vendredi 13 avril 2018

Rencontre et interview du cosmonaute Gennady Padalka, recordman du temps cumulé passé dans l'espace


Gennady Padalka est, à ce jour, le détenteur du record de nombre de jours passé en cumulé dans l'espace avec 878 jours 11 heures 29 minutes en 5 missions spatiales de longue durée.
Il a également effectué 10 sorties extra-véhiculaires pour un total de 38 heures 40 minutes dans le vide spatial.


Pilote de chasse dans l'Armée de l'Air soviétique, Genady Padalka est sélectionné comme cosmonaute en janvier 1989.

Il effectue 5 vols de longue durée au cours de sa carrière entre 1999 et 2015. et il sera doublure commandant à six reprises.

Les vols de Gennady Padalka

- MIR 26 (Soyouz TM-28) en tant que Commandant sur MIR. Il reste dans l'espace du 13 août 1998 au 28 février 1999 soit 198 jours 16 heures 31 minutes.


- Expedition 9 en tant que Commandant dur l'ISS. Il reste dans l'espace du 19 avril au 24 octobre 20014 soit 187 jours 21 heures 16 minutes.


- Expedition 19-20 en tant qu'ingénieur de vol et Commandant dans l'ISS. Il reste dans l'espace du 26 mars au 11 octobre 2009 soit 198 jours 16 heures 42 minutes.


- Expedition 31-32 en tant qu'ingénieur de vol et Commandant dans l'ISS. Il reste dans l'espace du 15 mai au 17 septembre 2012 soit 124 jours 23 heures 51 minutes.


- Expedition 43-44 en tant qu'ingénieur de vol et Commandant dans l'ISS. Il reste dans l'espace du 27 mars au 12 septembre 2015 soit 168 jours 05 heures 09 minutes.



Interview réalisée en avril 2018

Lors de son passage en région parisienne pour l'inauguration de l'exposition itinérante ''L'aventure spatiale russe'', dont la première étape était Poissy, (cliquez ICI), Gennady Padalka a accordé une petite interview à Space Quotes - Souvenirs d'espace en marge de sa conférence donnée le même jour.

Pourquoi avez-vous choisi de devenir cosmonaute ?

Vous savez, je ne pense pas avoir eu un désir précis qui m'a fait choisir de devenir cosmonaute. Lorsque Youri Gagarine est devenu le premier homme dans l'espace, j'avais 3 ans, et tous les petits garçons d'alors voulaient devenir Youri Gagarine. Je suis né à cette époque et donc cela a dû me rester à l'essprit.
Mais au début, je voulais devenir pilote car l'aviation, les avions me fascinaient. J'ai donc travaillé dur pour intégrer la plus prestigieuse école des pilotes de chasse de la Russie. J'ai été pilote 10 ans avant de me dire que cosmonaute, ce n'était pas mal non plus... et j'ai été sélectionné, cela va faire presque 30 ans maintenant (en 1989 = ndlr).

Dans quel état d'esprit vous trouviez-vous avant le décollage de votre première mission ?

J'étais très concentré - j'avais une envie de partir pour l'espace très forte lorsque j'étais assis dans la capsule Soyouz.
Et il y avait aussi un côté soulagement ! Car l'entraînement, la préparation à une mission, c'est vraiment très dur, c'est épuisant. Le fait de partir enfin met fin à cela - la mission va vraiment avoir lieu.

(Soyouz TM-28 au décollage en 1998)

Une fois en orbite, en apesanteur, qu'avez-vous éprouvé ?

De la joie, bien sûr, car j'étais dans l'espace, et ce pour quoi j'avais travaillé si dur était arrivé. Mais aussi, de l'admiration, et même un sentiment, une sorte de sentiment de romantisme... j'étais en apesanteur !


Et de voir la Terre de si haut ?

Il ne faudrait pas l'appeler Terre, mais plutôt Océan, car elle est eau. J'ai travaillé aussi pour préparer un diplôme en écologie, et voir ce seul lieu de vie, d'une multitude de vie, dans tout l'univers, jusqu'à ce qu'on trouve d'autres vies ailleurs, et bien, cela devrait nous rendre humbles. Une magnifique bille bleue grouillante de vie dans un univers sans vie... J'ai adoré voir la Terre depuis l'espace.

Avez-vous eu des soucis dans l'espace lors de vos missions et comment les avez-vous résolus ?

Je ne vais pas vous parler de tout ce qui n'a pas marché. Vous savez l'espace n'est pas sans risques et les expériences, même si elles marchent au sol, peuvent marcher moins bien une fois là-haut.

Je préfère vous parler (dit-il en souriant) du côté moins ''glamour'' de la vie dans l'espace. Il y a au bout d'un certain temps une monotonie qui s'installe, ainsi que des tâches répétitives, comme décharger les vaisseaux ravitailleurs, mais surtout les charger, les remplir avec nos déchets en tous genres, avec notre linge sale. Et il y a le ménage aussi...

Puis, le sport... Nous sommes obligés de faire des exercices et du sport deux heures par jour... c'est obligatoire pour rester en bon état physique. Parfois, on n'en a pas envie, mais on n'a pas le choix !

Etiez-vous content de rentrer sur Terre ou seriez-vous resté plus longtemps dans l'espace ?

J'arrivais à chaque fois dans la station avec un grand intérêt, avec une forte motivation. C'est pour cela que je me suis entraîné si dur, tant de fois... c'est pour aller vivre quelque chose de nouveau. Chaque mission a un intérêt différent, et c'est très motivant...

Mais lorsque le moment du départ était proche, et bien moment était aussi très attendu. Cela m'empêche de tomber dans la monotonie.

Dernière question - qu'est ce qui a changé depuis les débuts du vol habité, depuis vos débuts ?

L'espace est actuellement le seul domaine où il n'y a pas de conflits, et où tous les partenaires de l'ISS sont d'accord entre eux. L'espace était un lieu de compétition, de supériorité nationale, puis au fur et à mesure, c'est devenu un lieu de collaboration, de coopération, d'amitié...


Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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Remerciements à la ville de Poissy et à l'organisation de l'exposition
Merci énorme à la traductrice, dont hélas, je ne sais pas le prénom

lundi 9 avril 2018

50ème anniversaire du premier lancement depuis Kourou - 9 avril 1968


Il y a exactement 50 ans, ce 8 avril 1968, avait lieu le premier lancement d'une fusée depuis Kourou.
Il s'agissait d'une Veronique.

En 1964, le Premier Ministre Georges Pompidou décide de la construction d'un nouveau site de lancement. Ce sera Kourou, à la fois proche de l'équateur et aussi proche, très proche, de l'Océan Atlantique, afin de limiter les risques sur la population.

C'est le CNES (Centre National d'Etudes Spatiales) qui sera chargé de la construction et de la gestion du site. Les travaux commencent dès 1965.

En effet, avec l'indépendance de l'Algérie en 1962 et les accords d'Evian qui prévoyaient que la France devait quitter le site d'Hammaguir pour 1967. Le CNES lance donc une étude de recherche d'un nouveau site.
Il fallait obligatoirement un site près de l'équateur, car dans cette configuration, on obtient un lancement optimisé pour mettre en orbite un satellite en orbite géostationnaire ou polaire. Il y aura 14 sites qui sont étudiés (dans les départements d'Outre-Mer, même en Australie et au Brésil). Le CNES remet ses recommandations à Georges Pompidou : c'est la Guyane et Kourou qui offrent l'avantage de faire partie de la France, d'avoir une importante ouverture vers la mer, une faible densité d'habitants (à l'époque, il n'y avait que 600 habitants à Kourou), de ne pas être sur un sol sujet à des tremblements de Terre, ni être sujet aux cyclones. L'ouverture vers la mer permet de plus plusieurs inclinaisons possibles en fonction de l'orbite choisi (géostationnaire, héliosynchrone ou polaire).

Georges Pompidou suit les recommandations données par le CNES et signe le 14 avril 1964 l'arrêté ministériel portant à la création du Centre Spatial Guyanais à Kourou (CSG). Les travaux débutent en septembre 1965 et plus de 2 500 personnes vont travailler à la construction du site. Un port y est construit ainsi qu'un pont et d'autres infrastructures qui étaient à l'époque inexistantes. La piste de l'aéroport de Rochambeau est allongé.

L'inauguration et la mise en service du CSG a lieu le 9 avril 1968 avec le premier lancement depuis Kourou - il s'agit d'une fusée Véronique.




Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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jeudi 22 mars 2018

Vitae Project par Anilore Banon

(en cours de publication)


Voici un projet, je dirais même une aventure, comme je les aime. Et celui d'Anilore Banon sort vraiment de l'ordinaire.






Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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mercredi 14 mars 2018

Disparition de l'astrophysicien et cosmologiste Stephen W. Hawking (1942-2018)


(en cours de publication)

Stephen William Hawking nous a quitté ce mercredi 14 mars 2018 à l'âge de 76 ans.


Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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mercredi 7 mars 2018

Ed Dwight - il faillit devenir le premier astronaute afro-américain dans l'espace



Edward Joseph ''Ed'' Dwight est né le 9 septembre 1933 à Kansas City au Kansas.

Après un baccalauréat en sciences, il entre dans l'US Air Force en 1953 et il prépare une licence et une maîtrise en ingénierie aéronautique qu'il obtient en 1957 à l'Université d'Arizona. Il obtient ses ailes la même année et plus tard il a pour ambition de devenir également pilote d'essais.

A la fin 1961, l'administration Kennedy propose à la NASA d'intégrer un afro-américain comme astronaute. Fin 1962, le choix se porte sur Ed Dwight, ce qui ferait de lui, le premier astronaute afro-américain (nous sommes au début des années 60 en pleine ségrégation aux USA). Ce qui entraîne aussi, à l'époque, une certaine notoriété pour Dwight, notamment dans la presse afro-américaine (Jet, Sepia, Ebony).

''The first Negro has been selected for possible participation in future US manned space flight, it was disclosed yesterday. He is Air Force Captain Edward J. Dwight, Jr, of Kansas City, who is among 14 new candidates chosen for the Air Force's aerospace research pilot program at Edwards Air Force Base, California''
(''First Negro Designated Space-Flight Candidate'' - The Washington Post du 31 mars 1963 / par Fred Ferris).

(''Le Premier cosmonaute noir'' - Photo Associated Press France du 5 juillet 1963)
(article du Cleveland Call and Post du 7 juillet 1962)
(Sepia de juin 1963 / Crédit : site internet Ed Dwight)

Série de photos de presse (en argentique) 
de l'agence Associated Press


Il commence alors un entraînement de ''Experimental Test Pilot'' quasi-identique aux pilotes d'essais de l'USAF choisis pour le projet X-20 Dynasoar (comme le montre une photo de l'USAF). Mais contrairement à ce que proclament les médias à l'époque, ce n'est pas la formation ni l'entraînement officiels d'un astronaute de la NASA ou pour l'USAF.
Il suivra sa formation à l'Aerospace Research Pilot Course (ARPC) qui se trouve à la Base d'Edwards et qui est dirigé par Chuck Yeager - et, autant dire que les relations entre les deux hommes ne sont vraiment pas amicales, ce qui explique certainement une des raisons qui ont fait que Dwight n'a jamais volé.



N'étant pas encore diplômé de l'ARPC, il y a une opposition à son intégration immédiate et il ne peut passer la sélection de 1963 (Groupe 3) car l'USAF ne l'a pas proposé à la candidature à la NASA (à l'époque, c'était l'armée qui sélectionnait les candidats qui avaient le droit de passer les sélections) car elle estimait que Dwight n'avait pas les pré-requis nécessaires à cette sélection (malgré plus de 2 000 heures de vol en jet, une maîtrise, etc...).

Après la mort de Kennedy en 1963, l'administration Johnson est toujours peu encline à l'intégrer à la NASA, et il va se retrouver ''muter'' comme officier de liaison dans une école de pilotes d'essais en Allemagne - école qui n'existe pas !

Malgré toute sa bonne volonté, Dwight ne réussit pas à intégrer la NASA et vu le climat malsain que cela a déclenché, il préfère quitter l'US Air Force en 1966.
On peut dire aujourd'hui que c'est bien le ''racisme'' ambiant (lois ségrégationnistes, mentalité(s) de ses collègues de l'Air Force, forte opposition entre Yeager et Dwight, etc...) qui a fait que Dwight ne soit pas devenu le premier astronaute noir. Rosa Parks n'avait fait parler d'elle qu'a peine 5 ou 6 ans auparavant.
Autant dire que c'était une période pas vraiment facile.

(article paru dans le magazine Ebony n°8 de juin 1965)
(je ferai un article spécial d'ici quelques temps sur les astronautes afro-américains).

Depuis qu'il est enfant, Ed Dwight est passionné de dessin, de sculpture, de travaux manuels. En 1977, il passe une maîtrise des Beaux-Arts à l'Université. Dès le début des années 1970, il a installé son atelier à Denver dans le Colorado.

Ed Dwight est aujourd'hui un des artistes et un des sculpteurs américains les plus renommés. Son travail est essentiellement consacré autour du thème de la ''défense des Noirs et des droits civils''. Beaucoup de ses oeuvres se trouvent naturellement au Colorado.

Parmi la centaine d'oeuvres exposées aux Etats-Unis, les plus célèbres sont :

African Amrican History Monument qui se trouve devant la State House de Caroline du Sud à Columbia (qui date de 2001)


Black Revolutionary War Patriot Memorial à Washington DC

Plusieurs statues de Martin Luther King Jr / à Houston, Denver, Annapolis...

(Memorial Martin Luther King Jr au City Park de Denver)

Gateway to Freedom International Memorial to the Underground Railroad à Detroit


Jazz : An American Art Form au Musée de l'Arche de Saint-Louis

Memorial to Rosa Parks à Grand Rapids

Mother of Africa Chapel à Washington DC


Sculpture of Hank Aaron au Braves Stadium d'Atlanta


Soldiers Memorial à Jefferson City

Texas African American History Memorial à Austin

Underground Railroad Memorial à Battle Creek

- etc...

Ed Dwight a écrit un livre, en 2008, relatant sa carrière de pilote, et de ''candidat'' astronaute : 
Soaring on the wings of a dream

(petit encart publicitaire à la sortie de son livre)

Site d'Ed Dwight : www.eddwight.com

Si on considère Robert H. Lawrence comme le premier afro-américain sélectionné officiellement comme astronaute (et encore, pas par la NASA mais par l'USAF), il ne faut pas oublier Ed Dwight qui a ouvert la voie aux étoiles pour les afro-américains. Le premier d'entre eux, à pouvoir vivre toucher réellement les étoiles en allant dans l'espace, sera Guion Bluford en... 1983.


Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace
Sources : Livre ''They had a dream'' de J. Alfred Phelps
               Livre ''Who's who in space'' de Michael Cassutt

Remerciements à Ed Dwight pour sa gentillesse, notamment pour avoir dédicacé les photos pour ma fille Maddy.

mercredi 7 février 2018

10ème anniversaire du module européen Columbus - 7 février 2008 / Mission STS-122


Cet article est repris en partie sur celui que j'avais publié sur les 5 ans de Columbus en février 2013 - avec des ajouts et quelques modifications.

Il y a eu une cérémonie commémorative pour ce 10ème anniversaire à l'ESTEC aux Pays-Bas à laquelle je devais participer et où j'ai essayer de m'y rendre tant bien que mal - mais les éléments météo et la mauvaise organisation de la SNCF m'ont fait rebrousser chemin : vous pouvez lire me récit de ce parcours du combattant ICI.
Il n'y aura donc pas de compte-rendu de cet événement contrairement à ce que j'avais prévu et annoncé, mais le replay du Livestream de l'ESA est disponible ICI.


Ce 7 février 2008, la navette spatiale Atlantis décolle de Cape Canaveral pour la mission STS-122.
A son bord, l'équipage de la mission STS-122 : 

Stephen Frick, Commandant (2ème vol)
Alan Poindexter, pilote (1er vol)
- Stanley Love, Soécialiste de Mission
- Leland Melvin, Spécialiste de Mission
- Rex Walheim, Spécialiste de Mission
- Hans Schlegel, (ESA / Allemagne) Spécialiste de Mission
- Leopold Eyharts, (ESA / France) Ingénieur de vol - relève pour Expedition 16
  (Il remplace Dan Tani et reste dans l'ISS jusqu'au 27 mars - il rentre avec STS-123)


Dans la soute d'Atlantis se trouve Laboratoire Scientifique de l'ESA Columbus, qui doit devenir un élément important de la Station Spatiale Internationale en s'arrimant à celle-ci. Il s'agit d'un des trois modules exclusivement dédiés à la science (et aux expériences dédiées) en apesanteur à bord de l'ISS (il y aussi le module américain Destiny et le module japonais Kibo. Un module russe, Nauka, se fait attendre depuis longtemps, peut-être en fin de cette année).



Le décollage initial devait se dérouler le 6 décembre 2007 mais un capteur de sécurité (sur un des réacteurs) signalait un message d'erreur de pression empêchant la mise à feu. Le décollage est repoussé au 9 décembre mais le problème subsiste. Il est décidé de remplacer le capteur et la troisième tentative de décollage est la bonne.

Le 9 février, Atlantis s'arrime à l'ISS et deux jours plus tard, le module Columbus est à son tour mis en place sur le module Harmony. 3 EVA seront nécessaires pour rendre Columbus opérationnel - ce qui sera fait le 14 février.
Ses utilisations scientifiques sont multiples et portent sur la science des matériaux, la physique des fluides, les sciences de la vie, la physique fondamentale et de nombreuses autres technologies. Plusieurs centaines d'expériences par an sont réalisées au sein de Columbus.
La mise en fonctionnement du laboratoire permet à l'ESA de disposer de la possibilité d'utiliser 6 à 7 % de tous les équipements et des ressources de l'ISS.
Mais le plus important est le fait que les chercheurs européens peuvent désormais y mener des expériences scientifiques en continu et non plus, au coup par coup, selon les disponibilités des autres copropriétaires

Ce module était attendu depuis longtemps sur l'ISS. Prévu pour 2004, sa mise en place a été reporté après l'accident de la navette Columbia. La mission STS-122 devait partir à l'origine en décembre 2007, mais un nouveau report conduisit celle-ci à décoller le 7 février.

Il aura fallu 3 EVA pour le rendre totalement opérationnel.


(Photos de l'EVA de Hans Schlegel lors de la préparation opérationnelle de Columbus)
(Columbus vu par Atlantis lors de la séparation pour le retour sur Terre de STS-122)
La participation de l'ESA à l'ISS est entérinée en 1995 avec la fourniture d'un module pressurisé, Columbus à celle-ci. Réalisé d'abord par la DASA, c'est EADS Astrium (aujourd'hui Airbus Defense and Space), à Brême, qui en est le maître d'oeuvre (en intégrant la DASA) avec l'ESA. Et c'est Thales Alenia Space (à l'époque Alenia Aerospazio) qui s'est occupée de la structure mécanique.

Mais l'ESA avait déjà pensé et imaginé ce module dès 1985. Et l'Europe avait décidé sa construction en 1988. A l'époque, on voyait bien la navette spatiale Hermes et le laboratoire Columbus ensemble.


(le 28 juillet 1988, le ministre de la recherche allemand Heinz Riesenhuber dévoile le module Columbus)

Le module Columbus est gros cylindre de 6,84 mètres de long pour 4,49 de diamètre. Il pèse 10,220 tonnes à vide et 21 tonnes à pleine charge. Il est fixé à l'ISS via le node Harmony (comme Destiny et Kibo). Il possède un volume interne de 75m3 et trois personnes peuvent y travailler.

Le laboratoire Columbus est contrôlé depuis le sol par le Centre de Contrôle (GSOC) d'Oberpfaffenhofen en Allemagne.

Il y a 5 installations internes :
  • le Biolab. Cette installation comprend des expériences sur des objets vivants: micro-organismes, cultures de cellules, plantes et petits insectes.
  • l'équipement européen de modules de physiologie. Il va permettre d'étudier les effets de l'impesanteur sur le corps humain et sur son système immunitaire.
  • le laboratoire en science des fluides. Il permet d'étudier le comportement des métaux et des liquides légers ainsi que la fusion d'alliages et de semi-conducteurs.
  • le laboratoire modulaire pluridisciplinaire EDR (European Drawer Rack ou étagère à tiroir européen). Des tiroirs vont pouvoir accueillir différentes expériences de disciplines diverses, dans des rangements standardisés.
  • le transporteur européen. Il servira de rangement et de plan de travail.
Il y a également deux charges utiles externes installées :
  • SOLAR, qui étudie l'activité solaire et son impact sur le climat grâce à trois instruments :
    • SOLSPEC pour les rayonnements allant des ultraviolets à l'infrarouge
    • SOVIM, qui étudie l'irradiance du Soleil
    • SOL-ACES, qui mesure l'ultraviolet lointain.
  • European Technology Exposure Facility (EuTEF), qui comprend 9 dispositifs expérimentaux pour l'étude du comportement de divers matériaux dans l'environnement spatial.
(L'ISS avec le module Columbus au centre, la navette Endeavour (STS-134), deux Soyouz et un ATV)
(Photo prise par Paolo Nespoli lors de son retour sur Terre en mai 2011 et signée par lui-même)
Au cours de ces dix années, quasiment 1 800 expériences ont été menées à son bord.

Le module Columbus aura coûté environ 1,3 milliards d'euros (800 millions pour le développement et 500 millions pour le lancement et les expériences).


(Infographie spécial 10ème anniversaire / Crédit : Airbus)
Au cours de ces 10 années, Columbus a été ''visité'' 14 fois par 13 astronautes européens à ce jour (Paolo Nespoli l'a visité deux fois en 2010 et 2017). Le prochain européen qui y (re)fera un séjour sera l'allemand Alexander Gerst à partir de juin prochain.
Voici la liste des visites européennes à Columbus :

- Hans Schlegel, Allemagne (2008 avec STS-122)
- Leopold Eyharts, France (2008 avec STS-122 / Expedition 16)
- Frank de Winne, Belgique (2009 avec Expedition 20-21 / OasISS)
- Christer Fuglesang, Suède (2009 avec STS-128 / Alissé)
- Paolo Nespoli, Italie (2010-2011 avec Expedition 26-27 MagISStra)
- Roberto Vittori, (2011 avec STS-134 / Dama)
- André Kuipers, Pays-Bas (2011 avec Expedition 30-31 / PromISS)
- Luca Parmitano, Italie (2013 avec Expedition 36-37 / Volare)
- Alexander Gerst, Allemagne (2014 avec Expedition 40-41 / Blue Dot)
- Samantha Cristoforetti, (2014-2015 avec Expedition 42/43 / Futura
- Andreas Mogensen, Danemark (2015 avec Soyouz TMA-18M / IrISS)
- Timothy Peake, Grande-Bretagne (2015-2016 avec Expedition 46-47 / Principia)
- Thomas Pesquet, France (2016-2017 avec Expedition 50-51 / Proxima)
- Paolo Nespolo, Italie (2017 avec Expedition 52-53 / Vita)
- Alexander Gerst, Allemagne (2018 avec Expedition 55-56 / Horizons) prévue en juin 2018


(Paolo Nespoli et Roberto Vittori ensemble dans Columbus)



(Devant le simulateur Columbus du Johnson Space Center à Houston)
(Optimisme avec ce bloc-feuillet de 1988 émis par le Paraguay)

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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