mercredi 3 juin 2015

50ème anniversaire Mission Gemini 4 - Edward White devient le premier américain à marcher dans l'espace / 3 juin 1965


Retrouvez l'interview accordée à Space Quotes - Souvenirs d'espace par James McDivitt, le commandant de la mission Gemini 4 (cliquez sur le lien en jaune)

Ce 3 juin 1965, la capsule Gemini 4 (appelée aussi Gemini IV) décolle depuis Cape Canaveral avec les astronautes James McDivitt, Commandant et Edward White.

La capsule ne possède pas de nom - aucune du programme Gemini n'en avait (depuis que la NASA n'avait pas apprécié le nom que voulait donner Grissom à sa capsule Gemini 3 / voir 50 ans Gemini 3). A l'origine, avant cette interdiction de nom, McDivitt et White voulaient baptiser leur capsule American Eagle.
 Il n'y avait pas non plus de logo officiel - même si le logo qu'aurait choisi l'équipage se retrouve sur les souvenirs embarqués à bord, les fameux Sterling Silver Medallion
Tous les patchs Gemini 4 ont été fabriqués après le vol et sont considérés comme des patchs commémoratifs.
(Patch commémoratif)
Le seul patch qui a été embarqué était le drapeau américain mis sur la combinaison (on le voit très bien sur l'épaule lors de l'EVA de White) - c'était le véritable premier patch officiel du programme spatial américain (les patchs Mercury sont aussi commémoratifs).

La mission a trois objectifs principaux :
- Être le premier vol spatial américain de longue durée (il sera de 4 jours)
- Effectuer la première marche dans l'espace par un américain
- Tentative de rendez-vous entre la capsule et l'étage supérieur de la Titan II mais sans succès.

Cette mission cumule aussi plusieurs premières - c'est la première mission entièrement dirigée par le Mission Control de Houston, et aussi le premier décollage dont la couverture médiatique s'est faite en direct sur une douzaine de pays grâce au satellite Early Bird.

La sortie extra-véhiculaire (EVA) devait être effectuée par Edward White lors de la seconde orbite, mais elle fût reportée à la troisième à cause des tentative de rendez-vous entre la capsule et l'étage supérieur de la Titan II. Edward White devint ainsi le premier américain à marcher dans l'espace, 2 mois 1/2 après la première EVA de Leonov.


L'EVA se passa bien malgré des problèmes de communications entre White et McDivitt (les CapCom servirent de relais). Edward White testa pour se déplacer une sorte de pistolet à air comprimé, avec une efficacité très limitée.
White prit beaucoup de plaisir à effectuer son EVA, et lorsqu'on lui demanda de rentrer à l'intérieur de la capsule, il prit prétexte de faire encore quelques photos pour rester plus longtemps à l'extérieur. Le directeur de vol, Chris Kraft lui intima de rentrer de suite, via le Gus Grissom le CapCom, et après 22 minutes de marche dans l'espace, il regagna la capsule en ayant ces mots : <<c'est le moment le plus triste de ma vie.>> 
(Carte de téléphone française)
Pendant le reste du vol, une dizaine d'expériences ont été effectuées. Une panne de l'ordinateur de bord causa quelques soucis pour la phase de retour, mais l'équipage amerrit sain et sauf dans l'Océan Atlantique après 66 orbites et un vol de 4 jours 4 heure et 56 minutes le 7 juin 1965. Les deux astronautes seront récupérés par le porte-avions USS Wasp.
Le Président Lyndon B. Johnson les félicita directement par téléphone dès leur arrivée sur l'USS Wasp.

Une des anecdotes amusantes de la mission est la perte d'un des gants de protection thermique d'Ed White lors de son EVA - qui est devenu le premier engin perdu par un astronaute dans l'espace.

Le 19 juin, sur ''ordre'' du Président Johnson, James McDivitt et Edward White se rendent au Salon du Bourget à Paris, où ils y rencontrent Youri Gagarine et un succès considérable auprès du public.
Gemini 4 au Salon du Bourget 1965 (cliquez sur le lien en jaune)
(Appel de félicitations du Président Johnson)


La capsule Gemini 4 est aujourd'hui visible au National Air and Space Musem (NASM) à Wahsington DC.
En septembre 1967, la poste américaine émet un diptyque (deux timbres) sur la première EVA américaine - C'est l'artiste Paul Calle qui en est le créateur.
Voir l'article spécial consacré à cette émission en cliquant sur le lien en jaune ci-dessous.
Philatélie Spatiale USA - Programme Gemini 1967

Voici quelques autres liens en rapport avec la mission Gemini 4 (cliquez dessus)
Gemini 4 / Documents inédits
50 ans du vol Gemini 3

Extraits du National Geographic consacré à la mission Gemini 4





Crédit : Photos et collection Spacemen1969 / Stéphane Sebile
             Space Quotes - Souvenirs d'espace
             James McDivitt / NASA - National Geographic

lundi 11 mai 2015

Philae se pose sur les Champs-Elysées - Exposition du 10 au 25 mai 2015


Depuis hier, 10 mai, le CNES a mis en place une exposition face au Grand Palais - place Georges Clémenceau :

Philae se pose sur les Champs-Elysées

Devenu ''star'' depuis son atterrissage sur la comète 67P/Churyumov-Garasimenko - alias ''Tchouri'', le CNES a voulu amener le spatial et Philae au plus près du grand public. Les passants, passionnés, curieux, pourront ainsi voir Philae, sa comète et mieux comprendre la mission Rosetta.

L'inauguration a eu lieu ce matin (ici, un extrait du discours de Jean-Yves Le Gall, directeur du CNES)

Space Quotes - Souvenirs d'espace s'est largement fait écho de cette magnifique mission avec plusieurs articles et interviews (cliquez sur les liens en jaune) :

Pour cette exposition sur les Champs-Elysées, le CNES a mis en place deux maquettes / répliques de l'atterrisseur Philae (à l'échelle 1) et de la comète Tchouri (à l'échelle 1/600ème).

Pour Philae, il s'agit de la réplique Philea actuellement exposée au Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget dans le Hall Espace (voir lien ci-dessous) :

La construction d'une réplique de Philae a été proposée par le Service Education-Jeunesse du CNES à des étudiants de BTS et de Bac Pro. Initié en 2013, c'est un projet collaboratif inter-académique entre le CNES et les académies de Paris, Créteil, Versailles et Limoges. La réplique reçoit le nom de Philea, en clin d'oeil à son modèle original Philae.

Philea n'est pas simplement une réplique avec les instruments de l'atterrisseur, mais elle simule les opérations de descente et le travail de Philae dans les premières heures de l'atterrissage.

Philea possède tous les instruments qui étaient à bord et pèse un peu plus lourd que l'original (une centaine de kilos contre 80).

Pour réaliser Philea, il n'a fallu pas moins de 60 étudiants dans 15 disciplines différentes, l'engagement de 12 lycées de 4 académies, et une année scolaire (2013-2014) pour la conception, construction et livraison, le tout coordonné par le lycée Diderot à Paris :

- 20 septembre 2013 : Démarrage du projet
- 5 décembre 2013 : Revue de conception détaillée
- Janvier à avril 2014 : Fabrication des éléments
- 6 novembre 2014 : Présentation officielle au Lycée Diderot à Paris
- 12 novembre 2014 : Mise en place au Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget pendant l'atterrissage du vrai Philae (voir sujet plus haut)
- Janvier à avril 2015 : Finitions et améliorations fonctionnelles
- 8 avril 2015 : Remise du Trophée ''Hypathie d'Alexandrie'' de la Journée de l'Innovation
puis ...
Exposition sur les Champs-Elysées jusqu'au 25 mai.

Quelques élèves et professeurs qui ont réalisé Philea étaient présents aujourd'hui à l'inauguration.
(Philippe Gaudon du CNES - à gauche - avec des élèves et professeurs)
Ensuite, Philea retournera au Bourget pour le Salon où il sera visible dans le Hall Espace (avec une animation spéciale dans le Pavillon du CNES = voir www.salondubourget.2015.blogspot.fr) .

La présentation se fait sous un dôme en verre avec des textes explicatifs - le dôme fait immanquablement penser à celui du Grand Palais qui se trouve à quelques mètres de là.

Une réplique de la comète Tchouri est aussi présentée mais elle au 1/1600ème - près de 3 mètres de long quand même. Elle a été réalisée dans un matériau qui résiste à l'extérieur et la finesse de son relief a été réalisée par une sorte de ''ponçeuse'' numérique, qui lui donne vraiment du réalisme. La couleur est comme il se doit très foncée, ce qui correspond à l'albédo réel.

Le pôle nord a été mis volontairement vers le sol (tête en bas) afin que le public puisse voir les deux drapeaux signalant le point d'atterrissage initial et le rebond.

L'inauguration a été faite ce matin, 11 mai, par le Directeur du CNES Jean-Yves Le Gall, qui était accompagné de Marie-Christine Lemardeley, maire-adjointe de la ville de Paris en charge de l'enseignement supérieur, des étudiants et de la recherche.
(Remise d'une photo de Paris prise par un des satellites du CNES)
Philippe Gaudon, chef du programme Rosetta au CNES et Francis Rocard, responsable de l'exploration solaire au CNES étaient présents et sont intervenus en public pour expliquer la mission et la suite de la mission, notamment le réveil tant espéré de Philae - réveil (ou du moins réception de données permettant de savoir que Philae est toujours vivant) qui pourrait intervenir dès demain 12 mai. L'optimisme est de rigueur et la période de réchauffement (il faut -40° pour que Philae fonctionne normalement) vient de commencer et ce, jusqu'au mois d'août avec le passage de la comète au plus près du soleil.
(Philippe Gaudon)
(Francis Rocard)

Je vous invite donc à vous déplacer nombreux voir Philae/Philea et sa comète sur les Champs-Elysées. C'est vraiment très sympa - de plus, en fonction du moment de votre passage, il y aura du monde pour vous expliquer plus en détail la mission. Une sympathique initiative qui attire déjà beaucoup de curieux.

Plein d'autres photos ici :

(Philippe Gaudon du CNES)
(Jean-Pierre Bibring, astrophysicien et Francis Rocard du CNES - les responsable sfrançais de Philae)

Crédit : Sources CNES
Crédit Photos : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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jeudi 9 avril 2015

Présentation du Dream Chaser Cargo System par Mark Sirangelo de Sierra Nevada Corporation (SNC) - Paris 25 mars 2015

(en cours de publication)

Le 25 mars 2015 à Paris lors du Spring Meeting de l'IAF (Fédération Internationale d'Astronautique), Mark Sirangelo, le directeur de Sierra Nevada Corporation Space Systems (SNC) et responsable du programme Dream Chaser, est venu  présenter le Dream Chaser Cargo System, la version non-habitée du Dream Chaser original.






Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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mardi 7 avril 2015

Interview d'Elsa Montagnon, qui était Deputy Flight Director du programme Rosetta / Philae et actuel Spacecraft Operations Manager du programme BepiColombo



Elsa Montagnon a été la Deputy Flight Director du programme Rosetta/Philae pour l’Agence Spatiale Européenne (ESA) – elle est actuellement la Spacecraft Operations Manager de la mission BepiColombo.

Entretien réalisé en avril 2015

Quel a été votre parcours scolaire, universitaire, d’ingénieur et pourquoi avoir choisi le domaine du spatial ?
J'ai un parcours classique de ‘'bonne en maths'’ à la française. Lycée section scientifique, classes préparatoires maths sup/maths spe, école d'ingénieur.
C'est en prépa que j'ai vraiment commencé à me poser la question de ce que j'allais faire avec mon futur diplôme. Je me suis posée la question de mon intérêt pour les différentes disciplines, le terme d'ingénieur étant plutôt vague en soi.
Je me suis rendue compte que j'avais une préférence pour le pluridisciplinaire, et que l'un des seuls domaines que je trouvais vraiment intéressant était l`aéronautique / aérospatiale, et la perspective de travailler dans un contexte de collaboration internationale. C'est ce qui à motivé mon choix de l'Ecole Centrale Paris, et ma participation à un programme de double diplôme avec l'université technique de Munich en Allemagne, où j'ai fait ma spécialisation en troisième et quatrième année.

Quel est le rôle d’un Deputy Flight Director ? Pourquoi avoir accepté ce poste et pas un autre ? Qu’est-ce qui vous plaisait dans cette fonction ?
Le Deputy Flight Director est responsable de la conduite des opérations pour son équipe, qui couvre 12 heures par jour en alternance avec l'équipe menée par le Flight Director.
Il s'agit de s'assurer que les opérations se déroulent comme prévu, d'approuver les déviations du plan de vol, et de coordonner le travail de l'équipe en cas d'anomalie.
C'est un rôle opérationnel, et non un poste à temps plein.

J'ai travaillé dans l'équipe de contrôle de vol de Rosetta de 1999 à février 2007, et avais à cette époque une connaissance très approfondie de la mission et du satellite, ainsi qu'un très bon contact avec la communauté scientifique de la mission. J'imagine que c'est la raison pour laquelle le Flight Director m'a proposé d'être son adjointe pour les opérations d'atterrissage de Philae.

C'était une occasion unique de participer opérationnellement à un évènement historique sur une mission à laquelle je reste émotionnellement très attachée. Refuser n'était pas une option.

Comment arrive-t-on à se motiver, à continuer de s’impliquer pour des programmes spatiaux aussi longs ? Certains de vos collègues travaillent sur Rosetta depuis 25 ans ou presque ? Entre le décollage de Rosetta et l’atterrissage de Philae, il vous a fallu attendre 10 ans.
Quand on est jeune, c'est dur d'imaginer de telles durées, mais avec le temps, on réalise à quel point la perception du temps qui passe est subjective.
Pour moi même, j'ai une certaine capacité à me projeter dans l'avenir, à me créer une image mentale de ce qui est prévu, et cela me rend l'évènement futur plus réel.
Après, il faut aussi prendre soin de soi. Ce n'est pas un sprint, c'est un marathon.
Il faut apprendre à ne pas tout traiter sur un mode crise mais à gérer ses énergies.
Dans mon cas, ca veut aussi dire prendre du temps pour ma famille, surtout depuis la naissance de mon premier enfant en 2013.

Quels ont été vos premières pensées, vos premières émotions, à trois moments clés de la mission Rosetta / Philae : le réveil en janvier 2014, la mise en orbite en août et surtout l’atterrissage de Philae. On vous voit scruter anxieusement, avec attention, les écrans de contrôle lors de cet atterrissage, puis exploser de joie …
Pour le réveil en janvier, le signal est arrivé avec 20 minutes de retard, et ces 20 minutes ont été très longues.
En 20 minutes, on a le temps de penser à tout ce qui a pu se passer de travers. Pour un opérateur satellite, surtout sur une mission interplanétaire, ne pas avoir de signal, c'est l'agonie.
Quand le signal est finalement arrivé, c'était une grande joie et un énorme soulagement. Un réveil au sens propre du terme. A partir de là, les choses peuvent vraiment commencer.

Plus que la mise en orbite, ce sont les manœuvres qui l'ont précédées qui ont mis les nerfs à l'épreuve.
Chaque manœuvre réduisait la vitesse de Rosetta par rapport à la comète.
Après chaque manœuvre, la dynamique de vol nous donnait la date du survol de la comète par Rosetta si aucune autre manœuvre n'était faite. Et au début, ce délai était inconfortablement court.
Je n'avais pas vraiment réalisé avant cette phase à quel point cette séquence de manœuvres était critique.
La dernière manœuvre pour l'insertion critique était de vraiment petite magnitude, et donc relativement moins risquée que les précédentes. Une arrivée en douceur donc.
Dans cette période, l'autre moment qui a vraiment surpris, c'est en juillet quand la forme de la comète a commencé à être visible. Personne ne s'attendait à cette forme !

Maintenant l'atterrissage de Philae. Nous savions que c'était très risqué, encore plus depuis les évènements des heures précédant la séparation.
Alors on rationalise. De notre côté, la stratégie de rationalisation, c'était : si on sépare, c'est bien. Si on acquiert le signal de Philae pendant la descente, c'est très bien. Si on touche la comète, c'est très très bien. Si on a encore le signal après avoir touché, c'est le jackpot.
La signature du premier touch-down était très clair dans la télémesure, et quand les données ont continué à arriver après - même instables, c'était l'explosion.
Je n'avais pas osé espérer autant. Encore une fois, pour un opérateur, le signal, c'est la ligne de survie. Avec un signal on peut travailler.
Passé l'euphorie, nous avons vite réalisé qu'un signal instable n'était pas compatible avec Philae immobile sur la surface. Mais ca reste un signal, un outil pour comprendre et si possible agir.
(l'atterrissage de Philae vu depuis la cité des Sciences et de l'Industrie à Paris)


Vous nous avez dit lors de votre présentation, que cela avait été difficile émotionnellement de quitter le programme Rosetta pour devenir Spacecraft Operations Manager de BepiColombo.
Pouvez-vous nous en dire plus sur votre rôle et quel(s) défi(s) allez-vous relever ?
J'ai appris mon métier sur Rosetta, mais malgré mon attachement très fort à cette mission, j'avais du mal à m'imaginer ne faire que ca pour au moins 15 ans, sans aucune autre expérience.

Devenir Spacecraft Operations Manager de BepiColombo était une superbe opportunité de continuer à élargir mon expérience en bâtissant sur ce que j'ai appris avec Rosetta.

BepiColombo a des similitudes avec Rosetta - une longue croisière interplanétaire avec de multiples assistances gravitationnelles - mais aussi suffisamment de différences pour un vrai challenge opérationnel à part entière : la propulsion éléctrique, pour la première fois sur une mission se dirigeant vers l'intérieur du système solaire, l'utilisation de la bande de fréquence Ka en parallèle avec la bande X pour la télémétrie, et surtout, la mise en orbite et les opérations de routine autour de Mercure, des aspects qui sont plus proches opérationnellement de Mars Express.
Ce qui ne gâchait rien, le lancement quand j'ai pris de poste, était prévu pour 2013, avant le réveil de Rosetta.

En tant que Spacecraft Operations Manager, j'ai la responsabilité de la préparation des opérations, de la mise en place et du training de l'équipe de contrôle de vol, et après le tir, je conduis toutes les opérations non critiques.
C'est un rôle central, multidisciplinaire, avec de nombreux aspects d'ingénierie système et beaucoup de visibilité après le tir. A mon avis, j'ai un des meilleurs jobs possibles.

Je suppose que vous aimeriez-vous vous aussi aller dans l’espace – pourquoi ? Et vers quelle destination aimeriez-vous vous envoler ?
Cela peut surprendre, mais je n'ai jamais rêver d'aller dans l'espace.
Je suis une fan absolue des missions robotiques, qui me permettent de visiter d'Univers sans quitter notre belle planète, et donc sans trop de contraintes :)
Une des prochaines belles destinations, c'est Jupiter. Et ce serait bien de ramener des échantillons d'une comète un jour.

La place des femmes n’est pas encore assez importante dans le milieu de l’ingénierie spatiale (et dans d’autres domaines aussi). Je sais que vous vous impliquez justement pour ‘’améliorer’’ cela et pousser plus de jeunes étudiantes dans les métiers scientifiques. Qu’est ce qu’il faudrait faire pour vraiment pousser les jeunes vers ses métiers et leur donner envie de faire des études ?
 Je pense que les jeunes ont besoin de modèle, de personnes qui leur montrent ce qui est possible et ce qui reste à faire.
Une mission comme Rosetta fascine, et plante une graine dans l'imagination des jeunes générations comme l'atterrissage des humains sur la lune au siècle dernier, qui a été à l'origine de tant de vocations. La question de la balance entre travail et famille est aussi pour moi une des questions les plus importantes de notre temps, pour les hommes autant que pour les femmes.
(Elsa Montagnon à Paris le 24 mars 2015, lors d'une conférence sur Rosetta / Philae organisée par Women In Aerospace - WIA)
Retrouvez les articles que Space Quotes – Souvenirs d’espace a consacré à la mission Rosetta (cliquez sur les liens en bleu-clair) :
- Réveil et mise en orbite autour de la comète 67P/Churyumov-Garasimenko
- Choix du site d’atterrissage de Philae
- Atterrissage de Philae

Retrouvez les interviews d’Andrea Accomazzo,le Flight Director et de Stephan Ulamec, le Program Manager pour la DLR de la mission Rosetta/Philae.

Crédit : Stéphane Sebile
             Space Quotes - Souvenirs d'espace
             ESA / DLR









Interview d'Andrea Accomazzo, le Flight Director de la mission Rosetta / Philae


Andrea Accomazzo est le Flight Director du programme Rosetta / Philae pour l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

Entretien réalisé en avril 2015

What is your background ? Why have you choice to work with space ?
I am an aeropsace engineer graduated at Politecnico di Milano.
I have always been fascinated by technology and in particular by airplanes and spaceflight.
I actually wanted to be a military pilot and completed the basic training in the Italian Air Force, but then decided this was not my way and completed the engineering studies.
Space was then the most fascinating part and ... life brought me to Rosetta.

How are you become Flight Director and why have you accept to become Flight Director ? What is exactly your job as Flight Director ?
I joined the Rosetta operations team in 1999 as Spacecraft Operations Engineer.
After launch in 2004 I was nominated Spacecraft Operations Manager for the Venus Express mission.

Once this was set around Venus and in routine operations in 2006, I had the chance to come back to Rosetta as Spacecraft Operations Manager.
I kept this role till April 2014 when, after the hibernation exit, I had to hand it over to a colleague since I was in a double role since 2013.
At that stage I only kept the Flight Director role, i.e. the highest authority at mission level for what concerns operations.

It is a bit like the director of a newspaper, which is however owned by the editor.
As a Flight Director you are responsible to the execution of all operations.
 There are objectives to be achieved and you prepare a plan to complete all of them.
You make sure all the teams (flight control, flight dynamics, ground stations, software systems, computers, general facilities, etc.) have their plans ready and tested well before operations.
Once in operations everybody knows what to do in nominal situations.
Where there is something not nominal or interactions between the teams then it is up to the flight director to decide.

What was your first feeling when you have understand that Philae touched the ground ?
A sort of freedom. When Rosetta came out of hibernation in January 2014 was a huge joy, our adventure was beginning at that time.
When Philae landed I had the feeling I had completed my mission, the game was over and we had won it.
We were also a bit tired and we were glad that it came to a happy end.

How can stay concentrated, motivated, during all these years of the Rosetta travel ?
It’s a long part of life (until 25 years for some people in this program)
I got in touch with Rosetta in Dec 1996 when I was still working in Italy, it is now more then 18 years ago.
I never had a single day when I felt bored. The mission is so exciting that you can not lose motivation.
However this has to be true for the whole team and there were for sure phases of the project where we had to take care of this.
E.g. I spend ca. 3 years on the Venus Express mission, other colleagues had shorter experiences with other spacecraft e.g. at the beginning of the hibernation phase.
I think you always need to look ahead and see where you want to go, share this with your colleagues, and define together what the way is.
If the vision is shared then everybody finds his/her own motivation to go for it. It does not work if it is imposed.

I suppose, you would like to go in space yourself. Why would you want to go in space ? And which destination would you like to go ?
Of course I would.
I would go because it must be a fantastic feeling, you have the chance to observe ourselves (the Earth) from outside, from a different point of view.
If I could I would go to the Moon.
I think for the time being anything else is unconceivable.
Next step would be an asteroid for me. It must be a great feeling on being on a body that you can walk around completely.

(Olger Sierks, Jean-Pierre Bibring et Andrea Accomazzo à Paris le 15 septembre 2014)
(12 novembre 2011 : Atterrissage de Philae / Joie d'Andrea Accomazzo, Elsa Montagnon, Stephan Ulamec 
et Fred Jensen / vue depuis la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris)

Retrouvez les articles que Space Quotes – Souvenirs d’espace a consacré à la mission Rosetta (cliquez sur les liens en bleu-clair) :
- Réveil et mise en orbite autour de la comète 67P/Churyumov-Garasimenko
- Choix du site d’atterrissage de Philae
- Atterrissage de Philae

Retrouvez les interviews d’Elsa Montagnon, la Deputy Flight Director de la mission Rosetta/Philae et de Stephan Ulamec, le Program Manager de la mission pour la DLR.
Crédit : Stéphane Sebile
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