vendredi 27 août 2010

Interview de Faiz Khaleed, Ankgasan (cosmonaute de Malaisie)



Le Dr Faiz Khaleed est médecin-stomatologiste de la Royal Malaysian Air Force (RMAF).

En 2006, il est sélectionné comme l’un des 2 Angkasawan, avec Sheikh Muszaphar, par l’Agence Nationale Spatiale de Malaisie.
A ce titre, il participe à la mission Soyouz TMA-11 comme doublure de Sheikh Muszaphar en 2007.


Interview réalisé en 2010

QUESTIONS TO FAIZ KHALEED ABOUT HIS COSMONAUT EXPERIENCE AND COSMONAUT BACKUP WORK FOR SOYUZ TMA-11


Why have you decide to become Angkasawan (cosmonaut)? What is your background ?
I choose to be an Angkasawan because venturing into space science and space industry have a huge effect in the development of science, technology, innovation, creativity and intervention of a country. And I would like to do that as a contribution to my country.

How did you feel when you have learned your selection as Angkasawan ?
I was thrilled, very surprised and very happy upon getting selected as an Angkasawan.

What did you think about your training? Have you one or many unforgettable moment(s) for you during the training you can tell us ?
I strongly feel that training as a Cosmonaut at the Yuri Gagarin Cosmonaut Training Center in Moscow, Russia give me a wider perspective of life, enrich me with tremendous space science knowledge and a positive character building qualities.
There are many unforgettable moments during my training. Perhaps the one that I could recall most as for now is the Weightlessness Training. That was my first experience of micro-gravity and its so unbelievable how flying-without-wings feel like. Its amazing !!!

What exactly your work as Backup for the space mission Soyuz TMA-11 ?
My responsibility as a back-up crew is the same as the primary crew, that is to ensure the smoothness of the mission on the part of the Angkasawan. In case the primary Angkasawan could not execute the mission for some reason, its my responsibility to ensure the mission will go on.

What were some of the problems you encountered and how did you fixed them ?
Of course there's a lot of challenges during the training but thats the whole idea of going to Yuri Gagarin Cosmonaut Training Center. To learn, identify the challenges and to do it right for the mission.
Personally, the main challenge at first was to understand and speak Russian Language. Its a beautiful language but a difficult language.
Once you get the hang of it, it gets very interesting and it made me want to learn more.
I never stopped learning Russian language ever since.

What is your favourite space object ?
Space object ? That would be comets and meteor shower. They look beautiful with the burning tail.

Did you think it’s important for the Mankind to have people go to space ?
I certainly think its important for mankind to strive more then they already have, continue pushing the limits and also explore the unknown to further understand the universe around us. So yes, I do think its important for mankind to go to space and beyond.

mercredi 25 août 2010

Interview de Fred HAISE, astronaute de la mission Apollo 13 et Commandant de 3 vols ALT-Enterprise



Fred W. Haise est un pilote d'essai civil travaillant pour la NASA avant d'être sélectionné comme astronaute dans le Groupe 5 de la NASA en 1966.

Il effectue une mission spatiale : Apollo 13.
Il devait marcher sur la Lune, mais un grave incident lors du trajet Terre-Lune faillit tuer l'équipage. Il n'y eut pas d'alunissage et le sauvetage des astronautes par l'équipe au sol et les astronautes eux-mêmes, restera dans toutes les mémoires.
L'incroyable mission Apollo 13 a été porté à l'écran par Ron Howard en 1995 et devint un véritable succès.

Après Apollo 13, Fred Haise s'occupa du programme Shuttle, notamment des vols ALT-Enterprise.
Il commanda 3 des vols libres d'Enterprise, dont le 1er le 12 août 1977.
Suite aux retards du programme navette, il quitta la NASA sans avoit la chance d'effectuer un 2ème vol spatial.
Il quitte la NASA en 1979. Il reste l'un des astronautes les plus mythiques du programme Apollo.

Interview réalisée le 8 mai 2010 à Birmingham lors d'Autographica.
Interview réalisée conjointement avec le Cosmopif de l'ami Pierre-François Mouriaux (Pif) : http://www.cosmopif.com/
(Merci à Simon, pour la traduction et la transcription)

Pourquoi vouliez-vous devenir un astronaute ?
Je n’ai pas grandi en voulant devenir astronaute.
Je suis d’abord devenu pilote puis pilote d’essai.
Au départ, je n’avais pas du tout les qualifications pour être astronaute lorsque la sélection des astronautes Mercury a eu lieu.
Je suis donc allé à Edwards et c’est une période de ma vie que j’ai adoré.

J’étais franchement un peu dubitatif quant au programme spatial américain car on ne savait pas ce qui viendrait après Mercury.
Les objectifs futurs de l’exploration spatiale n’étaient pas très clairs. Lorsque l’annonce du programme Apollo a eu lieu, l’idée d’aller sur la Lune m’a vraiment emballé et m’a convaincu de laisser de côté le pilotage et les essais en vol pour rejoindre le groupe des astronautes.

Comment avez-vous appris la nouvelle sélection d’astronautes ?
J’étais déjà un employé de la NASA depuis environ 7 ans, en tant que pilote d’essai.
Je n’avais donc qu’à remplir un dossier de candidature de la NASA que mon chef devait signer ainsi que d’autres personnes qui me recommandaient pour ce travail. Une fois le dossier constitué, j’ai suivi le processus de sélection comme les autres candidats.

Quelle a été votre réaction quand vous avez compris que vous ne pourriez pas vous poser sur la Lune ?
J'ai été très triste - nous avons été très tristes Jim et moi ... Mais c'est surtout après avoir contourné la Lune que j'y ai un peu plus pensé, et j'était triste.. L'avant-Lune et la phase retour ont un été très intense niveau travail, fatigue. J'étais très fatigué, mais il fallait quand même rentrer à la maison ...

Qu'est-ce qui a votre avis fait le ''succès'' de votre mission ? Tout s'est bien terminé quand même ...
Oui, bien terminé ... c'est plusieurs facteurs qui sont le résultat de ce succès : une brillante équipe au sol avec des gens habiles et compétents, dirigée par les bonnes personnes, et qui n'avaient qu'un seul but : nous ramener sains et saufs ... Quand on sait que ces gens là sont avec vous, on peut croire au miracle, et faire notre job ... c'est ce que nous avons tous fait.

Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?
R : Le tout premier vol libre (atmosphérique) de la navette Enterprise est probablement le vol dont je suis le plus fier. Même s’il y a eu un incident à bord, ça ne nous a pas vraiment pénalisé durant cet essai.
Un ordinateur de bord s’est arrêté juste au moment de la séparation (entre Enterprise et le Boeing porteur), mais les trois autres ordinateurs ont éliminé celui qui fonctionnait mal et le contrôle de notre engin n’en a pas été affecté.
Ce fut donc un succès total. 
D’ailleurs, l’intégralité des 8 vols habités (3 portés + 5 libres) d’essai atmosphérique de la navette, puisqu’elle redevient un avion lors de la rentrée dans l’atmosphère, a été un grand succès.

Vous rappelez-vous des séparations entre le Boeing et la navette ?
Oui, c’était plutôt simple mécaniquement.
Avant les vols ''libres'' de la navette, nous avions réalisé 3 vols où la navette restait accrochée sur le dos du Boeing où nous avons déterminé les meilleurs profils de vol ''captif'' afin d’assurer le bon déroulement de la séparation.
Nous étions donc déjà arrivés à cette dernière étape (high gantry) plusieurs fois avant et cela a été plutôt simple et direct lors du premier vol libre : après l’accord avec le 747, j’ai appuyé sur le bouton de séparation qui a mis à feu les boulons explosifs (qui nous retenaient) et nous étions partis !

Avez-vous un avion ou un objet spatial favori ?
Concernant les chasseurs, mon préféré est le F-86 Sabre que j’ai longtemps piloté.
Je n’ai pas beaucoup piloté de bombardiers, le seul à mon tableau étant le B-57 qui était de conception britannique.
J’ai aussi piloté quelques avions de transport, notamment le B747, le B707 mais mon préféré reste le ''vieux'' DC3 qui était très fiable et qui pouvait voler par tout temps, y compris les conditions givrantes sévères. Certains de ces avions sont encore en état de vol, pour un avion conçu dans les années 30 !

Quel est l’évènement spatial qui vous a le plus marqué, en général ou dans le Mission Control ?
Je n’ai pas vraiment en tête d’événement qui m’a bouleversé.
Les vols d’Enterprise ont été de grands moments car j’en étais un des pilotes d’essai.

J’ai aussi été Capcom durant Apollo 14 et c’était pour moi l’occasion de mettre à profit mon entrainement d’Apollo 13 pour aider Ed Mitchell et Al Shepard lorsqu’ils étaient sur la lune à l’endroit exact où nous étions censés alunir sur 13.
J’étais très au courant de ce qu’ils auraient à faire et je ne sais pas si j’ai été au final très utile mais j’ai pu au moins ''rentabiliser'' un peu l’entrainement dédié à la surface lunaire que nous avions eu pour Apollo 13, afin qu’il n’ait pas servi à rien.

De manière générale, j’ai aussi vécu de très bons moments en dehors de Mission Control lorsque nous étions en contact avec les gens extérieurs lors des différents essais du vaisseau.
C’était un programme spatial gigantesque et nous étions amenés à travailler avec beaucoup de personnes.
Par exemple, lors des entrainements, nous avons effectué des tests en chambre à vide avec les vaisseaux entiers ou juste ''nous'', pour vérifier le fonctionnement des ''sacs à dos'' des scaphandres.
Nous étions accrochés à des suspensions car ces derniers étaient trop lourds à porter sur Terre.
Tous ces essais de matériel nous ont donc permis de partager de grands moments avec le personnel de la NASA et ses sous-traitants et l’ensemble reste un grand souvenir humain pour moi.

Vous rappelez-vous de la soirée des premiers pas sur la Lune ?
Oui, comme j’étais membre de l’équipage de réserve pour cette mission, la tradition voulait que nous allions, durant les phases critiques du vol, au domicile de l’astronaute dont nous étions la doublure.
J’étais donc ce soir là au domicile de Buzz Aldrin. C’est ce que fait l’équipage de réserve durant un vol afin d’assister les familles, à moins qu’il y ait une urgence, auquel cas il se rend au Mission Control pour aider.
J’ai donc regardé les premiers pas de l’homme sur la Lune à la télévision (rires).

Qu’attendez-vous des programmes spatiaux dans le futur ?
Je n’ai franchement pas vraiment d’idée sur ce qu’il va se passer à l’avenir, car les programmes spatiaux des Etats-Unis ou des autres états de la planète dépendent des budgets qu’on leur alloue.
Et comme je ne suis pas dans le monde politique qui prend ces décisions, je ne peux rien affirmer.
Cependant, je rêverais de voir l’exploration lointaine habitée se développer, notamment avec des stations sur la Lune et sur Mars.
La Lune offre un point d’observation unique puisque l’atmosphère et le champ magnétique y sont très faibles : cela peut être très utile pour y implanter des télescopes.
L’exploration de Mars est l’étape suivante et ce sera probablement la seule planète que nous pourrons visiter dans notre système solaire compte tenu des moyens actuels de propulsion.
Mais si une percée dans ce domaine a lieu, pourquoi ne pas aller visiter une exo-planète viable !

Quelle est votre opinion sur le film Apollo 13 réalisé par Ron Howard ?
Je trouve que c’est un bon film ! L’équilibre est bien trouvé entre les scènes de vol et les scènes au sol.
On y voit bien tous les efforts qui ont été fait au sol pour nous ramener vivants sur Terre.
Et très bonne fin hollywoodienne !
(Sortie d'une édition commémorative en 2010 pour les 15 ans du film et 40 ans d'Apollo 13)

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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lundi 16 août 2010

16 AOÛT 1960 - 16 AOUT 2010 / 50ème ANNIVERSAIRE DU SAUT DE JOE KITTINGER


Il y a 50 ans, le 16 août 1960, Joe Kittinger réalisait un incroyable exploit, encore inégalé à ce jour...
Il sauta en parachute d'une hauteur de 102 800 pieds (31 333 mètres) et après une chute libre de près de 26 kilomètres, il ouvrit son parachute et toucha le sol sain et sauf...



En 1980, une enveloppe commémorative est émise. Celle-ci est signée par Joe Kittinger.

samedi 3 juillet 2010

Interview de Joe Allen, astronaute de la NASA qui a effectué 2 missions à bord de la navette spatiale


Joseph P. ''Joe'' Allen, physicien, qui a été sélectionné comme astronaute par la NASA en 1967 dans le Groupe 6.
Recruté comme scientifique pour le programme Skylab, il devra attendre 1982 pour effectuer sa première mission spatiale avec STS-5.
Par la suite, il effectuera une autre mission STS-51A devenue célèbre par la capure de satellites en orbite. Il quitte la NASA en 1985.
  
Il revient dans cet interview sur sa première mission STS-5
 
Interview réalisée en 1997 puis revue et augmentée en 2012 (modifiée en mai 2012) 
 
Avant votre premier vol STS-5, depuis combien d'années étiez vous en contact avec le programme spatial ?
J’ai été sélectionné en 1967. Sélection en tant que scientifique car la NASA recrutait des scientifique pour le future programme Skylab.
Après l’entrainement, j’ai été affecté en tant que Capcom et membre de soutien au sol pour Apollo 13 et Apollo 15.
Après le programme Skylab, j’ai rejoins la direction de la NASA puis je suis revenu dans le corps des astronautes en 1978 pour les futures missions navettes.
J’ai attendu 15 ans entre ma sélection et mon 1er vol
 
Comment vous sentiez-vous avant le décollage ?
Très excité et un peu nerveux aussi.
Pour moi, je voyais enfin la ‘’récompense’’ de mon travail, de mon entrainement, de mes années d’efforts…
Puis, je me posais aussi cette question : Vais-je être à la hauteur ?
On passe en revu toutes les procédures dans sa tête.
Mais fin prêt pour partir…
Quelles sensations avez-vous ressenties lors du décollage ?
Beaucoup de bruit, la puissance des moteurs car l’accélération devient de plus en forte, continue…
Je suis plaqué contre mon siège… Et je continue de sentir, ressentir cette puissance, cette acceleration…
On sent qu’on la tête quasiment en bas, ce qui accentue cette impression d’accelération.
Il y aussi beaucoup de vibrations…
Cela se calme avec la séparation des boosters, puis un grand calme arrive lorsque nous larguons l’ET et que nous sommes en orbite.
Comment est-ce d'être en apesanteur ?
Flotter est une sensation merveilleuse…
Je dirais presque que c’est le moment que nous attendons tous en premier, du moins, moi, c’est ce que j’attendais… (rires)
 
Avez-vous rencontré des difficultés, des problèmes durant le vol ?
Le premier challenge a été de mettre en orbite 2 satellites. C’est la première fois qu’une navette larguait des satellites.
Nous devions aussi effectuer la première EVA depuis une navette mais un problème sur une des combinaisons annula cette EVA.
Nous avons fais plusieurs expériences mais une d’entre elles, ne pu être menée à son terme à cause d’un problème de batteries que nous n’avons pu résoudre.
 
Qu'avez-vous mangé et... cela avait-il du goût ?
J’ai mangé exactement comme sur Terre mais la préparation est différente afin que les aliments et les liquides n’aillent n’importe où…
J’ai ajouté beaucoup de ‘’spicy’’ parce mon goût s’était un peu atténué dans l’espace et que cela était fade.
  
Je me suis beaucoup amusé, avec mes collègues, avec des liquides… Les bulles sont très drôles.
 
De plus, ce qui est rigolo, c’est qu’une fois que la nourriture est dans une cuillère, peu importe la façon de la manger, car vu qu’il n’y ni haut ni bas, nous nous envoyions les cuillères à travers notre espace repas et les rattrapions à la bouche. De vrais gamins…

Comment s'est déroulé le retour et que ressent-on ?
La rentrée était réellement fantastique…
Le challenge du retour est de faire passer la navette d’une vitesse de 25 fois la vitesse du son à 0.
Et c’est là, que la forme de la navette prend tout son sens.
Autant sa forme importe peu dans l’espace (un bus ou un paquebot pourrait voler en orbite), autant elle est importante et prend toute sa valeur lors du retour vers la Terre.
 
La navette est un véritable véhicule aérospatial, un vrai vaisseau spatial…
C’est la première fois dans le programme spatial, qu’un véhicule revient sur Terre sans se balancer au bout d’un parachute. Fini la trajectoire en boulet de canon…
 
Le retour permet en navette permet une décélération moins brutale que les autres engins.
Lorsque la navette heurte les molécules des couches supérieures de l’atmosphère, celles-ci se transforment en chaleur.
 
Tout le devant de la navette est entouré d’une lumière rosée, rougeoyante… Nous savons que nous sommes dans une sorte de boule de feu et pourtant nous ne ressentons pas la chaleur.
Les tuiles de protection et les matériaux qui composent la navette font parfaitement leur boulot. Cela me rassure… Car même si je savais que tout irait bien, le fait de se voir réellement dans cette ‘boule de feu’’ est très très impressionnant.
 
Nous descendons… Nous sentons, entendons, le bruit contre le fuselage. La pression se fait plus forte. Pas réellement gênante mais pas agréable non plus…
A cause du frottement, il y a un blackout radio. Personne ne parle. Vance et Bob sont très concentrés. Il faut maintenir le bonne angle…
 
Vers 60 000 mètres, nous avons décéléré à une vitesse de Mach 13. Commence alors une descente qui nous amenera à 350-400 km/h pour l’atterrissage. Pour ralentir, nous faisons des virages à droite, à gauche.
 
Vers 11 000 mètres, Vance Brand prend le contrôle manuellement tandis que Bob Overmyer lui donne toutes les indications qu’il a besoin.
 
Je regarde le sol s’approcher de plus en plus vite… Je me dis que ça y est, la mission est terminée… Puis boum… nous touchons le sol… C’est arrivé plus vite que prévu. On entent nettement la navette rouler au sol et on voit le sable s’élever devant nous (nous sommes à Edwards).
Etiez-vous triste de rentrer sur Terre ?
J’étais heureux de rentrer, d’avoir accompli ou Presque, tout ce qui était prévu, mais aussi très impatient de pouvoir repartir…
(Avec Joe Allen devant Discovery en avril 2012)
Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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vendredi 18 juin 2010

Interview de James ''Jim'' McDIVITT, commandant des missions spatiales Gemini 4 et Apollo 9


James A. ''Jim'' McDivitt est un pilote d'essai de l'US Air Force.


Il est sélectionné dans le Groupe 2 de la NASA en 1962.
 
Il effectue 2 missions spatiales en tant que Commandant.
 
- Gemini 4 (3 au 7 juin 1965) où Ed White devient le premier américain à sortir dans l'espace.
- Apollo 9 (3 au 13 mars 1969) où est testé pour la première fois en condition de vol réel le LEM.
 
Il a été également Directeur du Programme Apollo.
 
Il quitte la NASA en 1972.
 
Il a été par la suite Vice-Président de Rockwell International (constructeur de la navette spatiale) et prend sa retraite en 1995.
 
Réputé pour être direct et son franc-parler, il est l'un des astronautes les plus réputés de la NASA.
 
 
Interview réalisé le 8 mai 2010 à Birmingham lors d'Autographica.
 
Interview réalisé conjointement avec le Cosmopif de l'ami Pierre-François Mouriaux (Pif) : http://www.cosmopif.com/
 
When did you apply, to become an astronaut, and why did you apply ?
I applied to become an astronaut in 1962, and I did it because I thought it was the best thing I could do for our country.
 
Uh ? Hehe...
Sorry, I wasn't very dramatic about that.
 
And what big memory do you have during your space career ? No special event ?
No special event. It was all fun.
 
And, in the space history, worldwide, was there a special event that marked you, or that was very important for you ? Was it the first Sputnik, Gagarin, Man on the Moon...?
Landing on the Moon, no question. That was the biggest thing that we did.
 
And I enjoyed my space flight. Yeah, you know, it was just one great event after another.
It's hard to pick out any one.
 
Yeah. It's just like if you had four children somebody said to you “which one is your favorite ?”
 
Yeah...
Better not answer that question, so...
 
And what was the big difference between Gemini and Apollo. You flew on both. The Gemini were more uncomfortable ?
Gemini was very small, it was on a small rocket.
Apollo was on a huge rocket, two space crafts, carried a lot of fuel.
But it was much more luxurious. It still was a small space craft but it was more luxurious.
Very nice.
 
You were surprised when you first tried in Apollo...
I was surprised during the launch, because of the magnitude of vibrations and things like that, and the engines ?? and then we shut down we get swirled around a lot in the cockpit, but it was a good go.
 
 
I've seen, many years ago, a documentary about early years of space and Mike Collins (?), if I remember well, was talking about the first EVA (extra vehicular activity) ...
...Ed White.
 
 
Yes ! But it was Collins who was interviewed. He was speaking on the television... He was remembering the Gemini program. And is that true that if White had a problem, you had to close the hatch ?
No. We didn't have any plans like that, and he wasn't going to have a problem.
We knew what we were doing, and we didn't have a contingency like that.
 
Did you train to catch him if there was a problem ?
We did enough work.
We both knew there wasn't going to be a problem.
It wasn't like he was going to go some place, long way waiting and come back.
He was only going to go out there 30-40 feet, and we knew we would get him back in.
We never had any contingency plan like that. That's a lying aluminum up there.
 
You knew, but did NASA give you the order? (McD, nods) No, no...
I didn't give a sh*t whether they gave an order like that or not, I wouldn't have done it. (Rires)

 

jeudi 10 juin 2010

Space Quotes / Souvenirs d'espace au ILA Berlin Air Show 2010

Ce jeudi et de vendredi, Space Quotes / Souvenirs d'espace se trouve au ILA Berlin Air Show 2010.

samedi 22 mai 2010

Interview de Bruce Melnick, astronaute de la NASA qui a effectué 2 missions à bord de la navette spatiale






Bruce Melnick est un ingénieur aéronautique et pilote d'essai de l'US Coast Guard (Garde-Côtes US).
A ce titre, il était le pilote d'essai du HH-65 Dolphin et à conduit la plupart de ses essais et certifications.
Le Dolphin est le dérivé américain de l'Eurocopter Dauphin.
Le Dolphin est l'hélicoptère de secours des gardes-côtes américains.
Le manuel de vol du Dolphin a été rédigé par Bruce Melnick.
Il est sélectionné par la NASA en 1987 dans le Groupe 12. Il devient le premier garde-côte astronaute.
Il effectue 2 missions spatiales (STS-41 en 1990 et STS-49 en 1992).
Il quitte la NASA et les US Coast Guard en 1992 pour se diriger vers l'industrie aérospatiale où il travaillera successivement pour les grandes firmes aérospatiales américaines (Lockheed, United Space Alliance, McDonnell Douglas qui deviendra Boeing).
Il prend sa retraite en 2008.
Interview réalisée en 2006 à KSC
 
 
Q : Pouvez-vous nous parler de votre mission STS-49, qui était votre 2ème mission après STS-41, et qui était aussi le premier vol d’Endeavour, nouvelle navette construite après la destruction de Challenger ?
R : J’étais très content et très excité d’avoir été nommé comme Mission Specialist et Flight Engineer sur STS-49, surtout si peu de temps après avoir effectué mon premier vol STS-41 à bord de Discovery.
Par deux fois, mes missions se sont trouvées avancées du fait du retard et reports des autres missions.
C’est une réelle chance de pouvoir voler deux fois, surtout de manière si rapprochée.
J’ai commencé mon entrainement pour STS-49 peu de temps après mon retour.
Q : Comment étiez-vous, vous sentiez-vous avant le décollage ?
R : Very Exhilarious… Mais aussi un peu anxieux, non pas par le décollage en lui-même mais par les enjeux qui nous attendaient…
C’était le premier vol d’Endeavour ; nous devions montrer qu’elle était opérationnelle ; nous avions ‘’Rendez-Vous’’ avec le satellite Intelsat VI pour lui mettre un nouveau moteur qui remonterait son orbite qui était trop basse depuis son lancement deux ans avant ; je devais coordonner les EVA, etc…
Et aussi très content de voir que tout le travail que nous avions préparé ensemble avec l’équipage Dan, Kevin, Kathy, Pierre, Rick et Tom (ndlr : il s’agit de l’équipage) allait être accompli.
Q : Pouvez-vous nous raconter comment vous avez fait pour capturer le satellite Intelsat VI et le remettre en état ?
R : Cette mission était passionnante… Expérimentations scientifiques, développement d’ingénierie et tâches opérationnelles (vérifications des systèmes de vol d’Endeavour, etc…).
Mais c’est vrai que le plus important de la mission, outre la certification opérationnelle d’Endeavour, était effectivement la capture d’Intelsat VI.
C’était un gros satellite qui avait été lancé deux ans auparavant par une fusée Titan. Mais son altitude d’orbite était vraiment trop basse.
Par des manœuvres complexes gérées par Dan Brandenstein, notre commandant, et par Chili (Kevin) Chilton, nous nous sommes approchés d’Intelsat VI.
Intelsat VI n’avait pas été conçu pour être réparé en orbite et donc il n’y avait pas de prise pour le bras de la navette.
C’était donc une phase de la mission très intense puisqu’il fallait que 2 astronautes sortent dans l’espace et essaient de l’attraper.
J’avais le rôle d’IVA car je décidai de comment devait se dérouler l’EVA depuis l’intérieur de la navette. C’était à moi que revenait le rôle crucial de guider mes collègues dehors et d’indiquer aux pilotes les micro-manœuvres à effectuer pour s’approcher sans danger pour mes collègues et pour Endeavour.
Pendant 2 jours, Rick (Hieb) et Pierre (Thuot) ont essayé lors de 2 longues EVA de capturer le satellites.
La première EVA était de presque 4h, la seconde de plus de 5h… A chaque fois, ils parvenaient à attraper le satellite mais il y avait trop d’instabilité pour le maintenir au dessus d’Endeavour.
Il y a eut un énorme travail des pilotes pour que l’on reste à proximité du satellite.
Après ce nouvel essai infructueux, j’ai proposé au contrôle au sol une EVA à 3 astronautes. Après accord du MCC, Tom (Akers) s’est joint aux deux autres astronautes et ils ont réussi à capturer à la main Intelsat VI.
Pierre (Thuot) sur le bras de la navette assurait une sécurité en maintenant également le satellite avec la barre de capture.
Après avoir reçu son nouveau moteur, et une EVA record de 8h, Intelsat VI a pu regagner son orbite prévu.
Q : Et le reste de la mission ?
R : Toujours les vérifications de procédures pour vérifier les fonctions d’Endeavour. Kathy (Thornton) et Tom (Akers) ont effectué une 4ème EVA de plus de 7 heures pour faire de l’assemblage de matériau dans l’espace en vue de la construction d’une future station spatiale.
Il y aurait dû y avoir une autre EVA mais celle-ci avait été remplacée par la 3ème EVA sur Intelsat VI.
En fait, cette mission a été très très riche en travail et ‘’premières’’ : 1er vol d’Endeavour, les 2 plus longues EVA réalisées à cette date, plusieurs rendez-vous entre la navette et un satellite (3 fois car 3 tentatives de capture) et surtout la première fois que 3 astronautes effectuaient une EVA en même temps.
Q : Comment s’est passé le retour ?
R : Très bien… Nous sommes rentrés à Edwards où … (rires) nous avons réalisé une autre première…
C’était la première fois qu’une navette revenait sur Terre et atterrissait avec un parachute de freinage (drag chute)…

samedi 15 mai 2010

Interview de William ''Bill'' Dana, pilote d'essai de la NASA

William H. ‘’Bill’’ Dana est certainement est des plus grands pilotes d’essais du 20ème siècle…
Son nom est quasi inconnu du grand public mais il est l’un des plus grands contributeurs du programme spatial américain, notamment la navette spatiale.
Ancien pilote de chasse de l’US Air Force, il quitte celle-ci afin de poursuivre ses études d’ingénieur en aéronautique et aérospatial à l’University of Southern California.
Il rejoint le NACA (qui deviendra la NASA) en tant que pilote d’essais civil en 1958 (Aerospace Research Pilot).
Il est affecté au programme X-15 avec lequel il effectuera 16 vols dont 2 spatiaux.
Il fait ensuite partie du programme Lifting Body et effectuera des vols en HL-10, M2-F1, M2-F3 et X-24B.
Il a été aussi pilote d’essais sur différents appareils à Dryden, notamment le F-100, différentes versions du F-15 et F-16, etc..
Il prend sa retraite en 1998 après 40 ans passés à la NASA.
Etant civil, il n’avait pas eu le droit de recevoir le titre d’astronaute pour ses 2 vols spatiaux en X-15. La NASA l’honorera de ce titre en 2005 (avec Joe Walker et John McKay, à titre posthume).
Bill Dana revient ici sur sa carrière.
Interview réalisée en 2010.
Q) When have you decided to become pilot and why ?
A) When I was 11 because I watched planes from LAX (Los Angeles Airport) fly over my school grounds.
Q) How did you have choose by NASA to become Test Pilot ?
A) I was a research engineer and asked the chief pilot I could become a test pilot.
Q) What is the most incredible flight experience had you during your pilot career ?
A) No research flight was more exciting than any other.
Q) What is the best airplane have you piloted and why / What is your favourite aircraft ?
A) The best was X-15 because of its thrust.
Also my favourite
Q) You are the pilot who piloted the most different Lifting Body, what is your favourite and why ?
A) Yes, I flew 4 (but John Manke flew 4 too)
The M2F3 was my favorite because it was stark looking and a steep glide angle.
Q) How did you feel when you made your 1st glide flight with Lifting Body ?
A) I had one flight in plywood M2F1 and powered HL10.
There were no surprises.
Q) What was your best memory about your test pilot career ?
A) The flight to 300 000 feet

Interview de William ''Bill'' Dana, un des pilotes de X-15


William H. ‘’Bill’’ Dana est certainement est des plus grands pilotes d’essais du 20ème siècle…


Son nom est quasi inconnu du grand public mais il est l’un des plus grands contributeurs du programme spatial américain, notamment la navette spatiale.
 
Ancien pilote de chasse de l’US Air Force, il quitte celle-ci afin de poursuivre ses études d’ingénieur en aéronautique et aérospatial à l’University of Southern California.
 
Il rejoint le NACA (qui deviendra la NASA) en tant que pilote d’essais civil en 1958 (Aerospace Research Pilot).
 
Il est affecté au programme X-15 avec lequel il effectuera 16 vols dont 2 spatiaux (plus de 50 miles soit 80 km d’altitude).
 
Son premier vol spatial est effectué le 1er novembre 1966 avec le 174ème vol d’un X-15.
Il atteint 93,5 km et une vitesse d’un peu plus de 6 000 km/h.
 
Son second vol spatial est réalisé le 21 août 1968 avec le 197ème vol d’un X-15. Il atteint 81,5 km d’altitude et une vitesse de 5 540 km/h.
 
Il effectuera le 199ème et dernier vol du programme X-15 le 24 octobre 1968.
 
Etant civil, il n’avait pas eu le droit de recevoir le titre d’astronaute pour ses 2 vols spatiaux en X-15. La NASA l’honorera de ce titre en 2005.
 
(Remise des ailes d'astronautes par Robert White, Neil Armstrong et Joe Engle)
 
Dans cette courte interview, Bill Dana revient sur son 1er vol spatial en X-15 du 1er novembre 1966
 
 
Interview réalisée en 2010.
 How many years were you connected to the NASA prior to your flight ?
 I started at NASA on Oct 1st, 1958
My first X-15 flight was Nov 4th, 1965
 
 
How did you feel prior to the flight ?
Confident and exciting
 
 
What kinds of sensations did you experienced during the drop ?
I fell away at 1g at separation and it felt like negative g.
 
What did you think about during the flight when you reached the ‘’space’’ altitude ?
My primary concern was aircraft control
 
What were some of the problems you encountered and how did you fixed them ?
I didn’t have any problems on the first spaceflight
 
What was the re-entry and landing like ?
It was very well simulated on X-104 and exactly I expected.
 
 
 

vendredi 7 mai 2010

Interview de Fitzhugh ''Fitz'' Fulton, pilote d'essai de la NASA


Fitz Fulton est ancien de pilote d'essais de l'US Air Force (il a servi 23 ans dans l'USAF).

Il supervisera et sera pilote d'essai du programme du B-58 Hustler puis sera le chef-pilote de l'USAF pour le programme XB-70 Valkyrie avec lequel il effectuera 59 vols.

Il est également un des pilotes du B-52 qui larguera les X-1, X-2, D-558, et aussi le X-15 et les premiers Lifting Body.
En 1966, le programme XB-70 est transféré à la NASA et Fitz Fulton rejoint naturellement celle-ci en tant que chef-pilote NASA pour ce projet. Il restera à la NASA 20 ans...
Fitz Fulton est le responsable du programme Boeing 747 SCA (Shuttle Carrier Aircraft) pour les vols d'Enterprise ALT. Il effectuera tous les vols de qualifications du Boeing 747 et les 5 missions ALT-Enterprise...
Parallèlement, il est ''project pilot'' du programme YF-12A et YF-12C, où il effectuera des vols à très hautes altitudes et très hautes vitesses (Mach 3).
Pilote de très nombreuses fois récompensé (Harmon Aviation International Trophy pour le B-58, Iven C. Kincheloe Award pour le programme ALT, etc...), Fitz Fulton quitte la NASA en 1986 avec plus de 15 000 heures de vol sur plus de 200 types d'appareils.
Ensuite, il travaille quelques années chez Scaled Composites en tant que chef-pilote...

Interview réalisée en 2010

When have you decided to become pilot and why ?
I’m interested in aviation as a teenager and worked at on airport on weekend and was paid in flying time. 5 minutes flying for a Saturday or Sunday work.
World War 2 came and I joined the Air Force at age 18. 
I trained for 1 ½ year and completed flight training and was commissioned as a 2nd Lieutnant Officer.

How did you have choose by NASA to become Test Pilot ?
I was in the Air Force for 23 years before I joined NASA. 
During my Air Force service, I flew on the Berlin Air Lift and made 225 rounds trips from Frankfort (Germany) to Berlin. I hauled food and coals.

Later, I flew combat in the Douglas B-26 airplane from South Korea up to North Korea. 
I made 55 missions at night. These missions were all flown at night. 
The targets were trucks and trains that were transporting supplied.

After that I attended the Air Force Test Pilot School for 8 months (1952).
From that time on, most of my Air Force career was as Air Force Test Pilot.

I flew many types of airplanes and made test flights on many of them.

I was considered to be a specialist on large airplane while still in the Air Force and was one of the 4 test pilots (2 Air Force and 2 civilian contractor) flying the XB-70 an a joint Air Force (NASA) research project.
The project was turned over to NASA and I joined NASA as Chief Pilot for the project.
I stayed with NASA for 20 years, flying many different airplanes.
What is the most incredible flight experience had you during your pilot career ?
I have had many flights that I have enjoyed and I felt that my tests have resulted in making the airplane more safe for other pilots to fly.

What is the best airplane have you piloted and why / What is your favorite aircraft ?
My favorite was the B-58, four engines supersonic bomber.

I was the 1st Air Force test pilot to fly a test project on that bomber.

I completed 8 separate test project on the airplane.

I help the airplane go from being dangerous to fly to becoming relatively safe and a pleasure to fly.
What were some of the problems you encountered and how did you fixed them during your B-58 tests flights ?
Tires were weak and would fait. Developed a metal wheel that allowed the airplane to continue the take off if a tire failed.
Helped improve could system.
Flew tests to develop an emergency escape capsule.

How did you feel when you have made the 1st take off with the Boeing SCA and Enterprise together ?
Was pleased to show that the piggyback concept was safe and acceptable, as we thought it would be.
How did you feel when Enterprise made his 1st glide flight ?
Was proud that I was part of a giant program and that the space shuttle could now prepare for going into space.

What was the best memory about your test pilot career ?
Working with some wonderful people who were very talented. Helping to make airplanes safer to fly.


Crédit : Collection Spacemen1969
             Stéphane Sebile / Space Quotes - Souvenirs d'espace