mardi 11 février 2025

3, 2, 1, top... Décollage ! / Exposition 7 décembre 2024 au 9 février 2025 - Ville de Drancy


3, 2, 1, top...
Décollage !
Entre le 7 décembre 2024 et le 9 février 2025 s'est tenue, à Drancy au Château Ladoucette, certainement une des plus belles expositions consacrées aux lanceurs, depuis les débuts de l'ère spatial aux futurs projets qui sont en train de voir le jour, notamment en Europe, plus spécialement en France.

L'association Histoires d'espace (que vous connaissez bien maintenant), accompagnée de divers partenaires institutionnels et industriels, a monté cette exposition avec l'aide de professionnels et de passionnés. Ce qui donne un ensemble présenté de très grande facture et unique en son genre.
(Un ENORME merci à tous, surtout industriels, qui ont prêtés des pièces d'exception dont certaines jamais exposées pour le grand public).

Je vous laisse avec quelques photos de cette formidable exposition !

Ville de Drancy :

Société Astronomique de France :

Lego Rocket Collection :
https://www.legorocketcollection.com/expositions/3-2-1-top-decollage-/?srsltid=AfmBOooPX-qsmXSPDZ4KTIIGvQpdBDGsWuKuzEjzkAChhsXxC4yKYVPq

Air & Cosmos :


Crédit : Stéphane Sebile
             Ville de Drancy / Association Histoires d'espace

mercredi 22 janvier 2025

Disparition de la Générale Valérie André (1922-2025)


Valérie André est née le 21 avril 1922 à Strasbourg.

Passionnée très tôt par l'aviation, elle commence à prendre des leçons de pilotage à partir de 1939 mais doit interrompre sa formation avec le début de la 2ème guerre mondiale.

Elle commence alors ses études de médecine à Clermont-Ferrand puis à Paris - elle obtient son diplôme de médecine en 1947, et sa thèse a pour intitulé La pathologie du parachutisme.
Le parachutisme la fascine. Et ainsi, elle peut conjuguer deux grandes passions : médecine et aviation.
Elle prépare sa spécialisation de médecin militaire, commence ses premiers sauts, reprends des leçons de pilotage sur planeur, et, en 1948, elle est médecin militaire, a son brevet de pilote de planeur, et son brevet de parachutisme. Autant dire que son parcours hors du commun, pour une femme, détonne pour l'époque. Et ce ne sera que le début.

Toujours en 1948, elle est volontaire pour partir en Indochine, affectée d'abord à l'hôpital de My Tho puis à celui de Saïgon. Elle passe une spécialisation de chirurgien afin de pouvoir intervenir sur les des zones frontalières proches des champs de bataille et accessibles uniquement par parachute.
A son retour en rance en 1950, elle passe son brevet de pilote d'hélicoptère sur Hiller 360 (brevet n° 33 de l'Aéroclub de France) car elle savait que l'hélicoptère serait le moyen le plus efficace d'évacuer des soldats blessés sur un champ de bataille.
C'est le pilote Alexis Santini (1914-1987), premier pilote d'hélicoptère de l'Armée de l'Air qui la forme. Celui-ci deviendra son époux.
Elle retourne en Indochine.
Entre le début 1951 et la mi-1953, Valérie André effectue 129 missions de sauvetages et d'évacuations en transportant au total 165 blessés à l'hôpital depuis des champs de bataille.
(Valérie André et son Hiller 360)
Le 4 avril 1952, alors que le porte-avions français Arromanches se trouve dans la baie d'Ha Long (Vietnam), un terrible accident a lieu : lors du retour d'une escadrille après un bombardement, un des appareil rata son appontage et s'écrasa sur les autres appareils encore sur le pont. Il y a 4 morts et plusieurs blessés graves. Un hélicoptère fut demandé en urgence pour emmener les victimes sur l'hôpital le plus proche, celui de Saïgon. C'est Valérie André qui fit les évacuations, devenant aussi la première femme à apponter sur un porte-avions.
A son retour d'Indochine, elle est affectée au Centre d'Essais en vol (CEV) de Brétigny-sur-Orge (Essonne) pour s'occuper des équipages. Elle y passera plusieurs qualifications de pilote, sur avions et hélicoptères, et participera même activement à plusieurs vols expérimentaux. Durant ce même temps, elle contribuera à la création du Laboratoire de Médecine Aérospatiale (devenu IRBA en 2009).

En 1959, le magazine pour jeunes filles chics Line lui rend hommage avec la couverture et un récit cours dessiné de 3 pages (auteur inconnu).
Entre 1959 et 1962, Valérie André servira en Algérie durant la guerre, d'abord comme Commandant Adjoint du service médical de la Base 142 à Boufarik, puis Commandant du service héliporté de la Base 146 à La Réghaïa avant d'en devenir la médecin-chef (on ne féminisait pas encore les grades).
Elle y pilote des Djinn, des Alouette II, des Alouette III, des Sikorsky H-34, des Vertol H21 (la Banane) et des  Sikorsky S-58. Et elle fera plus de 350 missions sanitaires.
(Sikorsky H-34 à Savigny les Baunes)


Après son retour, elle continue d'exercer au sein du Service de Santé des Armées (aujourd'hui SSA) comme chirurgienne sur la Base 107 de Villacoublay puis conseillère auprès du COTAM (COmmandement du Transport Militaire Aérien devenu le CFAP en 1994).
Valérie André sera promue Lieutenant-Colonel en 1965 puis Colonel en 1970.

En avril 1976, Valérie André est élevée au grade de Médecin-Général (grade et prérogative de Général) et devient ainsi la première femme Officier Général en France.
Elle occupera successivement les postes de Directrice du Service de Santé de 4ème région aérienne puis de la 2ème (il n'existe aujourd'hui plus que deux régions aériennes)..
A sa retraite en 1981, elle est promue Médecin-Général Inspecteur (équivalent à Général de division).

Valérie André va ensuite dirigée une Commission prospective de la femme militaire, pour la promotion des femmes et l'égalité homme-femme dans l'Armée.

Valérie André est un des membres fondateurs de l'Académie de l'Air et de l'Espace, fondée en novembre 1983.
Décorée à de nombreuses reprises, on dit de Valérie André qu'elle est la femme militaire la plus décorée. Elle est Grand-croix de l'Ordre National du Mérite. Elle aussi Chevalier de la Légion d'Honneur dès 1953, et en 1999, elle est élevée Grand-Croix de la Légion d'Honneur.
Valérie André (ici avec Michel Drucker) lors de l'arrivée de l'Alouette III (F-ZBAN) de la Sécurité Civile qui effectue son dernier vol, et être donnée au Musée de l'Air et de l'Espace le 16 mai 2009.
voir photos ici : https://flic.kr/s/aHsjgNz69r
voir article ici :
En 2009, l'AJPAE (Association des Journalistes Professionnels de l'Aéronautique et de l'Espace) lui décerne son prestigieux Prix Icare.
Ma rétrospective des 60 ans de ce prix (1957-2017) : 
En septembre 2010, elle reçoit ''symboliquement'' par l'Armée de l'Air le Brevet de pilote d'hélicoptère militaire n° 0001, à effet rétroactif au 16 novembre 1956.

Valérie André était quelqu'un de très active et participait régulièrement à des événements.

Par exemple, ici le 19 juin 2014, pour la remise officielle du démonstrateur Eurocopter X3 au Musée de l'Air et de l'Espace au Bourget.
Article ici :
En 2017, elle avait gentiment accepté de participer au Projet Proxima de mes enfants (projet autour du patch de Thomas Pesquet) : Jour 194 du 30 mai 2017
Le 8 mars 2022, le célèbre héliport d'Issy-les-Moulineaux, où se trouve l'hélicoptère de la Sécurité Civile (Dragon 75) et où était basé l'Alouette III exposée au Bourget, prend le nom de Héliport de Paris - Issy les Moulineaux - Valérie André.
(crédit : Ministère des Armées - DGAC)
Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
             Space Quotes - Souvenirs d'espace
Sources : Armée de l'Air et de l'Espace - Service de Santé des Armées
                Ma biographie de 2011

jeudi 16 janvier 2025

16 janvier 2025 - Vol inaugural de la fusée New Glenn (mission NG-1)

 (en cours de publication)
Ce jeudi 16 janvier 2025, la fusée New Glenn, le nouveau lanceur lourd de Blue Origin, a (enfin) effectué son vol inaugural, après plusieurs report.
Décollant depuis Cape Canaveral, Launch Complex 36, ce vol inaigural baptisé ussi NG-1 (New Glenn 1) ou Blue Ring Pathfinder, a placé sur orbite moyenne (environ 2 400 km x 19 300 km) une charge utile constituée d'un prototype Blue Ring qui servira pour les futurs lancements :

Ce lancement était très attendu depuis plusieurs années (l'annonce de la création du programme remonte à 2016). Pour ce vol inaugural, l'objectif principal était la satellisation de la charge utile. Un retour du 1er étage est prévu dans le programme initial, et c'est la configuration normale, et pour ce 1er vol, ce retour n'était qu'un ''bonus'' et il a échoué.
Rappelons les caractéristiques de la New Glenn qui se veut un lanceur lourd, c'est à dire capable d'emporter de très lourdes charges en orbite basse, de lourdes charges en orbite géostationnaire (36 000 km de la Terre) et plus loin (Lune, Mars, etc...)

La fusée mesure 98 mètres de haut avec la coiffe (82 m sans) avec une masse estimée de 1 400 à 1 500 tonnes. Elle comporte deux étages :
 - le premier, haut de 57 mètres, est propulsé par 7 moteurs BE-4 de 25 tonnes de poussée chacun, à ergols liquide, 1 150 tonnes d'ergols qui brûlent un mélange d'oxygène liquide et de méthane.

Crédit : Blue Origin

mardi 31 décembre 2024

Ces astronautes qui ont changées de nom(s)


Ces astronautes qui ont changées de nom(s)
Il existe une très infime partie de personnes qui ont changé(e)s de nom de famille au cours de leur carrière d'astronautes. Et ce ne sont que des femmes.
Changer de nom de famille est quelque chose de très banal et courant. Et très souvent, cela se produit lors d'un mariage, où le nom de jeune fille est remplacé par celui de l'époux. Sans entrer dans les considérations pour ou contre, cela est d'usage, cela est de tradition.
Et, au cours de leurs carrières d'astronautes, certaines ont respecté les mêmes conventions, ce qui a, dans de rares cas, pu conduire à ce qu'une même astronaute ait volé sous des noms différents, ayant même des portraits officiels sous différents noms ainsi que des photos d'équipages, livres, etc.

Il y a eu des changements de noms suite à des mariages, remariage, certaines ont gardé leur nom de femme mariée après un divorce, d'autres ont eu plusieurs noms alors qu'elles étaient en activité (jeune fille, mariée, veuve, remariée), d'autres se sont mariées après leur sélection et ont gardé leur nom de jeune fille, ont utilisé les deux accolés, etc. Ce qui entraîne parfois des confusions, une même personne étant parfois compter comme deux personnes différentes.
Je me base bien sûr sur le nom de famille usité lors de la sélection.

Je vous propose une courte approche de ce sujet 😉

Serena Auñón-Chancellor

Sélectionnée en 2009 dans le Groupe 20 avec le nom de Serena Auñón. Sa première photo officielle est sous ce nom. Ses autographes d'alors sont au nom d' Auñón.
Pour son unique vol spatial, Soyouz MS-09 Expedition 57 et 58 en 2018, elle utilise d'abord Auñón à l'entrainement comme le montre le patch qu'elle porte, puis Auñón-Chancellor pour les photos officielles individuelles et d'équipage et sur sa combinaison lors de son décollage.
Ses autographes sont maintenant au nom de Auñón-Chancellor.

Ellen Baker

Sélectionnée en 1984 dans le Groupe 10 avec le nom d'Ellen Shulman - Sa première photo officielle, comme Ascan (candidate astronaute) est sous le nom de Shulman comme le montre les lithos de la NASA. Le nom de Baker apparait sur les photos officielles suivantes.
Ses premiers autographes, jusqu'à son mariage, étaient Shulman, exemple ici avec deux Index Card signées, et Shulman et Baker.
Et lors de sa première mission, STS-34 en 1989, elle vole avec le nom d'Ellen Baker, comme cela est inscrit sur le logo (la photo officielle étant en chemisettes rouge dans nom). Elle volera sous ce même nom pour ses deux vols suivants, STS-50 en 1992 et STS-71 en 1995.

Nancy Currie- Gregg

Sélectionnée en 1990 dans le Groupe 13 avec le nom de Nancy Sherlock, qui est son nom de femme mariée avant son divorce.
Sa première photo officielle, Ascan (candidate astronaute) est sous ce nom.
Elle fera son 1er vol spatial, STS-57 en 1993, sous le nom de Sherlock et signera les autographes de cette période sous ce nom.  
Pour ses 3 vols suivants, elle les fera sous le nom de Nancy Currie, nom qu'elle prend à l'issue de son deuxième mariage. Ses portraits sur photos officielles seront maintenant sous le nom de Currie.
Veuve en 2011, elle se marie une troisième fois et prend le nom de Nancy Currie-Gregg, ajoutant le nom de son 3ème époux.

Tracy Dyson

Sélectionnée en 1998 dans le groupe 17 sous le nom de Tracy E. Caldwell. Ses premiers portraits officiels, Ascan et autres sont sous ce nom, ses autographes aussi. Et ce, jusqu'à la mission STS-118 en 2007.
Pour sa deuxième mission Soyouz TMA-18, en 2010,  ce sera Tracy Caldwell-Dyson pour les photos officielles, d'équipage, es deux logos de la mission  et les deux logos Expedition 23 et Expedition 24.  
Pour son 3ème vol en 2025, Soyouz MS-25 / Expedition 70-71, elle volera sous le nom de Tracy Dyson.

Claudie Haigneré

Sélectionnée en 1985 dans le 2ème Groupe du CNES sous le nom de Claudie André-Deshays (noms de jeune fille et de mariage accolés). Les français la connaitront sous ce nom là pendant plus d'une décennie. Toutes ses photos officielles porteront ce nom là jusqu'à son 1er vol inclus.
Pour son 1er vol, Soyouz TM-24 en 1996, c'est avec ce nom que Claudie André-Deshays est la première française dans l'espace. Son livre relatant cette mission est sous le nom de Claudie André-Deshays.
En 2001, après son mariage avec l'astronaute Jean-Pierre Haigneré, elle volera sous le nom de Claudie Haigneré pour sa deuxième mission, Soyouz TM-33 en 2001. C'est sous ce nom qu'on la connait depuis - elle sera ministre(s) aussi sous ce nom. Son premier livre, sur sa première mission et parue en 1996, est réédité en 2002 sous le nom de Claudie Haigneré.
Claudie Haigneré a la particularité, encore aujourd'hui, de signer sous le nom de Claudie André-Deshays, il n'y a donc pas de rupture. La seule exception trouvée est celle sur l'ouvrage pour les 25 ans de la Cité de l'Espace de Toulouse (dont elle est la marraine) dans la préface avec un texte et signature imprimée.

Susan Kilrain

Sélectionnée en 1994 dans le Groupe 15 avec le nom de Susan Still, nom qu'elle portera lors de ses deux missions spatiales STS-83 et STS-94 en 1997.
Par la suite, elle portera le nom de Still-Kilrain, et porte aujourd'hui le nom de Susan Kilrain.

Christina Koch

Sélectionnée en 2013 dans le Groupe 21 avec le nom de Christina Hammock.
Elle effectue en 2019 son premier vol Soyouz MS-12 / Expedition 59-60-61 sous le nom de Christina Koch. Elle est sélectionnée en 2023 pour la mission Artemis II (prévue en 2026), toujours sous ce nom.

Chiaki Mukai

Sélectionnée en 1985 dans le 1er Groupe de la NASDA (aujourd'hui JAXA) avec le nom de Chiaki Naito, comme le montrent les photos officielles de l'époque.


Mais peu de temps après, et avant son 1er vol (STS-65 en 1994), elle prend le nom de Chiaki Mukai, nom avec laquelle on la connait aujourd'hui.

Naoko Yamazaki

Sélectionnée en 1999 dans le Groupe 4 de la NASDA (aujourd'hui JAXA) avec le nom de Naoko Sumino. Ses premières photos officielles ainsi que ses autographes le sont sous ce nom au moins jusqu'en 2003-2004.
A partir de 2004, elle rejoint le Groupe 19 de la NASA et porte le nom dorénavant de Naoko Yamazaki. Elle effectue aussi son vol spatial, STS-131 en 2010.
En 2004, on peut constater le changement de nom sur ses photos officielles de la JAXA (ex-NASDA).
Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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