mercredi 26 août 2020

Disparition de l'astronaute Jerry Carr (1932-2020)

Nous apprenons la disparition ce 26 août de Gerald P. "Jerry" Carr à l'âge de 88 ans (il venait de fêter son anniversaire ce 12 août).

Ingénieur aéronautique et titulaire également d'une maîtrise et d'un doctorat en aéronautique et astronautique, puis pilote de chasse pour l'US Marine Coprs, Jerry Carr est sélectionné comme astronaute par la NASA dans le groupe 5 en 1966.


Il est le Commandant de la mission Skylab 4 du 16 novembre 1973 au 8 février 1974. 


Il n'effectuera qu'un seul vol spatial - il quitte la NASA en juin 1977.

Il a passé 84 jours 01 heure 15 minutes dans l'espace.

Il avait été l'un des premiers invités sur Space Quotes - Souvenirs d'espace

En 2008, l'historien britannique David Shayler écrit l'autobiographie de Jerry Carr avec sa collaboration : Around the world in84 days.


Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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samedi 22 août 2020

23 août 2005 : des pilotes civils de X-15 sont enfin reconnus ''Astronaute Ailé"


Un Jour - Un Objet Spatial
n° 00388 / Les vols spatiaux du X-15

Il y a 15 ans, le 23 août 2005 à la Base d'Edwards en Californie, se déroulait une cérémonie spéciale qui voyait enfin donner le statut d'Astronaute Ailé (Winged Astronaut) à trois pilotes civils de la NASA qui avait participé au programme de l'avion-fusée X-15 (1959-1968) et qui avaient piloté l'appareil au-dessus des 80 km d'altitude. Une injustice venait enfin d'être réparée !


En effet, lors du programme X-15, seuls les pilotes militaires en activité et qui avaient franchit l'altitude de 80 km (50 miles) pouvaient prétendre au titre d'astronaute ailé - car cette altitude, était celle reconnue par l'US Air Force comme la frontière avec l'espace mais uniquement si on était un pilote militaire. Les pilotes civils de la NASA ne pouvaient prétendre à ce titre, et cela était particulièrement injuste.

Sur les 199 vols du X-15, il n'y eut que 13 vols au-dessus de cette barre des 80 km - avec 8 pilotes en tout dont 3 civils :

- 17/07/1962 : vol 62 avec Robert M. White (USAF) et 95,900 km / Astronaute Ailé


- 17/01/1963 : vol 77 avec Joe Walker (civil NASA) et 82,600 km


Ce vol spatial sera commémoré "officiellement" le 28 juin 1963, soit le lendemain du 3ème vol spatial d'un X-15, mais ce n'est pour autant que les ailes d'astronautes furent données à Joe Walker.


- 27/06/1963 : vol 87 avec Robert Rushworth (USAF) et 86,9 km / Astronaute Ailé


Le vol sera commémoré philatéliquement parlant que le 20 septembre, soit près de 3 moid après.


- 19/07/1963 : vol 90 avec Joe Walker (civil NASA) et 106 km


- 22/08/1963 : vol 91 avec Joe Walker (civil NASA) et 108 km


- 29/06/1965 : vol 138 avec Joe Engle (USAF) et 85,500 km / Astronaute Ailé


- 10/08/1965 : vol 143 avec Joe Engle (USAF) et 85,600 km / Astronaute Ailé


- 28/09/1965 : vol 150 avec John McKay (civil NASA) et 90,100 km


- 14/101965 : vol 153 avec Joe Engle (USAF) et 81,200 km / Astronaute Ailé


- 01/11/1966 : vol 174 avec Bill Dana (civil NASA) et 93,500 km


- 17/10/1967 : vol 190 avec William Knight (USAF) et 85,500 km / Astronaute Ailé


- 15/11/1967 : vol 191 avec Michael Adams (USAF) et 81,100 km
  Il se tue lors du crash de son avion qui s'est Mis en vrille au retour
 Astronaute Ailé à titre posthume


- 21/08/1968 ; vol 197 avec Bill Dana (civil NASA) et 81,500 km


On peut remarquer que 6 des 13 vols ont donc été fait par trois pilotes non militaires, et que l'un d'entre eux, Joe Walker détient le record d'altitude avec 108 km lors du vol 91 et qu'il détient aussi, à égalité avec Joe Engle, le record du nombre de vols spatiaux avec le X-15 (3 vols chacun).

Il était normal que ces trois pilotes civils reçoivent aussi leurs ailes d'astronaute - ce sera chose faite avec cette cérémonie du 23 août 2005, soit près de 37 ans après la fin du programme.

Etaient présents les pilotes de X-15 (encore survivants à l'époque) Robert White, Joe Engle et Neil Amstrong. Ils ont remis les Ailes d'Astronaute à William H. "Bill" Dana, le seul des trois pilotes civils en vie ce jour-là, et ils ont remis les Ailes d'Astronaute à titre posthume à Joe Walker (1921-1966) et à John McKay (1922-1975).


Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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jeudi 13 août 2020

Rencontre avec JONK, photographe et auteur du superbe "Baïkonour"



En octobre 2019 est sorti un ouvrage extraordinaire du phoIographe JONK : BAÏKONOUR

Cet ouvrage de 192 pages de textes et ce photos est tout simplement incroyable et inédit : il vous plonge littéralement dans Les vestiges du programme spatial soviétique et plus particulièrement le programme de la navette spatiale soviétique Bourane.


Après son unique vol le 15 novembre 1988, le programme Bourane (c'est le nom du programme et aussi d'une des navettes de ce programme) est complètement arrêté en 1993 et les sites de lancement ou dédié au programme à Baïkonour laissés complètement à l'abandon.
Il y avait 4 sites/hangars dédiés au programme sur une dizaine de km2 :

- 110 : Aire de lancement
- 112 : Site d'assemblage navette-Energia
- 112A (MZK) : Endroit où l'on remplissait la navette en carburant
- EDTF (Energia Dynamic Test Facility) : endroit où avaient lieu les tests de chocs et vibrations sur Energia


A l'origine, lors du lancement du programme en 1974, cinq navettes devaient être construites - Seule Bourane (1.01) l'a été entièrement et livrée - c'est elle qui volera en 1988. Celle-ci sera détruite le 12 mai 2002 à Baïkonour lorsque le hangar 112 qui l'abritait, avec un lanceur Energia, s'est effondré (tuant 7 personnes). Une 2ème navette appelée Ptichka (la 1.02 "Petit Oiseau), complète à 80% (elle aurait dû volé dès 1991) se trouvait aussi sur place. Elle a été déplacée vers le hangar 112A. .

Je ne vais pas refaire le programme Bourane - mes copains Nicolas (Kosmonavtika.com) et Thomas (Buran.fr) sont bien plus spécialistes que moi.!

C'est sur les sites 112A, où se trouve la navette Pitchka et un modèle d'ingénierie OK-MT, et le EDTF, où se trouve un modèle/maquette complet et à l'échelle d'Energia, qui font l'objet de cet ouvrages au travers de centaines de photos mais aussi d'un carnet de bord d'expédition  très complet.

Jonk, photographe, 35 ans, vit à Paris, s'est spécialisé dans l'exploration urbaine (urbex) et les lieux abandonnés. Il a déjà publié plusieurs ouvrages sur le sujet (Naturalia, Spomeniks, Goodbye Lenin, ...), plusieurs publications à travers le monde ont publié sont travail, il a participé à plusieurs expositions, etc...

Baïkonour est son 4ème livre et il nous raconte l'incroyable périple de Jonk pour arriver à Baïkonour, se glisser dans ces hangars à l'abandon, et nous plonger dans ce programme spatial soviétique qu'était le programme Bourane, au travers d'une centaines de photos incroyables.
Le site de l'artiste : www.jonk-photography.com/

Jonk a accepté de notre invitation pour nous parler de son travail et de son superbe livre - merci à lui !


RENCONTRE AVEC JONK, PHOTOGRAPHE

Qui êtes-vous Jonk ?

Je suis photographe, j'ai 35 ans et je vis à Paris ?

Pourquoi avoir choisi ce thème spatial ? Qu'est-ce qui vous a attiré pour que vous décidiez d'en faire une expédition ? Etiez-vous intéressé par l'espace avant ou avez-vous découvert cela en préparant votre reportage ?

Je photographie des lieux abandonnés. Je suis très attiré par leur esthétique.
Je parcours le monde pour les photographier.

Il se trouve que l'un des endroits les plus mythiques de l'univers des lieux abandonnés est une partie du cosmodrome de Baïkonour.

Il s'agit de nombreux bâtiments dont deux sont particulièrement intéressants : un hangar avec deux navettes et u autre avec une fusée.
A partir du moment où j'en ai appris l'existence, j'ai été obsédé par le fait de les voir de mes propres yeux.

J'ai toujours été attiré par l'espace, d'ailleurs je voulais être cosmonaute quand j'étais petit, et ce lieu était donc au croisement de plusieurs de mes intérêts.
Un autre de mes intérêts est les vestiges de l'URSS. Je viens d'ailleurs de sortir un livre à ce sujet (ndlr : Goodbye Lenin). Ce lieu est l'un des plus beaux exemples.

Comment avez-vous préparé votre périple (documentation, etc...) et combien de temps vous a pris cette préparation ?

Le problème est que la partie abandonnée se trouve en plein coeur du cosmodrome, un site évidemment actif et très sécurisé.
Ce périple a donc demandé énormément de préparation. Plusieurs mois.
Il a fallu étudier la vue du cosmodrome très en détail. Pour plus de détail, il faut lire le livre 😊

Sur place, il a fallu acheter des vivres pour 3 jours car l'expédition elle-même a duré une soixantaine d'heures !

Pensez-vous que votre ouvrage permettra de sauver ce patrimoine spatial incroyable maintenant qu'il est révélé ?

Je l'espère vraiment. Ces navettes et cette fusée méritent vraiment d'être cdans un musée au lieu de croupir dans des hangars à la merci des casseurs et des voleurs de métaux. Elles ont déjà souffert mais il n'est pas trop tard...


Vous-même, aimeriez-vous aller dans l'espace ? Et qu'est-ce que vous voudriez photographier ?

J'adorerai à la fois y aller et photographier la Terre vue de l'espace. Jai reçu en cadeau le livre de Thomas Pesquet et c'est incroyable de voir la Terre vue de l'espace. Cette sensation de se découvrir le monde si haut, de reconnaître tel pays, fleuve, mer, doit être extraordinaire !


Crédit ; Stéphane Sebile / Spaceme,1969
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Photos de Jonk avec son aimable autorisation

jeudi 30 juillet 2020

Mars 2020 et son rover Perseverance en route vers Mars - 30 juillet 2020


Ce jeudi 30 juillet 2020 à 13h50 (heure de Paris) a décollé la mission MARS 2020 et son rover Perseverance en direction de la planète rouge qu'elle doit atteindre en février 2021.

Cest le lanceur très puissant Atlas V (Atlas 541) d'United Launch Alliance (ULA) qui a donc lancé depuis Cape Canaveral les 3 650 kg (Rover compris). Après une mise en orbite réussie, une mise à feu du 2ème étage, Centaur, intervient puis la sonde se sépare : elle est en transit vers Mars.


L'Atlas V est un lanceur très puissant, pour de lourdes charges utiles notamment, et très fiable (1 échec partiel sur 85 vols). Décliné en 11 versions, il peut mettre jusqu'à 13 000 kg en orbite basse (LEO) et jusqu'à 8 899 kg en orbite géostationnaire (GTO). Une 12ème version (Heavy HLV) est annoncé pour mettre 29 400 kg en LEO et 12 300 kg en GTO.
C'est un lanceur Atlas V qui a, par exemple, envoyé les sondes MRO, New Horizons, SDO, MSL Curiosity, MAVEN, Solar Orbiter. Il lance aussi les vaisseaux de ravitaillement Cygnus pour l'ISS ainsi que la capsule CST-100 Starliner. 

L'occasion, d'ici son arrivée en orbite martienne et le poser du rover (prévu le 18 février 2021), de revenir sur cette mission, ses caractéristiques, ses enjeux, ses buts.



Crédit ; Stéphane Sebile / Spacemen1969
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Sources : NASA / CNES / Cité de l'Espace / Air & Cosmos
               Société Astronomique de France (SAF et CCATS)