mardi 12 novembre 2013

Disparition du cosmonaute Alexandre Serebrov (1944 - 2013)

Nous avons appris, ce mardi 12 novembre 2013, la disparition du cosmonaute Alexandre Serebrov qui s'est éteint soudainement cet après-midi dans son domicile à la Cité des Etoiles à Moscou. Il avait 69 ans.

 
Né le 15 février 1944 à Moscou, Alexandre Serebrov est diplômé du Moscow Physics Technological Institute. Il travaille ensuite chez Energia en tant qu'ingénieur pour le programme spatial.

En 1978, il est sélectionné comme cosmonaute.

Il effectuera 4 missions spatiales :

- Soyouz T-7 : 19 au 27 août 1982
- Soyouz T-8 : 20 au 22 avril 1983
- Soyouz TM-8 : 5 septembre 1989 au 19 février 1990
- Soyouz TM-15 : 1er juillet 1993 au 14 janvier 1994

Il passera en tout 372 jours dans l'espace.
 
Sa première mission, Soyouz T-7, a lieu du 19 au 27 août 1982, avec les cosmonautes Leonid Popov et Savitskaïa. L'équipage s'amarre à Saliout 7.
 
L'équipage revient sur Terre à bord de la capsule Soyouz T-5.

(Alexandre Serebrov à bord de Saliout 7 lors de la mission Soyouz T-7)
(Timbre hommage russe de la mission Soyouz T-7)

Le 20 avril 1983, il part pour sa seconde mission avec les cosmonautes Vladimir Titov et Gennady Strekalov pour la mission Soyouz T-8. Le but principal de la mission était de s'amarrer à la station Saliout 7 afin de réparer un panneau solaire. Mais à cause d'un problème d'antenne, l'amarrage ne put avoir lieu (même en manuel) et la mission rentra sur Terre au bout de deux jours.

(Enveloppe signée par l'équipage Soyouz T-8)

Il décolle pour sa troisième mission le 5 septembre 1989 pour une mission longue durée à bord de MIR avec Alexandre Viktorenko, mission Soyouz TM-8, où l'équipage devient le 5ème équipage résident sur MIR (d'où aussi l'appellation MIR 5).
 
L'arrimage se fit de façon manuel à cause d'un disfonctionnement du système de rendez-vous Kurs.
 
L'équipage s'occupa aussi de s'occuper de la mise en route du module Kvant-2, arrivé le 6 décembre.
 
Il y eut 5 EVA lors de cette mission. Lors de la 4ème, le 1er février 1990, Serebrov testa le fauteuil spatial russe Ikar (ou Ikarus) et s'éloigna à 33 mètres de MIR (mais il y avait un câble de sécurité relié à MIR au cas où). Viktorenko testa Ikar lors de la 5ème EVA et s'éloigna de 45 mètres.
 
L'équipage revient sur Terre le 19 février 1990 après 166 jours dans l'espace.

 
 Pour son 4ème et dernier vol, Serebrov s'envole le 1er juillet 1993 avec l'équipage de Soyouz TM-17 Altair, Vassili Tsibiliev et le français Jean-Pierre Haigneré. Après le départ d'Haigneré, Tsibiliev et Serebrov deviennent le 14ème équipage résident de MIR.
 
Le 14 janvier 1994, l'équipage quitte MIR pour se préparer à retourner sur Terre. Il est prévu que l'équipage fasse une inspection et des photos autour de MIR, et principalement du module Krystall. Lors de la manœuvre, la capsule Soyouz TM-17, pilotée par Vassili Tsibiliev, percute le module Krystall. Plus de peur que de mal, mais l'équipage peut rentrer sans encombre sur Terre le jour même après 196 jours de vol.

 
Alexandre Serebrov était un des astronautes / cosmonautes les plus expérimentés et avait à son actif 10 sorties extra-véhiculaires(EVA).

Il quitte le corps des cosmonautes en 1995. 
 
Il était venu faire une conférence à Paris en avril 2011, à l'UNESCO, pour célébrer le 50ème anniversaire du vol de Gagarine.

(Crédit : Space Quotes - Souvenirs d'espace / Stéphane Sebile)
 
(Alexandre Serebrov signant quelques photos après sa conférence à l'UNESCO)

vendredi 8 novembre 2013

Interview de l'astronaute Thomas Reiter, actuel Directeur des Vols Habités et des Opérations de l'ESA


Thomas Reiter est un ancien pilote de chasse et pilote d’essais de l’Armée de l’Air allemande.

Egalement ingénieur aérospatial, il est détaché au début des années 1990 à l’ESA et travail sur la navette Hermes et le module Columbus.

En 1992, il est sélectionné par l’ESA comme astronaute, et part s’entraîner à la Cité des Etoiles en août 1993 pour la préparation de la mission Euromir 95.

(Le Groupe ESA de 1992)
Il effectue sa première mission spatiale, donc avec Soyouz TM-22 / Euromir 95 entre le 3 septembre 1995 et le 29 février 1996, où il restera 179 jours dans l’espace. Il effectuera deux EVA lors de cette mission.

Il effectue sa deuxième mission spatiale du 4 juillet au 22 décembre 2006 avec  Expedition 13 / 14 Astrolab (aller et retour en navette / vols STS-121 et 116). Il restera 171 jours dans l’espace.

Il totalise en tout 350 jours dans l’espace. Il est le non-américain ou non-russe qui est resté, à ce jour, le plus longtemps dans l’espace.

Depuis avril 2011, il est le Directeur des Vols Habités et des Opérations (D/HSO) de l’ESA à l’European Astronaut Center de Cologne.

Interview réalisée en novembre 2013

How many years were you connected to the space program prior to your 1st spaceflight?

I was appointed to ESA's Astronaut Corps based at the European Astronaut Centre (EAC) in Cologne in 1992.

After completing my basic training I was selected for the 95th Euromir mission.

The according preparation began in August 1993 in Swjosdny Gorodok ("Star City") in the vicinity of Moscow. This is where I prepared for extra-vehicular activities in open space and trained to operate the Soyuz capsule.

 Appointed as flight engineer on board the MIR space station, I also had to undergo some onboard-engineer tasks.

How did you feel prior to the flight ?

Preparing for my first mission was an exciting time.

Everything I learned was a completely new territory for me. Every day was associated with new challenges and the joy for my first flight was constantly growing.

What kind of sensations did you experience during take-off ?

The training phase prepared us for many things, but not for the view out of the window, looking at Earth.
Even when one has seen  many photos  taken from space, reality is something completely different - the numerous colours, the arc of the horizon, the thin shell of atmosphere.

I got to know the feeling of gravity during the parabolic flights I took before my mission, but in this context the sensation only lasts for 30 seconds.

It was therefore something totally new to experience this feeling on an ongoing  basis throughout a period of six months, a feeling which I had to get used to.


What does weightlessness feel like, and what did you think about during the flight?

There is a lot you need to learn in weightlessness, especially about your own movements.
You have to spend much less energy and be more careful with everything.
Once you get used to it however it is fun to work in zero gravity.

During the flight I felt constantly thrilled to have the opportunity to work on a space station and conduct experiments in a new environment. The highlights during my first flight were of course the two EVAs in space during which I could see Earth directly through the glass of my helmet.

What were some of the problems you encountered and how did you fixed them?

Of course we had a few little issues on board, just like we would have had some on earth too.

As an astronaut it is necessary to be able to react to any situation without outside help.

I once recovered an experiment with the strings of my guitar for example, to the delight of the scientists on Earth. Reliance on the team on board is also indispensable.

My experience in space has shown me that only human beings, thanks to their skills and competences, are able to react to unforeseen situations.

(L'équipage Euromir 95 avec l'équipage de STS-74 qui a pris cette photo de MIR)

What did you eat, and did it taste real?


Before my flight, I had the chance to choose my meals for the mission according to my taste.
In weightlessness however the taste buds work differently than on Earth and you get the feeling that you need to have much more salt.

I was always especially looking forward to the arrival of the re-supply spaceship as it always had fresh fruit on board.

What was re-entry like ?

Since your muscles regress during the flight you have to do at least two hours of exercise every day while in space.

The re-entry is the first step towards readaptation to Earth’s gravity.

During the return flight the increasing gravity is spread over the entire body.

Once you are back on Earth you then have to learn how to deal with gravity again. It takes about a couple of days to get used to it again.

Were you glad to be back on Earth, or did you feel you could have spent the rest of your life up there ?

The feeling of weightlessness is unique.

Once you know it, you would like to experience it again and again. But not only that, the view of Earth from space is also unforgettable.

I miss these two aspects. However, after half a year in space it is great to return to Earth, to my family and friends.

jeudi 10 octobre 2013

10 octobre 2013 - Décès de l'astronaute Scott Carpenter (1925-2013)

(en cours de publication)

Nous avons appris cet après-midi le décès de l'astronaute Scott Carpenter aujourd'hui à l'âge de 88 ans des suites d'un AVC pour lequel il était hospitalisé , à Denver, depuis fin septembre.
 
Scott Carpenter était un des deux astronautes Mercury encore vivant, avec John Glenn.
 
Sélectionné en 1959, dans le groupe 1 de la NASA (The Seven), il effectuera la deuxième mission orbitale du programme américain le 24 mai 1962 à bord de la capsule Aurora 7.

Scott Carpenter avait accordé une interview à Space Quotes - Souvenirs d'espace en 2009 :
http://spacemen1969.blogspot.fr/2010/04/interview-de-scott-carpenter-astronaute.html

jeudi 5 septembre 2013

Interview de Jeff Ashby, Commandant de navette spatiale


Jeffrey ‘’Jeff’’ Ashby est un ancien pilote de chasse et pilote d’essais de l’US Navy.

 
Il est sélectionné comme pilote par la NASA en 1994 dans le groupe 15.

Il a effectué 3 missions spatiales : STS-93 en 1999 comme pilote, STS-100 en 2001 comme pilote et STS-112 en 2002.
Il aura passé 27 jours et 16 heures dans l’espace.

Il quitte la NASA en 2008.

Il est actuellement Responsable de la sécurité des vols habités chez Blue Origin. 

 
 
Interview réalisée en 2013

 
How many years were you connected to the space program prior to your flight ?
About 4 years. 
I was selected as part of Group 19 in March 1995 and flew my first space shuttle mission as Pilot for STS-93 in July 1999.

 
How did you feel prior to the flight ?
Anxious but not afraid. 
There are many new experiences ahead of an astronaut before their first flight, and its hard to know if you are completely prepared.

 
What kinds of sensations did you experienced during take-off ?
The STS-93 launch aboard COLUMBIA included several vehicle anomalies in first stage (first 2 minutes). 
In between reacting to the failure indications, I recall thinking that the ride was more physically violent than I had expected.

 
What does weightlessness feel like, and what did you think about during the flight ?
There are at least 3 great experiences during a spaceflight. 
Physiological adaptation and body movement in a weightless environment, observing objects float and behave in the apparent absence of gravity, and the view of Earth from space. 
Most life-changing for me was the view of Earth’s incredible thin atmosphere.

 
What were some of the problems you encountered and how did you fixed them ?
Most spaceflights encounter vehicle and equipment anomalies and malfunctions. 
The astronaut crews work with experts in Houston Mission Control to resolve the problems and complete the assigned mission.
 
What did you eat, and did it taste real ?
My favorite food was applesauce, followed by the Cherry/blueberry cobbler. 
Both tasted better than they did on Earth.
 
What was re-entry like ?
In contrast to launch and ascent, re-entry is very smooth and lasts much longer. 
The maximum G-forces experienced during space shuttle re-entry were about 1.6G.

 
Were you glad to be back on Earth, or did you feel you could have spent the rest of your life up there ?
A big part of any spaceflight experience is coming home to share the stories with family and friends, and to share the sense of accomplishment with the hard-working experts and engineers who support the flight from mission control. 
I was glad to come back, but immediately began thinking about a future flight.
 

dimanche 11 août 2013

Entretien avec Richard Truly, astronaute et ancien directeur de la NASA


Richard H. Truly est ingénieur et ancien pilote d’essais de l’US Navy.

 
Sélectionné en 1965 dans le 1er groupe MOL (programme type Gemini mais version militaire) de l’US Air Force, il intègre la NASA en 1969 dans le Groupe 7, lorsque le programme MOL est annulé.
 
Durant sa carrière d’astronaute à la NASA, il sera pilote d’Enterprise lors de deux des cinq vols ALT de celle-ci en 1977, pilote de la navette Columbia lors de STS-2 en 1981 et Commandant de Challenger lors de la mission STS-8 en 1983.

Il quitte la NASA en 1983 et devient le premier Commandant du Naval Space Command.

En 1986, il revient à la NASA après l’accident de Challenger en tant que responsable des vols habités et s’occupe de l’enquête et du retour en vol de la navette spatiale.

En 1989, il quitte l’US Navy avec le grade de Vice-Amiral et devient Administrateur de la NASA entre 1989 et 1992.

De 1992 à 1997, il est le Directeur du Georgia Tech Research Institute à Atlanta puis de 1997 à 2005, il est le directeur du NREL (National Renewable Energy Laboratory), institution  dédiée aux énergies renouvelables, à Golden dans le Colorado.

Richard Truly a reçu de nombreuses récompenses, décorations et distinctions lors de sa carrière (Médaille Présidentielle, NASA, Trophée Collier, etc…).

 
Entretien réalisé en trois fois en 2012 et en 2013.

A quand remonte votre intérêt pour l’aviation ?
Comme beaucoup d’enfants à mon époque, j’aimais bien les avions, mais sans plus. Je n’ai pas eu la vocation de devenir pilote comme certains de mes amis – je voulais être ingénieur.
C’est plus tard, en faisant mes études à Georgia Tech que j’ai côtoyé la Navy. Et cela m’a plu.
J’ai demandé à faire le programme de pilote en plus de ma formation d’ingénieur aéronautique. Puis je suis devenu pilote d’essai.

Comment vous êtes-vous retrouvé dans le programme MOL (Manned Orbital Laboratory) ?
La Chance !!!

En fait, c’est l’US Air Force qui gérait ce programme. Quelqu’un a convaincu l’Air Force qu’il fallait aussi des pilotes d’essais diplômés de l’Aerospace Research Pilot School où j’étudiais. Puis? j’ai donc été sélectionné.
 
Après l’annulation du programme MOL, comment avez-vous intégré la NASA ?
C’était logique ! Nous travaillions avec la NASA depuis des années. Nous avions la même formation mais des rôles différents. MOL était un programme militaire et Gemini était son pendant civil.

Je sais qu’au début, on ne voulait pas de nous. Il y avait trop de monde à la NASA. Puis finalement, nous sommes restés.

J’ai lu quelque part que vous aviez refusé d’être ‘’support crew’’ pour Apollo 15 afin de travailler sur Skylab (…)
(…) Oui, c’est David Scott qui me l’avait proposé.
Mais le programme Apollo touchait à sa fin et il n’y aurait plus ce type de missions avant des années. J’ai donc décidé de m’investir sur Skylab à la demande de Walt Cunningham.

Pourriez-vous nous raconter un peu de votre travail sur Skylab ?
C’était très très intéressant. Et nouveau.
A part la capsule de type Apollo qui servait pour amener l’équipage, tout était nouveau. 
Cela a été un travail intense. J’ai beaucoup travaillé sur l’Orbital Workshop.

Pas déçu de ne pas avoir été sélectionné pour un équipage après tant de travail ?
Bah, un petit peu, mais vous savez, je ne me suis pas investit pour partir obligatoirement. 

On s’investit pour le programme. Il y avait d’autres personnes avant moi. Il y a toujours du monde devant soi. Et pourtant il n’y a jamais personne en tête…

J’ai été Capcom pour Skylab 1 et 2 (Ascent, RendezVous et Entry). Je connaissais bien le Workshop.

Et après cette mission Skylab, vous avez jeté votre dévolu sur le programme navette spatiale.
Oui, c’est cela…

Pourquoi ?
Pour un ingénieur et pilote, c’était un travail super.
Le rêve d’aller dans l’espace et dans revenir plusieurs fois de suite avec le même véhicule spatial allait devenir réalité.
Là-aussi, il y avait beaucoup à faire. Nous avons conçu le cockpit, les organes de vol…

Quels souvenirs gardez-vous du programme ALT et des tests en vols avec Enteprise ?
Très bon … (rires).

Nous approchions de ce que nous voulions faire : Envoyer une navette dans l’espace et l’a faire revenir.

Ces tests étaient cruciaux pour la suite du programme.

Les deux vols que nous avons fait avec Joe, étaient très intenses et ont demandé beaucoup de travail. Enormément de simulation et de vols de simulation avant.

J’étais pressé de faire enfin notre premier vol sur Enterprise.

(Enveloppe signée par les deux équipages Enterprise ALT)
(Photos signées par Richard Truly)
 
Pourriez-vous nous donner vos impressions, vos sentiments pour la mission STS-2 ? C’était votre premier vol spatial … Comment vous sentiez-vous avant de partir ?
Et de loin, un de mes moments préférés.
J’attendais cela avec impatience. Nous avions tellement travaillé sur ce programme.
 
 
J’étais extrêmement concentré sur tout ce qu’il y avait à faire.
La charge de travail était énorme. Il y avait eu plusieurs reports et donc, nous étions pressés de faire notre mission.

C’était aussi la première fois qu’un vaisseau conçu pour être réutilisable allait décoller pour sa deuxième mission.
 
(Décollage de STS-2 / Photo de John Young)
 
Les tests avec le bras robotique ont été très bons.
Je me souviens de Sally Ride qui était Capcom lors des tests. Elle n’arrêtait pas de nous demander de faire ci et de faire ça, puis de nous féliciter à chaque fois. Nous lui avons montré un mot rien que pour elle à travers une des fenêtres du Flight Deck : Hi Mom !
 
(Test Canadarm / Photo NASA)
(Richartd Truly en vol lors de STS-2)
 
Un peu déçu d’avoir dû écourter la mission après la panne d’une des piles à combustible ?
Un peu quand même car j’aurai aimé rester un peu plus de temps en vol, mais nous avons réussi à faire presque tout notre programme de vol, donc, pas trop de regrets non plus.

Vous avez eu aussi le Président Ronald Reagan en direct par téléphone. Quel souvenir en avez-vous ?
C’était très surprenant…

Il nous a dit qu’il était très fier de nous, et que l’Amérique était fière de nous. On lui a répondu que nous aussi nous étions fiers que des gens soient fiers de nous, ou quelque chose comme ça (rires…).
 
(Photo signée par le directeur du Johnson Space Center Chris Kraft)
 
Comment s’est passé le retour sur Terre de Columbia ? Etiez-vous tendu ?
Non, pas du tout. Mais très concentré.

C’était quand même, comme pour le décollage, la première fois, qu’un même vaisseau revenait sur Terre pour la deuxième fois. Je crois que les plus tendus étaient les gens au sol, notamment au Flight Control, et surtout notre Capcom Rick Hauck.

Il y avait beaucoup de monde, de public qui attendait notre retour.

Joe a posé Columbia tout en douceur, se permettant de garder le nez de Columbia en l’air pendant de longues secondes alors que le train principal avait touché le sol.

Nous avons dit au moment de nous poser ‘’L’oiseau vole très bien’’.

(Photo retour STS-2 signée par Richard Truly)
(La mission du point de vue philatélique)
 
J’ai lu que le plus grand ‘’challenge’’ de votre carrière, n’était pas les vols ALT ni vos vols spatiaux, mais votre retour à la NASA après votre retraite de celle-ci.
On vous a rappelé juste après l’accident de Challenger pour devenir Administrateur-Adjoint, responsable des vols habités.
J’avais quitté la NASA depuis quelques temps déjà, et j’étais à ce moment-là, Commandant du Naval Space Command récemment mis en place.

On m’a téléphoné quelques jours après l’accident et juste après la mise en place de la Commission Rogers qui allait travailler sur l’accident.

Au moment de l’accident, il y a avait un directeur de la NASA par intérim, et c’était une période avec de grosses pressions pour l’agence. Tout le monde pensait que faire voler des navettes était facile, mais ce n’était pas le cas. Je suis arrivé à un des pires moments.
J’aurai pu refuser, mais non, j’ai accepté. C’était un sacré travail, un challenge énorme. 

J’étais responsable de l’enquête à la NASA, travaillant avec la Commission Rogers, et en même temps, je devais m’occuper du retour en vol.

Beaucoup de gens pensaient que la NASA avait même ‘’tué’’ son équipage.

Nous avons tous fait notre travail dans des conditions difficiles et nous sommes repartis dans l’espace.

A votre avis, quel doit être l’avenir de la NASA, et plus généralement, de l’homme dans l’espace ?
Nous devons continuer d’explorer.

Nous n’aurons certainement plus jamais un programme comme Apollo, qui répondait à un contexte historique, mais nous devons retourner sur la Lune.

Ce n’est pas parce que nous avons marché dessus que nous avons tout exploré !

Elle fait partie, avec Mars, des seuls mondes extraterrestres où nous pouvons poser pied pour le moment, alors, allons-y !!!

Nous avions ce genre de programme et tout à été annulé.

Nous devons avoir un programme spatial qui aille au-delà des nombreux présidents et des Congrès. L’espace, l’exploration spatiale, ne sont ni démocrates ou républicains. Ce doit être un programme américain (pour ce qui nous concerne).
(Richard Truly, en tant qu'Administrateur de la NASA)

Crédit : Collection Stéphane Sebile / Spacemen1969
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