mercredi 23 novembre 2022

Annonce de la nouvelle sélection des astronautes de l'ESA / 23 novembre 2022 - - - Fin de la Ministérielle 2022

(Toutes les photos ont été faites au téléphone et avec un tout petit compact)

Annonce de la nouvelle sélection
d'astronautes ESA 2022

C'est aujourd'hui, mercredi 23 novembre 2022, qu'ont été présentés, au Grand Palais Ephémère à Paris, les nouveaux astronautes ESA issus de la sélection annoncée en février 2021 et commencée en mars 2021. Il y a 5 astronautes titulaires (appelés de carrière), 11 astronautes de réserve et 1 parastronaute.

J'ai eu la chance de pouvoir être présent aujourd'hui - tout comme je l'étais lors de la présentation de la sélection précédente, celle de 2009.
(voir mon article ici :

C'est dans le très beau cadre du Grand Palais Ephémère, construit temporairement sur le Champs-de-Mars et face à l'Ecole Militaire, qu'a eu lieu cette présentation. Le Grand Palais Ephémère a été construit pour ''remplacer'' le Grand Palais le temps de sa rénovation. C'est l'architecte Jean-Michel Wilmotte qui l'a conçu. L'ossature du bâtiment est en bois et est entièrement écologique.

Cette annonce des nouveaux astronautes se tenait en conclusion des deux jours la Ministérielle 2022 (CM22) qui se tenait également au Palais Ephémère. Ministérielle qui réunissait les ministres européens des états membres de l'ESA chargés de soutenir, ou pas, les propositions de l'ESA au niveau budgétaire et au niveau des priorités, des programmes spatiaux pour l'Union Européenne. Le Ministre français de l'Economie et des Finances Bruno Lemaire, et la Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Sylvie Retailleau, étaient présents. C'est dans un espace bondée de médias de l'Europe entière que s'est faite cette annonce, qui a eu lieu juste après la conférence de presse de cette Ministérielle.

Au cours de cette Ministérielle donc, l'Europe a affirmé, a réaffirmé son ambition de renforcer son autonomie, son leadership, sa durabilité dans l'espace, en augmentant le budget de l'Agence Spatiale Européenne de 17% (près de 17 milliards sur 3 ans), faisant ainsi de l'ESA la 3ème puissance spatiale au monde, après les Etats-Unis et la Chine. La France s'est engagée à apporter une contribution de 3 milliards d'euros par an faisant de le plus gros contributeur européen.

L'affirmation de l'indépendance européenne à l'accès à l'espace et de ne pas dépendre des autres est essentielle, que ce soit pour le changement climatique, la sécurité des communications et navigation, etc...

L'Europe s'engage également dans l'exploration future en aidant à conserver ses talents, en participant à la compréhension et recherche scientifique, au maintien d'un accès sécurisé à l'orbite terrestre.

Avec un budget de 2,7 milliards d'euros alloués au programme d'observation de la Terre, le climat est une priorité des états membres - comprenant le financement de FutureEO, le programme de l'ESA dans le domaines des sciences de la Terre, de la recherche et du développement, la  continuité de Copernicus, le développement d'Aeolus-2, d'InCubed-2, TRUTHS, d'Harmony et de Magic.

Un budget de 3,2 milliards sera consacré aux divers programmes scientifiques de l'ESA (Cosmic Vision, Voyage2050). Les missions Juice et Euclid sont deux grandes missions de l'ESA qui décolleront en 2023 : Juice étudiera les lunes glacées océaniques de Jupiter (avec recherche de conditions de vie ailleurs que sur Terre), tandis qu'Euclid cartographiera l'univers et étudiera la matière noire. Les missions Platon et Ariel, lancées , elles, à partir de 2026, étudieront des planètes extrasolaires, tandis que Comet Interceptor doit visiter une comète vierge, une comète naissante.

L'exploration spatiale aura un budget de 2,7 milliards d'euros, avec la continuation de l'ISS jusqu'en 2030, avec la prochaine phase du programme Terra Novae avec l'exploration humaine de l'orbite basse, de la Lune et de Mars. La poursuite de la participation au programme lunaire Artemis, et à la Gateway, a été acté (constructions de modules, 3 astronautes européens déjà affectés au programme Artemis, mas on ne connaît pas encore les heureux élus.

La participation européenne au rover martien Rosalind Franklin a été confirmée.

Je ne vais pas tout vous détailler, mais c'est une énorme avancée pour l'ESA, même si pour le fan de vol habité que je suis, je suis un eu ''déçu'' que la décision de la création d'une capsule habitée autonome européenne n'est pas encore été décidée (même si le Space Rider réutilisable pourra aider à développer cette capacité autonome d'accès à l'espace habité qui manque encore à l'Europe !). 

J'étais bien placé, puisque j'étais installé au premier rang, juste derrière les officiels - devant moi se tenaient les astronautes Tim Peake, Samantha Cristoforetti et Alexander Gerst.

La gigantesque salle de réunion où ont débattu les ministres des 27 états membres ces deux jours pour se mettre d'accord sur ce budget.

Josef Aschbacher, Directeur Général de l'ESA, accompagné de Bruno Lemaire et d'Anna Christmann, german aerospace coordinator, ont conclu cette Ministérielle avant que la présentation de la promotion 2022. 

C'est derrière un lever de rideau, ''très à l'américaine'' que sont se présentés à nous les 17 astronautes sélectionnés.

C'est donc parmi près de 23 000 candidatures reçu et après plus d'un an de tests, d'épreuves, d'entretiens, qu'ont été retenus 17 personnes.
C'est en février 2021 qu'a été annoncée la future sélection - revoir mon article ici :

Cette sélection a donc la particularité d'avoir 3 types d'astronautes : les titulaires (ou de carrière) qui sont affectés directement comme astronautes à Cologne à l'EAC (centre européen des astronautes) pour y passer la formation de base pour une affectation à une mission - ils font maintenant partie  de l'ESA, les astronautes de réserve qui pourront être appelés en cas d'opportunités de missions supplémentaires - bien que participant à certaines activités de l'ESA, ils ne font pas partie de celle-ci, et des parastronautes, qui sont donc des personnes atteints d'un handicap.

Les 5 astronautes titulaires sont amenés, en premier lieu, à des missions à bord de la Station Spatiale Internationale (en service au moins jusqu'en 2030), et les 6 astronautes vétérans encore en service sont plutôt pour le programme lunaire Artemis.

Avec ces 5 nouvelles recrues, le corps des astronautes actifs de l'ESA passe donc à 11 astronautes (Tim Peake ayant quitté le corps il y a peu), auquel viennent s'ajouter les 11 astronautes de réserve et le parastronaute (qui a un contrat, pour l'instant, de deux ans avec l'ESA).

Voici la liste :

Astronautes de carrière (de métier) :

- Sophie Adenot, 40 ans, pilote d'essai hélicoptère, France
- Pablo Alvarez Fernandez, 34 ans, ingénieur aéronautique, Espagne
- Rosemary Coogan, 31 ans, astronome, Grande-Bretagne (Irlande du Nord)
- Raphaël Liégeois, 34 ans, neuroscientifique, Belgique
- Marco Sieber, 33 ans, médecin urgentiste, Suisse

Astronautes de réserve :

- Meganne Christian, 35 ans, chimiste, Grande-Bretagne
- Anthea Comellini, 30 ans, contrôleuse de vol, Italie
- Sara Garcia Alonso, 33 ans, scientifique biomédicale, Espagne
- Andrea Patassa, 31 ans, pilote d'essai, Italie
- Carmen Possning, 34 ans, physiologiste, Autriche
- Arnaud Prost, 30 and, ingénieur d'essai en vol, pilote de chasse, France
- Amelie Schoenenwald, 33 ans, experte médicale, Allemagne
- Ales Svoboda, 36 ans, officier armements, République Tchèque
- Slawosz Uznanski, 38 ans, ingénieur sécurité, Pologne
- Marcus Wandt, 42 ans, chef pilote d'essai, Suède
- Nicola Winter, 37 ans, pilote de chasse, programme Astronautin, Allemagne

Parastronaute :

- John McFall, 41 ans, chirurgien orthopédiste et athlète paralympique (amputation jambe droite), Grande-Bretagne
(Carrière et parastronaute puis réserve - Crédit ESA)

Lors de l'annonce, il n'y avait pas de différences de placements ou d'habits pour différencier les différents types d'astronautes de sélectionnés, ni la mention de leur pays. C'est lorsque chacun s'est présenté très brièvement que nous avons appris la nationalité, et c'est seulement tout à la fin de cette présentation que nous avons appris qui serait danns quelle catégorie d'astronautes. Cette non-différenciation volontaire est une volonté de l'ESA de souligner que chacun des 17 sélectionnés a le même niveau que l'autre.

La nationalité des 5 astronautes de carrière (ou de métier, j'ai encore du mal avec ce terme) a quand même surpris plusieurs observateurs et spécialistes.
Les 3 plus gros contributeurs au budget de l'ESA étant l'Allemagne, l'Italie et la France, beaucoup s'attendait à un astronaute de ces pays - on sait qu'il y a aussi d'habitude un choix politique dans ce genre de sélection. Et pas d'italiens ni d'allemands (bon, ils sont déjà deux actuellement de chaque pays sur les 7 astronautes actifs de l'ESA), mais une française, une anglaise, un suisse, un espagnol et un belge.

Dans la réserve, on peut voir ''des petits pays'' comme l'Autriche, la Tchéquie ou la Pologne. Nul doute que cela aidera à promouvoir et à inspirer les sciences auprès des jeunes. 

Et pour le parastronaute, nous avons de nouveau un anglais. Je prépare d'ailleurs pour dans les prochaines semaines un dossier spécial.
Pris par le temps, je n'ai pas pu, hélas, tous les voir, mais d'autres occasions se présenteront.

Sophie Adenot est donc notre prochaine française dans l'espace. Cette Lieutenant-Colonel de l'Armée de l'Air et de l'Espace est donc pilote d'essais sur hélicoptère, c'est même la première française à occuper cette fonction. Elle est âgée de 40 ans.
Sa rapide présentation par elle-même.
Après l'annonce de la sélection, Sophie Adenot et Arnaud Prost, qui a été sélectionné comme astronaute de réserve, et militaire également, sont venus rencontrer les médias français dans un espace dédié du Palais Ephémère.
Et je dois franchement dire, que pour certains médias, c'était une vraie honte. On a pas hésité à me piétiner, à me pousser, pour se placer au premier rang, coller leurs micros et caméras, littéralement sur le visage de Sphie Adenot, Arnaud Prost, Thomas Pesquet et Bruno Lemaire... la chasse ''au scoop'' leur a fait complètement oublier qu'il y avait une personne en fauteuil roulant qui faisait aussi son travail : le jour où l'ESA sélectionne un parastronaute, certains médias avaient déjà oublié manifestement !!!
Oui, j'ai été très surpris et déçu de l'attitude de certains, même s'ils peuvent être connus et appréciés du grand public, et bien, ils n'ont pas été du tout cools. Et pourtant, je ne suis du genre invisible 😁
J'ai même failli être renversé en essayant de me mettre debout pour prendre quelques photos... J'ai toujours du mal cette attitude de meute et de ''chasse'' à la première place pour certains !
(une photo vue sur twitter qui montre l'effet de meute : crédit W.)
Un ami du CNES me voyant galérer a pris quelques photos pour moi, merci à lui.


Passé ma honte, j'ai continué et j'ai pu discuter quelques instants avec les nouveaux promus après qu'ils aient fait quelques autres photos  ensemble, seuls, avec Thomas Pesquet, avec les ministres de l'économie, de la recherche,  la délégation française lors de cette Ministérielle, et quelques interviews télé et radio. 
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Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace

Un ENORME merci à l'ami Dominique pour son aide et soutien pour me faciliter le transport aujourd'hui

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