jeudi 18 mai 2023

Visite du Musée de l'Aviation Militaire ''Clin d'Ailes'' à Payerne (Suisse) / Espace Claude Nicollier

(photos faites au téléphone)

Visite du Musée de l'Aviation Militaire ''Clin d'Ailes''
à Payerne (Suisse)
Espace Claude Nicollier

Il y a quelques jours, grâce à la gentillesse de l'ami Xavier, j'ai pu faire un petit périple en Suisse et aller visiter le Musée de l'Aviation Militaire qui se trouve à Payerne. Je ne peux hélas plus me déplacer comme avant - je sors d'ailleurs très peu - et cela faisait des années que je n'avais pas été à Payerne (la dernière fois, c'était pour le grand meeting aérien Air 14 en septembre 2014). Un énorme merci encore à Xavier pour cette sortie revigorante et qui fait du bien au moral.

Tout d'abor, un énorme merci au personnel du musée : étant arrivés un peu juste, nous avons eu le droit à une rallonge exceptionnelle bien après l'heure de fermeture.

Pour aller à Payerne en voiture, on doit donc traverser le Jura et le Doubs. Et bien qu'habitant Dole (Jura) depuis ma sortie d'hôpital, je n'avais pas eu l'occasion de revenir dans le Doubs et en Suisse depuis des années - ça été aussi ''une bouffée nostalgique'' salvatrice.

Le Musée de l'Aviation Militaire ''Clin d'Ailes'' est situé sur la base base aérienne Payerne (BA11) qui est le plus important aérodrome des Forces Aériennes Suisse. C'est là où se trouve la Brigade d'Aviation 31 (Br av 31).
Il se trouve ''à cheval'' entre le canton de Fribourg et celui de Vaud. L'aérodrome est opérationnel depuis 1921 (avec une ouverture à l'activité civile en 2013). On peut y croiser des F/a-18 Hornet, des F-5 Tiger II, des Pilatus (PC-6, PC-7, PC-9 et PC-21) et des hélicoptères militaires (Cougar, Super Puma, EC635).
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Ce musée présente donc au public un éventail d'aéronefs, avions et hélicoptères, à turbines ou à réacteurs, qui ont servis dans la Force Aérienne Suisse. Le musée présentait aussi, en état de vol, un Mirage III DS biplace, mais à la fin 2022, le régulateur suisse de l'aviation civile (OFAC) a retiré l'autorisation de vol de celui-ci. Les deux derniets vols du Mirage III DS auront donc lieu à Payerne le 25 mai 2023 (1 vol le matin, un vol l'après-midi). - une page se tourne ! 

Le Musée tel que nous le connaissons aujourd'hui est le fruit de plusieurs passionnés, de petites associations qui ont eu à s'occuper d'un avion (le premier, un Hawker Hunter à sauver de sa destruction), etc... En 1999, la Fondation du Musée de l'Aviation Militaire , président par l'astronaute suisse Claude Nicollier obtienne la construction dudit musée à Payerne. En 2002, un jeune habitant d'Arnex-sur-Orbe, alors âgé de 12 ans, propose ''Clin d'Ailes'' qui sera adopté. C'est le graphiste Robert Rausis qui crée le logo.

Le Musée est inauguré à Payerne le 25 avril 2003, il y a 20 ans ! Dans premier hall d'exposition, on y trouve : un Vampire DH-100, un Vampire Trainer SDH-115, un Venom DH-112, un Hunter Mk.58, et un Mirage III-S. Le musée s'agrandit vite, un deuxième hall d'exposition s'aménage en 2013. D'autres appareils et d'autres matériels sont sélectionnés : une Alouette 2, un simulteur Mirage (SIMIR), un Mirage III-RS et un Mirage III-DS biplace (le J-2012), celui qui servirait pour des vols grand publics et pour des baptêmes de l'air).
Le parking donne sur les deux halls qui sont décorés - un antenne de détection radar est aussi sur ce parking.
Pour y accéder, on longe la piste (sur votre droite) avant d'accéder devant l'entrée du musée où se trouve un Vampire DH-100 FB6 (J-1156) présentée en vol avec un monument.

Une fois à l'intérieur, nous montons au 1er étage, où se trouve l'Espace Nicollier, pièce dédiée à l'astronaute suisse, véritable star en Suisse.
Cette pièce est consacrée aux 4 vols de l'astronaute (STS-46 / STS-61 / STS-75 / STS-103), dont deux vers Hubble, au travers des objets, des photos, témoignages journaux et visuel, et de souvenirs ayant emportés par Claude Nicollier lors de ses quatre vols spatiaux (notamment les patchs qu'il portait lors d'une EVA. A l'entrée de cet Espace Nicollier se trouve une jolie fresque célébrant l'EVA par celui sur Hubble lors de la mission STS-103 en décembre 1999.
Claude Nicollier est à ce jour l'astronaute européen ayant effectué le plus de mission spatiale (4 en 1192 et 1999). Il a été sélectionné en 1978 dans le premier groupe de l'ESA avant de prendre sa retraite en 2007. Il a ensuite, entres autres activités, participé activement au développement du programme Solar Impulse qui se trouvait basé à Payerne. 

En sortant de ''l'Espace Nicollier'', sur la droite, il y a une superbe vue sur le premier hall - mais ne descendez pas de suite, faites le tour de la mezzanine où se trouve plein de choses intéressantes.

Come écrit en début d'article, la base 111 de Payerne abrite la Brigade d'Aviation 31 (Br av 1) qui est responsable de la formation de l'ensemble des troupes d'aviation en Suisse (formation des pilotes, formation des milices au sol, formation sur drones, parachutisme, etc...) et est aussi une formation active au niveau renseignement.
C'est donc tout légitimement que nous y trouvons un drapeau de la Br av 31. La devise est Aeris in spatio pro Libertate (liberté de l'espace aérien). Il a été dessiné par George Miserez et brodé sur soie par les soeurs Dominicaines de Béthanie du couvent de Châbles. Il a été remis en décembre 1985.

Au rez-de-chaussée se trouvent les deux halls d'exposition que je vous propose de visiter - je n'entrerais pas dans les détails de chaque appareil qui sont exposition, juste quelques infos historiques - et vous allez en prendre plein les yeux (et encore plus, en étant sur place ''en vrai'').

Le de Havilland Vampire DH-100

Avec celui qui se trouve devant l'entrée, ce sont donc 4 Vampire qui sont exposés. De Havilland était un constructeur d'avion britannique (créé en 1920) et le Vampire était le second avion à réaction anglais. Cet appareil bipoutre a fait son premier vol le 20 septembre 1943 avec le pilote Geoffrey de Havilland (fils du fondateur de la compagnie) et est entré en service en 1946 au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il était équipé d'un réacteur Goblin (version 1 puis 2 puis 3).
Véritable succès, l'appareil fût construit à 5 569 exemplaires (toutes versions confondues) pour 25 armées de l'air dans le monde, dont la Suisse. Il fût également produit sous licence à l'étranger, dont la Suisse.
Entre 1946 et 1990 (date de sa fin de service dans l'armée de l'air suisse), il y a eu :
- 4 prototypes d'essais
- 75 exemplaires de la version FB-6 (immatriculés J-1005 à J-1079) avec un Goblin 3
- 3 F-6 (J-100 à J-1082)
- 100 exemplaires sous licence (J-1101 à J-1200)
- 39 biplaces, Vampire T-55 (J-1201 à J-1239) 
On trouve également un de Havilland Vampire DH-115 trainer, en bois, enfin une partie de son fuselage.

La Suisse acquis également 250 exemplaires du de Havilland DH-112 Venom, un dérivé du Vampire avec un réacteur Ghost (J-1501 à J-1625 et aussi J-1650 / J-1626 à J-1649 et du J-1701 à J-1800). Les Venom ont été retirés du service en 1983.


Le Hawker Hunter Mk.58

Le Hawker Hunter est un autre chasseur britannique utilisée par la force aérienne suisse. Il était capable de voler en supersonique en léger piqué.
Le premier vol du prototype a eu lieu le 20 juillet 1951, et depuis, ce chasseur construit par Hawker Siddeley avec un réacteur Rolls-Royce Avon 207, a été fabriqué à 1 930 exemplaires pour une vingtaine de pays utilisateurs.
La Suisse utilisa le Hunter jusqu'en 1994.
Celui du musée est en service en 1959 et effectue son dernier vol en 1994.

Le musée possède aussi un Hawker Trainer (biplace) J-4071 en service entre 1959 et 1994. Il est au musée depuis 2002.
Pour l'anecdote, l'astronaute Claude Nicollier, lorsqu'il était pilote de chasse des Forces Aériennes Suisses, était pilote de chasse sur Hunter. Et l'appareil (le J-4099) qu'il a piloté, lui, est exposé... en France, au Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget !
Voir mon article spécial ici :
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Le Northrop F-5 Tiger II

Le musée abrite un ''avion mythique'' que tous les fans de Top Gun (celui de 1986) connaissent sous le nom de MiG-28 ! En effet, pour le film, la production a utilisé un Northrop F-5 pour jouer le rôle des méchants.
Le F-5A Freedom Fighter est un chasseur biréacteur américain, et il effectua son premier vol le 3 juillet 1959. Grand succès commercial, le F-5A et F-5B Freedom Fighter, puis F-5E et F-5F Tiger II, ont été fabriqués à 2 700 exemplaires (dont 900 sous licence), et volèrent pour une trentaine de pays. Bien que la production soit terminée depuis la fin des années 1980, de nombreux pays l'utilisent encore.

Les Forces Aériennes Suisses ont eu en tout 110 F-5E/F (monoplace et biplace). Beaucoup ont été fabriqués sous licence. A ce jour, il en reste moins d'une dizaine en activé dans les Forces Aériennes Suisses.
La patrouille acrobatique suisse, La Patrouille Suisse, utilise toujours 6 F-5E Tiger pour ses démonstrations aériennes (après avoir utilisé le Hunter de 1964 à 1984)..
L'exemplaire du musée est le J-3057 retiré du service en 2015

Le Dassault Mirage III

Il y a 3 Dassault Mirage III à Payerne : un Mirage III S, un Mirage III RS, et un Mirage III DS (qui effectuera ses deux derniers vols le 25 mai prochain). Le S signifie Suisse, R pour reconnaissance et D pour double commande.

Le Mirage III est lui aussi un avion mythique conçu par le constructeur français Dassault.
Ce chasseur multirôle, dont le prototype Mirage III 001 effectue son 1er vol le 17 novembre 1956, a été construit à 870 exemplaires et a volé pour 9 pays.
La Suisse en possédait 61 jusqu'à son retrait en 1999. Parmi eux, 36 exemplaires du Mirage III S (J-2301 à J-2336), 18 exemplaires du Mirage III DS (R-2101 à R-20118), et 2 Mirage III DS (J-2011 et J-2012). C'est d'ailleurs le J-2012 qui était encore le seul Mirage III au monde à voler.

Le Mirage III S (ici, le J-2301)est présenté avec deux mannequins en combinaisons de vol, casque inclus. Spécialement conçu pour des essais en vol dès 1972, et offert au musée en 2002.

Ce Mirage IIIIRS (R-2117). Dans son nez se trouve 4 caméras pour des prises de vue avant, oblique et verticale. Un système de reconnaissance aéroporté infrarouge (LIRAS) pour des prises de vue de nuit a été monté également en 1981. Le R-2117 a effectué son dernier vol en 2003.
Entre 1988 et 1992, les Mirage III suisses (tous confondus) reçoivent un ajout de plans canards, qu'on peut très bien voir sur le R-2117 exposé.

Le Pilatus PC-7 Turbo Trainer

C'est le constructeur suisse Pilaus qui a conçu et fabriqué le PC-7 Turbo Traineur, avion d'entraînement turbopropulseur construit à plus de 600 exemplaires depuis son premier vol en 1978 (il y a eu jusqu'à 21 pays utilisateurs : la France en possède). L'appareil vole tant en avion militaire qu'en avion civil.

Pour la Suisse, une trentaine de PC-7 modernisés (NCPC-7) volent au sein des Forces Aériennes Suisses. L'appareil exposé, le A-908 a été donné au musée en 2009 et fait partie des versions non modernisées.

Dans cet exceptionnel musée, on trouve aussi des Alouette, un Alouette II et une Alouette III.

La Sud-Aviation SE 3130 Alouette II est un hélicoptère léger et polyvalent français pouvant transporté un pilote et 4 passagers, et qui a effectué son premier vol le 12 mars 1955. Véritable succès, 1 305 exemplaires ont été construits (et un supplément de près de 300 sous licence)   (pour 47 forces armées de et pour une utilisation civile dans environ 80 pays). Des Alouette II volent encore de nos jours.
Entre 1958 et 1992, 30 Alouette II (immatriculées V-41 à V-70) volent pour les Escadrilles Légères d'Aviation des Forces Aériennes Suisses. L'hélicoptère présenté est le V-43 en service en 1958 et offert au musée en 2003.
La Sud-Aviation SA316 Alouette III, est un hélicoptère polyvalent dérivé de l'Alouette II, et qui effectua son premier vol le 28 février 1959. Enorme succès là aussi, avec 1 453 appareils construits (et un supplément de 590 sous licence à l'étranger) pour 190 clients de 92 pays !
114 Alouette III ont été utilisées par les Forces Aériennes Suisses dont 60 fabriquées sous licence en Suisse à Emmen par la Fabrique Fédérale d'Avions. La dernière Alouette III vole en 2010.
Le V-282 exposé est un des hélicoptères construit sous licence, celui-ci en 1974, et il vola jusqu'en 2010.

Le musée présente plein d'autres merveilles, comme des réacteurs, des simulateurs (dont le SIMIR), le simulateur de Mirage III, plein de ''petits matériels'' aéronautiques très intéressants, ainsi que des expositions et des reconstitutions. On y trouve même un Spoutnik grandeur nature.
C'est un musée où il faut revenir plusieurs fois 😉 Il est vraiment très agréable (et en plus, il y a u  coin buvette).

Et hélas, comme tout à une fin, il faut penser à rentrer - je profite pleinement du paysage (surtout maintenant). On en a profiter pour faire un petit stop à l'aéro-club de Pontarlier pour faire coucou à son Fouga Magister.

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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Remerciements : à l'ami Xavier, et au Musée pour sa gentillesse et son accueil.

mercredi 17 mai 2023

Espace et Aviation au Musée national des Enfants de Troupe d'Autun - Patrick Baudry et Virginie Guyot


Musée national des Enfants de Troupe
Lycée Militaire d'Autun
Espace et Aviation
Patrick Baudry et Virginie Guyot

Créé en 1977 dans l'enceinte du Lycée Militaire d'Autun (71), le Musée national des Enfants de Troupe entretient, au travers d'objets, de documents, d'images, de témoignages, la mémoire des écoles militaires : collèges militaires, lycées militaires et actuels lycées de la Défense, classes-écoles préparatoires militaires.

A l'origine, un enfant de troupe désigne un enfant vivant dans un milieu militaire. Au fil du temps, ce sont les enfants des sous-officiers qui vont fréquenter des établissements scolaires dédiés (les enfants d'officiers avaient déjà des écoles spécifiques), puis à la fin du 19ème siècle, les écoles seront les mêmes pour tous les enfants de militaires, quels que soient les grades de leurs parents - mixité sociale. 

Le terme enfant de troupe est resté pour tout élève des écoles militaires (collèges, lycées, préparatoires). Une association d'anciens élèves existe depuis 1910 : l'association des AET (Ancien Enfant de Troupe).

Ce musée est ''l'aboutissement'' de la volonté d'anciens élèves de perpétuer la mémoire des lieux et des élèves de ces établissements. En 1934, l'école militaire préparatoire (EMP) de Saint-Hippolyte-du-Fort (30) est dissoute et remplacée par un escadron de gendarmerie : des anciens élèves, avec l'aide du maire de la ville, obtiennent un local dans les locaux de la nouvelle gendarmerie, et commence à rassembler objets, souvenirs, témoignages : ce sera le musée Pastre-Matter (d'Ulysse Pastre, 1864-1930, ancien professeur de l'école et ancien député, et de Paul Matter, 1872-1957, ancien enfant de troupe, général de division, et bienfaiteur des Ecoles Militaires Préparatoires Techniques).

En 1974, l'escadron de gendarmerie quitte Saint-Hyppolite-le-Fort, et c'est donc à Autun, au Lycée Militaire, où se trouve l'Ecole Militaire Préparatoire d'Autun, que le petit musée est transféré. La réputation de celui-ci allant grandissante, il se trouve rapidement ''trop petit et inadapté''. En 1983, il est transféré dans un autre lieu du lycée, une partie de l'ancienne chapelle et la crypte. 
Et c'est dans ce nouveau cadre, pour le centenaire des écoles militaires préparatoires (1884-1984), que le Musée national des Enfants de Troupe est inauguré le 18 juin 1985, par le Ministre de la Défense Charles Hernu, et diverses autres personnalités, dont le chef d'état-major de l'Armée de Terre.

Le Lycée Militaire d'Autun (LMA) est un des six lycées de la Défense (anciens lycées militaires). Il comprend le collège (quartier Changarnier, situé plus bas dans la ville et hors de l'enceinte du LMA) et le Lycée proprement dit (quartier Gangloff).
Ce lycée a pris place sur un ancien séminaire et ancien cloître établis en 1675. Devenu hôpital sous la Révolution, puis prison, et redevient petit séminaire en 1813 (le Maréchal de Mac-Mahon, qui devînt Président de la République, y a été élève).
Les tuiles vernissées forment une toiture dans la pure tradition bourguignonne, et fait aussi la célébrité du lieu.
Pour la Patrie, toujours présents

En 1885, c'est l'Ecole militaire préparatoire de Cavalerie qui s'y installe, où des garçons de 13 à 18 ans vont se former essentiellement pour le métier des armes (pendant la 1ère guerre mondiale, tous les enfants de troupe à partir de 17 ans partirent au front).

En 1921, la cavalerie fait place à un enseignement plus large, et l'école prépare les jeunes au baccalauréat et à l'admission aux écoles de sous-officiers et officiers, avec un haut niveau d'excellence.

L'école est déplacée puis fermée temporairement pendant la seconde guerre mondiale. A partir de 1951, elle ouvre des classes préparatoires (corniche), dont la préparation à l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan.

Il y a donc le collège, le lycée, les classes préparatoires.

De nos jours, il y a environ 85% d'enfants de militaires ou de fonctionnaires au collège et au lycée (les 15% sont des élèves boursiers dont les parents ne sont ni militaires, ni fonctionnaires).

Pour les classes préparatoires, les candidatures se font sur dossier avec lettre de motivation, et essentiellement pour préparer les concours des grandes écoles militaires.

L devise, Pour la Patrie, toujours présents, est une tradition très forte de l'école. Depuis son ouverture, plus de 500 élèves ou anciens élèves sont tombés au champ d'honneur.

C'est donc dans une aile de l'ancien séminaire qu'est situé le Musée national des Enfants de Troupe. Il occupe deux niveaux : le rez-de-chaussée avec la salle << de la cuirasse >>, et le sous-sol dans la crypte. C'est un lieu chargé d'histoire(s) qui se trouve devant nous.
Parmi les très nombreux élèves, collège, lycée, classes préparatoire, certains sont ''plus connus'' que d'autres (ah, ça y est, vous vous dîtes, enfin, elle aborde le titre de cet article 😉) - parmi ceux-ci, on peut citer :

- Patrice de Mac-Mahon (1808-1893), Maréchal et Président de la République (1873-1879),
- Nicolas Changarnier (1793-1877), général ,- nom donné au collège (quartier Changarnier)
- Bernard Gangloff (1925-1944), résistant - nom donné au lycée (quartier Gangloff)
- Pierre Pouyade (1911-1979), ancien commandant du Normandie-Niémen, As français
- Patrick Baudry (1946), deuxième astronaute français
- Elrick Irastorza (1950), général, ancien Chef d'Etat-Major de l'Armée de Terre (2008-2011)
- Denis Favier (1959), général, ancien Commandant du GIGN et de la Gendarmerie Nationale
- Virginie Guyot (1976), ancien Leader de la Patrouille de France
- Christophe Dubois, ancien Leader de la Patrouille de France

Parmi les nombreux objets et souvenirs du Musée national des Enfants de Troupe se trouvent donc des souvenirs liés à Patrick Baudry et à Virginie Guyot qui se trouvent dans une même vitrine.
L'entrée se fait au niveau du Pavillon Bayard

Patrick Baudry est né en 1946. Il échoue à sa première terminale et rate son bac.
En 1964, il intègre la Lycée Militaire d'Autun pour sa deuxième terminale, filière scientifique : il passe son bac avec mention très bien et intègre par la suite les classes préparatoires scientifiques (Le Prytanée militaire de La Flèche pour Maths Sup et le Lycée Chaptal pour Maths Spé A'). Sortant des deux écoles avec une excellente place, il peut intégrer l'Ecole de l'Air à Salon de Provence en 1967.
En 1980, il est sélectionné par le CNES comme cosmonaute dans l'optique du vol du 1er français dans l'espace - il sera la doublure de Jean-Loup qui volera en juin-juillet 1982 lors de la mission Soyouz T-6 PVH.

En 1984, il est sélectionné pour être astronaute titulaire d'un vol en navette spatiale, et Jean-Loup Chrétien sera sa doublure. Il est d'abord affecté à la mission STS-51D sur Challenger mais quelques semaines avant le décollage, il est affecté à un vol : ce sera STS-51G en juin 1985 avec la navette Discovery. Ce changement ''de dernière minute'' a entrainé une certaine ''confusion'' dans les médias et auprès du public, le futur vol de Patrick Baudry ayant été extrêmement médiatisé.

Le MET a donc en vitrine quelques souvenirs du vol offerts par Patrick Baudry, avant et après son vol.

On y trouve :
- Une photo signée en tenue de vol
- une lettre signée d'encouragements et de remerciements adressée au musée
- un patch originel de la mission STS-51D offert probablement avant le changement d'affectation - pour la petite histoire, les patchs originels de la mission avant changement d'équipage sont très rares.
On notera qu'il avait été posé de travers le jour de la photo, la vitrine ayant été réinstallée - aujourd'hui, il est normalement dans le bon sens 😉
- Une photo dédicacée de l'équipage STS-51G en tenue militaire (ce n'est pas la photo NASA officielle d'équipage)
- 2 patchs personnels de Patrick Baudry emportées lors de sa mission STS-51G et qui ont été offerts après celle-ci
- un patch du CNES
- une médaille bronze représentant Hermes, programme de la navette européenne qui a été abandonné au début des années 1990, et auquel Patrick Baudry était un des pilotes astronautes désignés.
Voici également deux photos faites le jour où les objets de Patrick Baudry ont été mis en vitrine.
On peut remarquer qu'il n'y a pas (encore) de patch STS-51G.

Virginie Guyot est née en 1976.
Elle intègre le Collège militaire d'Autun en 1989-1991, et elle y effectuera les classes de 5ème, 4ème et 3ème, puis continue au Lycée Militaire d'Autun en 1991-1993 jusqu'à l'obtention de son bac - elle intègre aussi le Prytanée puis fera l'Ecole de l'Air avant de devenir pilote de chasse. Elle est la première femme pilote de combat à partir en opérations extérieures.
Elle devient, en 2008, la première femme (et encore la seule femme à ce jour) à intégrer la Patrouille de France - elle y sera Charognard pour la saison 2009 puis devient la première femme à devenir Leader de La Patrouille de France lors de la saison 2010.
<< (...) C'est dans cet établissement que j'ai trouvé les valeurs, l'esprit de camaraderie, la solidarité et la cohésion qui m'ont poussée à me lancer dans une carrière militaire. Ce sont ces mêmes valeurs que j'ai retrouvées dans la Patrouille de France. Mais c'est également à Autun que j'ai effectué mon premier vol qui a été une véritable révélation, un déclic >>. (Le Journal de Saône et Loire, 2010)

Virginie Guyot quitte l'Armée de l'Air en 2015.

Le musée possède la combinaison de vol bleu clair portée par Virginie Guyot lorsqu'elle était Leader de la Patrouille de France avec les patchs et son nametag à son nom et son numéro : le 1.
Une des salles du Lycée Militaire porte le nom de Virginie Guyot :
Pour la petite histoire dans l'histoire, un autre élève du LMA d'Autun a aussi été Leader de la Patrouille de France : Christophe Dubois intègre le LMA  entre 1998 et 2002. Dans un premier temps, les classes préparatoires Maths-Physique Science de l'Ingénieur (MPSI) puis de 2000 à 2002 en Maths-Physique (MP).

Il intègre la Patrouille de France comme Charognard pour la saison 2015 puis en sera Leader pour les saisons 2016 et 2017 (qui sera celle de la tournée américaine).
Egalement en 2017, il y a deux parrains exceptionnels qui voleront avec la Patrouille de France : il s'agit de Jean-Loup Chrétien et de Patrick Baudry, les deux premiers français dans l'espace.
On peut donc dire qu'il y 3 élèves du Lycée Militaire d'Autun qui ont volé au sein de la Patrouille de France.

Pour l'instant, le Musée n'a pas dans son fond un souvenir de Christophe Dubois.
Renseignements pratiques
Accès : 3 rue des Enfants de Troupe
71400 Autun

Horaires : du lundi au vendredi de 14h00 à 17h30
Gratuit et visite libre des deux niveaux - il y a un accueil à l'intérieur assuré principalement par des élèves volontaires.

L'accès se fait à pied, niveau quartier Gangloff - il faut se garer à l'extérieur de l'établissement dont l'accès est réglementé (c'est un établissement militaire) - il faut sonner à la grille d'entrée pour vous annoncer.

La plaquette du Musée :


Virginie Guyot lorsqu'elle était Leader de la Patrouille de France avec l'autrice - elle ne savait pas encore qu'elle ferait toute sa scolarité au LMA du collège à la Prépa entre 2014 et 2024.
Christophe Dubois, alors Leader de la Patrouille de France avec le frère de l'autrice qui fera une partie de sa scolarité à collège d'Autun.

Crédit : Texte Maddy Sebile
             Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace
Crédit Photos : Maddy Sebile
Remerciements : Maddy Sebile, Musée national des Enfants de Troupe