lundi 25 avril 2011

Interview de Valentina Terechkova, première femme dans l'espace



Valentina Terechkova est née en 1937.
 
Elle est sélectionnée en 1962 avec 4 autres femmes dans le corps des cosmonautes.
 
Elle effectue une mission spatiale à bord de la capsule Vostok 6 du 16 au 19 juin 1963, devenant ainsi la première femme à aller dans l'espace. Son vol se fera conjointement avec la mission Vostok 5 piloté par Valery Bykovsky.
 
 
Elle ne quittera le corps des cosmonautes qu'en 1997, menant en parallèle une vie de femme politique engagée. Elle a été députée au Soviet Suprême de l'URSS et membre de la Présidence de ce même Soviet Suprême (1966-1989).
 
Elle a été mariée au cosmonaute Andrian Nikolaïev.
 
Elle est également très engagée dans la défense des femmes.

Interview réalisée lors du Forum Internatianale de l'Exploitation Pacifique de l'Espace à l'UNESCO le 21 avril 2011 (merci à la traductrice présente pour la retranscription directe des propos de Valentina Terechkova).
Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre entrainement ?
L’entrainement a été très dur.
Nous n’étions que 5 jeunes filles dans ce qu’il convient d’appeler un milieu d’hommes.
Malgré la sévérité de cet entrainement, l’extrême épuisement que nous avions parfois, notre ténacité a fait que nous étions devenues des cosmonautes à part entière.
J’ai eu la chance d’avoir été sélectionnée pour ce vol, ce premier vol d’une femme dans l’espace.
 
Comment vous sentiez-vous avant le départ ? Etiez-vous anxieuse, tendue, détendue … ?
Je mentirai si je disais que j’étais pleinement détendue (rires).
Je partais pour l’inconnu, donc il était normal que je sois un peu anxieuse.
Mais pas du tout stressée. J’avais confiance, d’abord dans les équipes techniques qui avaient préparé la mission, mais, surtout confiance en moi (rires).
Quel(s) problème(s) avez-vous rencontré lors de ce vol ?
Le décollage a été parfaitement réussi.
Mais après peu de temps avant le retour, il y a eu un problème technique avec le système d’orientation qui faisait que je montais alors que j’aurai du descendre vers la Terre.
L’équipe au sol a résolu ce problème.
Sinon, le vol s’est bien passé. Au retour, j’ai failli tomber dans l’eau et lors de la descente en parachute, je me suis cogné le nez avec mon casque. Et cela fait très mal (rires).
Mais après un vol dans le cosmos de 3 jours, on ne peut pas appeler vraiment ça des problèmes (sourire).
A quoi avez-vous pensé durant ces 3 jours de vol ? Avez-vous eu le temps de penser à autre chose qu’à la mission ?
J’étais très très occupée.
 
Le vol a été très complet et je n’ai pas eu beaucoup de temps pour penser à autre chose que la réussite de la mission.
Mais je me souviens quand même, peu de temps après être en orbite, que j’avais de la chance de vérifier en pratique ce que j’avais appris, et notamment l’apesanteur.
Et lorsque le vol s’est terminé, j’étais contente de constater que la décision que j’avais prise de devenir cosmonaute, du travail fait, des risques que j’avais pris, de constater, que tout s’était tout simplement bien terminé, et que l’homme pouvait vivre dans l’espace !
 
Quel serait votre rêve spatial le plus incroyable, le plus fou ?
Repartir dans l’espace, bien sûr !
Mais pas pour tourne autour de notre belle planète, ni marcher sur la Lune.
J’adorerai aller sur Mars. J’aime beaucoup Mars.
Après le vol de Youri Gagarine, je peux vous dire que, nous, les premiers cosmonautes, voulions tous aller sur cette planète rouge.
Oui, sans hésiter, Mars serait certainement mon rêve spatial le plus fou.

(avec Valentina Terechkova à l'UNESCO à Paris)
 
 
 

dimanche 24 avril 2011

Forum International de l'Exploitation Pacifique de l'Espace et 50 ans du vol de Youri Gagarine à l'UNESCO - 21 avril 2011

Compte-rendu de ce Forum et de cette exposition avec des photos et vidéos sur l'autre site de Space Quotes -Souvenirs d'espace consacré à Youri Gagarine. www.yourigagarine1961.blogspot.com FORUM INTERNATIONAL ESPACE - UNESCO PARIS

samedi 16 avril 2011

Souvenir du vol et d'une rencontre avec Youri Gagarine

Maxime Gremetz, député, se souvient de Youri Gagarine :
le vol spatial de Youri Gagarine a été pour moi une incroyable aventure et découverte, un bouleversement ouvrant sur l’univers des perspectives considérables.
Au plan humain, j’ai eu l’immense plaisir et une formidable émotion de rencontrer ce jeune homme plein de vie et d’humour, modeste à Paris.
J’ai ensuite eu l’occasion d’utiliser son siège d’entraînement à la cité des Etoiles à Moscou.
Ce voyage nous a donné ce sentiment que la recherche et les hommes n’avaient pas de limites.
Quel bonheur et que de rêve ce premier vol spatial de Gagarine

mercredi 13 avril 2011

Liste des musées qui accueilleront les navettes spatiales à la fin du programme

ça y est, la liste des musées qui vont recevoir les navettes après l'arrêt du programme a été donnée tout à l'heure par Charles Bolden :
Discovery ira à Washington au NASM (Udvar-Hazy Center),
Atlantis ira au Kennedy Space Center,
Endeavour ira au California Science Center à Los Angeles
Enterprise (qui est actuellement au Udvar-hazy Center) ira sur l'USS Intrepid Air and Space Museum à New York

mardi 12 avril 2011

12 avril 1981 : Premier vol d'une navette spatiale

Le 12 avril 1981, la première navette spatiale décolle de Cape Canaveral pour une mission de 2 jours. A bord de Columbia se trouve le commandant de la mission John Young et le pilote Robert Crippen.

12 avril 1961 : Youri Gagarine devient le premier homme dans l'espace

A bord de la capsule spatiale Vostok 1, Youri Gagarine devient le premier homme dans l'espace et effectue un vol de 108 minutes

mercredi 6 avril 2011

Interview du cosmonaute Alexandre Skvorstov, commandant de Soyouz TMA-18 et d'Expedition 24

Alexandre Skvorstov est un cosmonaute russe.
Colonel de l'Armée de l'Air, il a été sélectionné en 1997.
Il est le fils du cosmonaute Alexandre Skvorstov (sélectionné en 1965 mais qui ne vola jamais dans l'espace).
Il est commandant de la mission Soyouz TMA-18 qui rejoint l'ISS en avril 2010.
Il sera ingénieur de bord pour l'équipage Expedition 23 et sera la commandant de l'équipage Expedition 24.
Après 176 jours en orbite, il retourne sur Terre en septembre 2010.
Interview réalisée à Paris le 4 avril 2010. (merci encore au traducteur officiel qui était présent et qui a traduit directement)
Q : Depuis combien de temps étiez-vous affilié au programme spatial avant votre mission ?
R : Je viens de l’Armée de l’air russe. J’ai été sélectionné en 1997.
Il faut être patient, car j’ai attendu plus de 10 ans mais la patience est un des secret de la réussite dans ce métier passionnant (sourire).
Q : Dans quel état d’esprit étiez-vous avant le décollage ? Etiez-vous détendu, stressé, angoissé…?
R : Tout ça à la fois (rires)… mais cela était un peu stressant, un peu plus que je ne l’imaginais (rires).
Mais en tant que professionnel, j’étais prêt et préparé à toutes sortes de situations qui pourraient arriver pendant le décollage.
Mais c’était surtout stressant pour la famille, les amis, les équipes au sol.
J’étais, nous étions prêt, à accomplir notre mission !
Q : Comment s’est passé le décollage ? Qu’avez-vous ressenti lors de ce décollage ?
R : Ni moi, ni mon équipage (Oleg Kornienko et Tracy Caldwell-Dyson) n’avions jamais volé en Soyouz.
C’était le premier vol pour nous tous, notre premier vol en Soyouz !
Une première expérience pour nous tous, qui s’ajoutait à mon sentiment d’avant le décollage.
A la joie de décoller, à mon léger stress, venait s’ajouter l’inconnu.
Il n’y avait personne dans la capsule nous ''rassurer'' mutuellement. Tracy avait déjà volé en navette mais jamais en Soyouz.
Au moment du décollage, il y a vraiment cette sensation, lorsque la fusée décolle, de ne plus être soutenu par la Terre.
C’est une sensation absolument fantastique !!!
La puissance est telle que l’on ressent cette sensation dans la moindre partie de son corps, et je comprends mieux Gagarine, qui lors de son vol, a lancé POYAKHELI (c’est parti) !
C’est impossible de ce taire à se moment-là ! On a envie de dire quelque chose, de crier quelque chose… C’est ce que j’ai fais, mais je ne sais plus ce que j’ai dis…(rires).
Q : Avez-vous pensé à autre chose que la mission ? Comment fait-on pour rester concentrer et opérationnel durant 6 mois dans l'espace ?
R : On a un travail à faire, on est assigné à une tâche, mais il est tout à fait normal, comme n’importe quel être humain, de ressentir des émotions, des pensées.
Cela s’échelonne en fonction de notre activité dans la station.
On pense à autre chose dès que l’on peut.
On essaie de mener ‘’une vie normale’’ malgré le fait que l’on soit à 400 kilomètres au-dessus de la Terre.
On essaie de se créer un domicile, un entourage, une ambiance de chez soi, afin d’être bien, de se sentir bien !
Et quand tu vois de loin, cette Terre qui est grande, tu comprends à quel point notre Station Spatiale Internationale est petite, fragile.
Tu comprends à quel point ce volume dans lequel tu te trouves est limité.
Mais on s’y entraine, en fait, bien avant le départ afin de pas être dépaysé, désorienté, d’avoir le mal de la Terre, le mal de son chez soi, ce qui conduirait à l’échec de notre mission qui nous a été assignée.
Q : Etiez-vous triste de rentrer ? et comment s’est déroulé le retour ?
R : Niet… (sourire)
On avait bien envie de revenir sur Terre.
Notre mission était terminée et notre vol touchait à sa fin. Nous avions compris et accepter la fin de la mission.
Nous avons d’ailleurs été un peu gênés de ne pas repartir aussitôt comme prévu.
Notre départ a été retardé et repoussé suite à un mauvais fonctionnement de notre système de désamarrage.
Nous sommes repartis avec 24h de retard. Nous avons donc fait deux fois nos adieux à la station (sourire).
Le retour s’est déroulé comme prévu, même si nous nous sentions très lourd après tous ces mois passés en orbite.
Un peu comme certains manèges à sensations fortes de fêtes foraines.
Mais là, au moins, nous étions sûr d’être revenu sur la Terre.