lundi 19 septembre 2011

Interview d'Alexander Gerst, Astronaute de l'ESA

Alexander Gerst est géophysicien et vulcanologue de formation.

L'ESA le sélectionne comme astronaute en mai 2009.

Il commence son entrainement d'astronaute la même année. Il est reçu astronaute en 2010 avec une remise de diplôme le 22 novembre 2010 à l'EAC.

Le 18 septembre 2011, il est sélectionné comme astronaute titulaire d'une mission spatiale de 6 mois à bord de l'ISS pour 2014 avec Expedition 40-41.

C'est le 2ème astronaute de la sélection 2009 de l'ESA a avoir une affectation sur une mission spatiale à bord de l'ISS (Luca Parmitano a été le premier du groupe).

Rencontré lors du Tag des Luft - und Ramfahrt au Centre Européen des Astronautes (EAC) à Cologne, il répond à Space Quotes - Souvenirs d'espace.

(Alexander Gerst à l'ESA le 18 septembre 2011 / Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969)

Interview réalisée le 18 septembre 2011


Q : What was your most favorite memory of your astronaut training ? What was the most difficult challenge for you during this time ?

The best memories of my astronaut training are of the comradery and friendship that developed within our group of astronauts, and also with our fellow astronauts from the U.S.:, Canada, Japan and Russia.

It is also a great privilege to train with so many dedicated people that work in our training departments and in other departments of ESA and the national space agencies.

Personally, my favorite training activity is working in the space suit under water, preparing for space walks.

On the other side, one of the biggest challenges of my training was certainly to learn to speak Russian within only three months. But the beauty of knowing this fascinating language made all the efforts worth wile.


Q : What was your reaction, your feeling when you have learned you have been selected for a space mission in ISS in 2014 ?

Of course I was thrilled to learn that I have the mission to travel into space in 2014.

It is a great honour for me to get the chance to contribute to the long standing tradition of European and German space flight.

This mission will be a positive challenge not only for me but for all the dedicated people working at ESA and the national space agencies, who make spaceflight possible through their passion and fascination.

I am looking forward to fly to space on the shoulders of this gigantic team, to the boundaries of our capabilities and knowledge, in order to stick my head out a little more and to put some more light into the darkness.

And just as much I am looking forward to return to Earth six months later with a wide variety of important scientific knowledge and a new perspective on our planet, which I will then gladly share with you.

samedi 10 septembre 2011

Interview d'Eileen Collins, première femme à piloter et commander une navette spatiale

Eileen M. Collins est pilote militaire et astronaute.

Eileen Collins entre dans l'US Air Force en 1978 avant d'obtenir son diplôme universitaire. Elle reçoit ses ailes de pilote en 1979 et devient pilote-instructeur sur T-38 à Vance AFB dans l'Oklahoma jusqu'en 1982.

A partir de cette date, elle devient Commandant et pilote-instructeur sur Lockheed C-141 à Travis AFB en Californie. Puis devient pilote-instructeur sur T-41 avant de d'être diplômé comme pilote d'essai à Edwards AFB.

Elle est sélectionnée par la NASA en 1990 en tant que pilote dans le Groupe 13.

Elle devient la première femme de navette spatiale lors de la mission STS-63 (Discovery 3-11 février 1995), qui voit le premier rendez-vous d'une navette avec MIR (sans docking).

Elle est également pilote de la mission STS-84 (Atlantis 15-24 mai 1997) où là, elle s'amarre à la station MIR

En 1999, elle devient la première Commandant de navette spatiale lors de la mission STS-93 (Columbia 23-27 juillet) où le télescope Chandra est mis en orbite depuis Columbia.

Elle est désignée par la suite comme Commandant de la mission STS-114. Après l'accident de Columbia en février 2003, cette même mission est maintenue comme la mission Return to Flight. Elle en sera le Commandant pour retour en vol des navettes, avec Discovery du 26 juillet au 9 août 2005.

Interview réalisée en 2011

Quand avez-vous voulu devenir pilote ? Pourquoi avoir voulu devenir astronaute alors que ce n’est pas le souhait de beaucoup d’autres pilotes, notamment militaire ?

J’étais adolescente lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’aviation et c’est là que j’ai eu envie de voler. Mais ce n’est que lors de ma dernière année d’Université que j’ai appris à piloter.
Je travaillais même le soir pour gagner de l’argent et me payer mes leçons de vols.

Un jour, j’ai entendu que l’US Air Force recrutait des femmes pour devenir pilote. Le recrutement des premières femmes pilotes commençait.

J’ai saisi l’opportunité. Je savais que c’était quelque chose que je pouvais faire. J’étais sûr de moi ! Sûre que je pouvais réussir, le faire.

J’ai donc signé à l’US Air Force avant même d’être diplômé de l’Université où je me trouvais.

L’espace m’intéresse depuis que je suis jeune aussi. J’avais envie d’en apprendre davantage sur l’espace, et quoi de plus naturel que de devenir astronaute pour mieux le découvrir (sourire).

Vous êtes la première femme a être désignée comme pilote pour la navette, quelle a été votre réaction ?

J’étais surprise et heureuse !

Même si j’avais travaillé très dur pour me préparer à réussir la sélection d’astronaute, je ne pensais pas être désigné pilote.

Beaucoup de pilotes ont été Mission Specialist et cela m’aurait convenu.

Mon expérience de pilote m’a sûrement aidé (rires).

J’étais là au bon moment. Les mentalités étaient prêtes à avoir une femme pilote de navette, et j’étais là.

La place des femmes dans l’aviation militaire ou dans le programme spatiale à beaucoup évolué, et c’est tant mieux !

Votre première mission était STS-63 à bord de Discovery, la dernière STS-114, toujours à bord de Discovery, qu’est-ce que cela vous inspire ?
Mon premier vol était simplement fantastique. Et pas parce que j’étais la première femme à piloter une navette (sourire) !

C'était mon premier vol ! C’était le premier vol qui avait rendez-vous avec la station MIR. La navette faisait enfin ce pourquoi elle avait été conçue : desservir une station spatiale.

J’étais très heureuse de faire partie de cette mission. Même si nous ne nous sommes pas arrimer à MIR, c’était un grand moment.  

Pour Return to Flight (STS-114), c’était aussi un grand moment car c’était quand même un vol décisif après l’accident de Columbia.

Certains disent que la navette est un engin dangereux. Qu’en pensez-vous ?

La navette spatiale est engin sûr, sinon je ne volerai pas dessus. Mais il ne faut oublier que c’est une machine complexe. Mais ce n’était pas plus dangereux ou moins dangereux avant l’accident.

Le vol spatial comporte des risques, mais c’est notre travail de les réduire au minimum. Nous sommes conscients des risques, nous les connaissons, nous les acceptons.

Le seul moyen d’avoir un risque Zero est de ne pas monter.

Quel(s) problème(s) avez-vous rencontré lors de cette mission STS-63 ?

Nous avons eu un problème avec le RCS droit. Il y avait une fuite d’hydrazine. Ce qui était très ennuyeux car nous devions nous approcher à une dizaine de mètres de MIR et que la fuite allait en direction de celle-ci et de ses panneaux solaires.

Pendant 2-3 jours, nous ne savions pas si nous pourrions continuez la mission et atteindre l’objectif de ce rendez-vous. Mais au sol, ils ont fait un travail formidable et nous avons pu faire le Rendez-vous.

Dans quel état d’esprit étiez-vous avant le décollage de STS-114 ? A quoi avez-vous pensé pendant la mission ?

Vous savez,  quand vous avez un engin de 2 milliards entre les mains, et que c'est le vol qui permettra le retour dans l'espace des navettes, on ne peut pas se permettre d’avoir des émotions, de la pression.

On se concentre sur ce que l’on a à faire. Et on y pense après.

On ne vit pas l’émotion au moment précis où elle apparait, mais après… mais l’essentiel est de la vivre quand même.

Nous nous étions préparés depuis longtemps à l’avance pour cette mission, nous étions très concentrés dessus.

dimanche 21 août 2011

Le programme navette spatiale au travers de la philatélie

Je viens de mettre en ligne le début d'une monographie concernant la navette spatiale vue sous l'oeil de la philatélie. Cette monographie sera complétée au fur et à mesure.

Elle repose sur 4 parties :

- Origine de l'avion spatial et début du programme navette spatiale

- Les 135 missions de la navette spatiale

- Emissions philatéliques et cachets postaux

- Bourane, et autres supports philatéliques ayant pour thème la navette spatiale, l'avion spatial, etc...

Bonne lecture,


http://www.toutlemondeenblogue.com/atrk.aspx" target="_blank">http://www.ToutLeMondeEnBlogue.com/tagImage.aspx?id=11616">>

 


vendredi 1 juillet 2011

Interview de Charles Bolden, directeur actuel de la NASA et qui a effectué 4 missions spatiales

Charles Bolden est l’actuel directeur de la NASA. Il a été nommé en 2009 par le Président Obama.

Ancien pilote d’essai de US Marines Corps, il est sélectionné comme astronaute en 1980.

Il effectue 4 missions spatiales : STS-61C et STS-31 (mise en orbite d'Hubble) en tant que pilote, et STS-45 et STS-60 en tant que Commandant de la navette spatiale.

Il quitte la NASA en 1994. 

Il devient la ‘’Patron’’ de la célèbre école de formation des pilotes de chasse la Navy à Miramar, Top Gun, de 2000 à 2002. 

Il est nommé directeur-adjoint de la NASA en 2002, puis quitte l’armée et la NASA pour aller travailler dans le privé.

Interview réalisée en 2011

Q : La semaine dernière, lors de la conférence que vous avez donnée au Lycée Louis Le Grand à Paris, vous avez déclaré que vous  n’aviez jamais rêvé d’être pilote ! Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?
R : En fait, je suis devenu pilote un peu par accident. 

Très tôt, j’ai décidé de faire de longues études après le lycée, et l’armée me semblait une bonne option. 

Je savais que cela serait dur d’intégrer une académie militaire. Bien avant d’être diplômé, j’avais déjà écris plusieurs fois à mes représentants du Congrès et du Sénat (Caroline du Sud). Et même au Vice-Président de l’époque (Ndlr : Lyndon B. Johnson) afin de m’aider à intégrer l’Académie Navale d’Annapolis (US Navy).

Pour moi, à l’époque, l’aviation était dangereuse et encore plus l’aviation militaire.

J’ai donc réussi à intégrer l’Académie Navale, afin de devenir Navy Seal / Plongeur. Puis finalement, à la fin de ma préparation, j’ai décidé de devenir officier d’infanterie, et j’ai donc intégré les Marines (US Marines Corps – USMC). 

Puis, j’ai demandé à faire l’option Aviation. Je suis allé à Pensacola, moi qui n’avait jamais pris l’avion (rires). J’ai fais un vol là-bas à bord d’un avion d’entrainement, et j’ai littéralement ADORÉ. Et c’est là, que j’ai décidé de devenir pilote !

Q : Quel était votre état d’esprit avant le lancement de STS-61C ? Comment vous sentiez-vous ?
R : Bien préparé – très bien préparé ! J’avais une vraie envie de partir ! Le vol était prêt depuis longtemps. Il a été reporté plusieurs fois, et même à quelques secondes du décollage. C’était assez stressant d’attendre qu’on décolle, même si on sait qu’on s’est bien préparé. J’étais réellement pressé de décoller, enfin !!! (Ndlr : Décollage à la 5ème tentative).


Q : Quelles sensations avez-vous ressenties lors du décollage ?
R : Au début, c’était inimaginable. Même bien préparé, tant qu’on ne l’a pas vécu… On se sentait vibrer totalement avec la navette. Elle vibrait avant de décoller, et nous avec… 

Et lors du décollage, je voulais en profiter pleinement, mais je n’ai pas pu… Il y  a eu une alarme qui a requit toute mon attention ! Pendant que cela vibrait, remuait (Charles Bolden simule avec les mains), il y a eu une alarme qui s’est allumée, éteinte, rallumée et éteinte. Pas facile de lire car cela vibrait beaucoup, mais cette alarme indiquait une fuite d’hélium dans un des réacteurs de propulsion de la navette. 

En fait, cela était un mauvais fonctionnement de l’interrupteur, mais cela m’a gâché mon décollage (Rires)…

Je me suis rattrapé après avec les autres vols…

Q : Qu’avez-vous ressenti une fois en orbite ? Comment était-ce d’être en apesanteur ? 

R : Une fois le problème de l’alarme résolu… et bien, j’étais heureux… tout mon travail, les sacrifices personnels, professionnels et surtout familiaux, avaient porté leurs fruits. Et quand je suis heureux, j’ai tendance à crier (Rires)… Voir la Terre de la navette était au-delà de ce que je m’étais imaginé. Et flotter était super… plus de mal de dos…(Rires) !

Q : D’autres problèmes que cette alarme de fuite ? 

R : Non, pas vraiment. Tout s’est bien passé !

Q : Comment s’est déroulé le retour ?
R : Comme au décollage… Plein de tentatives avant la bonne… (Rires). 

Notre mission de quatre jours s’est prolongée de 2 jours supplémentaires à cause du mauvais temps au KSC. On s’est posé à Edwards à la 5ème tentative ! Comme notre décollage… 5ème tentative !

Q : Etiez-vous triste de rentrer sur Terre ou auriez-vous passé le reste de votre vie là-haut dans l’espace ? 

R : Triste… oui et non ! Il faut bien revenir malgré les sensations absolument magnifiques de l’apesanteur.
Y rester toute sa vie, non !!! mais y revenir souvent, comme partir en week-end ou en vacances… Oui !!!

Charles Bolden au Salon de l'Air et de l'Espace du Bourget le 20 juin 2011 avec Yannick d'Escatha, président du CNES, Mme Valérie Pécresse, alors Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et Vladimir Popovkine, le nouveau directeur de Roscosmos.
(Crédit Photo : Stéphane Sebile)


lundi 13 juin 2011

Interview de Don Davis, un des plus talenteux Space Artist contemporain

Donald ‘’Don’’ Davis, est un des plus grands et plus célèbres Space Artist contemporain.



Spécialiste de la peinture spatiale très détaillée, son talent est reconnu partout.


Il a travaillé pour la NASA, avec notamment, des représentations très réalistes d’impacts planétaires (météorites ou comètes contre des planètes).



Il a également travaillé avec Carl Sagan sur la série Cosmos, pour laquelle il obtiendra un Emmy.

Il est également l’auteur de plusieurs couvertures de livres de Carl Sagan dont Les Dragons de l’Eden qui obtient le Prix Pulitzer en 1977.


Il a également réalisé plusieurs cours métrages d’animation astronomique pour la NASA ou Discovery Channel

Il a un site où l’on peut admirer son travail : www.donalddavis.com

Interview réalisée en 2011


Q : When have you decide to became space artist ? And why did you like space exploration, aviation,etc  ?

A : I first saw space art in the Life Magazine book  The World We Live In, with the work of Chesley Bonestell at the beginning and end chapters.
This would have been about 1960, when I was 8 years old.

(Ndlr : The World We Live In est une nouvelle publiée dans Life Magazine en 13 chapitres du 8 décembre 1952 au 20 décembre 1954, dont voici les deux couvertures)


Later I saw more of the work of Bonestell and other artists on science fiction magazine covers and other books.


Why did I like space, it's hard to say... Earlier I was very interested in dinosaurs, and studied them and the artists who painted them.

At that time space travel was beginning to happen and there was a sense of a race between the US and the Russians to reach the Moon.
A lot of space related television programming, magazine articles, books and toys brought space travel to the attention of kids growing up then and there. 
It was probably getting a small telescope as a child that first made me amazed with the universe, seeing the Moon and planets close up for myself.


Q : What was your 1st professional artist space work and how have you worked on this ?

A : My first professional space art work was in 1968 as a high school student  hired by the U.S. Geological Survey in Menlo Park, California USA.
We students were originally hired to color in maps showing the different surface types on the Moon in the proper outlined places with colored pencils of the proper color. This was how it was done before we had computer printers!

I  brought a painting of the Moon I had recently done for my interview, and I was hired on the spot. Soon I was painting the moon while learning much about why it appears as it does and what forces of nature shape its landscape.
My supervisor at the U.S. G. S. was the great Lunar scientist Don Wilhelms.
Because of working there I was invited to do a painting of the Apollo 11 astronauts on the Moon for a newspaper Sunday magazine the week of the landing. That was my first published work.

Q : What are your(s) feeling(s) about that many people saw and loved yours painters and works every days ?

A : I feel lucky to have been able to share my love of these subjects in this way.
I know many have seen my work and I hope some will be inspired to create art of their own, or perhaps be interested in space and astronomy.


Q : Did you like to go in space ? And why ?

A : Yes I did and would still like to go into space.
With the progress in commercial groups working to make space available there is still a chance I could spend at least a few minutes up there.
I would really like to go to the Moon and explore in a large vehicle. Perhaps in the next life!


Q : What memories have you o the Apollo 11 lunar landing in 1969 ?

A : My parents were going camping then, I decided to stay home.
I watched on a black and white TV as the final approach to the landing was made by the astronauts in the LM, and on television they played part of President Kennedy's speech 8 years earlier announcing the goal of landing on the Moon.
It made me think of how glad JFK would have been to see his goal accomplished if he had lived. 
I of course watched every moment of the time on the surface.


Q : What is your best memory about your space artist career ?

A : There are so many to choose from...
My work as one of the artists on the television show Cosmos was one high point, I worked with Carl Sagan on this and other projects. I won an 'Emmy' for my work on that series. 
Now I work on visuals for planetariums, animating what I used to paint.
My work in this field has taken me to places like Greece and Egypt, and is a lot of fun. 
So happily a lot of my most satisfying projects are among my most recent.

jeudi 2 juin 2011

Interview de Fred Leslie, astronaute de la NASA qui a volé à bord de la navette spatiale Columbia lors de STS-73

Fred Leslie est ingénieur et docteur specialiste en météorologie.



Scientifique travaillant à la NASA depuis 1980 comme météorologiste spécialisé dans la dynamique des fluides.
Il collabore à la mise au point de plusieurs expériences qui seront emportées à bord de Spacelab 3.
Il est aussi le responsable d’ expériences emmenées à bord du KC-135 Zero Gravity de la NASA (Fluid Interface and Bubble Experiment).

Il participe à la mise au point d’expériences pour le Spacelab J qui seront transportées à bord de STS-47.

Il coordonne la mise au point des expériences emportées par USML-2 (United States MicroLaboratory) ce qui lui vaut d’être sélectionné en 1994 comme Payload Specialist pour la mission ST-73 qui emporte ledit laboratoire.

Il vole à bord à bord de Columbia pour la mission STS-73 du 20 octobre au 5 novembre 1995.


Fred Leslie est un passionné de parachutisme et en février 2011, il décide de sauter en même temps que le lancement de STS-133 et le dernier vol de Discovery. Un bel hommage. La photo fera le tour du monde.
                                                                    (credit photo : Curt Bartholomew)

Interview réalisée en 2011.

Q :  How many years were you connected to the space program prior to your flight ?

A : I began working for NASA in 1980 as an atmospheric scientist and was involved in a number of projects.

One of my assignments at the Marshall Space Flight Center involved a geophysical fluid flow experiment being developed for the Spacelab program.

The instrument was eventually manifested to fly on Spacelab 3 in 1985 and my duties included training the payload crew how to operate it.

It was during this time that I realized I could perform those activities myself should the experiment ever fly again.

So, when the experiment was manifested for reflight on STS-73, I applied to be a payload specialist and flew with it in 1995.

Q :  How did you feel prior to the flight ?

A : After a year and a half of training, I felt ready to fly.

Our crew had spent weeks in quarantine waiting for launch issues to be resolved.

When I was strapped in for the third time I had two hopes: that we would launch without another delay and that I would do a good job for the tasks assigned to me.
                                                                                                                                    Ready to go !

Q :  What kinds of sensations did you experienced during take-off ?

A : This is no doubt one of the most exciting parts of the mission.

At about 6-1/2 seconds before launch, the three Main Engines ignite and the entire Shuttle vibrates. A T-0 the Solid Rocket Boosters ignite and the Shuttle is released.
                                                                                                                 Décollage de STS-73

The noise and vibration increase and you feel the acceleration skyward. However, the ascent is not so violent that you cannot communicate through the headset.

As the Shuttle picks up speed through the thick lower atmosphere, pressure on the Shuttle increases.

The Main Engines are throttled back to reduce the aerodynamic loads. Then the engines throttle up. After about two minutes, the boosters burn out. When they leave, you see a flash of light in the windows from the small rockets that push the boosters away.

Then the ride smoothes out as the Main Engines alone continue to push us upward.

At this point the acceleration reaches its maximum of 3 g and stays there until Main Engine Cutoff.

Q : What does weightlessness feel like, and what did you think about during the flight ?

A : A number of things are different.

In the absence of gravity's effects, fluid that normally pools in the lower part of the body shifts upward.

Initially this makes your head feel a little full like when you do a hand stand. It was noticeable but not annoying for me since I did reduce my intake of fluids just before the flight.

After a couple of days, I didn't really notice it at all.

The feeling of orientation also changes. Even though the body cannot detect up or down, my mind determined orientation.

Since I had trained in mockups of the orbiter in the landing position, the floor seemed to be "down" for me.

The Spacelab tunnel has no obvious top or bottom, so I often felt like "down" was where my feet happened to be. Eventually, I could even trick myself . For example, I could put my feet on the ceiling and in a few seconds would suddenly feel like the ceiling was now "down."


Q : What were some of the problems you encountered and how did you fixed them ?

A : Most of the problems occurred before the flight with mechanical and weather issues.
Once we launched, the flight went smoothly.

There was a few anomalies with some experiments and one with the Spacelab, but we fixed them without much effort.


Q : What did you eat, and did it taste real ?

A : Much of the food I had was dehydrated and stored in plastic bags.

To prepare it, I took it to the galley (in the middeck on the port side) and placed it in the rehydration station - basically, a special water fountain. A needle penetrates a septum in the bag and you just dial in the amount of hot water you want and hit the hot button. The bag fills with hot water and you let it soak it up for a few minutes.

Drinks are prepared in a similar way with cold water.

Some food was in sterilized packages and just needed heating in the oven below the rehydration station.

Before the flight, our crew met with the NASA dieticians and tasted just about everything that can be flown. We individually ranked each item and came up with our own personal menus. The dieticians reviewed this and worked with us to ensure that we had the necessary nutrients and calories for each of the 3 meals per day.

In reality, of course, once you get up to space, you do what you do at home. We'd open up the food containers and just take what seemed good at the time.


Q : What was re-entry like ?

A : The re-entry was rather smooth, not as depicted in many movies showing high g's and vibration.

From my seat on the middeck I could see the plasma through the window in the hatch. It appeared as an almost continuous glow once we began atmospheric entry interface.

As we descended, the plasma waned and the black sky transitioned to dark blue and then the familiar sky blue.
Atterrissage de Columbia lors de la mission STS-73

Q : Were you glad to be back on Earth, or did you feel you could have spent the rest of your life up there ?

A : On the last day of my Shuttle flight (day 16) I was not quite ready to return to Earth.

Space is such a delightful place to live and I tried to capture enough memories to last a lifetime.

Perhaps someday spaceflight will be more routine so that everyone will have the opportunity to experience it.