dimanche 21 juillet 2019

50 ans Apollo 11 / Soirées de Commémoration à Paris, au Bourget et à Toulouse


MOOON au Grand Palais

Au Grand Palais, ce soir, se tenait MOOON - soirée spéciale consacrée au 50 ans de l'alunissage d'Apollo 11 avec plusieurs événements dont la présence, autour d'un débat animé par Bruce Benamran (e-penser), des astronautes Claudie Haigneré et Thomas Pesquet.

Avant d'y aller, petit crochet par mr place éphémère créée pour l'occasion par un collectif d'artistes.


Et autant vous dire, que malgré que ce soit une entrée payante, et bien il y avait beaucoup beaucoup beaucoup de monde ce soir. Si je ne me trompe pas, plus de 5 000 personnes étaient à l'intérieur de la Coupole du Grand Palais - les quelques places assises, sur des bancs, devant la scène, se trouvaient sous une gigantesque Lune. Et pour s'asseoir, il fallait arriver très très tôt (et en plus, il faut éviter les petits malins qui tentent de resquiller) les portes ouvrant à 19h00 pour un début de spectacle à 20h30. On est arrivés très tôt avec ma fille Maddy, vers 17h00, et il y avait déjà une dizaine de personnes devant l'entrée et, en moins d'une heure, plusieurs centaines derrière nous.


L'exposition Lune, dont je vous ai déjà parlé ICI, se termine après-demain (22 juillet) et elle était visitable gratuitement pour ceux qui avait un billet pour le spectaclede ce soir.



Voici le programme de la première partie à laquelle nous avons assistée car après nous sommes allés au Palais de la Découverte, juste à côté, pour assister à un autre type de festivité.


Le petit film ''8 days to the Moon and back'' nous a plongé toit de suite avec Apollo 11 avec de suoerbes images inédites.


Le monde présent était incroyable. Des milliers de personnes assises par terre ou debout sous la nef du Grand Palais, applaudissant, criant de joie, lorque le LEM s'est posé sur la Lune et lorsqu'Armstrong a fait ses premiers pas. Les gens ont vécu cela comme un direct, même 50 ans après.


L'incroyable Chloé Maglia nous a plongé en apesanteur et dans le rêve avec ses incroyables suspensions / déambulations au travers de la nef du Grand Palais avec son "384 467 km" (distance pour arriver à la Lune par Apollo 11).




Et avant la rencontre avec Claudie Haigneré et Thomas Pesquet, un peu de Space Oddity de David Bowie au travers du regard de l'artiste Ange Leccia.


Et le moment tant attedu arrive. Nos deux astronautes arrivent sous un tonnerre d'applaudissements. Durant une quarantaine de minutes, ils vont nous parler d'espace, de rêves, d'Apollo et répondre à quelques questions.


Puis, la toujours incroyable Chloé Maglia conclut en apesanteur ce superbe début de soirée.


Nous n'avons pas assisté à la deuxième partie, qui était musicale, et nous sommes partis vers le Palais de la Découverte sous la pluie aptès avoir salué beaucoup d'amis, et de personnes qui me suivent et lisent (merci pour vos encouragements).


Palais de la Découverte

Pour le passionné de spatial que je suis, l'événement principal de cette soiréz au Palais de la Découverte, c'était l'exposition très temporaire des roches lunaires offertes à la France par l'équipage d'Apollo 11.

Mon article sur les roches lunaires ramenées par Apollo 11 et offertes à la France en cliquant ICI.


Une découverte de la Lune, de l'astronomie, de l'espace était proposée au public, et une visite du Palais de la Découverte de nuit, c'est un peu magique quand même, surtout quand on se retrouve avec quelques amis.


En début de soirée, c'est Jean-Yves Le Gall, le Président du CNES, qui a lancé les festivités.

Beaucoup d'activités étaient proposées. Et il y avait une incroyable ambiance, même si peu de monde (le Grand Palais a fait une concurrence involontaire). Il y avait un jeu de lumières incroyables sur la coupole (ça rend mieux en vrai).


Puis pour terminer la soirée, le groupe Invader a joué une partition en direct (en live comme dit ma fille) sur le très beau documentaire Moonwalk  One de Theo Kamecke qui date de 1970 (souvenez-vous, nous avions fait plusieurs ciné-débat autour de ce doc, un peu longuet, mais incroyable avec cdes images incroyables.

Les trois musiciens se sont déchaînés avec cette partition rock spécialement créée ^pour l'occasion. Un ENORME moment - tellement vien que ça m'a donné envie de me mettre à la batterie.


Nous sommes rentrés dans la nuit avec des étoiles plein la tête et les yeux - on essaiera d'être encore là dans 50 ans pour le centenaire d'Apollo 11 !

Je remercie l'ami Pif de nous avoir ramené à la maison à une heure très avancéér de la nuit.

Cité d!e l'espace à Toulouse

(en cours de republication)

de Charlyne, notre envoyée spéciale spatiale sur place !

Crédit ; Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace
             Maddy Sebile / Charlyne Mallet

Remerciements : Grand Palais et We Love Art Agency
Palais de la Découverte, Musée de l'Air et de l'Espace
Cité de l'Espace
Invaders
et les amis Pif, Arnaud, Dominique, Jean-Pierre....

lundi 15 juillet 2019

Le LM Simulator / Simulateur LEM du Space Center à Houston


(cliquez sur les photos pour les agrandir)

Le LM Simulator du Space Center à Houston


Au Space Center de Houston se trouve un des deux LM Simulator (simulateur LEM) qui a servi à l'entraînement des astronautes lors du programme Apollo, et plus particulièrement les deux astronautes qui devaient se poser et marcher sur la Lune (Commandant et le LMP / Lunar Module Pilot).

C'est la société Grumman Aerospace Corporation, la même qui a construit le LEM (ou LM pour Lunar Module), qui a fourni ces deux simulateurs en 1968 à la NASA. Il y en avait un qui se trouvait au Kennedy Space Center et le deuxième, celui que je vous présente aujourd'hui, au Manned Spacececraft Center à Houston (aujourd'hui le Lyndon B. Johnson Space Center).

La NASA s'est penchée très tôt sur les simulateurs d'atterrisseurs lunaires. Dès juillet 1961 (il n'y a pas encore d'américains en orbite), le Langley Research Center, sous l'impulsion de Manuel J. Queijo et de Donald R. Riley, commence ses premières simulations d'alunissage pour obtenir des données précises sur les vitesses, altitudes, etc...

En 1963, Grumman Aerospace Corporation propose le 1er cockpit s'un simulateur, le Lunar Hover and Landing Simulation IIIA.

Mais c'est vraiment à partir de la décision de conception finale du LEM que Grumman a pu commencer à travailler sur un simulateur qui serait identique aux commandes de vol d'un ''vrai LEM''.
En effet, la conception du LEM et son design final n'a pas été simple. Grumman a fourni pas moins de cinq modèles grandeur nature à la NASA entre 1963 et 1964. Et ceci pour faire valider le concept et toutes les spécificités du LEM. Au final, Grumman va construire 15 LEM (sont 10 qui voleront dans l'espace) à partir de 1967. Et il y aura six modèles pour des tests au sol.

En plus de ces LEM, Grumman a reçu début 1966 commande de trois simulateurs complets, mais la commande du troisième sera annulée en décembre de la même année, ce qui explique pourquoi il n'y en a eu que deux.

Bien sûr, pour l'entraînement des astronautes, il ne fallait pas que des simulateurs de LEM. Il y avait aussi trois simulateurs de la capsule Apollo et du module de commande et de service (CMS) qui ont été fournis par North American qui avait en charge la conception et la fabrication de capsule et du module.
Un simulateur se trouvait au KSC et un autre à Houston. Ils étaient destinés à la formation et l'entraînement des astronautes pour les missions Apollo. Le troisième se trouvait également à Houston, mais il avait pour rôle spécifique l'entraînement au Rendez-Vous en orbite, terrestre et lunaire, entre la capsule et le LEM, pour aller et partir de la Lune.
Je reviendrai dans un autre article plus tard sur ces simulateurs de capsules et CMS.

Revenons aux deux LM Simulator - il y en avait un à Houston et le deuxième se trouvait au KSC.

Celui de Houston était destiné à la prise en mains, la familiarisation, à l'entraînement général du LEM. Celui du KSC était spécifiquement destiné à une mission définie.
Chaque équipage s'entraînait spécifiquement pour sa missio, c'est à dire aux phases d'alunissage et de départ de la Lune au Kennedy Space Center.
Mais malheureusement, le LM Simulator du KSC n'est pour le moment pas visible aux yeux du public. Il se trouve stocké dans le VAB. Il est complet, c'est à dire en deux parties qui se refermaient.

Celui de Houston est lui visible du public. Comme celui du KSC, il a été donné au Smithsonian Institute en 1975. Il se trouve dans la Starship Gallery (entrée sous le LEM) au niveau de la capsule America d'Apollo 17.

Il n'est pas complet, il lui manque la partie arrière qui ''enfermait'' les astronautes dans leur EM, mais ce qui nous intéresse, c'est bien le poste de pilotage du LEM et non la porte arrière du simulateur 😊😊😊
Il mesure 2,13 m de long pour 1,98 m de haut. Il pèse 272 kg.

Le voici donc pour le plaisir des yeux.

Et pour se repérer, rien de tel qu'un petit diagramme.


Les astronautes ont passé beaucoup beaucoup de temps dans ces simulateurs. J'en ai parlé avec certains d'entre eux lors de mes rencontres, et c'est ce qui revient le plus : le temps passé à l'intérieur de ceux-ci, et les multiples pannes qu'ils devaient gérer.


Alan Bean dira (voir son interview pour Space Quotes - Souvenirs d'espace en cliquant ICI) que c'est grâce aux nombreuses heurs passées à simuler l'alunissage d'Apollo 12 que la mission a été un succès et qu'ils avaient pu se poser aussi près de Surveyor 3.

(Pete Conrad et Alan Bean dans le LM Simulator)
Charlie Duke me disait : << Je ne sais pas combien de fois je suis mort, je me suis écrasé, je n'ai pas pu décollé de la Lune... mais c'était bien plus souvent que de réussir une mission/simulation complète... (rires...) >>

Il se souvient aussi de tout le temps qu'ils ont passé, lui et John Young, dans le simulateur de Houston pour la mission Apollo 13 (pendant que Mattingly s'occupait du simulateur du CMS).

(Rusty Schweikart et Jim McDivitt pour Apollo 9)
(Gene Cernan et Tom Stafford pour Apollo 10)
(Neil Armstrong pour Apollo 11)
(Fred Haise pour Apollo 13)
Par ailleurs, c'est le LM Simulator de Houston qui a servi pour la série ''De la Terre à la Lune'' de Tom Hanks. Il avait été déplacé sur une ancienne base désaffectée près d'Orlando où se trouvait une partie du studio pour les besoins du tournage.

Le LM Simulator a été un élément essentiel du programme Apollo.

Bonne visite 😉


Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace


mardi 9 juillet 2019

L'incroyable aventure sur Terre d'un (petit) bout de Mars


Le 17 juin 2019, lors du premier jour du Salon de l'Aéronautique et de l'Espace au Bourget, une petite cérémonie spéciale a été organisée afin de donner à l'astronaute Thomas Pesquet une petit bout de la planète Mars qu'il emmènera avec lui lors de sa prochaine mission spatiale (prévue fin 2020-début 2021).

C'est dans le Pavillon du CNES que s'est déroulée cette cérémonie.

Ce morceau de Mars est en fait une météorite martienne 
qui a déjà une histoire extraordinaire

Extraordinaire d'abord, parce qu'après avoir été éjectée du sol martien par un impact de météorite important, après avoir été propulsée dans l'espace et après un long périple de plusieurs millions d'années dans l'espace, elle a atterrit sur Terre !

Extraordinaire ensuite, parce qu'après ce long voyage dans l'espace, après avoir atterrit sur Terre, elle est découverte en janvier 2015 dans le désert du Sahara (l'endroit reste secret). Le morceau trouvé pesait 307g. 
Elle a été acquise par le spécialiste ''et chasseur de météorite'' Luc Labenne, et après avoir été examinée et analysée par le Museum d'Histoire Naturelle de Paris, il a été confirmé que c'était bien une météorite martienne (nomenclature NWA 10170) de type Shergottite (SNC) qui a été éjectée de Mars il y a environ 180 millions d'années (âge de cristallisation). Plusieurs petits morceaux ont été extraient de la météorite d'origine, dont celui qui nous intéresse aujourd'hui et qui a été donné à la Cité de l'Espace à Toulouse.

Ce petit morceau, de 5,65g était donc à la Cité de l'Espace lorsque le 18 décembre 2015, il a été confié à Thomas Pesquet, au siède l'ESA, pour qu'il l'emmène avec lui lors de sa mission Proxima à bord de l'ISS (novembre 2016 à juin 2017).
Météorite remise par Jean-Baptiste Desbois, le directeur général de la Cité de l'Espace et par Claudie Haigneré, la marraine de la Cité de l'Espace.


L'histoire extraordinaire de cette météorite continue donc puisque qu'elle s'envole dans l'espace avec Thomas Pesquet pour la mission Proxima et elle reste dans l'espace de novembre 2016 à juin 2017 lorsque Thomas rentre sur Terre.

Thomas montre d'ailleurs la météorite en vol dans l'ISS et déclare : << Le plus beau des symboles serait qu'elle continue son voyage à l'occasion d'un futur vol habité vers la Lune ou à bord d'un rover martien >> (symbole qui va se réaliser = voir un peu plus bas).


Le 16 octobre 2017, lors du Congrès Mondial des Astronautes qui se tient à la Cité der l'Espace à Toulouse (voir article complet sur ce congrès en cliquant ICI), Thomas remet la météorite à Jean-Baptiste Desbois, le directeur de la Cité et à l'astrophysicien Maurice Sylvestre qui est le responsable scientifique de la SuperCam du rover martien Mars2020 (prononcez Mars Vingt Vingt) qui doit s'envoler pour la planète rouge en juillet 2020.


Et c'est là que le plus extraordinaire de l'aventure de ce morceau de Mars va commencer. Il a été découpé en trois fragments :

- Un fragment est exposé à la Cité de l'Espace depuis 2017
- Un fragment remis à l'IRAP qui l'a intégré parmi les 25 roches de calibration de l'instrument SuperCam de la mission du rovers Mars2020 qui s'envolera vers Mars en juillet 2020.
- Un fragment remis à Thomas Pesquet lors de cette journée au Salon afin qu'il l'amène avec lui lors de sa prochaine mission.

Cette météorite va donc, en partie, retourner sur Mars ! Elle a déjà traversé trois fois l'atmosphère terrestre (deux fois en arrivant et une fois en décollant avec Thomas en 2016), puis retournera sur Mars ! C'est vraiment une histoire extraordinaire et ce sera un merveilleux symbole des prochaines missions d'explorations spatiales.

Mais aussi, un autre morceau de cette météorite, retournera dans l'espace, d'abord dans l'ISS, puis après, pourquoi pas, avec cette fois la Lune comme point d'arrivée. On annonce le retour de l'homme autour de la Lune et sur la Lune pour 2024. Et Thomas est partant. Donc qui sait... ? ce troisième fragment pourra dire '' je viens de Mars, j'ai atterrit deux fois sur Terre, j'ai fait deux missions spatiales sur l'ISS et je vais vers la Lune ! ''.

La cérémonie de remise de ce lundi 17 juin s'est déroulé en présence des personnalités :

- Lionel Suchet, Directeur général délégué du CNES
- Sylvestre Maurice, astrophysicien et responsable de l'instrument SuperCam de Mars2020
- Jean-Claude Dardelet, vice-président de Toulouse-Métropole et de la Cité de l'Espace
- Jean-Baptiste Desbois, Directeur général de la Cité de l'Espace
- Thomas Pesquet, astronaute


  - - - Complément ajouté me 31 juillet 2020 - - - -

Alors que Mars 2020 et Perseverance font route vers Mars depuis hier avec l(autre petit morceau de cette météorite à bord, l'autre morceau, ramené par Thomas est visible au 1er étage de la Cité de l'Espace à Toulouse : quelques photos.


Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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Remerciements : GIFAS, SIAE et la Cité de l'Espace de Toulouse