mercredi 6 décembre 2017

L'innovation spatiale française et Thomas Pesquet à l'honneur à la 9ème Cérémonie de l' Excellence Française


Ce mercredi soir 6 décembre se tenait à la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris la 9ème Cérémonie de l'Excellence Française.

Cette année, le spatial a été mis à l'honneur car l'Excellence Française a distingué Thomas Pesquet en tant qu'invité d'honneur et 8 startups innovantes dans le secteur spatial.


Qu'est-ce-que l'Excellence Française ?

L'Excellence Française (EF) est une association (loi 1901) créée en 2009 par Maurice Tasler, et qui, chaque année, des hommes et des femmes représentant des institutions et sociétés parmi les plus dynamiques de France dans différents secteurs d'activité, qui par leur talent, leur créativité et leur capacité d'innovation, participent au rayonnement de la France dans le monde.

Depuis 2009, une centaine de personnes ont été distinguées comme par exemple Alain Delon (2009), la Patrouille de France (2009), Anne Lauvergeon pour Areva (2010), Jean-Yves Le Gall pour Arianespace (2010) et le CNES (2014), etc... (vous trouverez tous les lauréats sur le site du comité en cliquant ICI).

L'Excellence Française publie également chaque année un Livre d'Or dont cette année (2017-2018) avec les préfaces de Florence Parly (Ministre des Armées) et de Frédérique Vidal (Ministre de l'Enseignement supérieur) ainsi qu'un éditorial du Président du CNES Jean-Yves Le Gall et un texte spécial sur Thomas Pesquet de Frank de Winne, le directeur des astronautes européens.

Je vous propose de vous faire revivre un petit peu de cette cérémonie qui a été ''spatiale''.

C'est la journaliste Dominique Laresche, de TV5 Monde (partenaire de l'EF) qui a fait office de ''maître de cérémonie''.


Robert Tasler, le Président-Fondateur d'EF prononce un discours de bienvenue expliquant les objectifs et les principes de l'Excellence Française ainsi que le ''pourquoi'' de la nomination des lauréats de cette année. Et aussi pourquoi l'Excellence Française a choisi de distinguer Thomas Pesquet et l'industrie spatiale via des startups innovantes. C'est d'ailleurs sous le regard de Jean-Loup Chrétien, présent spécialement, que Thomas sera distingué.


Jean-Yves Le Gall, Président du CNES présente Thomas Pesquet et l'innovation spatiale en France.


Avant d'être distingué par l'Excellence Française, un petit film remémore les six mois de la mission Proxima de Thomas Pesquet.


Mais avant de monter sur scène, une ''petite surprise'' de la part de la Garde Républicaine. Mission Impossible pour le commun des mortels mais possible pour Thomas ! 😉😉😉



Thomas a été également récompensé par deux autres prix (je ne me souviens pas de l'intitulé exact de ceux-ci) - le premier remis par Robert Tasler et le second par Bernard Charlès, président directeur général de Dassault Systèmes.



C'est Olivier Dulat, chef-pilote chez Air France et Directeur-adjoint des Opérations Aériennes qui a remis ''le prix'' de l'Excellence Française à Thomas. Il a été lui même distingué - c'est une tradition, seul un ancien distingué distingue un nouveau distingué 😉😉😉

(signature du traditionnel livre d'or)
Un groupe de 10 pilotes d'Air France était également sur place, pilotes qui s'étaient déplacer à Baïkonour pour le décollage de Thomas l'année dernier. Ils ont pu réaliser une photo souvenir avec Thomas sans la vitre de protection de Baïkonour 😉


Pour le palmarès spécial innovation spatiale, ce sont donc 8 startups qui ont été récompensées - celles-ci ont été choisies par le CNES :

- AirMems (spécialiste circuits électroniques radiofréquences haute performance dans le domaine de la Défense et du Spatial - site ICI)
- Delair- Tech (spécialiste des drones professionnels  - site ICI)
- Earthcube (spécialiste traitement et analyses d'images satellitaires - site ICI)
- e-Odyn (spécialiste de l'analyse des courants et de la géolocalisation maritime - site ICI)
- Géoflex (spécialiste des mesures par satellites et géospatial - site ICI)
- NawaTechnologies (spécialiste de la nanotechnologie pour et par la transition énergétique - site ICI)
- Starbust Accelerator (premier incubateur d'entreprises ondial dédié à l'aéronautique et au spatial - ICI)
- ThrustMe (propulsion pour petit satellite - ICI)

(Lionel Suchet, directeur-adjoint du CNES, présente 
les lauréats du prix spécial Innovation Spatiale)

Et voici, les autres lauréats de cette cérémonie 2017 car comme je le disais en début de cet article, ce n'est pas que l'innovation spatiale qui a été honorée ce soir :

- La Cornue avec son directeur général Benoît Favier (les fameuses cuisinières sur mesure)
- COET MOF avec son président Christian Forestier (les Meilleurs Ouvriers de France)
- La ville d'Evian avec son maire Marc Francina
- Le Cordon Bleu avec son président André Cointrau (Institut d'arts culinaires et d'hôtellerie)
- Ecole des Gobelins avec sa directrice Nathalie Berriat (Ecole des métiers de création visuelle, conception graphique / motion design, etc...)
- Le Studio Harcourt avec son président Francis Dagnan
- Le Mont-Saint-Michel avec son maire Yan Galton

(Benoît Favier de La Cornue (à g.) distingué par Louis-Marc Chevignard (à d.)
Grand Connétable de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin
)
(Christian Forestier (à g.) de COET MOF distingué par Maurice Manceau (à d.),
directeur général de Saint Gobain Habitat
)
(Marc Francina (à g.) distingué par Jean-Pierre Cointrau (à d.), 
président du Champagne Gosset)
(André Cointrau (à d.), distingué par Valérie Rousselle (à g.), présidente de Château Roubine)
(Nathalie Berriat (à d.) distinguée par Anne Lauvergeon (à g.)
(Francis Dagnan (à d.) distingué par le Pr Francine Leca (à g), 
présidente de Mécénat Chirurgie Cardiaque)
(Yan Galton (à d.) distingué par Patrick Scicard (à g.), président de PSI)

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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mardi 5 décembre 2017

Mission MICROSCOPE / Premiers résultats - 4 décembre 2017

(en cours de publication)

Les premiers résultats du satellite MICROCOSPE 
confirment la théorie d'Albert Einstein avec une précision inégalée

Ce lundi 4 décembre, au siège du CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) à Paris, ont été donnés les premiers résultats du satellite MICROSCOPE lancé le 25 avril 2016.

<< C'est un grand jour >>

Le Président du CNES Jean-Yves Le Gall ouvre cette conférence.




Replongez vous d'abord sur cette mission en cliquant ICI 

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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lundi 27 novembre 2017

Livre / TERRE(s) de Thomas Pesquet / Dédicace à la FNAC des Ternes à Paris



Ce jeudi 23 novembre est sorti un livre de photos écrit et réalisé par Thomas Pesquet, souvenirs de ses six mois dans l'espace lors de sa mission Proxima.

TERRE(s)

aux Editions Michel Lafon (l'ESA est partenaire de l'ouvrage)
ISBN : 9782749935447
Prix : 39,95 € et l'intégralité des droits d'auteur sera reversé au profit des Restos du Coeur
Tirage annoncé : 66 000 exemplaires

Ce très beau et très gros livre de 320 pages  et de 3,2 kg (d'un format de 28,5 x 36,5 cm) devrait trouver une place de choix sous le sapin de Noël 😊.
Il existe trois couvertures différentes avec trois photos différentes (bleu, blanc, rouge).

Etrange de se demander ce que font mes proches
au moment même où je les prends en photo depuis l'espace...

C'est sous un angle délibérément artistique que Thomas Pesquet a souhaité envisager cet ouvrage. En effet, au-delà de la mission scientifique, c'est un photographe d'une rare sensibilité qui s'est révélé au grand public six mois durant.

Le sujet, lui, ne s'était encore jamais montré à la fois si distant et si proche, riche de tant de nuances. La Terre, notre planète, notre fragile et ultime bien commun, comme une femme coquette s'est dévoilée au fil des jours sous de très multiples atours : d'étendues désertiques en parcelles cultivées par l'homme, d'îles émergeant de mers azuréennes en mégalopoles parées de leurs éclats nocturnes, nous sommes restés saisis par l'infinie variété de ses reliefs, l'étendue de sa palette de couleurs. 
Sous l'oeil de Thomas Pesquet, la Terre n'était plus seulement une oeuvre d'art, elle était le chef-d'oeuvre absolu.

TERRE(s), donc, tant elle apparaît plurielle, tour à tour minérale et végétale, aride et aquatique, sauvage et domestiquée, déserte et surpeuplée.

Inclassables paysages surgis au fil de la mission Proxima et desquels l'ouvrage conserve l'ordre chronologique : jour après jour, retracez le périple de l'ISS tel que l'ont suivi des millions d'internautes !

Ce lundi 27 novembre, Thomas Pesquet participait à une dédicace exceptionnelle de son ouvrage à la FNAC des Ternes à Paris entre 17h30 et 18h30.


Seules les personnes ayant obtenu une invitation spéciale pouvaient faire dédicacer leur(s) livre(s). Et pour ce faire, il fallait être motivé car le précieux sésame était à retiré ce matin même à partir de 10h00 à la FNAC. Et vu l'engouement actuel et médiatique de Thomas, il ne fallait pas arriver en retard, ni même à l'heure... il fallait arriver bien avant l'heure, très tôt, très très tôt pour certains.
La première personne est arrivée à 06h00 afin d'être certaine de pouvoir avoir l'opportunité de voir Thomas et de faire signer le livre. Je suis moi-même arrivé à 07h15 et si j'étais le troisième, la queue s'est remplie assez vite à partir de 08h00 et très vite à compter de 09h00. Au final, à l'ouverture de la FNAC à 10h00, plus d'une centaine de personnes espéraient la fameuse invitation. Les deux personnes arrivées avant moi étaient des mamans venues spécialement aux aurores pour leurs enfants qu'elles amèneraient à la dédicace.

Hélas, il n'y avait que 70-80 invitations (bracelet) et donc beaucoup sont reparties très déçus.

Munis de ce précieux bracelet, nous étions invités à revenir à partir de 16h30 pour prendre place dans la file d'attente de la dédicace.


A mon arrivée vers 17h00, près d'une cinquantaine de ''privilégiés'' étaient déjà à l'étage et patientaient. Mais aussi, et surtout, attendaient, dans une autre file d'attente, plus d'une cinquantaine de personnes qui n'avaient pas d'invitations, et qui étaient venus dans l'espoir de voir, d'entrapercevoir Thomas, et peut-être même de repartir avec un autographe sur le livre.


Le public présent, avec ou sans invitation, était plutôt familial avec des enfants très jeunes, mais aussi composé de jeunes, principalement un public féminin, et étonnamment de personnes âgées, des ''mamies'' surtout 😊

Thomas est arrivé à 17h30 quasi tapantes et à commencer sa séance de signatures. Avec un rythme assez soutenu ne permettant pas un ''vrai échange'' car il n'était présent qu'une heure et il fallait bien satisfaire le plus de monde possible. Mais ce n'est pas bien grave 😊 (je pense faire partie des privilégiés en l'ayant rencontré plus d'une dizaine de fois depuis son retour en juin - il était d'ailleurs très amusé de me revoir ce soir comme à chaque fois 😊).


L'organisation était millimétrée et tout s'est presque bien déroulée. Il y avait même une personne de la FNAC, ou des Editions Michel Lafon, qui se chargeait de prendre des photos avec le téléphone ou autre appareil photo pendant que chacun passait - il était impossible de faire des photos posées par manque de temps.


Le manque de temps, le temps, c'est bien cela qui a ''pêché'' lors de cette dédicace.
Si toutes les personnes ayant leur sésame ont pu rencontrer Thomas, discuter quelques instants et faire dédicacer leur ouvrage, cela n'a pas été du tout le cas de ceux qui n'avaient pas d'invitation et qui attendaient à côté.
Thomas, hélas, est parti à 18h30 comme prévu, et donc c'est presque une centaine (beaucoup de gens sont arrivés attendre pendant cette rencontre) qui sont repartis déçus, même très déçus. Mais il y aura d'autres occasions de rencontrer Thomas dans les mois qui viennent, et dans des circonstances certainement plus faciles qu'actuellement et moins contraintes par le temps (bon, ok, ce ne sera pas facile de se balader avec le livre de 3,2 kg à chaque fois 😊)



Vous l'aurez compris, le livre est superbe, et il sera un parfait cadeau de Noël pour un enfant, la famille, un ami ou pour vous !


Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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Merci à la FNAC Ternes pour son accueil

Un merci et un clin d'oeil amical aux personnes qui ont bravé le froid ce matin, et notamment aux deux mamans arrivées avant moi et le papa de l'une d'entre elle, pour le sympathique moment d'attente que nous avons passé ce matin (désolé, je ne connais pas les prénoms).



samedi 18 novembre 2017

BD / Dans la combi de Thomas Pesquet par Marion Montaigne


Hier, vendredi 17 novembre, dans un hôtel parisien se tenait la conférence de presse organisée par les Editions Dargaud pour la sortie prochaine - le 23 novembre prochain - du dernier album de la très talentueuse Marion Montaigne (aka Professeur Moustache) :

Dans la combi de Thomas Pesquet


Le 17 novembre 2016, Thomas Pesquet s'envole à bord d'un vaisseau Soyouz pour la Station Spatiale Internationale où il va rester six mois - la fameuse mission Proxima.
Pour Thomas, c'est un rêve, son rêve, devenu réalité.

Marion Montaigne a travaillé deux ans pour nous retracer avec talent, avec humour, le parcours de Thomas Pesquet depuis sa sélection jusqu'à son retour sur Terre, et même un peu après.
<< J'ai rencontré Thomas pour la première fois dans mon atelier, il y a quasiment deux ans jour pour jour, puis il y a juste un an, il décollait pour la station spatiale, et aujourd'hui, on parle de l'album qui va sortir. >>
Cet album reste dans le sillage du travail de Marion Montaigne : Science, sérieux scientifique, humour et accessible à tous !


Pour préparer son album, Marion Montaigne s'est astreint à une préparation intensive dans le pas des astronautes. Elle a été à Cologne, à la Cité des Etoiles, à Houston, et a même assister à un décollage à Baïkonour. << C'était fascinant de suivre tout cela, même si je ne serai jamais astronaute. >>

Marion Montaigne, muni de son carnet de dessins, immortalisait les moments auxquels elle participait, et elle a a aussi beaucoup travaillé sur la recherche de documentation afin de coller le plus possible à la réalité. Mais Marion Montaigne, c'est aussi et surtout de l'humour - et donc, les 205 pages de cet album sont très drôles.
La lecture est fluide grâce à une en scène efficace et sans temps mort.


Une grande complicité se voit entre l'auteure et l'astronaute. Cela se voit à la ville et dans l'album 😊
Thomas s'est impliqué beaucoup dans ce projet, et même à bord de la station, il envoyait des commentaires, des emails, concernant ce projet.


Ici, il n'est pas question de transformer Thomas Pesquet en héros, mais de raconter l'histoire d'un gars normal (ok, bon, un peu plus que la normale quand même 😊) qui vit une aventure extraordinaire. L'histoire d'un gars normal, qui a des rêves, qui s'est donné les moyens de les réaliser. Une histoire de femmes et d'hommes dont leur bureau est une station spatiale.

Marion Montaigne a vraiment du talent. Ceux qui la connaissent déjà (via son blog Tu mourras moins bête... mais tu mourras quand même ! et sa série BD homonyme) vont adorer cet album - ceux qui vont la découvrir vont adorer aussi et vont vouloir découvrir ses précédentes oeuvres 😊😊😊
D'ailleurs, le talent de Marion Montaigne sera mis à l'honneur lors du prochain Festival International de la Bande Dessinée à Angoulême du 25 au 28 janvier 2018. Lors de ce 45ème Festival, son oeuvre drolatique sera exposée à l'Alpha, la nouvelle médiathèque d'Angoulême ''Marion Montaigne ramène sa science''.
(voir site ICI)

(avec Stéphane Beaujan, le directeur artistique du Festival d'Angoulême)
Bref, je ne vais pas m'étendre... Cette BD est absolument géniale et c'est un magnifique cadeau à se faire, à faire (Noël est proche). Pour cette première édition, Dargaud a fait un tirage de 62 000 exemplaires.
Pour info, Marion Montaigne sera en dédicace pour la sortie de ''Dans la combi de Thomas Pesquet'' à la FNAC Montparnasse ce vendredi 24 novembre 2017 de 17h00 à 19h00.



Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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MERCI aux Editions Dargaud et à Marion Montaigne

mardi 7 novembre 2017

Disparition de l'astronaute Richard F. "Dick" Gordon (1929 - 2017)


Richard F. "Dick" Gordon nous a quitté hier à l'âge de 88 ans.


Dick Gordon est né le 5 octobre 1929 à Seattle (état de Washington).
Après avoir obtenu une maîtrise de chimie en 1951, il s'engage dans l'US Navy et obtient ses ailes de pilote en 1953. 
Il sera pilote de chasse sur la base de Jacksonville en Floride - la Naval Air Station de Jackson était et est encore une des plus grosses et grandes bases américaines, toutes armes confondues.

En 1957, il est accepté comme élève-pilote d'essais à l'US Naval Test Pilot School sur la base de Patuxent River dans le Maryland. Il y rencontre Charles Conrad - ils deviendront les meilleurs amis du monde.
En tant que pilote d'essais, il vole sur des avions comme le F-8U Crusader, le F-11F Tiger, le FJ Fury, le A-4D Skyhawk et surtout le F-4H Phantom avec lequel il sera instructeur et avec lequel il gagnera le Trophée Bendix avec son navigateur Bobbie Young lors d'une course aéronautique entre Los Angeles et New York où ils mettront 2 heures 47 minutes pour la traversée.
Au moment de sa sélection à la NASA, Dick Gordon plus de 4 500 heures de vol dont 3 500 heures sur avions à réaction.

En 1962, il se présente à la NASA comme candidat astronaute, mais malgré qu'il soit dans les 20 derniers finalistes, il ne sera pas retenu.

En 1963, il se représente et sera retenu dans le Groupe 3 de la NASA
(la moitié du groupe a tourné autour de la Lune et 4 d'entre eux y ont marché).


Dick Gordon vole deux fois : Gemini en 1966 et Apollo 12 en 1969.
Il est l'un des 24 hommes ayant à ce jour tourné autour de la Lune.
Il est doublure sur Gemini 8 (1966), Apollo 9 (1969) et Apollo 15 (1971). Si les trois dernières missions (Apollo 18 à 20) n'avaient pas été annulées, Dick Gordon aurait probablement été le commandant d'Apollo 18 et aurait marché sur la Lune.

Gemini 11 (12 au 15 septembre 1966)

Richard Gordon est le pilote de la mission et Charles Conrad le commandant.
Au cours de ce vol de 2 jours 23 heures et 17 minutes, Dick Gordon effectue deux EVA mémorables.

Voir article spéciale sur les 50 ans de la mission Gemini 11 en cliquant ICI.



Apollo 12 (14 au 24 novembre 1969)

Dick Gordon est le pilote du module de commande (CMP) tandis que Charles Conrad est le Commandant et Alan Bean le pilote du module lunaire (LMP). Ces deux derniers marcheront sur la Lune le 19 novembre 1969 tandis que Dick Gordon les attendra en orbite.

Voir aussi l'article sur les roches lunaires ramenées sur Terre par Apollo 12 en cliquant ICI.

Pour cette mission, les trois hommes resteront 10 jours 04 heures et 36 minutes dans l'espace.



Richard Gordon quitte la NASA en janvier 1972 - il a passé 13 jours 03 heures 53 minutes dans l'espace.

Entre 1972 et 1976, il est Executive Vice-President de l'équipe de football américain des New Orleans Saints. Puis il va travailler dans différents secteurs d'activités du privé allant du pétrole à l'astronautique jusqu'à sa retraite au début des années 2000.
Il a même été conseiller technique et acteur (jouant un Capcom) sur la mini-série télévisée Space en 1985.

En 1992, l'astronaute Alan Bean - peintre de très grand talent - compose ce magnifique tableau : 

The Fantasy - Conrad, Gordon, and Bean

représentant les trois hommes de l'équipage Apollo 12, ensemble sur la Lune. 
C'est un magnifique clin d'oeil amical à Richard Gordon qui était resté dans le module de commande pendant que Conrad et Bean se posait dans l'Océan des Tempêtes.
Le tableau est réalisé à l'acrylique sur un ''Aircraft Bord'' et mesure 1,20 x 0,81 m.



Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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vendredi 3 novembre 2017

samedi 28 octobre 2017

Rencontre avec le cosmonaute Sergueï Revin



Sergueï Revin est ingénieur et a été sélectionné comme cosmonaute en 1996.

Il a effectué un vol spatial, à bord de la Station Spatiale Internationale, pour Expedition 31-32 du 15 mai au 17 septembre 1992 avec la capsule Soyouz TMA-04M.


Il quitte le corps des cosmonautes en avril 2017 après avoir passé 124 jours 23 heures 51 minutes dans l'espace.

Interview réalisée à la Cité de l'Espace à Toulouse lors du 30ème Congrès mondial des astronautes de l'Association of Space Explorers (ASE).

Dans quel état d'esprit étiez-vous avant le décollage ?
Nous sommes des cosmonautes professionnels, c'est à dire que nous nous préparons longtemps, très longtemps pour un vol.
J'étais l'ingénieur de vol à bord (ndlr = la fameuse place gauche) et je devais gérer en partie le vaisseau spatial - je me sentais donc prêt, très très prêt même, prêt au maximum possible !

Je me sentais mobilisé à 100% pour pouvoir analyser au plus vite toutes les informations que me communiquaient les systèmes de bord, et prendre des décisions aussi rapidement que nécessaire. Et en même temps, j'étais chargé de dicter les informations sur mon état physique à moi et sur l'état du vaisseau, de tout ce qui se passait à bord du vaisseau spatial.

J'étais concentré aussi fort que possible !


Quelle(s) sensation(s) avez-vous ressenti lors du décollage ?
Concernant mon ressenti physique, j'ai trouvé que la surcharge physique était inférieure à celle que nous avions testée lors de nos entraînements en centrifugeuse, je m'attendais à la ressentir plus intensément.
Le décollage m'a surpris aussi dans le sens où la durée de cette surcharge n'a été finalement que très courte, puisqu'elle n'a duré que 526 secondes entre le décollage et la mise sur orbite - c'est très peu de temps ! Cela va très vite !

J'étais très concentré sur mes systèmes de bord durant toute la phase de décollage.


Et l'apesanteur, c'est comment ?
Être en apesanteur est une sensation très intéressante !

Ce qui est extraordinaire, c'est que le corps s'habitue très vite à cet état d'apesanteur, et on oublie vite que nous ne sommes pas dans un ''état normal''.
On ne marche plus, on flotte, on vole ! Et c'est vraiment extraordinaire !

Mais le plus extraordinaire, c'est qu'on s'habitue tellement vite à cet état que l'on a l'impression d'être dans une situation normale, alors que non... Pour notre cerveau, nous sommes en situation naturelle.

Oui, on vole ! Mais on ne vole pas comme les oiseaux, on ne pas pas des bras (Rires...) ! On est un peu comme un super-héros volant !
C'est très rigolo de se propulser pour se déplacer. Il suffit de pousser, et hop... on décolle et on vole !


Quel est votre meilleur souvenir, votre meilleur moment, de cette mission de 124 jours dans l'espace ?
En fait, je retiendrai deux moments :

Le premier est le sentiment d'être maître à bord de cette station. Je m'étais tellement entrainé pour ce vol (ndlr = Serguei Revine a attendu plus de 16 ans entre sa sélection et son vol), je m'étais tellement préparé pour cette mission, que cela a été une grande joie d'être enfin dans l'espace ! Le sentiment du travail accompli, et donc d'être maître à bord de cette nouvelle maison.

Le second est le sentiment fort, sentiment très fort, la prise de conscience, que nous les humains, en tant que civilisation, nous sommes seuls, isolés, et très petits, dans l'immensité de l'espace !


Etiez-vous triste de rentrer sur Terre ?
J'avais un sentiment partagé entre la joie de revenir, de retrouver ma famille, ceux que j'aime qui m'ont manqués pendant cette mission, et la tristesse de quitter ma nouvelle maison, dans laquelle je me sentais extrêmement bien et pour laquelle j'avais tant travaillé, et de savoir que je devrais peut-être attendre des années pour y revenir, ou ne jamais y revenir.



Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Roscosmos / NASA
Remerciements : ASE / Cité de l'Espace
                            Tatiana, la traductrice