jeudi 30 décembre 2010

Interview de Claudie Haigneré, première française dans l'espace

Claudie Haigneré est Médecin rhumatologue, spécialiste en médecine aéronautique.
Elle est également Docteur ès-sciences, option Neuro-Sciences.
Elle obtient successivement un Certificat d'Etudes Spécialisées (CES) de biologie et de médecine du sport en 1981, un CES de médecine aéronautique et spatiale en 1982, un CES de rhumatologie en 1984, un Diplôme d'Etudes Approfondies (DEA) de biomécanique et physiologie du mouvement en 1986, et soutient une thèse de neuro-sciences en 1992.
En 1985, elle est sélectionnée comme astronaute du CNES.
Elle travaillera sur les expériences ‘’Physalie’’ et ‘’Viminal’’ lors de la 2ème mission de Jean-Loup Chrétien, Soyouz TM-7 / Aragatz.
De 1990 à 1992, Claudie Haigneré est responsable des programmes de physiologie et de médecine spatiale à la Division "Sciences de la Vie" du CNES à Paris, participant aux orientations de la recherche spatiale dans ce domaine, en étroite collaboration avec les laboratoires français et internationaux.
Elle assure, de 1989 à 1992, la coordination scientifique de la mission franco-russe Antarès pour les expériences des sciences de la vie, lors de la préparation et du vol de Michel Tognini (Mission Soyouz TM-15 Antares).
En octobre 1992, elle est désignée comme doublure de Jean-Pierre Haigneré pour la Mission Soyouz TM-17 / Altaïr.
Elle effectue sa première mission spatiale en août 1996 lors du vol Soyouz TM-24 / Cassiopée, devenant la première française dans l’espace.
En 1998, elle est de nouveau la doublure de Jean-Pierre Haigneré pour Soyouz TM-29 / Perseus.
En 1999, elle intégre le Corps Européen des Astronautes (EAC).
En 2001, elle effectue sa 2ème mission spatiale Soyouz TM-33 / Andromède.
Elle quitte le corps des astronautes en juin 2002 et devient ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies jusqu’en mars 2004.
De mars 2004 à mai 2005, elle est ministre déléguée aux Affaires européennes.
Elle est, depuis 2009, Présidente d’Universcience (nouvel établissement public issu du rapprochement entre le Palais de la découverte et la Cité des sciences et de l’industrie).
Claudie Haigneré est également l'épouse de l'astronaute Jean-Pierre Haigneré.
Interview réalisé en 2010
RENCONTRE AVEC CLAUDIE HAIGNERE QUI NOUS PARLE DE SA PREMIERE MISSION SPATIALE SOYOUZ TM-24 / CASSIOPEE
Q : How many years were you connected to the space program prior to your flight ?
R : Une connexion “virtuelle” s’est faite très tôt…
En juillet 1969, j’avais 12 ans lorsque j’ai vu, en direct, les premiers pas de l’Homme sur la Lune.
Une émotion est née en moi ce jour là.
En revanche le lien effectif avec le programme spatial date de 1985, année de ma sélection par le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES).
Puis, de 1985 à 1992, j’ai mené un travail de recherche dans le domaine de la physiologie du mouvement, sur l'adaptation des systèmes sensori-moteurs en microgravité.
Ce travail a été mené en étroite collaboration avec des laboratoires russes et américains.
J’ai par ailleurs été nommée responsable des programmes de physiologie et de médecine spatiale à la Division sciences de la vie du CNES, à Paris, en 1990.
Mon départ pour l’entraînement, à la Cité des étoiles, en Russie, s’est fait en 1992.
Puis le 1er vol est enfin arrivé, en 1996.
Il s’est donc écoulé au total plus de 11 ans entre la sélection et le 1er vol…
Le second vol, lui, s’est déroulé en 2001.
Q : Comment vous sentiez-vous ? / Que ressentiez-vous avant de vous envoler ?
R : J’étais plutôt impatiente.
La phase d’entraînement est intensive, et nous permet de maîtriser l’ensemble des procédures à mettre en œuvre en cas de problème.
C’est également une période qui permet de connaître parfaitement les autres membres de l’équipage, ainsi que toutes les personnes qui accompagnent le projet au sol.
Et de cette connaissance naît une confiance.
L’impatience donc, plus que la peur.
Et une certaine émotion, bien sûr. On a conscience de vivre des moments extraordinaires.
Q : Quelles sortes de sensations avez-vous ‘’expériementées’’ pendant le décollage ?
R : Là encore, de l’impatience et de l’émotion.
On demande souvent aux astronautes s’ils ressentent de la peur au moment de la mise à feu.
A vrai dire, il y a tout un travail à faire, une concentration, qui ne nous laisse pas tellement le temps d’avoir peur.
Il y a plutôt ce que j’appellerais un « stress positif », et un sentiment de responsabilité par rapport à la mission qui nous est confiée.
Et par rapport à la confiance que de très nombreuses personnes placent en nous.
Q : Comment était l’apesanteur, et à quoi avez-vous pensez pendant le vol ?
R : Les premiers mots qui me viennent à l’esprit pour décrire les sensations en apesanteur sont « légèreté » et « liberté ».
En microgravité, l’absence de poids nous ouvre les yeux sur la possibilité d’explorer de nouvelles dimensions, et sur les potentiels inexplorés de notre propre corps.
Et puis, ce qui est impressionnant, c’est la capacité d’adaptation de notre organisme à un nouvel environnement.
Au bout de 48 heures, l’habitude a déjà pris le dessus.
Il est difficile de décrire concrètement ce à quoi l’on pense durant un vol.
Surtout durant les vols courts, comme ceux que j’ai pu faire.
Le programme de travail est chargé, et laisse peu de temps libre.
Mais il est vrai que voir par le hublot la Terre, dans sa beauté, sa fragilité, sa « finitude », nous fait mesurer la responsabilité de l’humanité dans la préservation de notre planète.
Q : Quels ont été les problèmes rencontrés durant le vol et comment les avez-vous résolus ?
R : J’ai eu beaucoup de chance durant mes deux vols : des conditions de vol nominales et un amarrage automatique.
En revanche nous avons pu rencontrer des problèmes mineurs : pannes d’ordinateurs, de ventilateurs…
Mais il faut savoir que dans le module russe et sur la station MIR, tout est fait pour faciliter la réparation d’éléments divers.
Notamment parce qu’un choix a été fait d’utiliser du matériel moins sophistiqué, par exemple, que sur la station spatiale internationale.
Lorsque je me suis rendue sur cette dernière en 2001, quelques mois après son lancement, j’ai pu expérimenter des modules très performants mais dont la mise en route est plus complexe.
De même, nous avons eu des surprises lors d’expériences menées à bord, comme nous aurions d’ailleurs pu en rencontrer en laboratoire.
Je pense par exemple à une expérience sur la physique des plasmas menée lors de mon 2ème vol, en 2001.
Une expérience qui avait maintes et maintes fois été répétée au sol…mais dont les résultats divergeaient totalement dans l’espace !
Notre première réaction a été de nous demander quelle étape de la manipulation n’avait pas été faite dans les règles.
Mais après vérification, c’est en réalité le comportement de ce plasma dans l’espace que nous n’avions pas prédit au sol !
Q : Qu’avez-vous manger à bord ? La nourriture avait-elle vraiment du goût ?
R : Le repas était d’abord un moment de convivialité important.
Nous nous retrouvions autour d’une table sur laquelle était collés des velcros qui empêchaient nos couverts de s’envoler !
Nous avions des aliments dans des conditionnements (conserves, aliments lyophilisés, ou sous vide) très divers.
Mais un de mes repas spatiaux les plus marquants date de 1996 : une école hôtelière de Souillac, dans le sud de la France, avait réalisé, en projet de classe, un repas dans les conditions de stérilisation adaptées.
Nous avions alors eu droit à des cailles farcies aux raisins et à du riz au lait, dont la qualité gustative était tout à fait appréciable !
Q : Comment s’est passée le retour, la ré-entrée ?
R : La ré-entrée dans l’atmosphère était sans doute la partie la plus physique, la plus sportive, du vol.
Je suis dans les deux cas revenue en capsule et non en navette, qui offre des conditions plus « douces ».
Contrairement à la navette qui plane, la capsule se désamarre de la station, puis freine dans les couches denses de l’atmosphère, avec l’ouverture d’une série de petits parachutes.
Cela entraîne des secousses très importantes, qui s’intensifient avec l’ouverture d’un énorme parachute, comportant une capsule de 1000 m2…
De plus le plasma autour du vaisseau s’échauffe fortement… à tel point que le hublot change de couleur : il passe du rose, au rouge au marron…comme s’il brûlait.
Puis la partie superficielle du hublot s’éjecte grâce à un système pyrotechnique.
Et l’on peut de nouveau voir au travers…
Ces sensations étranges sont décuplées par le fait que pendant quelques minutes, les ondes électro-magnétiques ne passant pas, la liaison avec la terre est rompue.
Mais cela a produit un étonnement dont j’ai pu profiter.
Surtout lors du 2ème vol d’ailleurs.
La première fois, je l’avoue, j’ai fermé les yeux Jusqu’à l’impact avec le sol, qui, il faut bien le dire est assez violent.
Et enfin, les équipes de secours ouvrent les écoutilles.
Je garde un souvenir marquant et ému de l’odeur de la terre, qui a imprégné mes narines à ce moment précis, et qui contrastait avec l’absence d’odeur à bord de la station.
L’odeur des steppes, du champ de blé, dans lequel nous avons atterri.
L’odeur de la nature.
Q : Etiez-vous heureuse de revenir sur Terre, ou bien, vous sentiez-vous ‘’capable’’ de passer le reste de votre vie en orbite dans l’espace ?
R : On est d’abord heureux de rentrer pour retrouver ses proches.
Je ne peux toutefois nier que le retour est empreint d’une pointe de nostalgie, de frustration.
Tout cela passe tellement vite. Mais il faut savoir qu’une fois au sol, la mission se poursuit avec l’équipe.
Et le retour est aussi le moment de prendre la mesure de l’aventure extraterrestre, extraordinaire que l’on vient de vivre.

jeudi 9 décembre 2010

Interview de Austin W. Boyd, Pilote, ingénieur, écrivain et ancien candidat astronaute de la NASA

Austin W. Boyd est un ancien pilote de l'US Navy (plus de 2700 heures de vol), ingénieur en systèmes spatiaux et aussi un écrivain réputé pour ses romans ''TechnoThrillers Spatiaux''.
Il travaille en parallèle comme responsable dans une société d'ingénierie.
En 1994, il se présente comme candidat astronaute pour le groupe 15 de la NASA. Il fait partie des derniers sélectionnables mais ne sera pas sélectionné.
Il vient nous parler de sa motivation d'avoir voulu être astronaute et pourquoi l'espace le fascine.
En tant qu'auteur, il a un site internet : http://www.austinboyd.com/
Interview réalisée en 2010
Q : Why have you decide to become candidate for NASA astronaut selection ?
A : I chose to try for astronaut because, when I was 12 years old, I felt a very strong "calling" to do something to make a difference.
I felt that being an astronaut was where I was called to serve in life.
I spent 32 years doing everything I could to achieve that selection, from age 12 until age 44.
I wanted to go to space, yes, but even more wanted to be part of that astronaut team at NASA.
Q : What is your job and why have choose to do it ?
A : I am currently in a job as the Chief Executive Officer (CEO) of a small engineering and design company in Huntsville, AL.
I didn't choose that job... the Board of Directors chose me... and it's the most challenging and fun job I've ever held.
I lead 68 people in the design and manufacture of many different kinds of products.
You can learn more about my work at http://www.inergi.com/
Q : I suppose you would like to go in space. But why ?
A : I wanted to go to space, as I said above, to make a difference.
My spaceflight goal was to serve on the International Space Station, and to do ExtraVehicular Activities (EVA).
My dream was to be part of a mission to Mars, to set foot on another planet.
Q : Did you think it's important for the mankind to have a step in space, to send man in space and why ?
A : I do think it is important for mankind to go to space.
There are many reasons, but perhaps the most important is that we must always have a view of life that goes beyond ourselves.
The challenge of climbing a mountain, of climbing away from the earth in a plane, or climbing into orbit to learn more, see new horizons, is important to the human race.
We are, for the most part, a creation that seeks to know more about our world and to accomplish things.
Spaceflight beckons us to new vistas to learn and explore. That's important to society.
Also, there is a financial benefit. Pushing the limits of space brings business and research benefit to our societies.
Q : What represent for you Yuri Gagarin ?
A : Yuri Gagarin represents a first step into space.
I'm happy for the Russian people that he made it there first.
And I am proud for the American people that we reached the moon first.
But many forget that it's the German people who made both flights possible... German engineers in Russia and in the United States.
You might say that the Germans got there first, in partnership with all of the rest of us.
Q : Which memory(ies) have you of Apollo 11 ?
A : I recall Apollo 11 as a young man, watching the Moon landing on the television.
I was 3 years into my quest to get into the astronaut program and did not miss anything of the space program.
Apollo 11 also has a special place in my heart because it represents the culmination of a national dream, accomplishing what we set out to do.
I believe in setting goals, and this was a big one.
Q : What is / will be your most incredible space dream ?
A : My space dream ? I won't select for the astronaut program... I am too old now at 56 years of age.
But I have a dream that perhaps I'll live to see a trip to space.
I am an author.
Perhaps I'll be asked to go, perhaps I'll be able to pay to go.
But whether I go or not, I feel that I've accomplished my big dream, to make a difference.
When I retired from the United States Navy and had to stop my search for selection to the astronaut program, I began writing about space.
I was blessed to sell three novels about a trip to Mars, and in those three books, have seen their impact on many people's lives.
People tell me every day that they understand the space business better, appreciate even more the sacrifice made by those who have flown.
So, I made a difference in an unexpected way.
My novels... The Evidence, The Proof, and The Return... are still out there, changing lives.
After those were published, I've written another three novels, and I have a new focus in life as an author.
I learned an important lesson in my space quest... that we are all called to a journey, not a destination.
My search to be an astronaut led me to become an author, and through my writing I can impact people's lives.
I am still on my journey.

mardi 23 novembre 2010

Rencontre avec le Dr John G. Sotos, cardiologue et ancien candidat astronaute NASA

Le Dr John G. Sotos est médecin cardiologue.
Il est également diplômé en mathématiques et en informatique (spécialisé en intelligence artificielle).
Il est actuellement le Président d'une société spécialisée dans le traitement des apnées du sommeil.
En 1989-90, il fait parti des finalistes dans la sélection NASA comme astronaute.
Il ne sera pas sélectionné mais aime toujours autant l'espace.
Interview réalisée en 2010
Q : Why have you decide to become candidate for NASA astronaut selection ?
A : In 1960s America, every boy wanted to be an astronaut.
That is not surprising.
Whenever a manned space launch was scheduled, teachers would stop their lessons, roll a television into the room, and the entire class would watch the countdown and launch.
With this kind of emphasis from teachers, who wouldn't want to become an astronaut?
Q : What is your job and why have choose to do it ?
A : In college, a buddy and I intensively studied the biographies of all the astronauts who had so far been selected.
We realized that our chances of selection would be good if we could do three things:
[1] get an M.D. (medical) degree,
[2] get an engineering degree, and
[3] get flight time in military fighter aircraft.
That probably explains why I am a cardiologist, engineering new medical devices, and why my second job is as a flight surgeon in the Air National Guard.
Q : I suppose you would like to go in space. But why ?
A : Sure, it would be fun to go, to see the view, but that doesn't really help anyone or make a contribution to the sum total of human knowledge.
So my desire today is not too strong.
Q : Did you think it's important for the mankind to have a step in space, to send man in space and why ?
A : Yes, I do.
Is it more important than getting cars to run on something other than oil products ?
I'm not sure about that. I think the chief value of the space program today is as a source of inspiration for young people who want to do something worthwhile, difficult, adventurous, and larger than themselves.
We can't have our best people wasting their talents as investment bankers.
Q : What represent for you Yuri Gagarin ?
A : I know very little about him, but I suppose Gagarin, like all the early cosmonauts and astronauts, was a highly capable military officer doing his duty.
Certainly it took enormous courage to do what he did, especially given the disasters that had plagued the Soviet space program.
I recently read an insider's account that Gagarin was selected for his flight, above others, because he was good looking and would therefore be a better emblem for the Soviet Union than some of the less attractive but perhaps more capable cosmonauts.
Q : Which memory(ies) have you of Apollo 11 ?
A : Much to my dismay, our family was visiting relatives in Greece.
In 1969 few Greeks had televisions.
We had to find the Voice of America building in downtown Athens to see the liftoff.
When the lunar module descended to the surface, we listened to it in a hotel bar. (My first time in a bar!)
The walk on the moon happened about 5 am in Athens.
It was really hard to wake up, but we did it.
All the Americans in our hotel (and only the Americans) were down in the lobby watching.
The TV was horrible. I couldn't tell what was going on.
I heard Armstrong's "one small step" phrase and sat there thinking it made no sense.
Finally I had to ask my father if Armstrong was on the moon yet.
Q : What is / will be your most incredible space dream ?
A : If magic were real, I would like to see three things:
(1) the civilizations that are out there,
(2) the biology and adaptations that evolution off the earth has produced, and
(3) the view near the center of the galaxy.

mercredi 17 novembre 2010

Rencontre avec Jean-Jacques Dordain, directeur de l'Agence Spatiale Européenne

Jean-Jacques Dordain est le Directeur de l'Agence Spatiale Européenne depuis 2003.
Ingénieur de formation, il a travaillé sur les moteurs à ergols et les expériences en microgravité.
Il entre à l'ESA en 1986 comme Chef du Département Microgravité et Utilisation de la Station Spatiale et en 2001, il est le Directeur des Lanceurs.
En 1977, il fait partie des finalistes des 5 astronautes sélectionnés pour le programme Spacelab.
Interview réalisée en 2010.
Q : Quel est votre ‘’background’’ et pourquoi avez-vous voulu travailler dans le secteur du spatial ?
R : Je suis rentré en sixième le 1 octobre 1957, trois jours avant le lancement de Spoutnik et j’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur de l’Ecole Centrale le 20 Juillet 1969, date américaine du premier pas de l’homme sur la Lune.
Depuis ce jour, je travaille dans le monde du spatial.
Q : En 1977, vous faites partie des 5 français sélectionnés pour le programme Spacelab-1.
Pourquoi avoir décidé de vous porter candidat comme astronaute ?
R : C’était pour moi la meilleure façon de vivre une passion pour l’espace.
Depuis je sais qu’il y a énormément de façons de vivre cette passion.
Q : Je suppose que vous aimeriez voler dans l’espace. Mais pourquoi ?
R : Pour vivre moi-même ce que j’ai vu par procuration au travers de mes collègues astronautes.
Q : Pensez-vous que la présence humaine soit indispensable dans l’espace ?
R : C’est l’espace qui est indispensable à l’homme plutôt que l’inverse.
Q : Pourquoi avoir accepté le poste de Directeur Général de l’Agence Spatiale Européenne ?
R : Par ce que j’espère que c’est aujourd’hui á ce poste que je suis le plus utile aux progrès des activités spatiales au bénéfice des citoyens et de leur vie sur terre.
Q : Que faisiez vous la nuit où Apollo 11 s’est posé sur la Lune ?
R : Devant mon poste de télévision pour vivre en direct cet événement historique .
Q : Quel est votre plus beau souvenir professionnel ?
R : Je ne garde que les beaux souvenirs, même si j’apprends beaucoup de ce que j’aurais pu garder comme mauvais souvenir.
Le meilleur est peut être l’atterrissage de la sonde Huygens de l’ESA á la surface de Titan : la découverte d’un nouveau monde!
Q : Quel serait votre rêve spatial le plus fou ?
R : J’ai beaucoup de rêves, mais comme je souhaite tous les réaliser, aucun n’est fou.

mercredi 10 novembre 2010

Interview de Jason Rhodes, cosmologiste au Jet Propulsion Laboratory (JPL)

Jason Rhodes est cosmologiste au sein du Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Pasadena.
Docteur en astrophysique, il est spécialiste de l'étude de la matière noire et de l'énergie noire.
Il est également candidat astronaute à la NASA en 1999 (Groupe 18) et en 2009 (Groupe 20) mais n'est pas sélectionné.
Il vient ici nous parler de son métier, et de sa passion pour l'espace.
Interview réalisé en 2010
Q : Why have you decide to become candidate for NASA astronaut selection ?
A : I have always wanted to be an astronaut ever since I was a child.
Many children probably share this dream but I simply never outgrew it.
I have always wanted to learn about space and science and explore new areas, so being an astronaut seemed like a natural extension of this curiosity.
Q : What is your job and why have choose to do it ?
A : I am a cosmologist at NASA's Jet Propulsion Laboratory.
Specifically I study dark matter and dark energy, the dominant components of the Universe.
I have primarily used the Hubble Space Telescope to perform these studies.
However, lately I have become involved in several projects to develop new space telescopes to study dark energy.
In particular, I am interested in ESA's proposed Euclid telescope, a project headed by a French colleague and friend of mine.
I chose my job because I love learning about the Universe and I am fascinated by little-understood phenomena like dark matter and dark energy.
Q : I suppose you would like to go in space. But why ?
A : I would like to go because I always love pushing new boundaries and I think the greatest journey we can make will be the one what eventually moves us beyond the Earth.
I want to be part of the earliest stages of that journey.
Q : Did you think it's important for the mankind to have a step in space, to send man in space and why ?
A : I think there are several reasons.
It is in our nature to always want to explore the unknown and we have a primal urge to do so.
On a more pragmatic note, it is necessary for the long term survival of our species to move beyond a single planet or even single solar system.
Q : What represent for you Yuri Gagarin ?
A : Yuri Gagarin and the rest of the early astronauts from the US and the USSR represent not just heroes in the traditional sense but also professionals who did difficult jobs in the face of enormous pressures due to both national pride and the dangerous nature of the journeys they were taking.
Q : What represent for you Apollo 11 ?
A : Without a doubt, Apollo 11 is the single most important and impressive achievement in the history of the human race.
Q : What is your most incredible space dream ?
A : To some day go to Mars!

mardi 26 octobre 2010

Rencontre avec Andy Scheer / Meeting Andy Scheer / Launch Pad Technician

Rencontre avec Andy Scheer, Launch Pad Technician, qui vient nous parler de son travail et de sa passion pour l'espace...
Interview réalisée en 2010
Q) How many years were you connected to the space program prior to selected as Launch Pad Technician and why have you choose this job ?
A) I didn’t have any real connection to the space program prior to getting the job working on the launch pad.
Space has always fascinated me though. I grew up in a small town in Ohio very close to where Neil Armstrong was born. There is a small museum there that I remember going to on at least one school field trip.
Like so many, the original Star Trek series is what cemented my interest in any and all forms of space explorations.
I would love an opportunity to go into space, and maybe some day I’ll get my wish. Until that day comes, having an opportunity to work on the space shuttle program isn’t a bad second place.
Q) How did you have trained as Launch Pad Technician ?
A) A mechanical aviation background is one of the most desirable traits to look for when selecting a new technician.
Having past experience in military aviation or an FAA Airframe & Powerplant license are generally considered key to even getting an interview.
Recently some schools have started to offer two-year degree programs for an Aerospace Technician certification that teaches many of the skills that will be required in any future program.
I had six years of military aviation experience as an Apache helicopter crew chief and a year at the Cessna Citation factory before I got the job at KSC. Q) What is exactly your job as Launch Pad Technician ?
A) Currently I am the lead technician in what is affectionately called the “Cryo Shop” on pad 39A.
Our shop is responsible for maintaining the pad ground support system that is used to service the orbiters internal fuel cell tanks with liquid hydrogen and oxygen.
Or secondary responsibility is to maintain the orbiters ground cooling system at the pad.
This system is responsible for cooling the orbiters internal components while it is on the ground.
This system performs the same function on the ground that the radiators mounted on the payload bay doors do in space.
Q) What is your best memory as Launch Pad Technician ?
A) I’m not sure about best, but certainly one of the most vivid was the first launch I saw standing in the shadow of the VAB.
Every part was spectacular. From the brilliant light of the solid rocket boosters to the vibration of that incredible thrust passing through my chest, every part was incredible.
Yet as amazing as that was, the part of that launch that stands out the most is the period of time between the launch and separation of the solid rocket boosters.
After the initial awe of launch I remember looking around at the other employees standing around me and wondering why no one was cheering or whistling or really saying anything.
With the exception of the giant rocket that had just launched, it was eerily quiet.
The announcer through the loudspeaker continued to give updates of the Shuttle’s status and progress.
Then, at just after two minutes into the flight, came the words everyone had been waiting and holding their cheers for.
As “successful booster separation” came through the speaker the cheers and whistles I had been expecting at launch finally came.
It was the fall of 2001 and even though it had been fifteen years since the Challenger disaster, for those who had seen it in person the first two minutes of flight might have been the hardest of the entire process.
Q) What is your most amazing space dream ?
A) My dream for space that I hope to see in my lifetime is that some form of space travel is as common and available as commercial airline travel is today.
We are seeing the very beginning of this already today.
There is still a long way to go and it is very likely that we will need technology that isn’t even invented yet to make this a reality.
This and much more will eventually come true given enough time and the considerable talent that is working on it.
It reminds me of a quote I have always liked from the English poet William Blake in the book “The Marriage of Heaven and Hell”.
It is “what is now proved was once only imagined”.
Humans can make anything a reality as long as we can imagine it.
Q) What is, for you, the most incredible space object ?
A) For me the most incredible space object isn’t one object, it is a picture of thousands of objects.
This picture(s) is Hobble’s ultra deep field image(s).
It is amazing to think that in such a small point in space so many galaxies could lurk.
Trying to wrap the average human brain around the distances and scale of those tiny images is a chore that can only lead to a headache.
A headache that is only compounded by contemplating the billions of objects that makes up each one of those tiny galaxies.

mardi 19 octobre 2010

Interview de Robert Thirsk, astronaute canadien qui a effectué 2 missions spatiales



Robert Thirsk est un astronaute de l'Agence Spatiale Canadienne.



Ingénieur en mécanique et médecin, il est sélectionné en comme astronaute en 1983. Il est la doublure de Marc Garneau, premier canadien dans l'espace, pour la mission STS-41G (1984).
 
 
Obstiné, et confiant dans son rêve de voler, il patiente 12 années avant d'effectuer sa première mission à bord de la navette Columbia pour STS-78 en 1996 (16 jours dans l'espace).

Il est la doublure de Roberto Vittori pour Soyouz TMA-6 en 2005.

Il devra patienter encore 13 ans pour effectuer sa deuxième mission spatiale.

Cette fois-ci, il décolle à bord de Soyouz TMA-15 pour une mission à bord de la Station Spatiale Internationale en tant qu'ingénieur de vol pour les Expeditions 20-21.

Il restera dans l'espace du 27 mai au 1er décembre 2009 pour une mission de 6 mois.
 
 

Il vient nous parler ici de sa première mission spatiale STS-78
 
Interview réalisée en mars 2010 à Paris.
 
How many years were you connected to the space program prior to your flight ?
I’m selected in 1983. My first flight was in 1996.
Long time but great time...
 
How did you feel prior to the flight ?
Excited and well-prepared.

 
What kinds of sensations did you experienced during take-off ?
The vehicle shakes a lot and the ride is pretty rough for the first two minutes as we are pressed back into our seats with twice our weight.
 
When the solid rocket motors burn out we hear a big bang in the vehicle with a flash of light as the solid rocket motors separate from the big fuel tank the shuttle is strapped to.
 
Now the ride smoothes we are pressed back into our seats with three times our weight for the last 2 ½ minutes of the ride.
 
This feels like a giant gorilla is sitting on your chest making it really hard to breathe !
 
After 8 ½ total minutes from lift-off, the main engines now stop and immediately we go from the being squashed by a gorilla on our chest feeling to weightlessness!

 
What was re-entry like ?
Lots of g-forces and bumpiness.
 
Better than Space Mountain at Disney World !

 
Were you glad to be back on Earth, or did you feel you could have spent the rest of your life up there ?
I could’ve spent another month or two in space, but I was happy to return to Earth and see my family.

 

mardi 12 octobre 2010

Interview de Michel Granger, artiste et créateur du logo du Premier Vol Habité français dans l'espace

Michel Granger est un peintre français, né à Rouanne en 1946.
Diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts à la fin des années 60, il travaille au début des années 70 dans des revues et pour la télévision.
Michel Granger est surtout connu pour les pochettes de disques de Jean-Michel Jarre qu'il a réalisées et ses oeuvres relatives à la Terre.
Artiste aux multiples facettes, il excelle aussi bien dans le ''gigantisme'', comme avec ses oeuvres Traces ou Empreintes faites avec des chenilles de chars d'assault Leclerc ou AMX-10, et dans le ''miniaturisme'' puisqu'il est le créateur de plusieurs timbres-postes pour la France et les Nations-Unies.
En 1982, il créé le logo du Premier Vol Habité français pour la mission Soyouz T-6 qui verra Jean-Loup Chrétien devenir le premier français dans l'espace.
Starman, nom de l'oeuvre donné par Michel Granger à ce logo, est reconnu comme l'un des plus beaux logos/patchs de missions spatiales jamais créé.
Le cosmonaute Alexeï Leonov, premier homme à marcher dans l'espace et aussi peintre de talent, a baptisé ce logo : l'Apiculteur...
L'oeuvre de Michel Granger est mondialement connue et reconnue...
Il vient ici nous parler de son travail de création au sujet du logo de PVH et des timbres-postes qu'il a réalisé.
Interview réalisée en 2010 dans son atelier parisien.
Q : Comment avez-vous été ‘’choisi’’ pour la création du patch de la première mission spatiale habitée française ?
R : Moi, j’avais rencontré Daniel Meslée, et je l’ai rencontré, je m’en souviens, lors d’un dîner.
A l’époque je travaillais à la télé. C’était quelqu’un de la télé qui avait organisé ce dîner chez lui.
Et il y avait ce monsieur, qui m’a naturellement proposé de faire le logo.
Et moi, je n’étais pas trop, je ne savais pas trop, comment je pouvais faire un truc comme ça.
Et en fait, j’ai trouvé assez vite l’élément central, parce que pour moi, un mec qui part dans l’espace, c’est un homme-étoiles, c’était un personnage féérique composé d’étoiles.
C’est venu relativement vite. Je ne me souviens pas d’avoir cherché des jours et des jours, des heures et des heures, ça c’est sûr…
Bon, c’est aussi parce qu’ils l’ont accepté tout de suite ... (rires).
Parce que des fois, on trouve des idées comme ça, puis les gens n’acceptent pas. Donc on repart dans d’autres directions, et après, des fois on se perd.
Mais cela m’avait paru assez logique, pour moi, ce personnage, STARMAN, comme je l’ai appelé.
Q : Une fois que vous avez trouvé l’idée, le thème, vous a-t-il fallu beaucoup de dessins, d’esquisses ?
R : Si je recherche dans mes cartons, dans mes archives, je dois avoir tout cela, les esquisses, quotes, etc… Mais une fois, le personnage décidé, cela n’a pas été aussi facile.
Je sais qu’il y a eut des petites histoires par rapport au drapeau français à droite et drapeau soviétique à gauche, des petits trucs comme cela.
A cette époque, c’est des amis à moi, qui tenaient une agence, qui avaient récupéré la distribution du logo. Et je me souviens qu’il y avait eu un GROS problème.
Ils n’arrivaient pas à le faire fabriquer parce c’est du tissu spécial, et ignifugé pour les combinaisons, et qu’ils ne trouvaient personne en France pour le faire avec les étoiles brodées.
Cela a failli faire ‘’un incident diplomatique’’. Puis finalement, cela c’est fait en URSS, je ne sais plus chez qui.
Il n’est pas simple le logo à faire, avec les étoiles brodées.
Q : Au début, c’était des étoiles, puis cela a fini en points…
R : Bah, de toute façon, c’est toujours des points de pinceaux, c’est toujours des taches blanches (rires).
Mais le faire avec des fils, ce n’est pas évident…
Après, il y a eu es affiches, etc…
Moi, j’ai bien aimé faire ce travail.
Faire un logo comme cela, c’est super intéressant…
Q : Après, il a eu le timbre, le bloc. Lorsque l’on vous a dis ‘’On va faire un timbre du logo’’, qu’en avez-vous pensé ?
R : Je ne crois pas que cela ce soit passé comme ça.
Je crois tout simplement qu’on m’a dit un jour, tiens il y a un timbre qui a été fait…
Je n’avais plus les mains libres. Cela se passait en Russie, et ils ont dû faire plein de trucs avec, comme des cartes, etc…
En général, lorsque je fais un travail de ce genre, une commande, ils font ce qu’ils veulent avec… sous réserve bien sûr, que j’ai le BAT, que je n’ai jamais d’ailleurs… (rires), mais je laisse souvent faire pour que les gens puissent faire ce qu’ils veulent.
Q : Si vous aviez eu à faire le logo d’une mission spatiale passée, lequel auriez vous aimé faire ?
R : Toutes les missions sont intéressantes, je ne vois pas particulièrement ce que j’aurai aimé faire. Ou sûrement faire un logo, un dessin sur la Lune… oui, cela aurait été super …
Q : Puis vous êtes passé au timbre… Vous qui avez fait des œuvres monumentales, l’exemple de vos toiles avec des empreintes de chenilles de char d’assaut, comment arrive-t-on a passer du monumental au tout petit ?
R : Vous savez comment ? Quand vous êtes dans une voiture sur une autoroute, si vous avez une affiche, et bien si vous faites comme cela (entre pouce et index), vous voyez que l’affiche tient dans vos doigts, comme cela, avec la perspective.
Et bien, un dessin, vous le réduisez de la même façon.
S’il est bien fait, qu’il soit réduit ou agrandit, il garde toutes ses qualités, à condition qu’il soit bien lisible, bien construit.
Alors, en général, lorsque l’on travaille en petit, il faut, quand même, essayer de centrer sur une lecture rapide et facile.
Si je fais un dessin avec plein de personnages, ce n’est pas très bon pour un timbre… quoique…
La dimension n’est pas un problème pour moi…
Les timbres, j’en ai fais pas mal…
Pour les Nations Unies, j’en ai fais trois contre l’arme chimique.
Si ma mémoire est bonne, il y en a un qui devait sortir le jour de la guerre du Golfe.
Le Canard Enchaîné en avait parlé. Evidement, le timbre n’est pas sorti… La raison donnée était des erreurs à l’imprimerie, et qu’il avait fallu tout refaire.
Mais en fait, c’était bien la raison… technique et non politique… (rires). La date de sortie n’était qu’une coïncidence…
Puis j’ai fais une série de 6 timbres pour les Nations Unies sur la Prévention Routière, puis pour la France, j’en ai fais deux.
Ah, il y a aussi un autre timbre pour les Nations Unies qui n’est jamais sorti. Un timbre sur l’article 7 des Droits de l’Homme.
Q : Lorsque vous avez créé ces timbres, c’était dans le cadre d’un concours ou d’une commande spécifique ?
R : C’était à chaque fois des commandes. Je ne fais plus de concours (ndlr : la Poste demande à plusieurs artistes un projet de timbre sur un sujet, puis choisie celui qui lui convient). On ne s’investit pas de la même façon sur un concours…
Ah, si j’ai fais le concours des Marianne en timbre… Mais c’est différent, le timbre a une autre utilité que la commémoration. C’est pour un usage de tous les jours. J’avais bien aimé faire cela. Cela m’aurait plus d’avoir ma Marianne.
Q : Dans les années 70, vous avez travaillé avec une maison philatélique, la maison Thiaude, pour illustrer des enveloppes 1er jour…
R : Ah oui… ce remonte à loin (rires). C’est Claude Andreotto qui m’avait demandé cela…
Q : Sur certaines, on reconnait des illustrations que vous avez reprises plus tard pour Jean-Michel Jarre, l’album Equinoxe…
R : Oui, il y en a une… ce n’est pas tout à fait la même…
A l’origine, c’était une illustration pour un journal. J’aimais bien faire cela… Pour moi, c’était facile. Je me souviens avoir fait cela très vite, naturellement…
J’aime bien faire les timbres.
Pour la Prévention Routière, pour moi, la Prévention routière, c’est la carte… donc très vite, je peux dessiner, m’exprimer dessus…
Mais maintenant, il y a le GPS, il faudrait faire la même chose avec des images de cartes de synthèse (rires).
Pour les timbres des Nations Unies, je fais tous relire…
Le ‘’Books not Guns’’ avait été très difficile à faire.
Avec les Nations Unies, c’est très politique. Ces timbres, ce sont des gens des Nations Unies qui les utilisent, qui les mettent sur leurs enveloppes. Il faut faire attention à ne froisser aucune suceptibilité.
Q : Quel effet cela vous fait de voir une de vos œuvres sur des enveloppes, une œuvre qui voyage aux quatre coins du monde ?
R : J’adore cela … C’est vraiment un truc qui me plaît.
J’ai bien aimé travailler sur des cartes postales, sur des timbres, sur ce qui véhicule une image…
Le timbre, c’est extraordinaire…
Malgré sa petite taille, un timbre c’est monumental…
Si on les mets les uns à côté des autres lorsqu’ils ont tirés à des millions d’exemplaires, c’est monumental…
Ce sont des objets quotidiens, ce sont des images quotidiennes, qui ont beaucoup d’importance.
Les gens les choisissent afin que l’on s’en souvienne… Ils véhiculent un message…
Pour moi, faire un timbre, ce n’est pas mineur du tout, bien au contraire…
La fonction de l’image est de circuler, d’être vue… et le timbre répond à cette fonction, plus qu’un tableau original… Mais l’un ne vas pas sans l’autre…

dimanche 29 août 2010

Disparition de l'astronaute William ''Bill'' Lenoir (1939-2010)

Samedi 28 août, Bill Lenoir, ancien astronaute de la NASA, a succombé à ses blessures suite à un accident de la route en vélo deux jours auparavant.
Sélectionné en 1967, il avait effectué une mission spatiale STS-5 en 1983.
Au revoir, Mr Lenoir ...

vendredi 27 août 2010

Interview de Faiz Khaleed, Ankgasan (cosmonaute de Malaisie)

Le Dr Faiz Khaleed est médecin-stomatologiste de la Royal Malaysian Air Force (RMAF).
En 2006, il est sélectionné comme l’un des 2 Angkasawan, avec Sheikh Muszaphar, par l’Agence Nationale Spatiale de Malaisie.
A ce titre, il participe à la mission Soyouz TMA-11 comme doublure de Sheikh Muszaphar en 2007.
Interview réalisé en 2010
QUESTIONS TO FAIZ KHALEED ABOUT HIS COSMONAUT EXPERIENCE AND COSMONAUT BACKUP WORK FOR SOYUZ TMA-11
Q : Why have you decide to become Angkasawan (cosmonaut)? What is your background ?
A : I choose to be an Angkasawan because venturing into space science and space industry have a huge effect in the development of science, technology, innovation, creativity and intervention of a country. And I would like to do that as a contribution to my country.
Q : How did you feel when you have learned your selection as Angkasawan ?
A : I was thrilled, very surprised and very happy upon getting selected as an Angkasawan.
Q : What did you think about your training? Have you one or many unforgettable moment(s) for you during the training you can tell us ?
A : I strongly feel that training as a Cosmonaut at the Yuri Gagarin Cosmonaut Training Center in Moscow, Russia give me a wider perspective of life, enrich me with tremendous space science knowledge and a positive character building qualities.
There are many unforgettable moments during my training. Perhaps the one that I could recall most as for now is the Weightlessness Training. That was my first experience of micro-gravity and its so unbelievable how flying-without-wings feel like. Its amazing !!!
Q : What exactly your work as Backup for the space mission Soyuz TMA-11 ?
A : My responsibility as a back-up crew is the same as the primary crew, that is to ensure the smoothness of the mission on the part of the Angkasawan. In case the primary Angkasawan could not execute the mission for some reason, its my responsibility to ensure the mission will go on.
Q : What were some of the problems you encountered and how did you fixed them ?
A : Of course there's a lot of challenges during the training but thats the whole idea of going to Yuri Gagarin Cosmonaut Training Center. To learn, identify the challenges and to do it right for the mission.
Personally, the main challenge at first was to understand and speak Russian Language. Its a beautiful language but a difficult language.
Once you get the hang of it, it gets very interesting and it made me want to learn more.
I never stopped learning Russian language ever since.
Q : What is your favourite space object ?
A : Space object ? That would be comets and meteor shower. They look beautiful with the burning tail.
Q : Did you think it’s important for the Mankind to have people go to space ?
A : I certainly think its important for mankind to strive more then they already have, continue pushing the limits and also explore the unknown to further understand the universe around us. So yes, I do think its important for mankind to go to space and beyond.

mercredi 25 août 2010

Interview de Fred HAISE, astronaute de la mission Apollo 13 et Commandant de 3 vols ALT-Enterprise



Fred W. Haise est un pilote d'essai civil travaillant pour la NASA avant d'être sélectionné comme astronaute dans le Groupe 5 de la NASA en 1966.

Il effectue une mission spatiale : Apollo 13.
Il devait marcher sur la Lune, mais un grave incident lors du trajet Terre-Lune faillit tuer l'équipage. Il n'y eut pas d'alunissage et le sauvetage des astronautes par l'équipe au sol et les astronautes eux-mêmes, restera dans toutes les mémoires.
L'incroyable mission Apollo 13 a été porté à l'écran par Ron Howard en 1995 et devint un véritable succès.

Après Apollo 13, Fred Haise s'occupa du programme Shuttle, notamment des vols ALT-Enterprise.
Il commanda 3 des vols libres d'Enterprise, dont le 1er le 12 août 1977.
Suite aux retards du programme navette, il quitta la NASA sans avoit la chance d'effectuer un 2ème vol spatial.
Il quitte la NASA en 1979. Il reste l'un des astronautes les plus mythiques du programme Apollo.

Interview réalisée le 8 mai 2010 à Birmingham lors d'Autographica.
Interview réalisée conjointement avec le Cosmopif de l'ami Pierre-François Mouriaux (Pif) : http://www.cosmopif.com/
(Merci à Simon, pour la traduction et la transcription)

Pourquoi vouliez-vous devenir un astronaute ?
Je n’ai pas grandi en voulant devenir astronaute.
Je suis d’abord devenu pilote puis pilote d’essai.
Au départ, je n’avais pas du tout les qualifications pour être astronaute lorsque la sélection des astronautes Mercury a eu lieu.
Je suis donc allé à Edwards et c’est une période de ma vie que j’ai adoré.

J’étais franchement un peu dubitatif quant au programme spatial américain car on ne savait pas ce qui viendrait après Mercury.
Les objectifs futurs de l’exploration spatiale n’étaient pas très clairs. Lorsque l’annonce du programme Apollo a eu lieu, l’idée d’aller sur la Lune m’a vraiment emballé et m’a convaincu de laisser de côté le pilotage et les essais en vol pour rejoindre le groupe des astronautes.

Comment avez-vous appris la nouvelle sélection d’astronautes ?
J’étais déjà un employé de la NASA depuis environ 7 ans, en tant que pilote d’essai.
Je n’avais donc qu’à remplir un dossier de candidature de la NASA que mon chef devait signer ainsi que d’autres personnes qui me recommandaient pour ce travail. Une fois le dossier constitué, j’ai suivi le processus de sélection comme les autres candidats.

Quelle a été votre réaction quand vous avez compris que vous ne pourriez pas vous poser sur la Lune ?
J'ai été très triste - nous avons été très tristes Jim et moi ... Mais c'est surtout après avoir contourné la Lune que j'y ai un peu plus pensé, et j'était triste.. L'avant-Lune et la phase retour ont un été très intense niveau travail, fatigue. J'étais très fatigué, mais il fallait quand même rentrer à la maison ...

Qu'est-ce qui a votre avis fait le ''succès'' de votre mission ? Tout s'est bien terminé quand même ...
Oui, bien terminé ... c'est plusieurs facteurs qui sont le résultat de ce succès : une brillante équipe au sol avec des gens habiles et compétents, dirigée par les bonnes personnes, et qui n'avaient qu'un seul but : nous ramener sains et saufs ... Quand on sait que ces gens là sont avec vous, on peut croire au miracle, et faire notre job ... c'est ce que nous avons tous fait.

Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?
R : Le tout premier vol libre (atmosphérique) de la navette Enterprise est probablement le vol dont je suis le plus fier. Même s’il y a eu un incident à bord, ça ne nous a pas vraiment pénalisé durant cet essai.
Un ordinateur de bord s’est arrêté juste au moment de la séparation (entre Enterprise et le Boeing porteur), mais les trois autres ordinateurs ont éliminé celui qui fonctionnait mal et le contrôle de notre engin n’en a pas été affecté.
Ce fut donc un succès total. 
D’ailleurs, l’intégralité des 8 vols habités (3 portés + 5 libres) d’essai atmosphérique de la navette, puisqu’elle redevient un avion lors de la rentrée dans l’atmosphère, a été un grand succès.

Vous rappelez-vous des séparations entre le Boeing et la navette ?
Oui, c’était plutôt simple mécaniquement.
Avant les vols ''libres'' de la navette, nous avions réalisé 3 vols où la navette restait accrochée sur le dos du Boeing où nous avons déterminé les meilleurs profils de vol ''captif'' afin d’assurer le bon déroulement de la séparation.
Nous étions donc déjà arrivés à cette dernière étape (high gantry) plusieurs fois avant et cela a été plutôt simple et direct lors du premier vol libre : après l’accord avec le 747, j’ai appuyé sur le bouton de séparation qui a mis à feu les boulons explosifs (qui nous retenaient) et nous étions partis !

Avez-vous un avion ou un objet spatial favori ?
Concernant les chasseurs, mon préféré est le F-86 Sabre que j’ai longtemps piloté.
Je n’ai pas beaucoup piloté de bombardiers, le seul à mon tableau étant le B-57 qui était de conception britannique.
J’ai aussi piloté quelques avions de transport, notamment le B747, le B707 mais mon préféré reste le ''vieux'' DC3 qui était très fiable et qui pouvait voler par tout temps, y compris les conditions givrantes sévères. Certains de ces avions sont encore en état de vol, pour un avion conçu dans les années 30 !

Quel est l’évènement spatial qui vous a le plus marqué, en général ou dans le Mission Control ?
Je n’ai pas vraiment en tête d’événement qui m’a bouleversé.
Les vols d’Enterprise ont été de grands moments car j’en étais un des pilotes d’essai.

J’ai aussi été Capcom durant Apollo 14 et c’était pour moi l’occasion de mettre à profit mon entrainement d’Apollo 13 pour aider Ed Mitchell et Al Shepard lorsqu’ils étaient sur la lune à l’endroit exact où nous étions censés alunir sur 13.
J’étais très au courant de ce qu’ils auraient à faire et je ne sais pas si j’ai été au final très utile mais j’ai pu au moins ''rentabiliser'' un peu l’entrainement dédié à la surface lunaire que nous avions eu pour Apollo 13, afin qu’il n’ait pas servi à rien.

De manière générale, j’ai aussi vécu de très bons moments en dehors de Mission Control lorsque nous étions en contact avec les gens extérieurs lors des différents essais du vaisseau.
C’était un programme spatial gigantesque et nous étions amenés à travailler avec beaucoup de personnes.
Par exemple, lors des entrainements, nous avons effectué des tests en chambre à vide avec les vaisseaux entiers ou juste ''nous'', pour vérifier le fonctionnement des ''sacs à dos'' des scaphandres.
Nous étions accrochés à des suspensions car ces derniers étaient trop lourds à porter sur Terre.
Tous ces essais de matériel nous ont donc permis de partager de grands moments avec le personnel de la NASA et ses sous-traitants et l’ensemble reste un grand souvenir humain pour moi.

Vous rappelez-vous de la soirée des premiers pas sur la Lune ?
Oui, comme j’étais membre de l’équipage de réserve pour cette mission, la tradition voulait que nous allions, durant les phases critiques du vol, au domicile de l’astronaute dont nous étions la doublure.
J’étais donc ce soir là au domicile de Buzz Aldrin. C’est ce que fait l’équipage de réserve durant un vol afin d’assister les familles, à moins qu’il y ait une urgence, auquel cas il se rend au Mission Control pour aider.
J’ai donc regardé les premiers pas de l’homme sur la Lune à la télévision (rires).

Qu’attendez-vous des programmes spatiaux dans le futur ?
Je n’ai franchement pas vraiment d’idée sur ce qu’il va se passer à l’avenir, car les programmes spatiaux des Etats-Unis ou des autres états de la planète dépendent des budgets qu’on leur alloue.
Et comme je ne suis pas dans le monde politique qui prend ces décisions, je ne peux rien affirmer.
Cependant, je rêverais de voir l’exploration lointaine habitée se développer, notamment avec des stations sur la Lune et sur Mars.
La Lune offre un point d’observation unique puisque l’atmosphère et le champ magnétique y sont très faibles : cela peut être très utile pour y implanter des télescopes.
L’exploration de Mars est l’étape suivante et ce sera probablement la seule planète que nous pourrons visiter dans notre système solaire compte tenu des moyens actuels de propulsion.
Mais si une percée dans ce domaine a lieu, pourquoi ne pas aller visiter une exo-planète viable !

Quelle est votre opinion sur le film Apollo 13 réalisé par Ron Howard ?
Je trouve que c’est un bon film ! L’équilibre est bien trouvé entre les scènes de vol et les scènes au sol.
On y voit bien tous les efforts qui ont été fait au sol pour nous ramener vivants sur Terre.
Et très bonne fin hollywoodienne !
(Sortie d'une édition commémorative en 2010 pour les 15 ans du film et 40 ans d'Apollo 13)

Crédit : Stéphane Sebile / Spacemen1969
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lundi 16 août 2010

16 AOÛT 1960 - 16 AOUT 2010 / 50ème ANNIVERSAIRE DU SAUT DE JOE KITTINGER


Il y a 50 ans, le 16 août 1960, Joe Kittinger réalisait un incroyable exploit, encore inégalé à ce jour...
Il sauta en parachute d'une hauteur de 102 800 pieds (31 333 mètres) et après une chute libre de près de 26 kilomètres, il ouvrit son parachute et toucha le sol sain et sauf...



En 1980, une enveloppe commémorative est émise. Celle-ci est signée par Joe Kittinger.