vendredi 21 juin 2024

Le Commandement De l'Espace - CDE


Commandement De l'Espace - CDE
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Voici un modeste article d'initiation sur le Commandement De l'Espace (CDE) créé le 3 septembre 2019 au sein du service interarmées du Ministère des Armées (Armée Française) et dépendant du Chef d'Etat-Major de l'Armée de l'Air et de l'Espace (CEMAAE), qui est à l'heure actuelle (EDIT 2025) le Général de division aérienne Vincent Chusseau (depuis le 1er août 2025).

Un peu d'historique en préambule :

Le 1er juillet 2010 est créé le Centre Interarmées de l'Espace - CIE :

Le COSMOS (Centre Opérationnel de Surveillance Militaire des Objets Spatiaux) est créé en 2014 :

Un bâtiment spécial et dédié à ses opérations est en cours de construction à Toulouse, non loin du CNES et de son Centre Spatial de Toulouse. La livraison du bâtiment et l'inauguration est annoncée pour l'automne 2025.

Le Commandement De l'Espace a été créé pour permettre à la France de disposer d'une défense spatiale renforcée.
Le CDE est là pour répondre aux menaces croissantes dans l'espace qui se font de plus en plus présentes - il répond à une stratégie spatiale de défense mise en place contre ces nouveaux types de dangers érigée en priorité nationale en 2019 après de nombreuses études en 2018 et après l'incident du satellite russe Olymp-K qui a été ''pris'' en train d'espionner le satellite franco-italien Athena-Fidus en se plaçant dans sa ligne de transmission pour intercepter les signaux.

La France veut également pouvoir répondre à la Russie, à la Chine et aux Etats-Unis (avec la Space Force crée aussi en 2019), qui possèdent chacun une composante ''Force Spatiale'' dédiée.

Dans son traditionnel discours Aux Armées, à l'Hôtel de Brienne du 13 juillet - 2019 - le Président Emmanuel Macron annonce que la création d'un Commandement De l'Espace en septembre 2019.

Le 25 juillet 2019, Florence Parly, alors Ministre des Armées, annonce les 3 axes principaux qui vont régir le CDE :

- Le premier axe stipule que le CDE sera basé à Toulouse et aura un effectif de départ de 220 personnes, avec une taille nominale qui sera atteinte en 2025.
Son but est de fédérer et de coordonner tous les moyens consacrés au domaine spatial de défense.

- Le deuxième axe va concerner la législation afin de rester dans le cadre des lois nationale et internationale. Une adaptation de la loi française sera nécessaire pour cette nouvelle force opérationnelle, et permettre aussi sa capacité d'action, tant civil que militaire.

- Le troisième axe est technologique avec un renforcement et un renouvellement de nos capacités spatiales, surveillance et défense active, afin de permettre à la France de se protéger et de se défendre d'actes malveillants d'autres puissances spatiales étrangères.

Comme dit plus haut, le Commandement De l'Espace se trouve à Toulouse à proximité du CNES, et devrait pour 2025, regrouper aussi les équipes du Centre Militaire d'Observation par Satellite (CMOS basé à Creil) et le Centre Opérationnel de Surveillance Militaire des Objets Spatiaux (COSMOS basé à Lyon jusqu'à cet été 2024 normalement) - le CMOS et le COSMOS sont rattachés au CDE depuis 2019.

Le système GRAVES et les télescopes spatiaux TAROT du CNES voient leurs capacités améliorées.

MISSIONS DU CDE

- Elaboration de la politique spatiale militaire
- Mises en oeuvre des mesures pour préserver la liberté d'accès et l'utilisation de l'espace extra-atmosphérique
- Chargé d'appliquer le politique spatiale définie par l'Etat-Major de l'Armée de l'Air et de l'Espace

Brigade Aérienne des Opérations Spatiales (BAOS)

Depuis 2024, cinq unités sont réunies et forment la BAOS :

- C3OS: Centre de Commandement et de Contrôle des Opérations Spatiales
- COSMOS : Centre Opérationnel de Surveillance Militaire des Objets Spatiaux
- CMOS : Centre Militaire d'Observation par Satellites
- ECAS : Escadron de Conduite des Actions Spatiales (qui va s'occuper de YODA)
- CRIS : Centre de Renseignement d'Intérêt Spatial

Un article sur ces 5 unités est prévu pour fin 2025 lorsque le bâtiment du CDE sera inauguré montrant ainsi sa mise en service effective (ou avant si elle se fait avant).

BASE AERIENNE 101

En 2025, le CDE sera donc officiellement livré, et il le sera sur la Base 101 / BA 101 quartier de Lespinet (nous n'avons pas encore le nom qui sera donné à cette nouvelle base).
Ce sera première Base Aérienne à Vocation Spatiale (BAVS) - l'ancienne BA 101 Toulouse-Francazal qui avait été créée en 1934 et dissoute en 2009.

EDIT :
Depuis le 2 juillet 2025, la BA 101 Toulouse porte le nom de Base 101 Général Aubinière du nom du Général Robert Aubinière (1912-2001), premier Directeur général du CNES.

La BA 101 (BAVS 101) regroupe actuellement 9 unités (dont les 5 de la BAOS) et un effectif qui sera à terme de 500 personnes :

- C3OS: Centre de Commandement et de Contrôle des Opérations Spatiales
- COSMOS : Centre Opérationnel de Surveillance Militaire des Objets Spatiaux
- CMOS : Centre Militaire d'Observation par Satellites
- ECAS : Escadron de Conduite des Actions Spatiales (qui va s'occuper de YODA)
- CRIS : Centre de Renseignement d'Intérêt Spatial
- CFOSM : Centre de Formation aux Opération Spatiales Militaires
- ESOS : Escadron de Soutien aux Opérations Spatiales
- LISA : Laboratoire d'Innovation Spatiale des Armées
- EMPS : Equipe de Marque des Programme Spatiaux

Parmi les nombreux moyens opérationnels dont s'occupe le CDE, il y a de nombreux satellites. Au moment de l'écriture de cet article (été 2024), on peut compter sur :

- les satellites CERES (3 satellites d'écoute)
- les satellites Syracuse IV, Sicral 2, Athena-Fidus (satellites de communications)
- les satellites Pléiades, les CSO du programme MUSIS, les SAR-Lupe, les COSMO-Skymed (satellites d'observations)

Et les autres moyens de détection(s) avec GRAVES et TAROT.

Le Commandement de l'Espace (CDE) et la Direction Générale de l'Armement (DGA) sont en train de développer de nouvelles technologies pour décourager et défendre nos intérêts dans l'espace, dans le cadre d'ARES (Action et REsilience Spatiale). Comme par exemple les démonstrateurs avec ces programmes spécialement dédiés à notre ''protection spatiale'' :

YODA
Yeux en Orbite pour un Démonstrateur Agile - projet de deux nano-satellites patrouilleurs en orbite géostationnaire - expérimentation de défense active de nos satellites militaires.
Détecter Identifier Protéger et éventuellement Agir !

TOUTATIS 
Test en Orbite d'Utilisation de Techniques d'Action contre les Tentatives d'Ingérences Spatiales.
Deux-nanosatellites, pour la protection de l'orbite basse : un guetteur (Lisa-1) et un action (Splinter).

Je fais ''l'impasse'' volontairement sur d'autres détails concernant le fonctionnement opérationnel et les moyens du Commandement De l'Espace, cet article n'ayant pour seul but que d'être ''une initiation'' au sujet.
J'essaierai de compléter et d'affiner d'ici fin 2025.

Bonne lecture !

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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jeudi 13 juin 2024

Disparition du cosmonaute Vyacheslav Zudov (1942-2024)


Le cosmonaute Vyacheslav Zudov est décédé le 12 juin 2024 à l'âge de 82 ans.

Né le 8 janvier 1942, à bord près de Gorki en URSS, était pilote de chasse de l'Armée de l'Air Soviétique, issu de l'Ecole de Pilotage Balashov où il obtient ses ailes en 1963.

Le 28 octobre 1965, il est sélectionné comme cosmonaute, avec 22 autres candidats dans le TsPK-3 (seuls 7 d'entre eux voleront au moins une fois).
Déclaré comme cosmonaute-titulaire après l'examen final de décembre 1969, Vyacheslav Zudov est d'abord affecté comme commandant de l'équipage triplure, avec Valery Rojdenstvenky, pour Soyouz 15 (équipage doublure de l'équipage doublure) qui volera en août 1974.

Puis il est affecté, toujours comme Commandant et toujours avec Rojdenstvensky, pour la mission Soyouz 21 qui vole de juillet à août 1976.

Vient donc la mission Soyouz 23 où Vyacheslav Zudov est Commandant et Valeri Rojdenstvenki ingénieur de bord. Les deux hommes sont fin prêts. Zudov est donc pilote de chasse et Rojdenstvenski est plongeur sous-marinier militaire en eaux profondes. Les deux hommes se connaissent bien, ils ont été sélectionnés ensembles dans le même groupe, se sont entraînés ensemble en tant que triplure et doublure sur Soyouz 15 et 21.
Ce 14 octobre 1976, en soirée (heure locale), la fusée Soyouz et sa capsule Soyouz 23 s'élèvent depuis Baïkonour afin de s'arrimer à la station spatiale Saliout 5 - les deux hommes doivent y rester entre u n et trois mois.
Mais l'arrimage automatique est impossible à s'effectuer, les capteurs indiquant une mauvaise vitesse latérale et coupant, à chaque fois et à environ 100 mètres de distance, la procédure d'arrimage.
L'équipage était certes entraînés à s'arrimer manuellement mais absolument pas une approche manuelle en plus depuis cette distance. Les réserves de carburants se sont vites épuisées, et la seule option possible était un retour ''en urgence'' sur Terre.

La rentrée dans l'atmosphère a été calculée, mais elle n'était pas aussi précise que maintenant, il fallait tenir compte des frontières, météo, etc... La rentrée dans l'atmosphère proprement dite dura 180 secondes et les modules se séparèrent normalement : le module orbital et le module de propulsion brûlèrent dans l'atmosphère, tandis que le module de descente contenant l'équipage continuait son retour sur Terre. Et à environ 120 km d'altitude, la capsule se frotte aux couches hautes de l'atmosphère, chauffant son bouclier thermique mais la ralentissant aussi.
A 15 minutes de l'atterrissage, la vitesse est encore de 230 m/s et c'est là que sont sortis 4 parachutes dont un de freinage de 24 m2 qui vont continuer de ralentir la capsule jusqu'à environ 80 m/s. Puis va sortir le parachute principale, de 1 000 mètres carrés. Ses attaches lors de déploiement donne d'abord un angle de 30° à la capsule se qui permet de dissiper la chaleur engendrée lors de la descente avant de revenir ''à plat''. Le descente est maintenant de 7,3 m/s, ce qui est encore un peu trop rapide. Donc, à une seconde de l'atterrissage prévu, un groupe de trois retro-fusées placées sous la capsule s'allument pour pousser dans l'autre sens permettant ainsi un freinage et un atterrissage en douceur (ou plus ou moins).

C'est ce qui se passe généralement !

Sauf que le vol de 2 jours 00 heure et 6 minutes faillit tourner à la catastrophe ! 

Au lieu d'atterrir sur de la terre ferme, Soyouz 23 et son équipage, amerrissent et se posèrent de nuit à la surface d'un lac gelé, le lac Tengiz au Kazakhstan, et en pleine tempête de neige ! Ils se trouvaient à 140 km au sud-est d'Arkalykh qui aurait dû être leur point de chute.

La glace s'est en partie brisée entraînant le parachute dans l'eau et avec le poids de celui-ci mouillé la capsule pivota et la trappe de secours se trouva elle aussi dans l'eau - mais l'étanchéité joua parfaitement son rôle (normal pour une capsule spatiale).
Malgré le froid, les cosmonautes coupèrent les chauffages pour économiser les batteries. La radio ne marchait plus. Ils leur fallu beaucoup de temps pour retirer leurs combinaisons de vol afin de mettre des vêtements plus chauds (c'est exiguë une capsule). Ils limitèrent leur conversation et contrôlèrent leurs respiration pour le pas user prématurément leurs réserves d'oxygène.

Les secours n'avaient qu'un point approximatif pour l'atterrissage et les balises n'étaient pas visibles avec l'épais brouillard. Une fois localisée, la capsule a été impossible à atteindre par bateaux pneumatiques à cause de la glace et de la boue. C'est une véritable opération de sauvetage d'envergure qui a été déployée avec le transport sur place par avion de véhicules amphibies, mais là aussi, l'accès était impossible. Les tourbières empêchèrent le travail.

Il a fallu attendre le petit matin et des conditions climatiques plus clémentes pour continuer le sauvetage. L'équipage avait tout éteint à bord de la capsule, à l'exception d'une petite lampe.
Au matin donc, une équipe de plongeurs fixa un collier de flottaison autour de la capsule et installa un dispositif pour qu'elle soit soulevée par hélicoptère ! Mais la capsule était pleine d'eau et trop lourde pour cette opération. On trainait donc précautionneusement la capsule jusqu'au rivage, et après plus de onze heures après leur amérissage, Vyacheslav Zudov et Valeri Rojdenstvenki retrouvèrent l'air libre, à la grande joie, et aussi à l'étonnement des sauveteurs qui avait craint le pire.
Ce n'est que lors de la Glasnost que l'on apprend les détails de ce retour de mission - à l'époque les autorités soviétiques n'avaient parlé que d'un amerrissage ''sans conséquence''.
Pour la petite histoire, c'est la première fois qu'une capsule Soyouz revenait de l'espace en mer, et c'était aussi la première fois qu'un plongeur sous-marinier effectuait une mission spatiale...
Bien que félicités publiquement et décorés, les deux hommes furent blâmer pour l'échec de cette mission et ne revolèrent jamais, même si par la suite, Vyacheslav Zudov sera Commandant doublure des équipages Soyouz 35 (qui vola en ) et Soyouz T-4 (qui vola en 1981).

Soyouz 23 fut son unique vol dans l'espace : 2 jours 00 heur 06 minutes.

Vyacheslav Zudov a pris sa retraite en 1987.

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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             Crédit : Roscosmos

samedi 8 juin 2024

Décès de l'astronaute américain Bill Anders (1933-2024), membre de l'équipage d'Apollo 8


Nous avons appris le décès de l'astronaute américain Bill Anders le 7 juin lors d'un accident d'avion. Il avait 90 ans. Il était membre de l'équipage Apollo 8, la première mission qui a envoyée des hommes autour de la Lune en décembre 1968.
William Alison ''Bill'' Anders est né le 17 octobre 1930 à Hong Kong où son père, le Lieutenant Arthur Anders était affecté sur le navire USS Panay de l'US Navy.

De retour aux Etats-Unis, la famille suit le père au gré des affectations de celui-ci - puis s'installe en Californie à La Mesa près de San Diego. Bill Anders y obtient son baccalauréat. Il suit des cours à l'Académie Navale et devient ingénieur en sciences, en 1955.
Il intègre ensuite l'US Air Force et devient pilote en 1956. Il pilote notamment le F-89 Scorpion équipé de roquette air-air à tête nucléaire (Douglas MB-1 Genie) puis il pilotera le F-101 Voodoo.
En 1962, il est diplômé d'une maîtrise en génie nucléaire (spécialisation Les Radiations Spatiales) de l'Institut de Technologie de l'US Air Force et est affecté au Laboratoire d'Armes de l'US Air Force sur la Base Kirtland à Albuquerque au Nouveau-Mexique.

Bill Anders est sélectionné comme astronaute par la NASA le 17 octobre 1963 dans le Groupe 3, c'est le jour de son 30ème anniversaire. C'est la première sélection où il n'était pas obligé d'être pilote d'essai : Anders ne l'était pas et avait postuler pour le devenir juste avant cette sélection.

Sa première affectation sera comme doublure de Richard Gordon pour Gemini 11 en septembre 1966.
Il est membre d'équipage de la mythique mission Apollo 8 qui verra l'Homme aller vers la Lune en décembre 1968.
Earthrise - Lever de Terre

C'est à lui qu'on doit une des plus iconiques photos de la Conquête Spatiale : le lever de Terre, the Earthrise, prise prise 3 jours après le décollage après la troisième orbite lunaire, le 24 décembre 1968, à plus de 350 000 km de la Terre.

<< (...) nous avons vu le premier lever de Terre. C'était certainement, et de loin, la chose la plus impressionnante (de ce vol), de voir ce très délicat, ce très coloré orbe - qui ressemblait pour moi à une décoration de Noël - surgissant au dessus de ce paysage lunaire très austère et laid >>.
Interview NASA de 1997 pour le projet Oral History :

Cette photo, numérotée AS8-14-2383HR, a donc été prise le 24 décembre 1968 et est considérée par beaucoup de personnes comme certainement la photo environnementale la plus importante jamais prise (donc pour certains, plus influente que la fameuse photo Blue Marble d'Apollo 17). Toujours est-il que cette photo marquera les esprits et contribuera à une ''conscience écologique''.

Pour voir un lever de Terre, cela n'est possible que si on se déplace par rapport à la Lune.
La sonde Lunar Orbiter avait bien prise une photo du même type le 23 août 1966, mais elle était en noir et blanc et d'une résolution très mauvaise, mais elle reste la première photo de la Terre prise depuis la Lune.
Entre 2008 et 2014, le Lunar Orbiter Image Recovery Project (LOIRP) a redigitalisé et retraité toutes les images des sondes Lunar Orbiter - voici celle de 1966 publiée en 2008 :

La photo de Bill Anders a été prise avec un appareil Hasselblad 500 EL.
(crédit : Yousuf Karsh : htpps//karsh.org/william-anders-earthrise/)
Au début des prises de vues, Bill Anders photographiait la surface lunaire avec un film noir et blanc quand est apparue la Terre - il a demandé aussitôt à James Lovell un film couleur puis a continué de photographier (c'est pour ça que le premier Lever de Terre est en noir et blanc). Et il utilisait un objectif de 250 mm qu'il garda pour ses photos couleur.
Par la suite, la NASA contrasta, recadra la photo et ''la tourna'', mais l'original, telle que la vue de ce lever de Terre s'est présenté à l'équipage est bien celui-ci. Cette rotation dans le sens des aiguilles d'une montre donne une meilleure impression d'un lever de Terre au-dessus de la Lune.
Le film utilisé était un Kodak Ektachrome pour des diapositives - ce fut un véritable challenge pour la NASA de développer les films photos d'Apollo 8, car tout le monde était impatient. Il n'y avait qu'une seule entreprise au Texas qui pouvait s'en charger, R&R Photo Studio & Color Labs, à Corpus Christi - elle était la seule à pouvoir développer les diapos et les transférer sur négatifs classiques pour la communication de la NASA, et seulement dans la journée. A l'époque, tout cela se faisait manuellement (révélateur, agrandissement, tirage, etc...).

Lors des 50 ans d'Apollo 8 en 2018, Bill Anders a déclaré au sujet de cette photo : << Cela a mis à mal mes certitudes religieuse >>.

L'image est vraiment devenu iconique quelques mois plus tard (le 5 mai 1969), lorsque la poste américaine émis un timbre reprenant la photo, en agrandissant un détail, et avec les premiers mots de La Genèse lus à bord d'Apollo 8 ce 25 décembre 1968.
Après Apollo 8, il est doublure de Michael Collins sur Apollo 11 mais pressentant qu'il aura peu de chances de retourner vers la Lune et d'y marcher, Bill Anders quitte la NASA le 1er septembre 1969.
Il aura passé 6 jours heures minutes dans l'espace, et il fait partie, à ce jour, des 24 humains ayant tourné autour de la Lune (il n'en reste plus que 6).

Bills Anders au cous de sa carrière de pilote de chasse, d'astronaute, et de dirigeant par la suite, avait reçu de multiples récompenses et distinctions.

Il entre au Conseil National Aéronautique et de l'Espace (NASC  dont il est le secrétaire exécutif, puis en 1973, il est nommé à la Commission de l'Energie Atomique américaine (AEC), en charge de la recherche et du développement dans l'énergie nuclaire et non nucléaire. Et en 1975, il est nommé comme le 1er président de la Commission de réglementation nucléaire américaine (NRC). Puis il sera Ambassadeur des Etats-Unis en Norvège de 1976 à 1977.

Jusqu'au début des années 1990, il exerce différents postes de direction de diverses entreprise (dont General Dynamics). Il prend sa retraite en 1994 - il avait quitté l'US Air Force en 1988 avec le grade de Major-General.

Bill Anders fonde alors une fondation et il est, en 1996, un des fondateurs de l'Heritage Flight Museum, situé à Bellingham dans l'état de Washington, où de nombreux anciens appareils sont maintenus en état de vol et présentés régulièrement au public. C'est avec un de ces appareils qu'il s'est tué.

Bill Anders a été assez sévère et critique avec les choix de la NASA par la suite. Il trouvait que << le programme Navette Spatiale, bien qu'ambitieux, avait en fait ''mangé'' la NASA et que celle-ci n'ayant pas eu le courage de l'annuler, elle avait perdu énormément sur l'avance qu'elle avait >>. Il ne faut pas oublier l'époque et le contexte de guerre froide au moment de la sélection d'Anders comme astronaute, ce qui peut expliquer (comme à de nombreux ''anciens'') les propos sévères tenus notamment la collaboration avec les russes, << la NASA est obligé de faire du stop avec les russes pour aller dans l'espace >>, ou que << la station spatiale produit certes des données scientifiques intéressantes, mais je pense que ça n'en valait pas la peine >>.
Il n'était pas, loin de là, un fan absolu de poser un pied de l'homme sur Mars, les machines faisant cela très bien selon lui.

Paradoxalement, lui qui déconseillait aux jeunes de devenir astronaute ( << ça détruirait votre carrière scientifique >>) regrettait de n'avoir pu voir vraiment, avoir eu le temps de voir, la Terre depuis l'orbite terrestre : il ''enviait'' pour cela les astronautes de l'ISS qui eux pouvaient contempler la Terre longuement.

Bill Anders est mort ce vendredi 7 juin lors du crash de son avion, un T-34 Mentor appartenant à la collection du Heritage Flight Museum (division Apogee Flight qui se chargeait de les faire voler) musée qu'il avait contribué à créer en 1996.
L'accident s'est produit en fin de matinée, dans l'état de Washington, au large de Jones Island  le long des îles San Juan près de l'île Orcas où résidait Bill Anders. Le crash en mer se serait produit en fin de boucle.
(crédit : KOMO)
<< The family is devasted, he was a great pilot. He will be missed. >> a déclaré son fils Greg Anders.

<< Il a s'est rendu jusqu'au seuil de la Lune et nous a tous aidés à voir autre chose : nous-mêmes ! Il incarnait les leçons et le but de l'exploration. Il nous manquera. >> a déclaré l'Administrateur de la NASA Bill Nelson dans un communiqué.

Bill Anders avait plus de 8 000 heures de vol. 
Depuis 2018, l'Union Astronomique Internationale à nommé un cratère de la Lune à son nom, un des cratère visible sur sa célèbre photo Earthrise.

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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jeudi 6 juin 2024

6 juin 2024 / 4ème vol d'essai du Starship de SpaceX

 (en cours de publication)




Crédit : Space Quotes - Souvenirs d'espace / Spacemen1969