samedi 20 mars 2010

Rencontre avec Robert T. McCall, Space Artist

 
En hommage à l'une de mes véritables idoles qui nous a quittée ce 26 février...
 
Robert T. McCall (23/12/1919-26/02/2010) est certainement un des plus grands Space Artist de tous les temps. Et pour moi, il sera toujours le plus grand.
 
Inconnu ou presque du grand public, alors que des millions de personnes connaissent son oeuvre sans savoir son nom, c'est le paradoxe de cet immense artiste et de son humilité...
 
Il est l'auteur de la célèbre fresque murale du National Air and Space Museum de Washington, du logo des missions Apollo 17, Apollo-Soyouz et des 5 premiers vols de la navette.
Il a créé de nombreux timbres Espace pour la poste américaine.
Il a participé aux décors de 2001 Odyssée de l'Espace, Star Trek ou le Trou Noir.
Il est l'auteur des célèbres villles flottantes, etc...
 
Ses oeuvres sur le programme Apollo sont inoubliables et criantes de vérité...
 
 
 
Voici une interview réalisée en 2002 lors de la visite de son atelier en Arizona...
 
 
Quelques mots sur vous et quand et comment avez-vous su que vous deviendriez artiste ?
Je suis né dans l’Ohio, à Columbus, il y a quelques années déjà (rires)…
 
Mon grand-père était docteur, un de ces véritables docteurs que l’on rencontrait dans l’Amérique ‘’profonde’’ de cette époque. Mon père était instituteur…
 
Depuis tout petit, je lisais beaucoup de livres et revues, surtout tout ce qui concernait les sciences… Mon grand-père avait écrit plusieurs articles pour la revue médicale américaine et j’ai lu et relu ses articles pendant longtemps…
 
J’ai eu aussi la chance de pouvoir lire énormément les premières revues de Science-fiction comme Amazing stories, Astounding, etc…
 
Je dévorai aussi Popular Science et le National Geographic…
 
Et vu que dès mon plus jeune âge, je me suis aperçu que j’étais pas trop mal doué en dessin (rires), j’ai décidé de devenir artiste vers 8 ans, même si ma famille aurait préféré que je sois docteur comme mon grand-père…
 
Comment avez-vous débuté ?
Fasciné par les avions, je décide de m’engager dans l’Army Air Corps. C’était la 2nde guerre mondiale… Puis, par un hasard du destin, je ne suis jamais allé plus loin que le Nouveau-Mexique (rires)…
 
Si j’étais parti à la guerre, je n’aurai jamais rencontré ma femme Louise qui étudiait les Beaux-Arts à l’Université du Nouveau-Mexique.
 
A la fin de la guerre, nous nous installons à Chicago pour travailler dans la publicité.
Mon modèle était Norman Rockwell. Puis après direction New York où je créais des illustrations pour des magazines comme Popular Science, Life, etc… Principalement dans les pubs pour l’aviation….
 
 
Comment vous êtes vous retrouvé artiste de la NASA ?
Au début de la conquête spatiale, l’US Air Force avait fait appel à des artistes pour promouvoir le programme et l’US Air Force…
 
Pour moi, qui adorait dessiner des avions, des machines, etc… c’était ma chance, je l’ai saisie, je me suis présenté. J’ai été pris… C’était le bonheur absolu…
 
J’ai voyagé aux quatre coins du pays et du monde, j’ai pu voir, toucher, tous les avions, voler dans presque tous… Approcher les pilotes, les pilotes d’essais, etc…
 
Puis la NASA a été créée et j’ai continué… J’ai assisté à presque tous les principaux évènements spatiaux américains des années 60 à maintenant… J’ai pu tout voir, tout toucher, tout essayer, tout visiter…
 
Comment expliquer vous ce réalisme dans vos œuvres… un réalisme saisissant… Lorsque l ‘on regarde une de vos œuvres, on se croit vraiment au cœur de l’action, dans l’œuvre…
(sourire…) Pour moi, je pense qu’un artiste doit faire corps avec ce qu’il peint.
Je dois donc être au plus près de l’évènement, du sujet que je peins, sinon, je pense que je n’aurai pas la même ‘’force’’ dans ma peinture…
 
Puis je suis devenu ‘’célèbre’’ à la NASA et j’ai eu la chance d’avoir carte blanche (rires…).
 

Puis Stanley Kubrick vous contacte…
En parallèle de mes travaux avec la NASA, je travaillais aussi pour Life où je dessinais des futurs vaisseaux spatiaux… C’est comme cela, et aussi pour cela (rires…) que Stanley Kubrick m’a contacté pour 2001 Odyssée de l’Espace.
 
Il fallait inventer des engins spatiaux, combinaisons, etc… du futur tout en étant tout à fait plausible et compréhensible pour les gens de l’époque (nous sommes en 1968). Il fallait que tout soit réaliste… Un sacré travail, croyez moi (rires…).
 
 
Qu’est-ce qui vous caractérise le plus ?
Je vis dans le futur…




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