu de sa formation, il est désigné doublure de Georgi Ivanov qui devient le 1er bulgare dans l'espace le 10 avril 1979 avec Soyouz 33.

Le vol Soyouz 33 ''se passe mal'', l'équipage n'arrive pas à s'arrimer à la station spatiale Saliout 6 et la mission est écourtée. L'équipage revient sur Terre le 12 avril après quasiment, et seulement, deux jours dans l'espace.

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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vendredi 10 juillet 2026

Disparition de Wally Funk (1939-2026)

 
(en cours de publication)
Wally Funk, de son vrai nom Mary Wallace ''Wally'' Funk II, vient de nous quitter à  87 ans ce 8 juillet 2026.

Née à Las Vegas le 1er février 1939, elle grandit au Nouveau-Mexique.
Elle est attirée très jeune par l'aviation, et elle prend se première leçon de pilotage à 9 ans.

Au cours de sa jeunesse, elle ne peut accéder aux études qu'elle désirait (dessin mécanique et de la mécanique automobile) du fait qu'elle est une fille. Que cela ne tienne, elle quitte le lycée à 16 ans et intègre un collège privée pour filles, le Stephens Colllege à Columbus dans le Missouri. Elle obtient un diplôme d'Associate of Arts (équivalent à notre DEUG, BTS, DUT).
Elle passe également son brevet de pilote d'avion en 1959, à 19 ans, et rejoint l'association de femmes pilotes ''Flying Susies''.

Wally Funk intègre ensuite l'Oklahoma State University (OSU) à Stillwater. Elle va y obtenir un Bachelor of Science, mais surtout, et c'est la principale raison qui l'a poussée à intégrer l'OSU, elle entre dans le programme ''Flying Aggie'' avec lequel elle va pouvoir passer de très nombreux certificats et  qualifications de vol aéronautiques, telles que celles sur  monomoteur et multi-moteur terrestres, monomoteur en mer commercial, vol aux instruments, instructrice en vol, et instructrice au sol. 
Elle remporte plusieurs premiers prix dont celui de la meilleure pilote féminine des Flying Aggie.
Devenue pilote professionnelle à 20 ans, Wally Funk commence comme instructrice de vol civil sur la Base militaire de Fort Sill dans l'Oklahoma. Elle devient ainsi la 1ère femme instructrice de vol sur une base militaire américaine. Durant ce temps à Fort Sill, Wally Funk forme plusieurs centaines de pilotes (du débutant au futur instructeur).
En février 1961, c'est la plus jeunes des 13 femmes, qui bien que non sélectionnées par la NASA, ont passé avec succès, en 1960, les tests pour le programme Mercury. On les a d'ailleurs surnommées les ''Mercury 13''.
De ces 13 pionnières, elle était aujourd'hui la dernière survivante.
Le programme d'expériences est abandonné quelques mois plus tard.

- Article sur les Mercury 13 en cliquant ICI.

Fin 1961, elle prend une position de pilote-chef et d'instructrice dans une compagnie de vol charter à Hawthorne en Californie.

En 1968, Wally Funk obtient son brevet de pilote de ligne commerciale (comme 57 autres femmes avant elle) mais 



Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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