mercredi 16 décembre 2009

RENCONTRE AVEC JOHN YOUNG, astronaute et Moonwalker / Gemini 3, 10 - Apollo 10, 16 et STS-1, 9

On ne présente plus un des plus célèbres astronautes au monde... Une carrière de 40 ans à la NASA... Un destin spatial exceptionnel et hors du commun.
6 vols spatiaux à son actif. 2 voyages vers la Lune dont un où il ''campera'' 3 jours. Il est le commandant de la première mission de la navette spatiale.
Les questions ont été posées en français et les réponses ont été traduites par mon grand-père lors de ma première rencontre avec John Young lors de sa visite au Salon du Bourget.
Q : Au décollage, quelles différences y-a t-il entre un décollage de navette (STS-1), d'une Saturn V (Apollo 10 et 16) et d'une Titan (Gemini 3 et 10) ?
R : Lors d'un décollage de navette, cela vibre beaucoup moins... La Saturn V mettait plus de temps pour décoller, presque au ralenti pour quitter le sol... Nous encaissions 4-5g. Avec la navette, nous encaissons environ 3g. La navette est étudiée pour que des personnes en bonne condition physique puisse aller dans l'espace même si elles ne sont pas astronautes de métier.
La Saturn V mettait environ 12 minutes pour vous mettre en orbite contre 8 pour la navette. Malgré son imposante taille, la Saturn V n'accélérait pas aussi vite que la navette...
Mais elle était tres bruyante. Nous entendions très difficilement le Control Center... Et comme je le disais, cela vibrait beaucoup plus que dans la navette, beaucoup plus... Il était très difficile de lire les cadrans.
La Titan, elle, vibrait aussi beaucoup et nous encaissions 6-7g au décollage à cause du rapport poussée/poids.
Q : Vous qui avez eu la chance de piloter le Module de Commande et le LEM, qu'avez vous préférer piloter ?
R : Le LEM bien sûr (rires) car cela voulait dire que j'allais enfin sur la Lune (rires)...
Piloter le LEM c'est un peu piloter un hélicoptère... Très complexe et difficile à piloter, mais plus ''intéressant'' que le Module de Commande où énormément de manoeuvres et d'opérations étaient un peu plus automatique... Beaucoup de phases de vol en Module de Commande pourraient se comparer à du vol de nuit en avion, vol sans instruments... Mais lors de manoeuvres complexes, nous prenions nos mesures visuellement sur les étoiles...pour ne pas nous tromper dans nos alignements
Q : Quels souvenirs gardez-vous de votre périple sur la Lune ?
R : Nous avons eu, jusqu'à pratiquement l'alunissage, plein de problèmes techniques. Le contrôle au sol a même pensé, à un moment, annuler l'alunissage (problème d'allumage secours du moteur du LEM)... Mais finalement, nous avons été jusqu'au bout, et nous avons accompli une extraordinaire mission...
Dormir sur la Lune a été très cool. Beaucoup plus agréable qu'en apesanteur totale.
Conduire la Jeep sur la Lune a été aussi un grand moment. C'est comme conduire un voiture sur la glace. Si on ne fait pas attention, on dérape très vite et on se retrouve dans l'autre sens.
Puis surtout, sauter sur la Lune... Jumper était très rigolo. Même avec nos combinaisons pleines, on pouvait sauter très haut. Regardes la photo que tu m'as amenée, tu verras que je saute très haut quand je salue sur la Lune.
Q : Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que vous iriez marcher sur la Lune ?
R : En fait, je n'ai pas beaucoup réagi... J'avais déjà été vers la Lune (rires...) et lorsque l'équipage d'Apollo 13 a été sélectionné, j'étais la doublure de James Lovell. Donc pas de surprises... La rotation faisait que j'embarquerai vers la Lune et marcherai dessus... Ce n'est qu'avec l'approche du lancement que j'ai commencé à me dire que je vivais une expérience extraordinaire comme pilote.
Merci John Young
Depuis, j'ai rencontré 4 autres fois John Young... Et je l'adore toujours autant

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