samedi 28 novembre 2015

Rencontre avec Karen Oldenburg, la créatrice du logo de la mission Proxima de Thomas Pesquet



Le 12 novembre dernier, le nom de la mission spatiale de Thomas Pesquet a été révélé au public : il s'agit de la mission PROXIMA (Cliquez ici pour l'article sur la mission Proxima).

Le logo a été également dévoilé : il est l'oeuvre de Karen Oldenburg, graphic designer de l'ESA.
(cliquez ici pour le descriptif complet du logo).


Rencontre et interview avec Karen qui était présente lors de la révélation au public du nom et du logo de la mission de Thomas Pesquet.


Karen, you work at ESA – what is your job as a graphic designer and why did you choose this job? What is your background ?
I’ve studied at the Graphic Design school in Amsterdam.
As a child I was always drawing and being creative, so becoming a graphic designer sounded like a great job. Just imagine, being able to have your hobby as a job! After graduating at the design school I have worked at a couple of small studios and did some freelance work.
I was looking for a new challenge and ESA was looking for a graphic designer for their team in the Netherlands, so I applied for the job in 2010 and have been working for ESA since then.
Before working for ESA I did not know anything about space but during all these years I’ve learned a lot about space and I really like it.

I am the graphic designer for the Human Spaceflight and Operations department at ESA, this means that all the printed materials are designed by me.
ESA has a corporate identity that I need to follow, and I am the one who makes sure that the identity is being kept in all the productions our department makes. That includes the mission brochures, posters, flyers and also the mission patches.

How did you composed this logo and what was your inspiration for this ? What kind of rules are there for this logo ? How many time did you have to create this logo ?
We started with the design of the patch in the beginning of July (2015).
Thomas and I sat together and discussed what he would like to have. The name was being selected through a competition in France so we had to wait until the mission name was chosen. I started making the first drafts for the patch in August.

In total I have designed about 14 completely different designs and 3 of them were potentially good patches. Then comes the fine-tuning and in total there were about 75 different options.
So it was a lot of work but that’s always the case when designing a patch. Thomas knew very well what he would like to have and also what he did not want to have and that made very easy to work with him.
Thomas was very involved in the design and gave me lots of good inputs and comments – we really worked together on this patch.
It is difficult to describe how we have come to this final design, the Star Trails as we call it. It is a process of playing and puzzling and somehow this futuristic design comes out of my hands.
My main inspiration is of course space and future and I think this design captures both messages.

The rules for making a good mission patch is to always think about the main purpose and that is the embroidered patch that the astronaut will wear on his suit. The other thing that you need to consider is that the logo will be used on very small scales (like pins) but also very big ones. And then of course it has to have the ESA font and style.

What was your reaction when you found out that you would be the one to design this logo for Thomas Pesquet’s Proxima mission ?
The first idea was to have a competition for this patch in France, everybody in France could send their designs of the patch to ESA and one design would be chosen to be the winner. But since that was during the school holiday period and the deadline to have the final logo was in November, there was not enough time to start the competition and the decision was that I would be the one designing the patch.
Of course this is a great honour for me and I feel really privileged. Designing patches is one of the reasons why I love my job so much. Not many people can say that their designs have been in space !

Would you like to go to space? And why?
Yes I would like to be in space. But to get to space, with a huge rocket and all the intense training that you need to do before, I’d prefer to skip that part. Just click your fingers and I’m in space – that’s OK. But I think it would be a great experience to be weightless and to look at the beautiful Earth from such a distance… It would be breathtaking!


Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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jeudi 26 novembre 2015

26 novembre 1965 : La France devient la troisième puissance spatiale


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26 novembre 1965, Hammaguir en Algérie : Une fusée Diamant A décolle et quelques minutes après met sur orbite le petit satellite A1La France devient la troisième puissance spatiale !

(Collection particulière / DR)
Moins de 10 années après que l’humanité soit entrée dans l’âge spatial, la France surprenait tout le monde en devenant cette troisième puissance spatiale, après l’URSS et les Etats-Unis.
Ce succès ''inattendu'' mis en joie les commentateurs et journalistes de l’époque, qui n’hésitèrent pas à rebaptiser le satellite du nom d’Astérix – un petit gaulois damnant le pion aux grandes puissances. Nom d’ailleurs qui lui est resté.


La France étonnait. Rien ne laissait penser à un succès aussi rapide (sauf en France) – partir de fusées-sondes à une satellisation dès le premier essai.

Je ne vais pas revenir sur la genèse et l’historique qui ont conduit à ce que la France devienne un puissance spatiale, d'autres l'ont fait et le font beaucoup mieux que moi – je vous laisse lire et/ou relire les ouvrages des spécialistes, dont celui de l’ami Philippe Varnoteaux (L’aventure spatiale française – De 1945 à la naissance d’Ariane chez Editions Nouveau Monde et paru il y a quelques semaines).

En septembre 1959 est créée la SEREB (Société pour l’Etude et la Réalisation d’Engins Balistiques) suite à la décision du Général de Gaulle de l’indépendance de la France concernant les missiles balistiques et sa puissance nucléaire.

C’est en automne 1960 qu’apparaît les véritables premières ébauches d’un lanceur capable de mettre sur orbite des satellites de 80 km à une altitude de 500 km. On va développer le Saphir, qui est un missile à deux étages, dont le premier étage, Emeraude, est à propulsion liquide.
Il suffit d’ajouter un troisième étage pour la satellisation. Le deuxième étage sera le Topaze qui est à propulsion à poudre. Le fameux programme ''Pierres Précieuses''.
En décembre 1961, le gouvernement décide de la création du CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) et du lancement de ce lanceur trois étage, qui est baptisé Diamant A.
A l’origine, c’était l’armée qui avait la priorité de ce lanceur Diamant pour lancer des capsules de série A (A comme Armées) et le CNES s’en servirait ensuite.
Après des négociations, il a été décidé qu’il serait plus judicieux de lancer un satellite en orbite plutôt qu’une capsule. Mais comme le temps manquait pour un véritable satellite, on aménagea une capsule A avec une balise à ondes radioélectriques, un système de télémesure (pour avoir des informations sur le comportement du satellite en orbite), un système de mesure de température et un répondeur radar. Ce sera le A1.

Maintenant que le projet est lancé, il ne faudra que 4 ans à peine pour voir sa réussite.
Entre 1963 et 1965, plusieurs essais ont lieu avec les Emeraude et les Topaze. Le troisième étage développé sera aussi à poudre, ce sera le Rubis qui comporte un compartiment où se place le satellite.
Assemblé, Diamant A mesure presque 19 mètres et pèse 18 tonnes.

(Publicité de 1961)
C'est la SEREB qui est en charge de la construction du lanceur Diamant A.

Le satellite A1 est fabriqué par Matra. Il mesure 54 cm de haut et un diamètre de 55 cm pour un poids de 40 kg.

(Intégration du satellite A1 chez Matra)

Le lancement se fait depuis le champ de tir Brigitte à Hammaguir en Algérie. On remplit à H-6 heures les réservoirs avec du l’acide nitrique et de l’essence de térébenthine. Puis à 15h47 (heure de Paris), c’est le décollage – Diamant A s’envole.

A 43 kilomètres d’altitude environ, le premier étage se sépare après 1 min 35 s, et on le retrouvera à près de 350 km du pas de tir.

A 128 kilomètres d’altitude, le deuxième étage s’éteint. Nous sommes à + 2 min 04 s du décollage.

A + 2 min 32 s, la coiffe se sépare et à + 2 min 47, il y a retournement du lanceur pour la satellisation

A + 4 min 59 s, séparation du deuxième étage qui retombe en Mer Méditerranée.

Le troisième étage va s’allumer à + 7 min 20 s et va tourner sur son axe de roulis avant de s’éteindre 45 sec plus tard. La vitesse de satellisation (7 710 m/s) est atteinte à une altitude de 550 km. Puis à + 10 min 22 sec, le satellite A1 se sépare et se retrouve en orbite.

Même si la mise en orbite est réussie, le satellite reste muet, ses antennes ayant été abîmées lorsque la coiffe a été éjectée. Les réseaux de poursuite confirment la mise en orbite du satellite A1 qui se trouve dur une trajectoire de 1 768 km en apogée et 528 km en périgée, avec une orbite de 108 minutes.

Astérix se trouve toujours en orbite de nos jours.


(Deux publicités de 1965)

(Porte-clés souvenir de la SEREB)
La Poste française, bien sûr, va célébrer cet événement avec l’émission d’un triptyque composé de deux timbres et d’une vignette centrale – l’émission 1er Jour se fait le 30 novembre 1965. Les timbres sont créés et graveur par Claude Durrens.

Le triptyque sera émis également début 1966 dans les territoires d’outre-mer – dans différentes couleurs. Il sera également surchargé Francs CFA et Réunion. 
(1er Jour du triptyque signé par l'artiste Claude Durrens)


(1er Jour commémoratif du Niger)
(Maquette originale d'un des deux timbres / Crédit : Musée de la Poste-L'adresse postale)

Le Musée de l’Air et de l’Espace au Bourget possède dans son Hall Espace un lanceur Diamant A ainsi qu’une réplique à l’échelle - plus exactement un modèle d'essai - du satellite A1 Astérix.



La Cité de l’Espace à Toulouse possède également une réplique du satellite A1 Astérix – l’inauguration a eu lieu aujourd’hui, 26 novembre 2015, en présence de nombreuses personnalités.

Le 50ème anniversaire de cet événement est commémoré de différentes façons dans bien des endroits. Le CNES, à son siège parisien, devait tenir une conférence spéciale avec des anciens du programme, mais suite aux attentats du 13 novembre 2015, la conférence a été annulée pour des raisons de sécurité.

La Poste émet également un timbre pour célébrer ce cinquantenaire dont le 1er Jour est le 26 novembre.

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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               CNES

jeudi 19 novembre 2015

Interview d'Umberto Guidoni, astronaute italien de l'ESA qui a effectué 2 missions spatiales


Umberto Guidoni est un ancien astronaute italien de l’Agence Spatiale Italienne (ASI) et de l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

Docteur en physique et astrophysique de l’Université de Rome, il entre comme chercheur à l’ENEA (Ente Nazionale Energie Alternative) en 1983 avant d’intégrer l’IFSI de Frascati (Institut de Physique Spatiale Interplanétaire) qui est un train de concevoir un satellite captif, le TSS (Tethered Satellite System). Il sera chef du projet à partir de 1989.

En 1990, il est sélectionné par l’ASI comme astronaute Payload Specialist et s’entraîne comme doublure de Franco Malerba pour la mission STS-46 qui a lieu en 1992.

En 1994, il est sélectionné comme Payload Specialist pour la future mission STS-75 qui emportera un deuxième exemplaire de satellite captif TSS – la mission a lieu du 22 février au 9 mars 1996 et il restera 15 jours 17 heures et 41 minutes dans l’espace.

En 1998, il intègre le corps des astronautes européens de l’ESA et commence sa formation de Mission Specialist. 
Il volera une seconde fois lors de la mission STS-100 du 19 avril au 1er mai 2001. Il restera dans l’espace 11 jours 21 heures et 31 minutes lors de ce second vol.
Il devient lors de cette mission, le premier européen (ESA) à voler à bord de la Station Spatiale Internationale.

Umberto Guidoni quitte le corps des astronautes en 2004 avec deux vols spatiaux à son actif et un total de 27 jours 15 heures et 12 minutes dans l’espace.

Entre 2004 et 2009, il est député européen, et actuellement se consacre à populariser les sciences et à inciter les plus jeunes à faire de la science, et à aimer l’espace.
Umberto Guidoni est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’espace, aussi bien destinés aux adultes qu’aux enfants (voir photos en bas de l'interview).



Umberto Guidoni vient nous parler de sa première mission STS-75

Retrouvez aussi l’interview de Scott Horowitz qui était le pilote de cette mission.


Interview réalisée en novembre 2015


How many years were you connected to the space program prior to your flight ?
I was involved with the space program even before I was selected as an astronaut.
As a scientist, I worked at the National Research Council (Consiglio Nazionale delle Ricerche - CNR) on the same tether satellite that was chosen as the primary payload of the STS-75 flight. After the selection, I started the astronaut training in 1990 and I flew on the STS-75 mission, in February 1996.


How did you feel prior to the flight ?
When I left the “crew quarters” where I had spent the last week before the flight, I felt like I was in a movie: on the way to the launch pad, the crew was on a bus escorted by police cars and helicopters (you know what I mean if you have seen the movie “Armageddon” with Bruce Willis).
When I finally got into my seat on the Space Shuttle Columbia, I felt that my dream was coming true.

What kinds of sensations did you experienced during take-off ?
Sitting on my back with my flight suit for more than 2 hours was kind of uncomfortable but I focused on the final countdown.
At the six seconds mark, the main engines ignited, the cabin vibrated and the entire structure swung forward. When the countdown reached zero, I felt the dull roar of the two "boosters" and the final “kick": Columbia was slowly rising into the sky.
It was a dizzying ascent that brought me into orbit, in just 8 minutes. In the last part of the flight, we reached the maximum acceleration of 3g, three times the weight on Earth and, all of a sudden, the engines were silent and the feeling of heaviness in the chest suddenly disappeared.
I was on my seat just because of my seat belts, otherwise I would have floated in the middle of the cabin.
(Crédit : NASA / Space Quotes - Souvenirs d'espace)

What does weightlessness feel like, and what did you think about during the flight ?
It takes a little while to get used to the new sensation of being weightlessness.
It is like being in a swimming pool but without the drag of the water. There are no high and low, no more references and the brain get confused: the floor is where your feet are, and where is your head, it is the ceiling.
So, if you are upside down, according to the Earth standard, the brain re-elaborates the space around you and, in a split second, the entire cabin rotates so you feel like you are with your head "up", but the other crewmembers are misplaced as they work with their feet on the ceiling !


What were some of the problems you encountered and how did you fixed them ?
The main objective of the mission was the deployment of the tether satellite up to a distance of 20 km.
The system was supposed to generate electricity like a gigantic dynamo, taking advantage of the Space Shuttle velocity, the Earth magnetic field and the 20 km wire.
The current collected by the satellite was expected to flow along the wire down to the Space Shuttle, where it was used to power some experiments on board.
When we reached 19 km the wire was burned by an electric short on the Shuttle side and the satellite, freed up, went on a higher orbit. The experiment had a sudden stop even though the scientific data had been very encouraging. Of course that was a problem we could not fix.

What did you eat, and did it taste real ?
Foods are individually packaged and stowed for easy handling in weightlessness.
All food is precooked or processed so it requires no refrigeration and is either ready to eat or can be prepared simply by adding water or by heating.
The only exceptions are the fresh fruit and vegetables stowed in the fresh food locker.
Without refrigeration, fresh food must be eaten within the first two days of the flight or they will spoil. In my flight I also had parmesan cheese that we ate very quickly.
Generally speaking, food is less tasty in weightlessness condition and you need to add salt and pepper to make it more palatable.
 
What was re-entry like ?
At the beginning of the re-entry's maneuver, the Space Shuttle uses its two orbital engines (OMS) to reduce speed and to start the free falling towards Earth. While the OMS are lighted you fill more or less the same weight you would experience on the Moon.
Then nothing really happens, until the moment when the Space Shuttle reaches the bulk of the Earth’s atmosphere and starts huge fireworks.
When you fly many times faster than the speed of sound, the impact with the atmosphere generates shock waves that create a “huge fireball” and a "red glow" all around. Once it has reduced its speed, the Space Shuttle behaves more like an airplane: has wings, rudder but main engines were turned off upon arrival on orbit. Therefore, final maneuvers are done with no engines.
The Shuttle flies like a glider, but being heavy and with short wings it falls “more like a brick” as the astronauts are used to say.

Were you glad to be back on Earth, or did you feel you could have spent the rest of your life up there ?
I had conflicting feelings.
On one hand, I was glad to be back on Earth to see my family and to feel simple emotions like walking on a grass field or enjoying the smell of fresh air. On the other hand, I missed the sensation of freedom I felt floating in midair and the beautiful colors of our planet.


(Umberto Guidoni à Paris en 2001 après son vol sur STS-100)

Crédit : Collection Spacemen1969 / Stéphane Sebile
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jeudi 12 novembre 2015

Mission Proxima pour Thomas Pesquet - 12 novembre 2015



Cet après-midi, au sein du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et en présence de Thierry Mandon, Secrétaire d'état en charge de ce ministère, l'astronaute français de l'ESA Thomas Pesquet a dévoilé le nom et le logo de sa mission - ce sera PROXIMA, le lancement étant prévu pour le 15 novembre 2016 avec l'américaine Peggy Whitson et Oleg Novitsky.

Etaient également présents, Johann-Dietrich Wörner, le directeur général de l'ESA, Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, et les astronautes Frank De Winne et Thomas Reiter.
(les astronautes Frank De Winne et Thomas Reiter)
Le nom Proxima a été proposé par Samuel Planas, un jeune garçon de 13 ans originaire de Toulouse. 
Le logo a été dessiné par une personne de l'ESA, Karen.
(Karen, créatrice du logo de la mission Proxima)
Le nom, Proxima, a été choisi dans les quelques 1 300 propositions envoyées lors du concours organisé par l'ESA. C'est donc Samuel qui a gagné, non seulement le concours, mais surtout le choix de Thomas Pesquet.
<< Proxima est l'étoile la plus proche de notre soleil et donc en toute logique la première destination pour un voyage au-delà de notre système solaire >>, comme l'a expliqué Samuel lors de l'envoi de sa proposition.

Proxima s'inscrit aussi dans la tradition des noms des missions spatiales des astronautes français comme Aragatz, Antares, Altaïr, Andromède, Perseus, Cassiopée, ...).
Proxima fait également référence à la proximité et évoque l'idée que le spatial, les vols habités, et les expériences que mènent les astronautes à bord de la Station Spatiale Internationale ont des retombées direct pour les êtres humains sur Terre.
Et on peut y voir le X comme une référence au 10ème (X) astronaute français dans l'espace que sera Thomas Pesquet.

Le logo évoque l'espace et l'exploration spatiale au-delà de l'orbite terrestre avec des traînées d'étoiles. On peut aussi y voir deux planètes ''stylisées'' qui représentent la Terre et la Lune mais aussi la Lune et Mars.
Le X représente, on vient de le voir, le 10ème astronaute français dans l'espace, mais aussi l'étoile Proxima Centauri, et également l'inconnu (x en mathématiques).

La Station Spatiale Internationale est représentée par trois lignes verticales qui dessinent son contour, et les trois couleurs associées représentent la Terre, la Lune et Mars, mais aussi le drapeau français.

Thomas Pesquet se dit << très heureux du nom et du logo de la mission qui rendent hommage aux astronautes français tout en reconnaissant l'héritage des vols habités précédents et en ouvrant des perspectives vers l'avenir >>.

Le jeune Samuel se verra récompenser par un patch qui sera allé dans l'espace lors de la mission de Thomas Pesquet.

Le Secrétaire d'état a remis un drapeau tricolore a Thomas Pesquet afin que celui-ci l'emporte dans l'espace - une copie de Charte de la COP21 devrait aussi être remis à Thomas Pesquet le mois prochain, remise certainement par le Président de la République lui-même.
(Remise du drapeau par Thierry Mandon à Thomas Pesquet)

Après les discours de Jean-Yves Le Gall, de Thomas Reiter et Jan-Dietrich Wörner, Thomas Pesquet a expliqué le déroulement de son entraînement et a détaillé une partie des 55 expériences qu'il sera amené à conduire lors de son vol et il a répondu aux questions des représentants des médias présents cet après-midi.


Les principales expériences qui seront menées par Thomas Pesquet à bord de l'ISS

Le programme de recherche scientifique est important puisqu'il ne comprend pas moins de 55 expériences à ce jour sélectionnées. Il conduira des expériences proposées par l'ESA, le CNES, le CNRS, l'INSERM, le CEA-Leti, le CADMOS, le Medes, etc...

Cinq grandes thématiques vont se partagées ses expériences (quelques exemples) et qui auront des applications et retombées directes dans le domaine spatial mais aussi dans la vie de tous les jours sur Terre :

La physiologie humaine

La recherche en physiologie humaine dans l'espace permet d'étudier et de comprendre les mécanismes qui aident l'organisme à compenser les effets de la pesanteur.

Parmi les expériences de cette catégorie, il y aura l'utilisation de l'instrument Everywear qui est une sorte de tablette/iPad qui permettra de collecter et de transmettre les données sur la santé de l'astronaute. Développée par le CNES, l'INSERM et le Medes, elle utilisera des capteurs plus performants que ceux actuellement en service dans l'ISS.

Il sera aussi utilisé Echo (Echographe télé-opérable depuis la Terre) qui permettra à un médecin au sol de réaliser des échographies cardiovasculaires des astronautes à bord de l'ISS - l'appareil a été développée par le CNES et l'Agence Spatiale Canadienne.

Avec Energy, on surveillera aussi la nutrition pour déterminer la dépense énergétiques des astronautes et de permettre de prévoir à long terme les besoins alimentaires des astronautes (ce qui pourraient à terme aussi de limiter voir même de supprimer la dure épreuve journalière de sport actuellement obligatoire deux heures par jour à bord de l'ISS). L'expérience est menée par l'ESA et le CADMOS.

Il y aura aussi l'expérience GRIP-GRASP-Perspectives du CNRS, CNES, CADMOS et INSERM) qui doit permettre de mieux comprendre l'influence de la perception et de l'orientation dans un vol spatial, et de l'adaptation du système nerveux - et d'établir des contre-mesures.

Environnement spatial

AquaPad qui permettra de tester l'absence de contamination de l'eau de boisson à bord de l'ISS (par le CNES et bioMérieux).

Cassiss (Contamination des Surfaces Innovantes dans l'ISS) qui permettront de tester en apesanteur des revêtements de surfaces innovantes (biofilms) afin d'empêcher la prolifération de bactéries (par CNES, ENS Lyon et CEA-Leti). Cela pourrait être utiles aux milieux hospitaliers (et inhospitaliers).

EuCPAD (European Crew Personal Active Dosimeter). Opérés par le CADMOS et l'ESA, ces équipements permettront des mesures encore plus efficaces des radiations reçues par les équipages de l'ISS. L'expérience a déjà commencé avec la mission IrISS d'Andreas Mogensen en septembre dernier, et se poursuivra avec Tim Peake à partir de décembre.
Cette expérience sera complétée avec celle de DOSIS-3D (de l'ESA).
(EuCPAD / Crédit : ESA)
Physique des fluides

Fluidics qui sera une expérience du CNES qui étudiera les ballottements des fluides mais aussi les phénomènes de turbulences en micropesanteur - les données recueillies seront très utiles notamment pour les satellites où les ballottements de fluides dans les réservoirs de ceux-ci deviennent néfastes pour la performance de la plateforme. Et l'expérience validera, ou non, les théories de turbulences d'ondes (par ENS Paris-Ulm).

Il y aura également une expérience et étude des propriétés thermophysiques de métaux en superfusion avec l'expérience EML.

Physique fondamentale

ACES (Atomic Clock Ensemble in Space) / Pharao (Projet d'Horloge Atomique par Refroidissement d'Atomes en Orbite) qui consistera à installer à l'extérieur de l'ISS un ensemble dont une horloge atomique à césium (Pharao) qui a pour tâche de mesurer avec encore plus d'exactitude le temps et de se ''frotter'' d'un peu plus près à la théorie de la gravitation d'Albert Einstein.
Cette horloge sera placée sur le module Columbus, et à la date d'aujourd'hui, il semblerait que ce sera un vaisseau japonais HTV qui l'amènera sur l'ISS.

Expériences Jeunesse et culturelles

La communication auprès des jeunes n'est pas oubliée et plusieurs expériences proposées par des lycées seront effectuées à bord de l'ISS. Il y aura, entre autres, une expérience sur la germination et la croissance des plantes (CERES), une expérience sur l'étude de la croissance enzymatique (CatalISS) et une expérience sur la croissance cristalline (CrISStal).

Une expérience créative entre Thomas Pesquet et l'artiste Eduardo Kac sera également effectuée - elle consiste en une oeuvre de papier uniquement réalisable dans l'espace (proposée par l'Observatoire de l'Espace et nommée Téléscope intérieur).

Il y aura également une initiative éducative avec Entraînez-vous comme un astronaute dont l'objectif est de promouvoir l'exercice et une alimentation saine.

(petite séance de dédicace des logos pour les officiels
dont un pour Samuel, qui a proposé le nom de la mission
)

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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(Crédit : ESA / Stéphane Corvaja)